‹ Histoire des grecs modernes depuis la prise de ConstantinopleChapitre 11 sur 30 · S6 HISTOIRE · texte numérisé non relu

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qu'il ne se flattât pas de-ta voir bientÂt supërieurie à celle des Italiens : il s'occapa en conséquence de l'exercer et d'accroître le nombre de ses matelots et celui de ses bàtimens. Cette année même il envoya une flotte dans la Mo^Noire pour soumettre Cafia (i)y ville fondée par les Géûois sur les côtes de la Crimée^ et le succès de cette expédition lui fit concevoir de hautes espérances. En songeant à l'organisation de sa marine^ il avait jeté les yeut sur ses »ijets grecs ; comme plus propres à la navigation que les autres Orientaux (q)^ il les employa spécialeipent à ce genre de service, et ce fut peàt- <!tre h ce plan, suivi coBstanunent par ses succes- .seors, que les Turcs durent k splendeur de leur marine au xvi^. siècle.

Les hostilités suspendues par une trêve de six nwkf ne furent reprises que Vannée suffrante. Croia, ancienne capitale du grand Scanderberg, fut exposée k tontes les herreurs d*un siège désastreux que les Albanais s'efforcèrent en vain de &ire kver..Une armée d'Épirotes; et de Péloponësiens se porta au secours de la place. Ils étaient victorieux; leurs ennemis fuyaient; mais à la vue du camp des l&fusulmans, les Grecs, au lieu de poursuivre, s'arrêtent, séduits par l'appât du butin : cfitte cupidité leur devnt,6itale« Les Turcs qui ne se titmvaieiit

(t) CoSk occupait rempl a ce me n t dg Tanciemie Th^a« (a) D« OftiHémir, HfHoire Mt0mane.

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eBCore qu^à une faible distance $e rallient; reviennent au combat et les Uillent en pièces. Plus de huit mille chrétiens pément dans cette action. Venise attaquée dans ses pQ«$es«tons de l'Adrialiqu^e-, menacée elle-même d'un siège terrible par les armées de Mahomet, étajt hors, d'état de r^arer cette perte. Les babitans àff CroiA n'ayant de res^ source que dans leur énergie , di^oyèrent un courage béro'ique» Dans ce$ afireux momens , ils se montrèrent dignes de Sc^nderborg. Enfin accablés par la famine et par les maladies , réduits k la dernière détresse, ils envoyèrent une députation \€Pè Mahomet ( ti'jS), alors en m^archepour soumetti^ Scutary, qu'un de se^ lieutenant assiégeait depuis deux ans. Ç& prmce écouta leurs propositions avec une feinte bienyeiUance j il accoixla aux: citoyens d« Croïa une capitulation ^^après laqi«elte il: leur était permis de se retirer dans un li^ de leur choix, à moins qije, sous sa protj^tioii spéciale^ ik. ne pré^ férassçnt vivie JL^jq» le^r p^lrie^^-Moi» ce traité A*ùf^ frait aucune gairantie. aux vaibi&us; maître de Croia, Mahomet, en fit mAs^crer %oii» les habitans. G» monstre se faisait ui^ jeui du parjuré, et de k plu» atroce perfidie ; jamais il n'a doiffié. de^role qu'il ne l'ait violée, jamais pri$ à'engf^vgéOA qa'il rsBÏm éludé OU roQ^pu. Après U Chu^ de Grok, i) n^ eut plus, de trace$ de la glorieuse gâaération im Scanderberg. Devenus Musulm%Q&^lfiSLfik.dfiS. coior pagnon^ d'ajmçs de ce héros coi^tirihuèreiit k la pilissance du tyran qu'ils avaient si long-teq^p» coiiOr

battu (i). Ainsi au milieu de ces horribles révolution s^ tout change et se dénature. Les provinces sont bouleversées y et les nations' ne gardant plus aucun des traits de leur physionomie ^ deviennent méconnaissables.

Le sultan ayant échoué sous les murs de Scutary (1479) } rentra à Gonstantinople après avoir fait ravager le Frioul et les frontières de rAUemagne. De retour dans sa capitale , il pressa l'équipement de sa flotte; et d^à elle était prête à mettre à 2a voile, qu'on ignorait encore quels projets elle allait accoénplir. On s'épuisait en conjectures sur la destination du formidable armement qui allait sortir du Bosphore. La Macédoine était perdue au milieu des provinces musulmanes; la Béotie, TAttique, rÉtolie et la Thessalie ft ri^^ient uû gouvernement turc. Négrepont se couvrait de citadelles soumises .au croissant, et le Pélopoûèse était asservi. Vainement on eût cherché la Grèce d'autrefois; elle n'é- Xait plus nuH»dp*r^ $on nom même était anéanti. La puissance colossalie qui venait de la dévorer ♦était encore affamée de ses derniei-s débris. Elle résolut de les di^Hiter à Venise qui se les était appropriés; mais la république ne craignant d^à plus la perte de ses colonies depuis que des périls plus imminens compromettaient sa propre existence^ r^- «olut d'acheter la paix au prix des plus grands sa-

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crifices (i). Mahomet vainqueur pouvait coihmander; toutes les conditions imposées par lui auraient paru moins dures et moins périlleuses que la nécessité de continuer la guerre. Cependant il ne fut pas aussi ^exigeant qu'on devait s'y attendre; il se contenta de demander aux Vénitiens Scutary et son territoire, quelques autres places de la Grèce, l'île de Stalimène, et un tribut annuel de dix mille ducats. 11 stipula aussi que toutes les conquêtes faites de part et d'autre dans la Morée, l'Albanie et la Dalmatie, pendant la durée de la guerre, seraient annulée»; qu'enfin les prisonniers seraient échangés et restitués sans rançon. Le traité fut dressé d'après ces clauses principale*s, et signé à Constantinople le 26 janvier, par l'ambassadeur de Venise, au nom de la répubCque. On se hâta d'en remplir les conditions, afin que le Grand-Seigneur n'eût aucun prétexte plausible deie rompre. Les montagnes de la Chimère et le pays des Mainotes en Morée, furent consignés aux commissaires du sultan; le doge jura la paix le 25 avril, et fit mettre «n liberté les prisonniers turc\ retenus à Venise. Cette réconciliation fut presque sans fruit pour la Grèce qui avait supporté tous les maux de la guerre. Elle n'y gagna qu'un repos servile, et le pays des Mainotes où les derniers patriotes du Péloponèse s'étaient réfugiés, continua seul -à foire de nobles efforts pour la conservation de son

(1) And. Navagiero, Sloria Fenez* , pag. iiSg.

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indépendance (i). Lliistoire obscure du i5*. siècle, les annales de Venise, non plus que les légendes mufulmanes, pe trous ont point transmis les noms des 1 hommes courageux qui se signalèrent à cette époque : on n'y trouve que des indications vagues, et i les traditions de la Grèce sont méldes de trop de fa- • blcs pour qu'on ose y puiser des renscigneaieixs. A défaut de notions plus détaillées ou plus certai- . nés, nous suivrons les écrivains vénitiens jusqu'au moment où la politique de la Kussie, relevant les espérances de la Grèce et réveillant, pour ainsi dire, le génie de ses peuples, nous fournira elle-même des matériaux authentiques en faisant éclore les premiers germes des idées généreuses qui sont aujourd'hui le partage de tous les Hellènes* |

L'ile de Rhodes , sur les côtes de la Caramanie ^ Aait la propriété de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem(i 48o).Les religieux militaires de cetteassociation inquiétaient les Turcs par des courses fréquentes et par des attaques continiielles. Mahomet profita du «•repos oix le laissait son traité avec Venise poiu" accabler des ennemis dont il méprisait la faiblesse, mais dont l'audace l'irritait depuis long-temps. Au mois de mai, une partie de la flotte destinée contre Candie se présenta devant Rhodes, avec des trou-

(i) D, Caniémir, HisU oUom, — Le père Songer, Hist. des ducs de ï Archipel* — Màrmora, Sioria di Corfûi

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pesde débarquement. L'ile entière fut ravagée f mais sa capitale soutint un siège de quatre mois^ et la constance des braves chevaliers finit par décourager les Turcs qui, rebutés par les pertes considé^ vables qu'ils avarient éprouvées, tant dans les assauts que dan^ les vigoureuses sorties des assiégés^se rem- Larquèrent après avoir détruit tout ce qui avait échappe à leur fureur dès les premiers jours de l'invasion.

Une autre flotte de cent voiles, portant îine seconde armée musulmane, vint à la même époque épouvanter les cotes d'Italie. La ville d'Otrante, contre laquelle les Turcs dirigèrent leurs pren^ers coups, fut prise d'assaut et saccagée. Tout annonçait que l'expédition ne se bornerait pas à cette conquête, et Naples était dans les plus vives alarmes, lorsque la mort de Mahomet arrêta les opéralions de ses lieutenans.

Ce monarque -expira le 3i mat i48i devant Nicomédie, après un tègne de trente-deux ans. J[amais(, depuis l'origine de la nation ottomane ,' les Turcs n'avaient été gouvernés par un prince plus hahîle , * plus entreprenant et plus heureux. JDurant le cours de sa longue carrière politique, Mahomet conquit deux empires , douze royaumes , et deux cents villes (i). Il était à peine âgé de cinquante-quatre ans, et n'était pas arrivé au terme de ses projets ambitieux, quand la mort le surprit. Encore quelques années accordées au conquérant de TAsie, le monde

(i) D^ Cantémir^ Hist. oUom*^ Hv. m, chap. n.

touchait peut-être à une nouvelle période -de barbarie ^ et les ténèbres du croissant se seraient érendues du golfe persique aun glaces de la Norvège. L'idée d'une telle révolution épottvante. Heureusement n'est-ce que de loin en loin que passent sur la . terre ces hommes^ fléau de leur espèce, qui tiennent * dans'leurs mains la fatalité des peuples^ et conspirent la ruine de^ sociétés humaines.

Mahomet II a éprouvé le sort de tous les personnages qui se sont illustrés par la grandeur de le^rs actions ou par la supériorité de leur génie. Il a été loué avec excès et calomnié avec fureur. Ses panégyristes le représentent comme un dieu, inaccessible à toutes les faiblesses de l'homme j ils vantent sa grandeur d'âme, sa clémence et sa loyauté , ,tandi& qu'il se rendit odieux par tous les vices opposés à ces vertus. Ses détracteurs vont jusqu'à lui refuser le courage personnel et les talens mititaires, tandis qu'il fut peut-être le plus vaillant soldat et le meilleur capitaine de son siècle. Ce n'est pas d'après des opinions si contradictoires qu'on peut porter un jugement équitable. L'histoire ne prononce pas diaprés les passions haineuses ou bienveillscûtes des contemporains : elle pèse les actions, et décerne alors les louanges ou le blâine. Cet examen rigoureux ne saurait ôter à Mahomet les grandes qualités qui le firent monter au plus haut d^ré' de la puissance^ mais il fait ressortir aussi toute la perversité de son caractère , qui le rendit le plus féroce et le plus perfide des tyrans. Il ne fit jamais

une conquête sans la souiller par une bartwirie atroce. Il ne feignit jamais d'être clément envers ses ennemis que pour les accabler plus sûrement du poids de sa vengeance. Toute sa vie il s^appliqua à ëhidei: les sermens^ et souvent il joignait une affreuse ironie au subterfuge dont il usait pour éviter de paraître parjure. Ce fut ainsi qu'après avoir promis de conserver la tête à un commandant vénitien qui ne s'était rendu qu'à cette condition ^ il le fit scier par le milieu du corps. Volàit-on au-devant du joug de Mahomet^ on pouvait alors compter sur sa protection; lui opposait-on de la résistance, il n'y avait plus de pardon à espérer; il était impla-r cable : bienveillance pour la lâcheté et la bassesse, inflexibilité pour l'héroïsme et le courage d'un ennemi vaincu, tels étaient ses deux grands et immuables principes à la guerre.

Si l'on considère ce monarque sous le rapport politique, on ne pourra s'empêcher d'admirer la hardiesse de ses vues, la justesse de ses conceptions, et la rare sagacité de son esprit. En effet, il entreprit tout ce que l'ambition peut suggérer de plus audacieux , et la fortune couronna constamment ses efforts : il ne fît pas un traité, ne contracta pas une alliance qui ne dussent tourner à son profit. Obligé d'employer une foule d'hommes qui n'étaient pas nés ses sujetS;^ il revêtit des premiers hon^pCrs et du commandement de ses armées des chefs pris même parmi les vaincus; et son choix était si sûr qu'il n'eut |)as une seule fois à se repentir de cette

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excessive confiance. li eut l'art de s'attacher les nations soumises par une feinte modération. Il respecta les erreurs , les préjuges et le culte de ses nouveaux sujets; et si le moment de la conquête était ' affreux, on peut dire que la domination était douce et la seivitude ïiabilement déguisée. Cette conduite artificieuse lui fit plus de créatures qu uii système contraire ne lui eût suscité d'ennemis. En exterminant les grands y et en ménageant la multitude y il enlevait aux peuples tout moyen de ralliement ^ et étouffait chez eux Tesprit national; en tolérant les opinions religieuses, mais en comblant d'honneurs et de récompenses ceux qui embrassaient l'islamisme, il attira dans ses rangs tous les individus d'une foi douteuse, et la masse considérable de ceux qui eussent bravé peut-être les violences d'une peârsécution , mais qui ne savaient pas i*ésister aux séductions de l'amour-propre,

Jja politique de Mahomet lui servit pins encore que la force de ses armes, à consommer l'entière extinction des Grecs. Ce fut chez eux qu'il eut l'adresse de trouver les pW fermes appuis de sa puissance ; ce fut la grèce elle-même qu'il opposa à la Grèce. Ses ministres , . ses généraux avaient été Grecs ayant que d'êtrîB n^Usulmans ; Achmet-Giedick, grand-visir, et l'homme qui contribus^Ép plus à la splendeur du règne de Mahomet, appartenait à une famille albanaise ; Hassan bey , Soliman pacha , Ballabanus Badera , Ariédano ; Mésithès, et tant d'autres qui commande-

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rent les armées ottomanes , étaient des chrétiens apostats ; Mésithès était même issu du sang des Paléologues. L'état militaire de la Turquie ne se composait en quelque sorte que de Grecs. Les janissaires , ce corps redoutable qui fait encore aujourd'hui Tunique force des armées du croissant^ naissaient au sein du christianisme. Arrachés en bas4ge des bras de leurs parens massacrés , on. les élevait dans là loi turque ,^ on leur en inspirait tout le fanatisme , et ils oubliaient au milieu des camps et de l'enthousiasme de la gloire des- armes, les habitudes de leur enfance et les malheurs de leur famille. Amurath I*^ avait fondé cette milice ; mais Mahomet II lui donna une extension et un éclat qu'elle n'avait jamais eus. Il l'augmenta tellement en y incorporant tous les jeunes Grecs faits esclaves dans les combats y ou épargnés dans le sac des villes , depuis l'enfance jusqu'à l'âgç de puberté,, qu'il était presque parvenu à n'employer que des soldats janissaires* Ainsi l'on pourrait dire ?vec raison que si Mahomet fit de grandes choses, ce ne fut que par les Grecs , et qne s6n habileté consista surtout à connaître les hommes ; f^fin de profiter de leurs passions ou de leurs faiblesses.

Ce prince y sous le prétexte de régler l'état de ses sujets chrétiens , fit des règlemens qui n'avaient pour but que de les avilir de plu&enplu» et de les placer dans la perpétuelle dépendance lies musulmans : çn imposant aux Grecs un cos^ lume particulier, et tm tribut regarda comme in^

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fômant ( le karatch ou capitation ) , il les marqua du sceau de l'opprobre et de la servitude. En leur refusant Texercice des droits civiques , il les priva en quelque sorte du «ecours des lois ^ et les abandonna sans défense à la merci des vrais croj^ans. Enfin en leur laissant leurs églises ^ mais en leur retirant la faculté d'en construire de nouvelles ou même, de réparer les anciennes , il conçut Tespérance d'anéantir le culte qu'il feignait de respecter, et s'il ne réussit pas complètenient , du moins ouvrit-îl à ses successeurs la source inépuisable des injustices et des vexations qui accablèrent bientôt les vaincus. Tous les inconvéniens du fatal traité qui suivit la prise de Constantinople ne se firent pas sentir immédiatement } 'hn s'abusa d'abord ; parce que les vices des institutions ne se développent qu'à la longue. Mais un siècle après la mort de Mahomet , quand la ligne de démarcation qu'il avait tracée entre ses sujets fut fixée définitivement , les malheureux Grecs sentirent leur infortune , et d'une manière d'autant plus cruelle , que sous im régime aussi immuable que €^ui de leurs dominateurs , vis n'avaient pas d'améliorations à attendre. Ils comprirent alors , mais trop tard , ce que pouvaient être la modération d'un vainqueur fanatique , ou les promesses d'un despote.

Mahomet , en détruisant la Grèce , voulut léguer aux tristes restes de cette nation toutes les tribulations d'un esclavage de plus en plus ri-

goureux ; il ne prévoyait pas que tant d'horribles précautions pour accroître avec le temp^ le poids des fers de ses victimes , produiraienwà la longue , par l'excès des maux , ce désespoir énergique et magnanime qui brise toutes les chaînes et se délivre de tous les jougs. ( . On s'étopnera peat-^tre de l'étendue que nous avons donnée dans notre récif au règne de Mahomet. IVoiis nous fussions renfermés dans de plus étroites limites^ s'il ne nous eut sembla convenable d'appeler particulièrement Fattention sur une époque qui marque y en quelque sorte ^ le véritable point de départ de ce qu'on nomme la Grèce moderne. Pour mettre le lecteur à même de suivre la marche des événemens^ il était d^ailleurs néce»* saire dël^i faire coonaiti^ le sort des provinces heW lémennes- soumise» aux Turcs. Désormais' plus succincts y nous- écarterons de notre nan^ion tous les faits qai ne se rattachent pas directement au sujet qui nous oecupe*

Bajaxet' ceignit le sabre ^Osman y et , peu àg temps aptes , les 'Vénitiens lui reiidirent Yile as Céphalionie ( 14.84 ) f que le frère du comte à& Lencade y JAomifd de Tochis y dépouillé par ]tla>^ lumiei II y éUit ]^arvenu à reconquérir.

En Êtisant sa paix avec là Pbrte y le së^ pa^ crifia csico^e y à son infâme politique^ les Grec» qui y eaiiardi» par les pr<miesses àe Charles Yllf pendant son expédition à Nàpted y avai^t osé ma^ nifestar leur h«naie et derprojeië de vengçance.

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Le «ultan courroucé envoya des troupes en Morée dans le pays des Maiuotes qu il ne put soumettre et ou il perdit plusieurs millier d'hommes. Les montagnes de la Chimère ( monts acrocérau- DÎeas ) , où s'étaient formées des bandes indépendantes y résistèrent avec non moii;]^ d'énergie à ses généraj^x et à ses séductions. Il dirigea sur ce point une armée considérable qu il av^t, eu le projet d'envoyer k Corfo^ ; ces terribles montagnards le forcèrent à la rappeler. Mais avant de lui donner Tordre de revenir , il voulut assouyir sa rage , en faisant massacrer une partie de la population chrétienne de rÉpire et de l'Albanie : cette sanglante CKécutioo atteignit ^tous les hommes courageux formés à l'école, desi coi^p^gnons de Scanderberg^ et toute la j^if^esse^ .qui nourrissait contre la tyrannie une iqdignation héréditaire. L'espoir de renaître pour la liberté fut^ plus, q^e j^ms^is^ ajourné pour la Grèce,: ce n'était pas à nuQ poignée d^ Jbraves qu'elle pouvait dçvoir sa régénération. Les Maino-. tes d ailleurs^ çomme^ les jg^erriersfde ^ Chimère , habitués à combattre s^uls> .se, spuciajént peu du. sort de. leurs fyères , les habitans des plaiiieâ dont ilsiméprisaiei^t l'abjecte .souupsslon^ La pause des uns n'étajt paS: celle des a^LtKes>> Les, premiers avaient des intérçj^ à part; y et ^souvent ^ .^i^ms Leurs sa»glantqs agr^s^icp;^^ ij[s n'épa^g^iaient pfts.plus les Greacs qi^p les TurçSa <5t Ijbs ftr^iuiçnt égaJiement en ennemis, De tels Jiqmpaies,,! ne respirant que le pillage et la dévastation ^ ^nq semblaient pas deiti^

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né à devenir les auxiliaires et les vengeurs des Pelopon^iens^et pourtant ceux-ci étaient réduits à nîe plus entrevoir la possibilité d'un secours que de la part de ces peuplades insociables et farouches , dont 4 on s'étonne aujourd'hui de retrouver les descendans parmi les héros civilisés de Parga et de •Souli. Après ses succès à Naples , il eut été facile à Charles VIII vainqueur de porter la guerre en Macédoine; mais ce prineie en avait été empêché par sa mollesse , et il n'y avait pas d'apparence de voir se reproduire des circonstances aussiffavorabl^ au salut de la Grèce, que celles dont il n'avait pas su profiter. Tout tendait "à rendre plus déplorable l'état de cette contrée. Chaque jour les Vénitiens voyaient décroître leur crédit avec leur puissance. Les Turcs , au contraire , prenaient une attitude des plus formidables , et menaçaient les derniers établissemens italiens tant dans les eaux de l'Archipel que dans la Morée. Le pontife de Rome lûi-méme, alors uniquement occupé de fomenter des dissensions en Europe , secondait les vues ambitieuses du Croissant, et 'cherchait à attirer la Porte dans une ligne imipie , formée, au nom de l'Evâà^iîié?, pour exterminer les peuples et les rois les plus soumis aux doctrines catholiques. C'était une époque d'anarcliie et de dépravation" générale, tes émissaires de Louis Sforza déterminèrent Baja- 2et II à recommencer la guerre contre Venise , qui dut en supporter seule tous les embarras et tout le iaideau.

La première campagne (î499) 7 sans avoir de résultats bien importans^ n^ se termina pas à l'avantage de la république. Lépante^ l'une de ses meilleures places d'armes sur le golfe de Corinthe ^ se rendit aux Musulmans qui menaçaient le reste de b Morée vénitienne. Vainement, j>our intéresser la population grecque au succès de ses armes , Tamiral Trévisiani incorpora- t-il dans ses troupes l'élite de la jeunesse péloponésicnne , et promit-il aux chrétiens sujets des Ottomans de leur rendre une entière liberté , si en se joignant aux Vénitiens ; ils contribuaient eux-mêmes à leur propre délivrance : il ne put rien obtenir d'eux. Les Grecs si souvent trompés , étaient maintenant incrédules.. Ceux qui prirent volontairement du service sous Trévisiani se signalèrent par leur courage , mais ce courage n'avait point de but ; il était sébile et tenait à l'habi- «tude et à l'obéissance beaucoup pluç qu'à Tentàou- . siasnLC. Les malheureux que l'on avait contraints de s'enjoler profitèrei?i^t de la première occasion pour r/g^agner leurs foyers , et allèrent chez eux attendre patiemment le çim^^terre des Turcs ou le courroux d-ç^iy^éoitiem.

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