DIRECTION DES SACRIFICES
le leurs exploits à la guerre donnait aux chefs, la paix, une certaine influence dans Tassem-
S'ils aTaient de l'éloquence et une réputation s justice, ils étaient pris pour arbitres dans les Jn des prologues de la Théogonie trace ainsi
roi aimé des Muses : « Celui qu'honorent les i Zeus, celui des rois nourrissons de Zeus ^ardé à sa naissance, elles lui versent sur la ice rosée, et de sa bouche sortent des paroles s les peuples regardent vers lui lorsqu'il dis- »ar des jugements droits. Parlant avec sûreté,
temps apaisé une grande querelle (car, s'il udents, c'est afin que, dans l'assemblée, il récement et par de bienveillantes paroles les iples embarrassés). Et lorsqu'il s'avance à tra- )n l'entoure de respect et d'affection comme brille au milieu des peuples réunis. » Ce perde l'époque héroïque pourrait s'appliquer à tout autre démagogue. C'est une autorité pu- \, fondée sur la confiance du peuple et sur la
des cérémonies religieuses est moins une atlrii de la royauté qu'une fonction appartenant au lille ; quand il s'agit d'un sacrifice offert par c'est naturellement le chef du peuple qui y pré- \\ qu'on voit Agamemnon dans l'Iliade, Nestor offrir des sacrifices au milieu du peuple. Quant n mandement militaire, elle a été admise même 'atie d'Athènes ; les dix généraux de l'armée qui irathon ne commandaient pas ensemble, mais Or, c'est seulement de cette unité dans le comilitaire, qu'il est question dans le vers souvent *e met dans la bouche d'Odysseus au second e. Quand les Achaicns quittent l'assemblée en lent s'embarquer, Odysseus s'écrie : « Ici (dans ne pouvons pas tous commander, le commansieurs n'est pas une bonne chose; qu'il n'y ail , qu'un seul roi. » Il sait cependant qu'il y en a
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LES ROYAUTÉS IlÉUOIQUES,
UD grand nombre dans Tarmée, et lui-mî^me en esl un, n il parle du commandement militaire, et il veut qu'on re( naisse Agamemnon pour chef de Texpédilion. H emploie persuasion pour engager les rois et ceux qui se dislingi des autres à reprendre la délibération, et Homère ajoute < frappe de son sceptre les hommes du peuple et les force rasseoir pour écouter ceux qui valent mieux qu'eux, mai mot de peuple signifie seulement la foule de ceux qui n distinguent ni par leur courage ni par leur sagesse, Odysseus dit à chacun d'eux : « Tu u'es ni fort ni brave, ( ne comptes ni à la guerre ni au conseil. » 11 ne s'agit m ment d'une distinction de naissance, car Thersite, le plus i traité de tous, était de très bonne famille ; il était cousi Méléagros et de Tydeus, père de Diomèdès. Quand le tum est apaisé, Odysseus engage les Achaiens à rester devant 1 et il ne leur parle ni de discipline ni d'obéissance, mai leurs intérêts, de leur honneur et de leurs serments. S commencé par mettre la force du poignet au service d< arguments, pouvons- nous dire qu'il ne se passe rien de e biable dans les assemblées populaires chez de grands pei civilisés ?
L'hérédité du commandement n'était pas une règle absc mais un fait qui devait être assez fréquenU Comme les cha cl les troupeaux passaient du père aux enfants, ceux-ci ï talent en môme temps de l'influence que donne la rich( mais il fallait de plus que le fils ou un des fils du roi fût même assez dislitigué par sa force et son courage pour à son tour chef du peuple. Quelquefois il devenait roi du vi de son père, comme on le voit par l'exemple d'Achille et celui d'Odysseus. Hector est le véritable roi des Troyens, la reconnaissance promet déjà la royauté à son fils : « Us pellent Astyanax (prince de la ville), parce qu'Hector prc seul la ville et les murs». La présence d'Hector conser Priamos une espèce d'autorité au milieu du peuple, i Achille craint qu'en son absence Pèleus ne soit lésé pai voisins. Laerlès, depuis le départ d'Odysseus, est rentré t( fait dans une condition privée ; il cultive son champ et n pas môme aux assemblées. On ignore si Tclémaque succè
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Ii4 HIÉRARCHIE PERSOiNNELLE.
à son père. Eurymachos, un des prétendants, lui avoue qu'il ne le souhaite pas, et Télémaque répond : « il n'est pas mauvais pour un homme d'être roi ; sa maison devient riche et luimôme est plus honoré, mais il y a beaucoup d'autres rois dans Ithaque entourée par la mer. Que quelqu'un d'entre eux prenne la place, puisque l'illustre Odysseus est mort, mais je resterai maître de notre maison et des caplifs que l'illustre Odysseus a pris à la guerre. » Les chefs qui revenaient d'une expédition risquaient do trouver leur place prise, comme il arriva à plusieurs rois revenus de Troie. Mais ces changements ou ces déplacements de dynastie ne sont pas de véritables révolutions. La cité grecque, dans l'âge héroïque, ressemble bien plus à une commune aristocratique qu'à une monarchie. Il importe de le remarquer dés le début, pour ne pas attacher à l'abolition des royautés l'importance d'une transformation sociale.
Hiérarchie personnelle sans distinction héréditaire. — Quoique la population de la Grèce paraisse avoir été formée de plusieurs invasions successives, il faut croire que les nouveaux venus s'établissaient à côté des anciens habitants, sans les déposséder, car on ne trouve dans les poèmes d'Homère aucune trace d'une caste de conquérants. Ily a une hiérarchie, ma:i» elle est fondée sur les aptitudes naturelles et le mérite particulier de chacun. Les Héros ont presque toujours quelque Dieu pour père ou pour aïeul, mais c'est par leurs qualités personnelles qu'ils établissent leur filiation. Quand Bellérophontès a tué la Chimère et détruit les guerriers envoyés contre lui par le roi des Ljkiens, celui-ci en conclut qu'il est de race divine et lui donne sa fille avec la moitié des honneurs royaux ; les Lykiens « séparent pour lui une portion de terre parmi les meilleures, un beau champ propre à la culture de la vigne et au labourage, et la lui donnent pour qu'il la cultive ». L'exemple de Thersite prouve d'autre part que, sans la force et le courage, on ne gagnait pas beaucoup à avoir des Dieux dans sa famille. Une supériorité personnelle donnait seule à ceux qui la possédaient une influence naturelle sur leurs égaux, mais sans constituer une différence de droits. A la guerre comme pendant la paix, la décision souveraine
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ÎCT DU TRAVAIL. i45
appartenait à rassemblée du peuple; seulement cette décision était facilement entraînée par Téloquence ou la sagesse de quelques-uns. C'est bien à tort que des auteurs modernes ont comparé la Grèce héroïque à l'Europe féodale ; il n'y a pas de noblesse héréditaire dans la société homérique^ ni rien qui ressemble à une distinction fondée sur la naissance, tandis que les barons du moyen âge se croyaient d'une autre espèce que le reste de la nation, méprisaient profondément le travail^ et auraient rougi de fabriquer eux-mêmes leurs meubles comme Odysseus, ou de préparer le rôti comme Achille quand il invitait ses amis à dîner.
Caractère sacré du travail. — Pour les Grecs, le travail n'est pas une punition, mais la loi même de l'homme, le légitime emploi de la force et de la liberté, c*est par le travail qu'il se rapproche des Dieux. Le soleil est le type du travailleur infatigable, et la plupart des travaux d'Héraclès s'expliquent par son caractère primitif de Dieu solaire. La forme la plus ancienne et la plus sainte du travail humain, l'agriculture, est un don de la terre elle-même, Dèmèter la législatrice (Ocaf^dçcpc;), car c'est en substituant le travail pacifique à la rapine et à la violence que les hommes sortent de la barbarie et se constituent en société policée. La propriété fondée sur le travail n'est plus un privilège, mais un droit, elle doit être garantie par le respect de chacun pour le droit de ses cgaux, qui est le sien. C'est pourquoi la clôture des champs est sous la protection de Zeus esxei&ç, et la vierge Histiè veille sur la pierre du foyer, centre de la famille et de la cité. Avec l'agriculture se développent toutes les formes du travail, et toutes ont un Dieu pour inventeur et pour patron. La poésie, la musique et la danse, inséparables à l'origine, se rattachent au culte d'Apollon et des Muses; Athènè l'ouvrière (ip^avu), enseigne aux femmes les travaux de leur sexe. Les deux divinités du feu, le Titan Promètheus et le forgeron Hèphaistos, président, l'un à la céramique, l'autre à l'industrie des métaux ; c'est Hèphaistos qui a fabriqué les demeures des Dieux dans l'Olympe ; il forge les armes d'Achille et celles de Memnon. Poséidon enseigne la navigation, Hermès le commerce, Asclèpios la médecine, la plus ancienne des sciences, quoiqu'elle L. M. — HisT. DES Ghecs. 9
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