‹ Histoire des GrecsChapitre 74 sur 202 · LYCURGUE · texte numérisé non relu

LYCURGUE

de la grande cité militaire de Sparte, ce n'est pas le chef de clan qui vint s'installer avec une troupe de bandits sur le domaine abandonné des Pélopides, c'est le réformateur assez courageux pour imposer à ces bandits une discipline égalitaire, et assez habile pour leur faire comprendre qu'il était de leur intérêt de s'y soumettre et de leur honneur d'y persévérer.

Lycurgue. — Plutarque, au commencement de la biographie de Lycurgue, avoue qu'on ne sait absolument rien de certain sur sa vie ni sur son œuvre : « Il y a, dit-il, différents récits au sujet de sa naissance, de ses voyages, de sa mort, et aussi de ses actes comme politique et comme législateur; c'est sur l'époque où il vivait qu'on s'accorde le moins ». On disait que Lycurgue appartenait à la race des Hèracléides, mais les deux familles royales le revendiquaient également. D'après Hérodote, il avait gouverné Sparte pendant la minorité de son neveu Labotas, de la branche des Agides, tandis que les autres récits lui donnent pour neveu et pour pupille Charilaos, d e la branche des Eurypontides. La première tradition le placerait, selon la chronologie admise, vers 996 av. J.-C. ; la seconde, vers 880. Zeus passait pour avoir inspiré les lois de Minos ; Lycurgue mit les siennes sous le patronage d'Apollon. Quand il entra dans le sanctuaire de Delphes, la Pythie hésita, disait-on, si elle devait l'appeler un homme ou un Dieu; quelques-uns ajoutaient môme qu'elle lui avait dicté ses lois. Cette opinion ne pouvait manquer d*ôtre admise par E. Curtius, qui voitpartout l'influence occulte d'une prétendue théocratie apollonienne. Hérodote s'en tient au témoignage des Spartiates, qui disaient que Lycurgue avait introduit chez eux des institutions empruntées à la Crète. Aristote regarde les lois de Lycurgue comme un perfectionnement de celles des Cretois. Il dit qu'ayant quitté latutelle du roi Charilaos, Lycurgue séjourna longtemps dans la ville de Lyctos, colonie lakédaimonienne qui avait adopté la constitution établie en Crète par Minos. Plus', tard on lui attribua d'autres voyages, en lonie, d'où il avait rapporté les poèmes d'Homère, en Egypte, en Libye et jusque dans l'Inde. On raconta des détails sur sa vie, sur son désintéressement et sa modération, sur les difficultés

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