I.J>0 HISTOIRE
Il se présenta devant Scio avec toute sa flotte, et après plusieurs attaques reçues assez moUemeut par les Asiatiques des forts, il prit possession de Tîle entière au nom de la république. Cette conquête était sans doute la plus importante que les Vénitieiis eussent faite dans le cours ie oettQ campagne, mais elle était aussi la plus difficile à conserver; et, dès Tannée suivante, elle retomba dans les mains des Turcs. Il en eût été de morne de Samos et de Mételin , si le doge eut voulu s'y faire reconnaître, parce que toutes ces îles, adossées au continent, sont Tapanagc naturel de la puissance à laquelle il appartient.
La paix de Riswick ayant fait perdie à la Turquie Tappui de la France , le 'grand-seigneur resta seul exposé au ressentiment de l'empereur, tandis que, d'un autre coté, les. tentative? des Vénitiens sur Filsie-Mineure et la Macédoine commençaient à lui causer de graves inquiétudes. La célèbre bataille de Zeuta, qui n'avait été, pour les Impériaux commandés par le prince Eugène, que le prélude d'une suite non interrompue de victoires, avait enfm^abattu le superbe sultan. Soliman fit les premières démarches auprès de Léopold et du sénat de Venise pour obtenir une suspension d'armes, et il trouva ses ennemis disposés à entrer en accommodement. L'empereur avait déjà les yeux fixés sur l'Espagne |et Venise, soutenant la guerre depuis quinze ans, était accablée ^u. poids glorieux de ses trophées.
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Les ministres des trois, puissances s'iissèmblèrent à Carlowilz (1699), SUr le Danube 5 Mavrocordato agissait au noi^i du grand-seigneur, et ce fut à sou gc'nie qi^eles Turcs durent des conditions p^u onéreuses. Ils avaient e'prouvé une si longue série de revers que la république et rempereur étaient en position de tout eîdger ; mais le rusé drogman s'arrangea avec rAutricbe presque sans faire de concession. A cette époque, le nom ottoman était encore im tel sujet* 4'6ffroi qu'un monarque, chrétien se tenait heureux de sortir d'une lutte contre les Turcs sans rien perdre de ses étals. Venise connaissait trop bien les barbares pour céder aux artifices de Mavvocprdato : elle stipula le maintien de ses conquêtes comme clause principale du traité. D'après ses instructions secrètes , le drogman devrait accéder à toutes les demandes des alliés j cellps de la république avaient même été prévues. On lui garantît donc, au nom de la Sublime-porte , lapossession de Jjcuç^de, 'celle d'Égiue, du Péloponèse et de toif tes Içs places que Morosinj et KonigsmqirÎL avaient soumises en Albanie. JjCS îles de l'Archipel, ainsi que Zante , furent affranchies de tout tribut. Tous ces articles, vivement discutés de part el d'autre^ furent adoptés d'un accord unanime, et Jes pléui^ potentiaires signèrent eufin la paix.
Dans le cours de ces négociations, Alexandre. Mavrocordato eut plus en vue sa propre fortune que les intérêts des cTirétiens. On lui reproche d'avoir mis trop d'ostentation dans sou dévouement à la
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Porte, lui qui, en sa qualité de Grec, devait désiiier avant tout rabaissement des oppresseurs de sa patrie. Malheureusement sa conduite n'a eu que trop d'imitateurs parmi les drogmans du Fanar. Tous semblent avoir pris à tâche de marcher sur ses traces, et de suivre le funeste exemple de sa politique. Habitués li ne voir leur nation que dans le cercle étroit de leur famille , ou d'une coterie dont ils se faisaient le centre, ces hommes qui n'avaient qu'une passion, Tavidilé des richesses et des honneui-s, n'ont pas compati une seule fois aux soutfrancesde plusieurs millions de chrétîons également persécutés dans les provinces de l'Europe et de l'Asie. Ces chrétiens cependant étaient leurs frères et leui-s compatriotes^ mais ils n'avaient ni pelisses ni couronnes à donner.
Mavrocordato ne tarda pas a recueillir le fruit du zèle dont il avait donné de si grandes preuves sâx sultan^ il en fut récompensé d'une manière éclatante. La faveui' dont il fut comblé rejaillit sur touî les Grecs qui eurent accès près du divan j il n'y eut plus pour eux de prétentions trop élevées, et déjà nous touchons à l'époque d'une étrange métamorphose, celle des anciens rayas du Fanar en potentats ottomans.
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