‹ Histoire des GrecsChapitre 53 sur 202 · MIGRATIONS ET COLONIES · texte numérisé non relu

MIGRATIONS ET COLONIES

Passage de la Légende à THistoire. — La conquête Thessalienne. — Les Aioliens en Boiotie. — Invasion des Aitoliens et des Doriens. — Soumission de l'Étis, de la Messénie et de la Laconie. — Conquête d'Argos, d'Épidaure et de Troizen. — Ck)nquête de Sikyone, do Corinthe, de Mégare et d'Aigine. — Migration aiolienne. — Les réfugiés en Attique. Mélanthos, Codros. — Migration des Ioniens. — Colonies ioniennes. — Établissement des Doriens en Messénie et en Laconie. — Colonies dorieunes : Thèra, Mèlos, la Crète. — Les Doriens à Rhodes et à Cos. La Dorls. — Chronologie mythique. — Les poèmes d'Bomère et d'Hésiode.

Passage de la légende à Thistoire. — L'existence d'une civilisalion préhistorique en Grèce est attestée par les constructions kyclopéennes , par les objets d'art trouvés dans les

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fouilles et par les descriptions contenues dans les poènnes d'Homère. Mais les événements cl les personnages qui remplissent celte période appartiennent à la légende. Entre l'épopée et l'histoire, il y a un intermède obscur, long et à peu près vide. Quand la toile se relève, ce ne sont plus les mômes acteurs. Les Danaens ont disparu, ou ils ont changé de nom et sont devenus les Hellènes. Les Achaiens sont rentrés dans la coulisse et ne reparaîtront qu'au dernier acte. La scène est occupée par deux grands peuples rivaux, les Doriens et les Ioniens; les autres, groupés sous le nom d'Aioliens, fornfiant le fond du tableau. Pour l'unité de Thisloire grecque, il faudrait un pont entre Homère et Hérodote. Mais Homère invente, Hérodote raconte, et on ne peut rattacher la poésie à la réalité qu'au moyen d'interprétations et d'inductions plus ou moins arbitraires. Thucydide trace au commencement de son ouvrage une peinture de l'existence à demi nomade des anciennes populations de la Grèce. 11 fait remarquer que les terres les plus fertiles, comme la Thessalie, la Boiolie et les vallées du Péloponèse étaient exposées aux invasions les plus fréquentes. Ces invasions partaient généralement des pays des montagnes, qui n'étaient propres qu'à la vie pastorale et ne pouvaient nourrir une population trop nombreuse. Ce tableau doit être vrai dans son ensemble; il a dû se produire, avant la période historique, une suite de déplacements et de révolutions, mais le détail nous échappe, nous ne pouvons apprécier que les résultats. L'ouvrage d'Éphore, qui racontait l'invasion dorienne,ne nous est pas parvenu. Nous n'avons pour nous guider que de rares indications éparses dans la Géographie de Strabon et dans le Voyage de Pausanias. Ces récits très courts et souvent contradictoires rattachent les migrations de peuples et les fondations de villes aux aventures des héros de l'épopée ou de leurs successeurs immédiats. On sent que cette transition est artificielle ; c'est la légende moins les ornements poétiques qui la faisaient passer. La conquête Thessalienne. — Les migrations de tribus par lesquelles s'ouvre l'histoire grecque paraissent avoir leur point de départ dans un échange de population entre les deux versants du Pindos. D'après le poème des RetourSy Néoptolémos fils d'Achille, au lieu de revenir, après la guerre de Troie,

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