INSTITUTIONS POLITIQUES DE LA CRÈTE
bonne heure l'habitude de s^engager comme mercenaires. A Tépoque macédonienne, il y eut dans toutes les armées des archers crétois.
Llnsignifiance de la Crète dans les temps historiques est encore plus extraordinaire, dit Thirlwall, que Téclat passager qu'elle avait jeté dans les temps héroïques. D'après le Catalogue de l'Iliade, la Crète aux cent villes avait envoyé au siège de Troie quatre-vingt vaisseaux commandés par Idomèneus, fils de Deucalion et petit-fils de Minos; mais Homère place à côté d'Idomèneus, et presque sur le même rang, son compagnon Mèrionès, qui, d'après Diodore, était son cousin. La Crète semble n'avoir jamais eu d'unité politique, si ce n'est peut-être à l'époque de Minos. On ne sait pas quand la royauté y fut abolie, mais pendant toute la période historique on voit chaque ville Cretoise gouvernée par dix magistrats appelés Cosmes, c'est-à-dire ordonnateurs. Ils étaient élus pour un an par tous les citadins, mais, d'après Aristote, l'éligibilité était le privilège de certaines familles. Ils étaient assistés par un sénat ou conseil de trente membres élus à vie parmi les Cosmes sortis de charge. Il y avait des assemblées générales où tous les citadins avaient droit de suffrage, mais sans initiative; ces assemblées se bornaient à ratifier les résolutions combinées des Cosmes et du sénat. Il n'existait aucun lien fédéral entre les villes Cretoises, Cnossos, Gortyne^ Kydonia, Lyctos, qui étaient à peu près de même importance et guerroyaient souvent les unes contre les autres.
Sparte, type de la cité militaire. — L'unité politique qui manqua toujours à la Crète fut la principale cause de la puissance de Sparte. La monarchie, qui est la forme naturelle de l'unité, répugnait à l'esprit d'indépendance des Grecs; les Spartiates conservèrent la royauté des temps héroïques, mais en la divisant. Ce n'était pas une monarchie, mais une diarchie héréditaire dans deux familles hèràcléides que la tradition rattachait aux frères jumeaux Ulurysthénès et Proclès. La rivalité qui exista toujours entre les deux familles royales écartait le danger du^despotisme. Les rois de Sparte se nommaient Archagètes; leur seul privilège sérieux était le commandement militaire. Le prestige attaché à la descendance d'Héraclès empêcha
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