‹ Histoire des GrecsChapitre 88 sur 202 · TYRTÉE · texte numérisé non relu

TYRTÉE

de Tépée tranefeatite ou de la longue lance. Et vous, troupes légères, de chaque côté, à Tabri des boucliers, lancez de grandes pierres et des flèches aiguës, en vous tenant près des hoplites.

« La vertu guerrière est ce qu'il y a de plus enviable parmi les hommes, la plus belle couronne que puisse conquérir la jeunesse. C'est un bonheur public pour la ville et pour tout le peuple qu'un homme qui s'élance au premier rang des combattants et y demeure inébranlable, sans jamais songer à la fuite honteuse, prodiguant sa vie et son cœur indomptable, et encourageant celui qui est à ses côtés à tomber bravement. Voilà l'homme utile à la guerre ; il a bientôt fait tourner les phalanges ennemies hérissées de pointes, et il s'entend à diriger le flot de la bataille. Tombant au premier rang, il meurt en illustrant sa ville et ses concitoyens et son père, frappé par devant de coups nombreux à la poitrine et sur le bouclier arrondi et sur la cuirasse. Et les jeunes et les vieux gémissent à la fois, et la cité toute entière l'ensevelit avec d'amers re grets. Et son tombeau et ses enfants çont honorés au loin parmi les hommes, et les fils de ses fils et toute sa race dans l'avenir. Et jamais sa grande gloire et son nom ne périssent; môme sous la terre il est immortel, celui que le farouche Ares a frappé lorsqu'il combattait^ brave, solide et hardi, pour sa terre natale et ses enfants. Mais s'il évite la Kère du long sommeil de la mort, et s'il remporte vainqueur le prix éclatant de la lance, tous l'honorent également, les jeunes et les anciens, et il descend comblé de joie chez Aïdès. Quand il vieillit, il tient le premier rang dans la ville; il n'a à craindre ni violence ni outrage ; chacun se lève devant lui, les jeunes et ceux de son âge, et les plus anciens. Ainsi, que chacun s'efforce d'atteindre la faite de la vertu, sans jamais céder dans le combat. »

Soumission de la Messénie. — Il y eut, selon Pausanias, trois batailles rangées. Après la première, qui n'eut pas de résultat décisif, les Messéniens, pour récompenser la valeur d'Aristoménès, voulaient le nommer roi : il refusa et se contenta du titre de général. La seconde, livrée à la Fosse du sanglier, se termina par une victoire complète d'Aristoménès. A son retour, les femmes jetèrent des fleurs et entonnèrent un

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