DE DODONE
lommes ce qui vient ^ Kres est de savoir ( convient de présenter aux Dieux nos oifrandes et ne et de leur demander par nos prières les biens don sent. » On sait que, môme chez les Juifs, où il y av dans tout l'Orient, une caste sacerdotale, les phoph distincts des prôtrcs, et n'appartenaient pas comi tribu de Lévi. A Rome, la science traditionnelle de el des augures était le privilège des patriciens; ma la divination était Teffet d'une aptitude particuliè tribuait à l'inspiration directe d'Apollon, comme o aux Muses l'inspiration des poètes. Ceux qui senta le génie poétique composaient des hymnes, ce croyaient le don de prophétie expliquaient les présaj risques et périls, et s'exposaient à perdre la confian nement ne jusliflait pas leurs prédictions. Leur comme celle des médecins, était proportionnée à dont ils avaient fait preuve. Les fonctions des poè celles des devins, échappaient par leur nature m^ espèce de contrôle, mais personne n'était obligé mettre. Aucune autorité ne pouvait fixer un dogme une croyance. L'existence d'un culte public n'im] ce qu'on nomme aujourd'hui une religion d'Étal avaient la direction des cérémonies religieuses, et pour cette tradition, le nom de roi fut conservé < religieux longtemps après avoir disparu dans l'ordr ainsi le second des airchontes d'Athènes s'appelait 1 aucun magistrat ne pouvait régler ou modifier un ni s'attribuer le rôle d'un poète ou d'un devin. Dt c'est Agamemnon qui offre les sacrifices, mais quai veut interroger les Dieux, il s'adresse à Calchas.
L'oracle de Dodone. — Les Grecs faisaient un linuel de la divination. On admettait bien qu'un vait se tromper; on savait qu'il y en avait de pli habiles, comme parmi les médecins, mais le pri divination n'était jamais révoqué en doute. Er guerre, il y avait toujours des devins dans chaque temps ordinaire, on allait consulter les Dieux da
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L*ORACLE DR DELPUES.
dires célèbres auxquels étaient attachés des prophètes, î généralement des prophétesses. Tout ce qu'on sait de j de Dodone, le plus ancien des oracles de la Grèce, que la Man tique, ou science divinatoire, n'était à l'oriu'une météorologie instinctive. A Tépoque pélasgiquo, ccupation continuelle était la crainte des orages, car ait pas la ressource de faire venir du blé de l'étranger, is nerveux, les femmes surtout, sont très sensibles aux ces de Tatmosphère: on les consultait comme nous ions un baromètre. Une longue expérience pouvait 5r à des dispositions organiques spéciales. Il y avait 3mme aujourd'hui dans toutes les campagnes de vieux B qui prédisaient les changements du temps. Si leurs ions s'étaient réalisées, on les interrogeait sur autre et ils répondaient avec assurance, car les vieillards se infaillibles. Mais les questions d'agriculture se présen- )ien plus souvent que les autres, et c'est là-dessus que ssait la réputation des devins. La foi aux présages réun besoin si naturel qu'il n'est pas nécessaire d'attrisuccès des oracles à la superstition et à la fourberie. [)mprendre les mœurs des populations primitives, rapnous ce qui se passe dans nos campagnes^ pensons au ies almanachs prophétiques, et nous pardonnerons auT i de n'avoir pas attendu les progrès tardifs de la Météo- . Peu à peu, les tribus agricoles devinrent des sociétés les, mais le pli était pris, l'habitude d'interroger les lait dans les mœurs, on ne pouvait supposer qu'ils s'inient moins à une expédition militaire ou à la fondation olonie qu'à lavenir d'une récolte, et on ne faisait rien j consulter.
icle de Delphes. — Les procédés de divination ne nt plus être les mêmes, puisque les besoins étaient ts. Tant qu'on n'avait eu que des intérêts agricoles, on terrogé Zeus, c'est-à-dire observé l'atmosphère, et ces tions, bien imparfaites sans doute, pouvaient cepenroir un caractère scientifique. Mais quand il s'agit ts politiques, comme le succès d'une guerre, l'établisd'une législation ou d'une colonie, la conciliation de
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.E DE DELPUËS. 165
lions rivales, ]a Mantique, au lieu d'ôlre une science, devinl un don parliculier des Dieux, un état mystérieux de Tesprit dominé par une puissance supérieure. La faculté de divination, que Thomme ne possède pas dans l'état normal, on croyait pouvoir la développer par des moyens artiûciels, analogues à ceux qui produisent l'ivresse. On avait remarqué les propriétés médicales de certaines eaux ; d'autres, en agissant sur le système nerveux, produisaient une sorte de délire. Sur plusieurs points du sol de la Grèce, souvent agité par des révolutions géologiques, s*ouvraient des gouffres et de.s cavernes d'où sortaient des émanations agissant fortement sur le cerveau. Selon Justin, il y avait sur le Parnasse, au milieu d'une petite plaine située dans une anfractuosité de rocher, un trou profond d'où s^échappait un souffle froid, communiquant à ceux qui s'en approchaient un délire prophétique. D'après une tradition rapportée par Diodore, c'étaient des chèvres qui avaient fait découvrir ce dégagement de gaz. Le berger qui les conduisait, étonné de leurs bonds désordonnés et de leurs bêlements étranges, s'approcha pour en chercher la cause. 11 fut pris de vertige et se mit à prédire Tavenir. Le bruit s'en étant répandu, on reconnut qu'il y avait là un oracle de la terre. Dans le commencement, ajoute Diodore, chacun le consultait pour son compte ; mais plusieurs personnes, sous l'influence du délire qui les agitait, se laissèrent tomber dans le goufl're et ne reparurent plus. Pour éviter ce danger, les habitants du pays placèrent un trépied au-dessus de Touverture et chargèrent une femme de recevoir les inspirations de la Terre et de les transmettre aux consultants. La réputation qu'avait eue l'oracle de Dodone aux époques primitives, passa dans la période historique à l'oracle de Delphes. Déjà dans Homère il est question du « seuil de pierre de l'archer Apollon dans la rocheuse Pytho ». L'hymne homérique à Apollon attribue à une colonie de Cretois l'établissement du culte de ce Dieu à Delphes. Apollon prit possession de l'oracle sans toutefois en déposséder la Terre, car Plutarque, en visitant le temple de Delphes, parle du sanctuaire de la Terre, et lorsqu^l veut expliquer pourquoi l'oracle est commun à la Terre et à Apollon, il dit que l'exhalaison prophétique de la
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