LES ROIS, LE SÉNAT, LES ÉPHORES
qu'il eut à faire accepter ses réformes; on disait même qu'il avait eu un œil crevé dans une émeute. Enfin le peuple accepta ses lois en jurant de les observer jusqu'à son retour, et le sage, pour enchaîner ses concitoyens par leur serment, se condamna à mourir en exil. Les Spartiates lui rendirent un culte religieux et lui élevèrent uu temple, mais ils oublièrent de bonne heure sa véritable histoire, et comme ses lois n'avaient jamais été écrites, qu'elles consistaient en sentences, p^rpai, confirmée par l'oracle de Delphes, on a dû, selon la remarque d'Heeren, attribuer au législateur des instilutions plus anciennes, et d'autres plus récentes qu'on mit sous son nom pour leur donner force de lois.
Constitution politique de Sparte : les rois, le sénat, les Éphores. — La première Rhètra confirmait la division du peuple en tribus (9uXat) et districts (wêa^î), établissait, à côté des rois («px^'ï^'^*')» u» sénat ou conseil de vieillards (-yepouaîa) et fixait le lieu de réunion des assemblées populaires entre le Babyke et le Gnakion, qui étaient deux branches de l'Eurolas. Celte constitution très simple existait déjà dans les temps héroïques, mais il est possible que Lycurgue lui ait donné une forme plus régulière, soit en fixant à trente le nombre des sénateurs, soit en déterminant leurs attributions. Ils devaient avoir au moins soixante ans, et, comme en Crète, ils étaient élus à vie par le peuple. Les deux rois faisaient partie du sénat dont les fonctions étaient à la fois délibératives, judiciaires et executives. L'assemblée du peuple, qui se réunissait tous les mois àla nouvelle lune, approuvait ou rejetait les propositions du sénat, mais sans discussions et sans amendements. Hérodote attribue à Lycurgue l'établissement du Conseil des cinq Éphores, mais d'après tous les autres auteurs cette magistrature ne fut instituée qu'un siècle plus tard, sous les rois Théopompos et Polydôros. L'Éphorat était électif et annuel ; peut-être avait-il existé à l'époque de Lycurgue et môme antérieurement, avec des attributions purement judiciaires, mais pendant les guerres de Messénie il prit une importance qui alla toujours en augmentant. Les rois, réduits au commandement militaire et à des privilèges honorifiques, furent subordonnés aux Éphores qui formèrent peu à peu un
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