‹ Histoire des GrecsChapitre 76 sur 202 · CONSTITUTION POLITIQUE DE SPARTE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION POLITIQUE DE SPARTE

directoire exécutif. Le pouvoir des Éphores a été considéré tantôt comme despotique, parce qu'il n'était soumis à aucun contrôle, tantôt comme populaire parce qu'il était renouvelé tous les ans et accessible à tous les citoyens. « Les Ephores, dit Cicéron, servent de contre-poids à la puissance royale, comme les Tribuns du peuple à l'autorité consulaire. » La constitution de Sparte, quoiqu'elle fût une des moins libérales, reposait cependant sur le principe républicain de la division du pouvoir, et, comme dans toutes les cités grecques, les fonctions publiques y étaient entièrement gratuites.

On a répété souvent, d'après Ottfried MuUer, que les institutions attribuées à Lycurgue n'étaient que les ancienes coutumes des Doriens conservées à Sparte et érigées en lois. Grote a réfuté cette opinion par des arguments péremptoires. Sparte diffère autant des autres cités dotiennes, Argos, Corinthe, Mégare, Gnide, Rhodes, Kerkyra, Tarente, Syracuse, qu'elle diffère de Thèbes ou d'Athènes. Si on veut trouver des traits communs avec Sparte, il faut les chercher dans d'autres républiques militaires, en Thessalie et surtout en Grète. Mais la situation géographique de Sparte, les luttes qu'elle eut à soutenir, d'abord contre les autres villes laconiennes, puis contre Argos, contre Tégée, contre la Messénie, l'obligèrent à s'imposer une discipline dont la nécessité ne s'était pas fait sentir en Thessalie ; à maintenir des institutions qui, chez les Cretois à qui elle les avait empruntées, tombèrent promptement en désuétude. Gette forte éducation fît de Sparte la première puissance politique de la Grèce. Sa prépondérance après la guerre du Péloponèse dut lui attirer de la part du peuple d'Athènes les accusations qu'on accueille facilement contre un rival heureux, et de la part des théoriciens l'admiration qui s'attache toujours au succès . Les Spartiates n'ayant pas écrit eux-mêmes leur histoire, des exagérations, en bien ou en mal, ont été acceptées indifféremment à titre d'antithèses littéraires, les jugements les plus contradictoires peuvent s'appuyer sur des témoignages, et la critique historique n'a pas toujours les moyens de discerner la vérité. La chronologie, quoique bien indécise encore, nous vient quelquefois en aide : ainsi on ne peut admettre que Lycurgue ait interdit la monnaie

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