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L'OLIGARCHIE

second confié à des magistrats temporaires rendant des comptes à l'expiration de leur charge. Ce système offrait plus de garanties que le gouvernement mal défini des temps héroïques, mais ces garanties n'étaient réelles que pour la classe dirigeante; c'était devant elle que les magistrats étaient responsables plutôt que devant le peuple, et souvent cette classe préférait ses intérêts à ceux de la cité.

L'aristocratie fut d'abord territoriale. La masse du peuple se composait de petits propriétaires ruraux qui cultivaient euxmêmes leurs champs, et de travailleurs libres qui cultivaient ceux des autres pour un salaire. Les grands propriétaires, qu'on nommait Gamores ou Géomores, selon qu'on parlait le dialecte dorien ou le dialecte ionien, résidaient dans les villes. En temps de guerre, c'étaient eux qui formaient la cavalerie. En Euboia, on les appelait Hippobotes, éleveurs de chevaux. Dans les Etats doriens, les familles des grands propriétaires descendaient en général des conquérants; mais la population rurale de l'Argolis et de la Mégaris n'était pas réduite à une condition servile comme les Hilotes de Laconie. En Attique, la classe des Ëupatrides, ou fils de bons pères, se composait, comme celle des Patriciens à Rome, de familles autochtones possédant les terres les plus fertiles. Par suite du développement du commerce et de l'industrie, il se forma une bourgeoisie et une classe de plus en plus nombreuse de marins et d'artisans. Quant aux esclaves domestiques 4ui servaient les riches, c'étaient des barbares de toute sorte de races, achetés à prix d'argent et ne faisant pas partie de la cité.

Diffusion de la race grecque sur les c6tes de la Méditerranée. — L'exiguïté du territoire de la Grèce y ramenait très souvent le problème d'un accroissement trop rapide de la population. Pendant toute la période ascendante de l'histoire grecque, ce problème fut résolu par d'innombrables colonies. Les plus anciennes, fondées dans les lies de l'Archipel et sur les côtes de l'Asie Mineure, ont été énumérées dans un précédent chapitre. Du huitième au sixième siècle avant notre ère, les discordes civiles qui agitaient les cités eurent pour résultat de nouveaux courants d'émigration qui se portèrent vers le nord, sur les côtes de la Macédoine et de la Thrace, et vers

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