SPARTE, TYPE DE LA CITÉ MILITAIRE
des dynasties rivales de s'élever dans les villes lakédaimoniennes autres que Sparte qui devint, comme résidence des rois hèracléides, la capitale de la Laconie. Les Spartiates formaient une classe dirigeante. Si les ruraux avaient eu des droits politiques, ils seraient devenus les maîtres par la supériorité du nombre, comme on le voit par notre système de délégation représentative, où le vote des villes est noyé dans celui des campagnes. Les Spartiates considéraient tout le territoire laconien comme la Périœkie ou banlieue de Sparte. Dans cette banlieue, il y avait des villages, môme des villes, mais Sparte était la Cité, ses habitants étaient les citadins ou citoyens.
Sparte offre le type le plus complet d'une république militaire. Pendant toute la période historique, elle resta ce qu'elle avait été à l'époque de l'établissement des Doriens, le camp d'une armée -d'occupation en pays étranger. Dans un pays occupé militairement, tous les droits politiques des habitants sont supprimés. L'armée est entretenue par le territoire qu'elle occupe et qu'elle protège ; si les habitants se tiennent en repos ils peuvent cultiver leurs propriétés et exercer leurs industries; s'ils se soulèvent, ils aggravent leur condition. Tel fut l'état de la Laconie pendant près de cinq siècles. Les habitants, qu'on nommait dans leur ensemble Lacones ou Lakédaimoniens, formaient trois classes : les Spartiates, composant la force armée, la noblesse militaire; les Périœkes, propriétaires libres établis dans les villes, et les Hilotes, dispersés dans les champs et les fermes, et cultivant, comme serfs, paysans et fermiers, les terres des Spartiates, probablement aussi celles des Périœkes. Cette situation se rattachait originairement à la conquête, et c'est pour cela sans doute qu'Hellanicos attribue la constitution Spartiate aux deux premiers rois hèracléides Eurysthénès et Proclès. Mais tous les autres auteurs, d'après la tradition des Spartiates eux-mêmes, ont rattaché cette constitution au nom de Lycurgue. D'après Hérodote, Sparte avait été jusqu'à Lycurgue l'État le plus mal ordonné de toute la Grèce. Thucydide, sans nommer Lycurgue, parle aussi d'une longue période de désordre et de luttes intérieures, qui ne se termina que par une énergique réglementation. Le véritable fondateur