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COLONISATION

Fouest, sur les côtes de TEpire, de la Sicile et de l'Italie méridionale. Dans le môme temps, les Grecs d'Asie couvrirent de leurs comptoirs les côtes de la Propontis, du Pont-Euxin et du marais Maiolis. Il y eut aussi des colonies en Libye, en Ibérie et en Gaule ; la Méditerranée devint un lac grec.

Toutes les branches de la race hellénique, Achaiens, Dorions et Ioniens d'Europe et d'Asie concoururent à cette œuvre de colonisation dirigée par les cités commerçantes, Corinthe et Mégare, Chalkis et Érélrie, Milet et Phokaia. II n'est pas toujours possible d'établir une dlslinction entre les colonies fondées par des mécontents qui cherchaient de nouvelles patries et les comptoirs établis par des marchands qui voulaient donner plus d'activité à leur commerce. Il est encore plus difficile de tenir compte des oppositions de races mises à la mode par Otlfried Millier, et de classer les colonies d'après leur origine. La ville d'où partait un groupe d'émigrants était considérée comme la métropole de la colonie qu'ils allaient fonder ; mais ces émigrants appartenaient presque toujours à des races différentes et dans des proportions qu'il est impossible de connaître. L'esprit d'initiative, qui nous manque si absolument, suffisait pour rassembler de divers pays de la Grèce des bandes d'aventuriers qui cherchaient fortune ou qui avaient eu le dessous dans les luttes civiles. On partait sur la foi d*un oracle et on allait vers les terres inconnues, sous la protection des Dieux de la patrie. Les uns avaient emmené leurs familles, les autres, partis seuls, épousaient des femmes du pays où ils s'élabhssaient. Quelquefois un roi barbare accueillait en amis ces enfants perdus de la civilisation. Il y en avait qui revenaient avec des cargaisons magnifiques et disaient à leurs compatriotes : La place est bonne, accourez. Colonies euboiennes et mégariennes en Thrace, — L^oligarchie des villes ioniennes de Chalkis et d'Erélrie, dans l'île d'Euboia, favorisait volontiers l'émigration des citoyens pauvres. Des colonies furent fondées sur les côtes septentrionales de la mer Egée occupées par des populations thraces. A cette époque, la Macédoine ne s'étendait pas encore jusqu'à la mer. Chalkis, la ville de l'airain, qui devait sa richesse à l'exploitation des mines de cuivre de l'île d'Euboia, fut attirée

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252 COLONIES EN THRAGE.

par les gisements métalliques de la Thrace. La péninsule qui

s'avance dans la mer entre le golfe Thermaïque et le golfe

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254 LUNDUSTRIE A CORINTHE.

Strymonien se couvrit d'établissements chalkidiens et prit de là le nom de Chalkidique. Les Érétriens, qui se livraient surtout à la pêche de la pourpre et à l'industrie des transports maritimes, s'associèrent souvent à leurs voisins de Chalkis. Mais des deux villes qui devinrent les plus célèbres dans cette région, l'une, Potidée, sur l'isthme de Pallène, était une colonie de Corinthe, l'autre, Olynthe, avait été fondée par la tribu Ihrace des Boltiaiens, et c'est seulement à l'époque de l'invasion des Perses qu'elle fut occupée par les Grecs de la Chalkidique. Stagira et Acanthos furent fondées sur la côte nord-est du golfe Strymonien par les habitants de l'île d'Andros, qui elle-même avait été colonisée par les Érétriens. Au delà de l'embouchure du Nestos, commencent les établissements des Grecs d'Asie, Abdéra, colonie de Téos, Maroneia, colonie de Chios, Ainos, fondée par les Lesbiens, Sestos, autre colonie aioliennesurlalongue péninsule appelée Chersonnèse de Thrace et Périnthe, colonie des Samiens sur la côte thrace de la Propontis. Enfin, les Mégariens qui, }\ cette époque reculée, étaient des marins entreprenants, se firent jour au milieu des établissements des Grecs d'Asie et fondèrent Chalkédon sur la côte asiatique du Bosphore, ce qui les fit appeler les aveugles, parce qu'ils n'avaient pas su voir que la côte opposée était beaucoup plus avantageuse. Quelques années plus tard, en 657, ils réparèrent cette erreur et fondèrent Byzance, sur la Corne-d'Or, bras de mer où les bancs de thons du Pont-Euxin, poussés par le courant, venaient s'offrir d'eux-mêmes aux pêcheurs.

liUndustrie à Corinthe. — Les Bacchiades. - Kerkyra et Syracuse. — Pendant que Sparte, la grande cité militaire, étendait sa domination sur un tiers du Péloponnèse, Corinthe, qui ne possédait qu'une étroite langue de terre, essaya de fonder un empire colonial. Elle envoyait à Potidéedes gouverneurs appelés «Tn^ïiiAioup^cî ; mais ce système, qui a réussi dans les colonies de l'Europe moderne, était contraire au caractère indépendant de la race grecque, et l'exemple de Kerkyra, qui fut dès l'origine en lutte avec sa métropole, dut prouver aux Corinthiens que leurs colonies ne subiraient pas une tutelle onéreuse. La royauté des H èracléides de Corinthe avait

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LES BACCHIADES. 2o5

été abolie, selon Pausanias, à la neuvième génération après Alétès, et remplacée par une magistrature annuelle; mais ceux qui Texerçaient, sous le titre de Pry tanes, étaient pris exclusivement parmi les Bacchiades, puissante oligarchie qui dura près de deux cents ans. Les Bacchiades appartenaient à une môme famille ou à un certain nombre de familles unies par des liensde parenté et ne contractant de'mariages qu'entre elles.

Ruines d'un ancien temple à Corinthe.

Au lieu de s'endormir et de décliner comme les aristocraties qui n'ont pour base que la propriété foncière, l'oligarchie des Bacchiades s'enrichit et enrichit Corinthe par le commerce maritime et toutes les formes de l'industrie. On attribue aux Corinthiens l'invention de la roue à potier et les premiers progrès de la peinture sur les vases d'argile. Il reste sur l'emplacement de Corinthe quelques colonnes d'un temple qu'on regarde comme le plus ancien exemple encore subsistant de l'architecture dorique. L'airain de Corinthe a été renommé

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