‹ Histoire des GrecsChapitre 32 sur 202 · LA GUERRE DE TROIE · texte numérisé non relu

LA GUERRE DE TROIE

i riliade, le plus ancien des poèmes du cycle Iroyen, on le germe des épisodes ajoutés par les poêles postérieurs, m exemple de la manière dont la légende s'est formée 3s additions successives. Homère dit au dernier chant è et Atliènè avaient pris en haine la sainte ilios, à cause tige d'Alexandre, et il ajoute ; « Car il offensa les Décsind elles allèrent chez lui, et loua cclltj qui lui donna însualilé funeste. » Ce passage a été regardé comme phe par Aristarque, le célèbre grammairien d'Alexancause du mot sensualité, p.axXcauvri, mot abstrait, qui rtient pas à la langue homérique. Or cette interpolasez obscure a fourni à l'auteur des Kypria la première i fameux jugement de Paris. 11 est probable que cejut n'était qu'une allégorie morale, comme celle de Pro- 5ur Héraclès; seulement, le héros grec, placé entre la jl la volupté, choisit la première et conquiert une gloire le, tandis que le berger phrygien préfère le plaisir et ur lui et sur son pays la colère des Dieux. Mais la forme écise donnée à la pensée finit paren dénaturer le caracoral, etdans Virgile, la colère de Junon n'a plus d'autre [u'une blessure faite à sa vanité, spretœ injuria fùrmx. istes modernes vont encore plus loin : Rubens, dans un L de la galerie de Londres, Raphaël, dans une composiavée par Marc Antoine, et de nos jours M. Baudry, au le l'Opéra, ont représenté les trois Déesses nues. Un grec, si ce n'est à l'époque de la dernière décadence, ne lit pas permis cette impiété : Aphrodite, symbole de lion universelle, peut être représentée telle qu'elle est le l'écume des flots, mais Hère et Athènè, la chaste épouse Lcrge indomptée, ne se dépouillent jamais l'une de sou autre de ses armes.

lissance de nouvelles formes poétiques ne fît pas aban-> ' l'épopée. Le drame et la poésie lyrique étaient déjà 5 depuis longtemps quand Panyasis fît un poème sur iloits d'Héraclès, Antimachos sur la légende thébaine, ros de Camira sur la guerre de Troie. Si l'on en croit e, tout le second livre de l'Enéide de Virgile, avec Tépi- \ Sinon et le cheval de bois, serait une imitation, et pres-

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que une traduction littérale {pêne ad verbum iranstuUt)^ du poème de Pisandros. On ne peut vériOer celle assertion, car il ne nous reste rien des anciens imitateurs ou continuateurs d'Homère, non plus que des lyriques antérieurs à Pindare, quitoutenremplaçantl'bexamèlrepardes rhyllimes plus courts et mieux appropriés à raccompagnement musical, empruntaient aussi les sujets de leurs chants aux traditions liéroïques. Le poème de Stésichore sur la destruction d'ilios devait ôlre célèbre dans Tantiquité, car une illustration de ce poème occupe la partie centrale d'un bas-relief du Capitole connu sous le nom de Table iliaque. Sur les deux parties latérales claicnt représentées les principales scènes deTlliade d'Homère, et dans le bas les événements racontés dans TAilhiopis d'Arctinos de Milet et dans la Petite Iliade de Lescliès. On croit que ce curieux monument servait aux grammairiens pour Tinstruclion de la jeunesse dans les écoles, où on lisait les poésies d*Homère et de ses continuateurs.

Boutes sur le caractère historique de la légende troyenne. — Les Héros diffèrent si peu des Dieux qu'on peut sans invraisemblance voir dans les personnages de la légende troyenne, comme dans ceux des autres légendes, des types divins plus ou moins transformés. L'enlèvement d'Hélène estuntbème poétique qui parait empruntée la mythologie. Avant d'être enlevée par Paris, elle avait été enlevée par Thèseus. Sa mère Lèda est une forme de la nuit, ses frères les Dioscoures sont Tétoile du malin et l étoile du soir; son nom rappelle celui de la lune (Exévtj, SiÂr.^y.), mais, comme ce nom signiGe la brillante (de as'Xa;), on peut, si on le préfère, la regarder comme une Aurore. C'est l'éternelle fugitive, la fiancée du soleil couchant qui se laisse enlever par le soleil levant. Pénélope, si différente d'Hélène comme type moral, est peut-être sortie du môme type mythologique; la toile qu'elle fait et défait sans cesse peut figurer les phases croissantes et décroissantes de la lune. 11 y a une légende qui l'associe à Hermès, le Dieu crépusculaire, l'infatigable messager. Odysseus, dont le nom signifie le voyageur, pourrait bien être une forme de ce Dieu aux ailes rapides, à l'esprit subtil. Achille rappelle l'Achélôos, non seulement

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