CHAPITRE VI
Campafifoe de Théodore «t d'Aleattâ Orloff.— Les Russes évajsuent la Morëe. -^ Inoeodie de lafloftie oHoinaoe à Tchesméb. <-^ HassiKîres coaimis par J^sAlbanals. — I^es Tnrc^ appeilem les guerriers ehrëliens pour cba^$er ces b»rbai:es d» P^lop<mèse. — Aly Tëb^leo. -^ {ilouvejies uitngjaes des Riissf^. — Guen-c de Souli. ?— Nafissfioce de la maHoe grecque. — Ocçu^tion des Jles Ioniennes par Tarméc française.
Les rapports de Papas-Ogltra^ confirmés par les discours ^un jeune ukrainien, nommé Tamai-a; firent enfin triompher^ dans le conseil de Péiersl>ourg, les pi^ojels d*Orloff et les vues secrètes de Fimpératrice. On équipa à la "hâte deux eseadres composées de vieux vaisseaux à idemi -ruinés par le temps. On accepta fes services de plusieurs officiers de la marine anglaise , parmi lesquels se distmguaientles commodoresGi^ggetElphinston. Alexis et Théodore Orloff/freres du £avori/ passèrent à Tûnise pour soutenir les intrigues du l%iessalien et donner plus de poids à ses démarches. Alexis ^ l'un des personnages les plus considérables de la Russie; était à-rla-fois ignooant^ féroce et présomptueux; auti^efpis soldat dans les gardes^ il avait consenré^u faite des grandeurs tous les vices du rang obscur d'où il s'était élevé. Théodore, plus jeime, avait pu.
DES GRfIGS MODEHNÈS* 'Ô?
pour acquérir de rinstroctton ^ mettre k profit I* splendeur de sa famille. Il était bouillant^ emliou-^ siaste^ et dans cet âge 6Ù les souvenirs de rhisCoirér ëchaufient l'imaginaiio». Il croyait retrouver âùi< lé sol de la Grèce les héros de Pkitarqaey tes itï6htt^ mens de Pausjinias et là réalisation des récits de Thucydide; charmé de sa missioii, û hâtait de S€§ vœux des préparatifs tioy kats a soû gré. Déjà uîtk grand nombre d'Esclavens ^ de Dalmateset de âepti» insulaires; tous sujets deVenise^ une multitude d'of'" aciers russes accouraient en Italie sous dÈve^ pré^ textes^ pendant que de nouveaux émissaires ann<»EH çaient aux Grecs l'arrivée |)rochaine des séeouf^ qu'on leur avait f^tbmisyet les enrdlatehtv
Ce fut sur ces entrefdke» que la guerre éclata entre la Porte et k Russîe î toxi9 les Gi«eos^ fuWilt aussitôt désanaës dans toute Fétendue è& Tempire Ottoman, et les baj^baro» né voulurefft crùifû k Texisfence de Ik flotte des Moscovites <&û$ k ttê^, diterranée <fm lorscpie cetlib flotte pafu^ sAt \ëé cotes duPéloponise.
Théodore Orloff ayant jbint vme divi^ibu ïe kii première' escadre à Mahon^^ essaya de péfaétrei' » Malte^ oà 80H frère Alexis^ devait ^ tf ouvei^ a^^e^ le reste des vaifeseasuL^ mais k grsaid-iHtfifFe fémka ses ports aux Russes > qui priteavc la route- du Pélb^ ponèse. U y avait sti^ didq[iie'mvireu1^l<iàfiil de? rîle de Micdnir, pomt servit de pilote dan« FArehi*peljc€& mdrin» conduisirent Tbéodoiie sn^ k^eéitV^ de Messénié; et il entra le a8 février (1570)' da»s W
yÇjiS HISTOIRE
port de Bétylo. Une frégate nisse, portant cinq ou six cents Monténégrins, j était arrivée la veille^ et les Péloponésiens, étonnés de voir flotter chez eux un pavillon jnsqu'alors inconnu, attendaîez)t avec anxiété ce qu'il en résulterait pour eux.
Cependant Théodore n'avait avec lai que trois vaisseaux, deux frégates, et à peine un batailloti de troupes de débarquement. Il avait à bord des armes et plusieurs caisses d'uniformes russes jpour vêtir le$ Grecs et £!iire illusion aux Ottomans. La faiblesse de cette escadre diminua de beaucoup la confiance des Péloponésiens , et quoique Mavro Michali se hlLLat de se présenter à Théodore, de lui promettre l'assistance des Maniotes, en lui exprimant son indignation de ce que sa signature avait été contrefaite dans le rapport de Papas-Oglou, il était aise de se convaincre qu'il ne comptait nullement sur le ^ccès d'une entreprise si mal commencée. H conseilla aux Russes de marcher aussitôt sur Coron; mais OrlpiF attendit et manqua l'occasion favorable. Il fcr^ia deux corps des Grecs rassembles autour de lui à Bétylo j un reçut Tordre de se diriger sur Sparte par le Magne,. où. les guerriers de Màvro Michali devaient le joindre^ l'autre se porta sur la ville d'Arcadia par Galamata^ et prit en passant le Proëstos Benaki, qui feignit de se rendre à la force, îivec une troupe de paysans Grecs, arm^ en partie à, ses frais. Enfin, après ces longues dispositions ; Théodore vint mettre le siège devant la citadelle, de Coron. *
Les Turcs avaient eu le temps de se i*econnaîtJFe. • Ils opposèrent plus de résistance qu'on he s'y était d'abord attendu. Les Grecs de la ville ^ exposés au fca des batteries de la forteresse, n'osèrent pas se déclarer, et les Russes, trop peu nombi-eux pouf tenter un assaut, s'épuisèrent en cfibrts aussi mala-» droits qu'inutiles. i
Dans l'intervaDe, la division qui s^avançait dan» la plaine de. Sparte avec douze Russes à sa tête et une quarantaine de Maniotes revêtus du costume moscovite, pénétrait dans la ville de Misitra et recevait la capitulation des kabi tans Turcs, aunombre
- de quinze cents. Ces malheureux se réfugiaient dan» l'évéché, sous la protection de Psaros, Jeune myconlote. (auquel Théodore avait confié le commandement de l'expédition) quand une tribu de Maniotes fondant tout-àH:oup sur la ville, escalada la citadclte et commeivs^ le massacre. Les Turcs, égorgés ainsi au mépris de la foi jui-ée, se sauvèrent dans 1 église j OD allait achever de les exterminer^ mais l'archevêque, à la tête de soir clergé, parvint à arrêter U fureur des montagnards; c'était la première fois
- que le sang coulait dans le Péloponèse. Mais la vengeance et le fanatisme devaient bientôt le répandre par torrens. Misitra fut sur le point d'être mise au pillaga par les terribles Maniotes : ils enfoncèrent (piclques maisons, passèrent au fil de l'épée les malheureux Grecs qui voulaient les défendre, et consentirent enfin à enti*er à la solde de Psaros, qui «érigea Qp gouverneur de la province*
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L'autre troupe couiixiit des excès plus rëvoltans encore. Les Turcs et les Grecs furent ^lemenl maltraités^ et la ville d'Aixadia^ effrayée des dévastations qui précédaient la marche de ces prétendus liberateuis j se rendit sans coup £érir. La garçison turque sortit de la citadelle pour être transportée par mer dans une île désignée^ et les greco-msses demeurèrent maîtres du pays. Sur ces entre&ites , des bandes de Zantiotes, de Leucàdiens et de €é« pbalaniotes arrivaient dans le Péloponèse sur des radeaux et de frêles embarcations^ et même sur des vaisseaux achètes ou frétés à leurs dépens. Ces émigrations ^ que l'or ou les intiigues d'Orloff avaient provoquées; couvrirent promptement l'Aircadie; l'ÉlLde et l'Achaïe d'une multitude dévorante qui pillait indifféremment les maisons ^ecqiies et les tchiftlicks turcs (i). Un détachement de Céphalahiotes s'empara de Gastouni, dont la garnison mu* iuimane s'était retirée ^ Patras^ une seconde colonne vint; au nom de l'impératrice Catherine^ sommer le commandant du fort de cette dernière place de se rendre à discrétion. Mais celui-ci reconnaissant des Grecs sous l'habit russe , répondit seulement : « Qu'on me montre un véritable Russe^^et j'ouvre les portes de la citadelle. » MissolungUi, à l'embouchure du golfe de Lépante^ se déclara pour les nouveaux venus, après qu'un petit nombre de familles musulmanes qui s'y trouvaient eurej.t pris la
(i) Maisons de campagne.
fuite y. averties par la charité d'un pi^îiftaf. Covntihè et Athènes y poux se soulever^ demandaî^i't qtt'ovï envo^fât un vaisseau dans leurs jprakPagés; mais Thé»^ dore ^i n'av«it pu se r^ndçe à uo voeu seikiblabld eiprimë par Ie9 habitans de MissotuHgh>i9 niéin*tf après qu'il» eurent pris paiii pour tui^ diit èncofe négliger rocca&ion de fortifier sa* csmse paa Vappûi de ces detut cités*
Cependant le giéndral russe Aninbal^ i[fificam?<ii!^ ftaissanee^ venait de soumeflFe la 'ville et les cli&^ teaux de I^varin. Théodore établit sa âot^e dans* la rade de cette* place ^ le por^b de Bétylo n'étant m sûr ni commode pendant; la mauvaî^ saiaonv £e comte Alexis entra, dan^ la rade de Côron^ avec tDcm vaisseaux de* soixante ettr^ïs fr^ate» dé vingt ca«^ Bons. Il gravait déjà deux mT>is (pie son frèr^e oceu^ paît le Péloponese* Alexis^ jaloux d'avoir été pré^ venu^ et craignant- de se voû- ravir l^honaetir à» l'expédition, se h^ta de désapprouver tout ce qu'aK vait fuit son frèr«; il ordonna la levée du si^^* de C^ron j et les infortuné» Grecs de cette* ville et de tous les lieux enviroDiaans ^ se virent ainsi* afbào-' donne» à la rag$sr des Turcs. Une paitle de cette |l<v pulati<»i éplorëe> suivit les troupe» russes f les autre» se cachèrent dans les montagnes : ceux qui restèreivC dans leurs maisons y furent massoierés après Wr»' traite de Farmée Impériale*
Alèxi& épuisait les trésor&^un Gfet de JaninAr, établi à Yenise^ où le commerce de la ba«M|nQ Vktait prodigieusement eni^iciiir Cet liiomme^ noaMtné,
ao? HISTOIRE
Maruzzi^ fier du litre de marquis que l'impéralrice lui avait accorde, aurait sacrifie sa famille , ses amis, ses commettan» et lui-m^me à sa vanité et à Tambition de sa protectrice. Mais vainement versait-il Tor à pleines mains dans les coffres d'Alexis, les affaires de celui-ci étaient maintenant désespérées. Il n'avait pas huit cents soldats avec lui , tandis qu'on s'était attendu à voir une armée , et que Papas-Oglou avait promis davantage encore. Alexis essaya de renouer les intrigues du Thessalien^ les primats et les évoques, effrayés de la faiblesse des Moscovites, clierclièrent des prétextes pour temporiser, et aucune des villes où précédemment on avait, à grands frais , entretenu des intelligences, n'arbora l'élendart de la révolte. Déjà Théodore s'était brouillé avec Mavro Michali , et s'était ainsi • privé de la puissante coopération des Maniotes. On cite la réponse de ce fier républicain au courtisan moscovite, qui lui parlait avec la même arrogance qu'à ses domestiques ou à ses soldats' : a Eusses-tu à tes ordres toutes les armées de ta souvei*aine, lui dît le Spartiate, encore ne serais-tu qu'un esclave j et moi, chef d*un peuple libre, la destinée m'en rendît-^lle le dernier homme, ma tête aurait encore plus de prix que la tienne. » Après cette rupture, aussi imprudente que malheureuse , il ne restait plus aux Russes qu'à soulever tous les Grecs de l'intérieur dès terres pour se composer des forces numériques imposantes^ mais Alexis reconnut bientôt que le prestige était évanoui. Il envoya cinq cents
DES GRECS MODERNES. ào3
hommes contre la citadelle de ModoD^ cspërant que l'éclat de cette entreprise ramènerait la confiance chez lès Péloponésiens. Modon fut prise ^ mais cette victoire , que ses émissaires firent sonner bien haut, ne changea rien à la disposition des esprîts.
Le généralissime des Russes pensait qu'il viendrait facilement à bout des garnisons turques disséminées danslesplaces des provinces maritimes( 1 7 7o),s'il paiv venait^ de gré ou de force^ à faire déclarer en sa faveur les villes du centre de la presqu'île. Dans cette peri^uasioU; il ordonna à Psaros^ qui se tenait toujours* à Misilra^ de marcher avec toutes ^es troupes coU" tre Tripolitza^ siège ordinaire du gouvernement de la Morée. Cette ville^ aussi forte par sa position que par ses ouvrages de défense^ servait de refuge à la plupart des Turcs voisins^ ils y étaient accourus en grand nombre^ et semblaient y former une - garnison inexpugnable. Psaros établit néanmoins ses batteries devant les murs d'enceinte de Tripolitza; mais tout-à-coup la face des événemens fut changée. En peu de jours la fortune des Russes^ s'éclipsa sans retour^ et le malheur des Grecs dsvînt aussi grand qu'il pouvait l'être.
Arraché de sa léthargie par l'invasion du P^o^ ponèse^ le divan avait enfin pris des mesures propres admettre un terme aux succès des troupes de la czarine. Une armée considérable s'avançait contre elle âi Moldavie y et une flotte de vingt vai^eaux de haut bord et d'un plus grand nombre de navires du Second ordre; sortait des Dardanelles pom* le
Soi ^ HISTOIHB
rendre dans la mer Egée. En même temfM, les kU banaifrajant appaisé sanS'penra le sonlèvemcliftdicg lfomÀië^*h»-ct lesémeuiiespflrrtielles^ Ghima^ vtoie», pillaient Mittoliinghi , I)#l&taf)ntt Fatras*^ et se prëseDiaiest derant Cornitiie. CettH» viM^t^cot^ naâsMDt k. faxMeMe et l'ii»|ittksaiktte d'OrMP/u'a- Tait pas vo«ki se dëelat>er. Les Àlbaiiats «ip0 ^'arr^** ' .tèMo« poèif , et MareHèfeni aust^ttôt mt Urip^Hm*
CepeadftAlPftarce^ qni CDmiiàaBdiftif à Mi^hi^, i «^énâ^àrftnoépai^ Tottlf^ d'A4èx?i$^, et d]«eJ9sait^ dlor» J | i^ ba«ferieé centre les murs de Ti*ipeliûAv Le» A\J^ banak fbmiénf sur^fr troupe^ la dispei^setit ^ inasftKtrenl te» Râeses sur les a£['4ts^ de lieiH*s eatiiens , et renlfeiit dân» la ville potl^ y ver^ef le sang de^ lPo<4 RuHâ^Gtsecs de tout se^e et de tout âge* RidMôt le sapplke di& l'arelifevé^âc et de cinq ailtres ecelé» siàstfqtie» sotipçennés de seorèMs in celK^ce» avec OrMFy fbt (e prélude denouVeaul assassîMiis. Un gJtaAd' nombre d*infor€ttné^ pifi^treAt dtti6*léseampagnesy et Ifes AlbatisHs laîs^rent psi^totit <f béi-i^Mes tntaée leur passage. L^Dukrgnotes incendidient Tirtras^IllissokmgKîy AnatoRko, pendant que Viû^ rieur du Pëloponèse se couVi*ait dé mine^. Le mement dé la destruction semblait apprecbet» p^ar left^G^eoS; et plusieurs- bandes dé paysitna vriÊkéé V<dèmit au-devant' de» Tures ponr Èteploi<e^ k^ piéé- el^ fr'dbsoudre de len^ rébel^oi^. Otf je^ ht eéllè époque lés^ fondemens de ces- aiffit'ettse^ pyramides de tete!s bruitiafineS; qui subsistaient encore it y. a quelques anttéés ailx environs de Trîpolit»»
DES GRECa M0fi£RNE9, 20$
Qrloff avait peul-éire )e sa^«fvoi)rl et la rësolu*. lion nécessaires, à un conspiFateur y U n'avait pas une seide des qualités qui <&tk)guent )& gëuérai* Dès^ qtk'kl apprit Xe9 revers de^ P^ros^ la maïK^he des iil|>aafidfr^ Tapproçltie de la flotte oltomanc- qoi. faisait vejlç sur 1» golfe d'Argps ^ il perdit t<mt-à*« fait çf^utage.' Qtbelqiies priaiats gvecs étaient venui le}0;iBâ?e à Navayia^ n^ais^ découvrant eux-m^a&ai (Ktfnbien leturs' esp^ances avaient été v^nies^ ils s'eiFei^èrent de désa)>u9er leftrs compatriotes ; ei ^uif co«seiU;èr^nt de iuir dans les montagnesy d» se réfugier dans les îles 'pour ne pis tom^r vi<î* lin>es de la yeu^^nce des^ Bar^fes^ Le6 Russes n'avaient ^lus auprès d*éux qu^ des femmes^ des enfant y im petit nonibpe cIb Maniotes attachés att sort de Beuali y et> cette nifukitBd<$ d'agens^ d'émis* saices ot dé créalîliLreSf que lea^ intrigues d^ Papas-* Oj^lj^Qf avaient oiir pevsuad<â^ ou' cor roittpusw Sutv cei» «ntre|aites> une division navale soiis les ordres du; ee^moâore Ëlplttnsio&^ venais r^loi^cev k iloUe- rapseovitef mais Orloff avait d^i p*ifl^ la fnnestfB d^terminatÂOR de* quitter le PélbpoÉese* Les^ Albanais maycjièi^nt s^r Coron y, celle ville que Théodei^ n'avait pifrsbameètm- Ils furent ar« retés aur diéfilé de lUm pair le biasve IHavre Michali^ qui f 6u]ilmst dMidNeii it atait eu; k sie» p^indiv» dei ehef$ russes^ le» prévint que l'êmiemi s'avavkçai4i i « Yenezf k moA seconfs^ si "induis vovlea^* sauve»"* vous si vout avez pekay lenàVi diftp*il; je tiendrai asses lcMig^«iiipsr pottr fner tona.pHÎssiee Sàk» Tiu^
to6 HISTOIRE
OU l'autre. » Tous ses Maniotes succombèrent^ il se défendit pendant trois jours dans une maison en raine, avec vingt-trois guerriers, contre tine armée de cinq mille hommes. Enfin il restait seul avec son jeune iîb quand les Turcs mirent le feu k sa dernière retraite. Il en sortit alors , et les Ottomans ne purent cacher leur admiration à la vue d'un vieillard blessé et d'un enfant qui leur opposaient une résistance si opiniâtre. Quels succès ne devàit-on pas espérer avec des hommes de ce caractère, s'ils eussent été conduits par d'autres chefs que les Orloff !
Le Magne fut dévasté; toutes les campagnes voisiiles de Coron furent jonchées de cadavres. Les Russes assiégeaient Modon; ils se virent enveloppés de toutes parts. Forc^ dans leurs retranchemens , chassés de position en position , ils laissèrent le terrain couvert de leurs morts , et abandonnèrant toute leur artillerie , consistant en trente-huit canons de gros calibre , trois mortiers et quatre pièces de campagne. De huit cents soldats envoyés par Alexis sur la cote, à peiiie deux cents parvinrent à s'édiapper; plus de cinq mille Grecs de la ville et des campagnes les suivirent dans l'espoir d'entrer avec eux dans-Navarin } mais en arrivant sous les mun de la place , ils furent cruellement déçus; Oiloflf n'en fit ouvrir les portes que pour recevoir ses coffipatriotes. Déjà il avait été inexorable pour une nombreuse population^qui était venue se pla* cer sdus la protection du canon des remparts; il
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n^actneillit pas mieux les nouvoaux venus. Il livra lûi^méine au coutelas des Albanais cette niultitude éperdue, qui, étendant vers lui des mains suppliantes, s'écriait : «Yous avez promis de nous aïTranchir, accordez-nous du moin^ un asile. » Malheureux Hellènes, xjue ne vous fut-il donné plutôt de connaître Tégoïsme de cet esclave du Nord, et la politique atroce du divan de Pétersbourg!
Cependant les colonnes victorieuses débouchaient dans les plaines environnantes; on découvrait les tourbillons de leur cavalerie; on voyait au loin les clartés de leurs flammes incendiaires ; on entendait leurs cris de rage et les accens du désespoir de leurs victimes. Dans ces momens affreux où là mort planait sur les têtes de cette foule de chrétiens abusés par les promesses des Russes, Orloff, ses oi&ciers et ses soldats contemplaient du haut des remparts la scène de désolation qui était leur oun-age; ils souriaient avec une abominable indifférence aux angoisses terribles de plusieurs milliéi« d'hommes qui allaient périr, et qu'il leur eût été facile de sauver (i). Enfin, comme le danger devenait de plus en plus pressant, et que le cruel agent de (Catherine, ainsi que ses compagnons, ne répondait plus à d'instantes prières que par des sarcasmes, huit mille péloporiésiens, hommes, fem-
(1) Rulhières^ Hist, de Pologne , tom. m, pag. 4«5
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mes etr enfaus, se jettent pêle-mêle daàs des &a<» teaux attachés à la rive, et se dirigent veiFS llle de Sphactérie^ inmvortalisëe dans les Cempsa&lcieia par i'hëroisme de trois cen® Spartiates^ Les flots engloutirent qpelqpies en^barcafions^ jet trois àtk quatire milk Grec»;- arrives sur Féciieil- sam' eaft ni provisions^ y demeurè^eat «rxposës à tow les toarmens d'une lente agonie^ tandi» que^ poéa* ai> croître l'horreur de ku« positioifi ^ la mer apportait sous leurs yenx les cadavres de lenrs épouses^ i& leurS'amls^ de leurs parens^ Pendant cet afi^^eant désastre^ l'impitoyable Orloff songeait Sérieuse» ment ib s'éloigner. U n'écouta ni la vo» des évdquet qui le conjuraient de différer son déf^an y ni tes jrepréseBtations de Benaki et d« Papas - Oglou^ qui s'efforçaient de Im faire comprefadrei f^'uâe victoire- navale pouvait tout d'aa cov^ vëtaUiv ites affaires^ Ils savaient que- son^^iière Théodore^ awc quelques navires^ était allé se }<>ii;idre à la; petite' escadre d'Elphinston^ et il leur semblait VEsôseiwbkble qpe ces deux che&^ pat l'habileté de^ leurs manœuvres et la valeur de I^rs éq^aipages^. ttiooépheraîent de la supériorité numérique du capilairpacha« Ik n^oublièrent aucu&e' des ralséâs capables de décider Orloff à. attendre l'fSâ^ed'urie li^t^ V*'^^ croyaient devoir leur ^re fevorable, l): fui sourd k tout ce qu'ils alléguèrent pour le retenir^ et , le 8 jtrfn . ttinîrJC te"Çx)îré, après avoir fait embarquer à la hâte ses blessés et q^lqjies centaines de Grecs, parmi lesquels se trouvaient les évéques de Gotoo^
DES GB£CS MODERNES. lOj)
de Modon.; de Fatras et de Galamata. Avant de quitte^ Nayarin^ il avait fait chdrger les mioes^ dans le dessein de la détruire avec les Albanais vainqueurs. Il ne vit pas s'accomplir ce projet ^ et le regret de n'avoir pas réussi y fut le seul qu'il exo* porta en abandonnant une terre bouleversée par ses intrigues. Il passa à proximité deSphactérie^et ne put s'empécker d'abaisser ses regards sur cèpe* tit espace où son inhumanité avait auMmcelé taoït de misères; mais à la vue de la plus déplorable détresse^ il n'éprouva ni compassion^ nî. remords^ et il ne lui vint pas même dans là pensée de' jetev sur cette plage quelques vivres et un peu d'eau* Papas-Oglou et Benaki le suivirent \ le ppemiei mourut bientôt après; le second fut transporté & Pétersbourgi où il alla'^pleurer son ambicion^ ses malheurS;^ la perte de sa famille «t de ses imflaeiise» ricliesses. '
Dès que les Russes eurent appareillé^ les c<mitrées qu'ils avaient délaissées furent mises à feu et à sang. Qui pourra jamais énumérer les çianx qjui fondixent sur les Grecs dans ces tristes^ conjpnotures? Le Pélopoiiè5e> l'Argolide, l'Éleuthéro- Laconie ^ se ressentent encore des blessures pro* fondes qu'ils reçurent dans ces jours de calamités* Une division de Bukignoles , peuplade la pluâ^ belliqueuse et la plus féroce de l'Albanie , ravagea les fertiles- campagnes de Fatras^ les vallées de Calavrjta^ les rtves del'Alf^ée^ et les botagfesde TArcadie; tout l'ancien territoire des Achéens^
aïO - BISTOiftE
d'Heraclée à Corinthe ^ de 8}xiomk à Mégalopolls , ne présenta plus que l'aspect d'un horrible disert ooiivert de cendres et de morts. La population en* iière fut exterminée^ les générations confondues dans une ruine commune ^^ dispai*urent anéanties : des cités qui jusqu'alors avaient bravé les âges et les révolutions 9 tombèrent $o.us lès coups des schyp^ars de Dulcino^ et l'on montre encore aujourd'hui les vestiges épars de plusieurs d'entre elles*: Patras^ consumée par un incendie de trois joui-s, n'exista plus qu'en souvenir; et ce ne fut que quelques années après ^ qu'une autre génération fonda une ville nouvelle sur l'emplacement de l'and«mie.
TaBdis qu'Orloff sortait de Navarin, ElpliinstoQ avait attaqué la flotte ottomane dans le golfe d'Argo». L'audace de cet Anglais avait jeté l'épouvante parmi les Turcs. Ils s'éloignèrent précipitamment des rivages de la Grèce , et gagnèrent le golfe Herméen sur les côtes de l'Asie mineure^ où fls' reçurent des renforts considérables. Leur armée navale se composait alors de sept vaisseaux de guerre du premier rang , de quinze du second , de tirais frégates , de plusieurs galères ; et d'un grand nombre de bàtimens légers. Avec une ligne aussi imposante , il leur eût été facile de détruire l'escadre russe ^ qui ne comptait que sept vaisseaux et qnBl<|ues frégates, s'ils n'eussent été commandés par ^n homme sans talent et sans vigueur. De tous les officiers qui servaient sous ses ordres, un .dés
cliefÀ d'escadre, le fameux Hassan-Pacha, qui«plus lard. devint grand amiral, était seul digne de diriger les opérations } mais ses avis furent méprisés.
Alexis ayant cinglé dan» la même direction que son frère, ne tarda pas à se réunir à lui et' à la division d'Elphinston. Aussitôt il résolut de courir avec eux ji la poursuite des Musulmans. Api^ès Técliec qu'il venait d'éprouver à Navarin, il ne pouvait plus rien attendre que de la victoire. Ses provisions étaient épuisées; la poignée de soldats qu'il ramenait était accablée par les maladies ; ses bâtimens étaient endommagés , et il n'y avait pas un seul port dans lequel il pût relâcher pour les remettre en état et les râvitailleT. Athènes , l'Eubée, IQ'axos, Candie, et toutes les îles de l'Archipel, terrifiées par les désastres du péloponèse , repoussaient les agens des Russes et se déclaraient hautement contre eux. OrloflF était à la veille de manquer même de munitions, et il n'avait ni refuge, ni magasins, ni arsenaux dans ces mers ennemies ; il ne pouvait sortir que violemment d'une situation si critique; et poume pas s'exposer à une perte certaine , il avait besoin de maintenir le plus parfait accord entre les chefs de sa marine , lorsque des mésintelligences les divisèrent tout- à -coup. Le Russe Spiritof, intrépide marin, mais sans expérience et sans talent, disputait l'honneur du pavillon amiral au commodore Elphinston; et quoique ce dernier fat réellement le seul capa- ' ble de commander, Orloff Se prononça contre lui.
319 BISTOTKC
On ffe'âevail s'attendre k rien moins de la part Je ee gëoéralissune ignorant et prësonxptueax ; l'An- ^ais éclata en i^roebes amères-, en menaces érfeTgîques , et peu s'en bliàt qu'il ne se séparât èé Fescadre au moment oà eile ne pouvait plus se passer do lui. Cependant^ après q«el<|aes jours de déèots très vi&> les deux amiraus finiient par s'entendre, et les vaisseaux partagés en trois divisions^ prirent la route de l'Asie-Mineure* Spiritof conduisait l'avaût-gardef Alexis , en- qualité de général efi citef, devait régler les mouvemens du oorps de bataille, et Elphinston guidait l'arrière-garde ; ce ftit dans cet ordre que, le 5 juillet, au pokit du j<ftir^ les Eusses défilèrent entre les îles Spalmadores^ et prt^ rent position en avant et à peu de distance de k ligne ottomane*
Le combat s'engagea presqoe aussitôt , ebmàl^ gré la valeur du brave Hassan , mal^é les batteries qu'ils avaient établi sur les ëcueik et sur le G)ntinent , les Turcs durent s'éloigner avec prëci* pitatlon pour échappera une ruine complète» Beax vaisseaux enflammés ^ celui de Spirito£ et celui d*Hassan qui s'étaiebt abordés avec une égale fureur , promenaient sur le golfe un horiible incai-» die; il était à craindre de le voir se propageir. Daifs la confusion et le désordre qui suivi^ut ce plumier revers , les musulmans se jetèrent dans la pe» tite anse de Tchesrçiéh , non loin de f emboudhfure de rilermus, et y demeurèrent entasaés sans oser $e mouvoir* Us fortifièrent la hugae de terr# qui
DES GRECS MODERNES. !ill
ferme cette espèce de port , et gahiirent <Fartiîlerie les rochers à fieur d'eau dont se hérisse la côte^ Deux jours se passèrent en vains préparatifs. Le capitan-pakika était sourd aux conseils d'Hassan^ qui, grièvement blessé en défendant son bord, s'était fait transporter sur un autre j îl résolut de ne pas courir les iihances d'une tiouvelle action : il ne voulut pas que les vaisseaux prissent le large^et cherchant à couvrir sa lâcheté par de futiles raisons , il se fit dë^poser à terre. Un châtiment terrible devait punir tant de faiblesse et d'impéritie. Pendant la nuit du 8, plusieurs brilÛots lancés par ]es Russes, parviennent jusqu'aux premiers vaisseaux , y mettent le feu ,
' et les flammes gagnant de proche en proche dans un espace trop resserré^ dévorent en un instant tout^^a flotte de Constantinople. Jamais spectacle plus effrayaiit n'avait étonné ces rivages. Les explosions successives de trente bâtîmens de guerre , dont quinze de quatre^-vingts canons , annoncèrent au loin cette grande catastrophe , Fune des plus mémorables dans ce genre dont lliistoire fasse nieation. Smyme en fut ébranlée comme par les secousses d'un tremblement de terre; Scio crut toucher à l'heure de sa destruction , et les échos du Pentélique purent rév^er aux Athéniens ce qui venait d'arriver. '
La nouvelle de ce revers plongea Constantinople <^Uffif la consterna tion } on redoutait d'y voir en-
* trer les Russes par teri^ et par mer y car déjà l'une dekuBS Années- était campée sur le J^anube , lors-
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que la -marine du sultan s'abimait daos \u ilo(5 Hermëens. Elphinstcm proposa au comte Alexis de s'avancer contre la capitale des barbares , afin de la foudroyer et de terminer ainsi la guerre d'un seul coup ; mais le lâche gënéralissime qui y dans tous les combats , «'était constamment tenu à l'écart sur une frégate , rejeta ce projet hardi dont la réussite était infaillible. Elphinston in^gné pénétra avec sa seule escadre dans les eaUx du Bosphore f et franchit sans obstacle ce terrible passade des Dardanelles y qu'avant .lui on croyait inev pugnable. Il avait juré sur sa tête , à Catherine ; de forcer le détroit , et tint parole; maïs voyant que pas un des vaisseaux russes ne l'avait suivi , il revita de bord , en insultant aux batterieAmpuissautes des Turcs. Le bonheur de cette tentative montra tout le parti que les Busses auraient pu tirer de leur victoire , s'ils avaient su la mettre à profit ; pour le faire , il ne leur manqua que d'être mieux commandés* Peu de temps après y Hassan^ élevé à la dignité de capi tan-pacha , vengea àLcmnos la défaite de Tchesméh , et bannit de VAtchipel le pavillon de la <:zarine. Toute la côte d'Asie fut alors inondée du sang chrétien j^ et la popu- ' lotion grecque de Smyrne paya bien cher le triomplie inutile de Spirîtof et la destruction des vaisseaux ottomans (i). .f
(i) rfous empruntons la plupart de ces détafls k Texcellent ouvrage de Rulhières sur V Anarchie de Po-
, DES GRECS MODERNES. ïi^lS
La paix mît enfîa un terme à ces alternatives de succès et <fe revers : les Russes , oubliant les intérêts de la Grèce et ses malheurs , se contentèrent de la cession de quelques provinces sur la mer Noire. , pour retirer leurs armées de la Moldavie , et les porter sur la Pologne. Us laissèrent aux barbares la faculté d'exercer leurs horribles vengeances sur un peuple qu'ils avaient eux-ménïes entraîné dans l'abîme. Ce ne fut qu'après bien des année que la Porte réussit à éteindre l'incendie que les Orloff avaient allumé dans le Péloponèse. Les Albanais f massacrèrent soixante mille habitans ; ils y firent plus de vingt mille esclaves , et tout ce qui put échapper à leur fureur , se réfugia dans la Thessalie ou dans les îles vénitiennes. Lçs gouverneurs turcs essayèrent vainement, pendant neuf années, de chasser les scbypetars de la presqu'île ; ces guerriers féroces poursuivaient le co^rs de leurs brigandages , et loin d'obéir aux sommations des pachas du sultan , ils les menacèrent plu« d'uno. fois jusque dans les murs d' Anaply , siège du gouvernement à cette époque de troubles et de désola tioiis. Les Grecs étaient anéantis ; mais la rage non plus que l'avidîté des schypetars , tfétaknt point encore satisfaites ; ils se jetèrent sur les Turc» eux-méines ,«au mépris des liens d'une même religion qui les unissaient , et , se flattant de pouvoir
I l I II |« i».i— ■!■ ■II M IIIII I III III I I 11 I ■ I I , 1 ^ ii j i - 1 I.
logne : cet historien e$t le jplus exact de ceux qui ont tfaili ce saj£t.
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pei-pAucr en Morëele camagectranarchie comme les Mameloucks le faisaient en Egypte y ils se constituèrent en état de rébellion manifeste contre le grand-seigneur.
.Ce dernier excès fît ouvrir les yeux au sultan : il avait pu voir avec indifférence rextermination , la ruine et l'esclavage de deux cetit mille chrétiens; mais une atteinte portée à son despotisme réveilla sa vengeance. Hassan pacha ( 1779 ), le héros de Lemnos , fut envoyé dans le Péloponèse avec de pleins pouvoirs ; il devait employer tous les moyens pour rétablir l'ordre dans cette province, et détruire les Albanais par la force des armes, s'ils résistaient à ses sommations. Les premières tentatives de ce général n'eurent aucun succès : il avait affaire à des rebelles enhardis par une longue impimité, et Ton se prépara de part et d'autre au combat. Cependant la Porte n'avait donné à Has • san qu'un petit nombre de soldats : la. Thessalie et la Macédoine, désolées par le passage continuel des hordes albanaises qui retournaient dans leur patrie avec les dépouilles de la Morée , 01^ qui accouraient dans la presqu'île pour s'y enrichir, étaient hors d'état de lui fournir une armée. Dans cette détresse , il appela auprès de lui les cïiefs d'Armatolis chrétiens , du Cyllène et du'Ménale , les bandes du Magne et les Dervindgys de l'AÎtique et dé la Corinlhie (i). Ces braves , que les Albanais
(i) Les Armatolis étaient des tribus de guerriers
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n'avaient pu forcer, dans les mojitagnes ; atiendaiçnt impaliemment Theure de la vengeance : Coloc»ironi fît entendre le cri de guerre sur les sommets du Lycée ; et des myriades de Kleftis sortii^nt comme par enchantement de ces retraites ihacces^ a'bles. Vaincus d'abord par les trpupes d'Hassan , exterminés ensuite par les montagnards , auxquels le séraskier (i) fournissait des armes et des munitions y les Albanais périrent jusqu'au dernier^ et leurs têtes , amoncelées devant les portes de Tripolitza sur les ossemens des chrétiens qu'ils y avaient entassés eux-mêmes ; formèrent ces hideuses pyramides dont on voyait les restes en 1819. Un chant des montagnes rappelle encore la victoire des Kleftifis et les revers desSchypetars. « O chrétiens terribles , laissez boire les braves , et vous les tuere» ensuite^» s'écriaient-ils sur les bords du Céry^nite , lorsque, serrés de près par l'infaligable Colncotroni , en butte à tous les maux et tourmentiés par une soif ardente , ils tie se sentaient plus ni la force de combattre ; ni le courage de fuir. L'un© des gorges du mont Olenos a reçu le nom àià Défilé
^iiiëtîens établis dans l'Étolie : chaque tribu obéissait à un capitaine; un rescrit impérial de Soliman fixe 1« nombre de ces capitaineries k quatorze seulement. L«e5 Dervendgis (gardes des défilés) veillaient k la sûreté des routes de montagnes sous Tinspection des Turcs : i]3 étaient également choisis parmi les Grecau ( I ) S^ra^kier, général ottoman,
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du massacre .y parce qu'^n gi^and nombre d'Albanais tombèrent dans cet endi^oit sous les coups des Kleftis. Bientôt le PéloponèsC; délivré de ses dévastateurs y recouvra le petit nombre de ses enfans qui avaient écbappé k tant de désasti^- Le visir turc promit à tous l'oubli du passé j il tint parole j mais le brave Colocotroni , qiii venait d!fts&ui*er la victoire ftux Osmanlis sur les Albanais , fut presque seul 6itce|)té de cette amnistie générale. On se saisit de ta personne par une horrible trahison , et le héros mourut dans les supplices , pour avoir servi avec trop de zèle la cause d'un barbare (i). Cependant le sol était infecté depuis long - temps par les miasmes putrides qu'exhalaient tant de cadavres demeurés sans sépulture : nn nouveau iléau vint di^uter au Péloponèse les tristes débris de sa population y et les ravages d'une peste affreuse qui dura cinq ans, complétèrent ces scènes d'horreur , la dtîSolatipn de la Grèce et l'anéantissement de ce qu'elle comptait encore d'hommes intrépides et généraux.
Sur ces entrefaites, un homme ; xjui devait bientôt étonner le monde par la grandeur de sa fortune, la multiplicité de ses crimes et l'éclat <le sa chute, commençait sa carrière politique dans la Thessalîe. Aly , fils de Véli , fils de Mouctar , bey de Té-
(i) Ce Colocotroni estlepfere de celuLqui vient de s'immortaliser dans la guerre de Tindépendance.
bëlen en Épire , après avoir long-temps exercé te métier de brigand dans sa patrie , venait d'obtenir la charge de dervendgy-pacha ou grand-prc^St dès routes j avec le sangiac de Thessalie (i). Une âme profondément dissimulée ^ un caractère facile^ une ambition sans bornes , une avidité insatiable , des inclinations féroces , des vues qui n'auraient pas man(Jué d'une certaine élévation ^ si elles n'avaient pas eu toujours pour but sa propre fortune, de l'éloquence et le don de la persuasion avec le cœur le plus perfide et le plus corrompu , offraient dam ce personnage la réunion monstrueuse de tous les vices et des qualités qui peuvent les rendre dangereux. Aussi lâche que cruel; aussi ignorant que présomptueux , Aly n'aurait été partout ailleurs qu'un de ces scélérats obscurs destinés à effraj^er le crime naissant par la terreur de leurs supplices 5 maïs en Turquie ; où la bassesse conduit aux honneurs y ou les attentats les plus ré vol tans passent quelquefois pour des vertus , où les dignitaires de Tëtat se soutiennent par la fraude après s'être élevés par des assassinats ; un homme du caractère d'Aly devait prétendre à tout et montée rapidement au faîte des grandeurs. A force d'intrigues et de corruption , il parvint à se faire nommer
(i) Sangiac, mot turc, coiTcspond à celui d'étendard dan5 notre langue. Bairac, drapeau, dëiigne le$ enseîgnies particulières de chaque orta des janissaires,
au sangiae de l'Épire, et son histoire se trouve liée k celle de la Grèce , dès le moment ou il arbora ses queues sur le château de Janina. Si quelque chose peut diminuer Thorreur qu'inspire un tyran deveam le fléau de la société^ ennemi de toute morale , effarouché des vertus des autres , et toujours prêt à répandre Ife sang plutôt par goût que pour i^éir aux lois d'une abominable politique, assassin y parricide , implacable dans ses vengeances , et n'oubliant rien que les services qu'il récompensait par la plus noire ingratitude ^ Aly-Paçha jouirait peut-être de cet avantage aux yeux de k postérité : elle pourrait lui pardonner une partie de ses crimes , en faveur de l'influence qu'il exerça fiur .les destinées de la Grèce j çt quoiqu'on aidant les chrétiens , il crût ne travailler que pour lui «eu! , on aimerait encore à voir, dans ce grand coupable / l'agent principal de ja régénération des ^Hellènes.
La fortune des Russes venait d'acquéri» un nouyA éclat, et l'ambition dé Catherine, augmentée par ses succès en Pologne et par les conseils de Potemkin^ ne connaissait plus dé bornes. Il fut bientôt qui^ion d'occuper une seconde fois les provinces de la Grèce , et de nouveaux émissaires parcoururent encore le Péloponèse et les îles j mais le souvenir récent des intrigues d'Orloff et de l'abandoa od il avait ensuite laissé tous ceux qui s'étaient assodés à ses projets, inspirèrent aux Grecs une jusie défiance : ils ne promirent rien , et les efforts de la
Russie n'entraînèrent dans son parti qu un petit nombre d'hommes sans crédit et sans influence. 11 est vrai que si la masse de la population demeurait inaccessible aux séductions de la czarine^ une multitude de chrétiens , assez heureux pour atteindre ses états , exploitaient à leur avantage sa bienveillance politique^. On vit des colonne» entières du Grecs macédoniens , de Th races et de Valaques , franchir le DanuJ>e avec le clergé à leur tête , et recevoir dans le camp des Russes l'accueil le pUii distingué : on leur prodiguait les grades doips le» armées de terre et de mer ^ on les plaçait dans ke administrations ; et ceux qui retournaient dans leuv paU'ie- pouvaient y étaler aux yeux de leurs coi»patxiotes les magnifiques témoignages de la prédilection de l'impératrice. Il venait d'être conclu C 1779 )> avec le grand-seigneur , nn traité pai* le^quel il était permis aux marins grecs d'arboi-ev le pavillon moscovite et de s'affranchir par ce moyen de la domination ottomane j les provinces de Valachie'efde Moldavie se trouvaient également sou* la suzeraineté des Russes , et ceux-ci pouvaient re.. connaître à leui* gré , pour sujets de leurs souverains^ tous les Grecs qui voudraient prendre le costume russe* C'est à la suite de cette étrange convention que les îles d'Hydra et d'Ypsara , à peine connues par le cabotage qu'elles faisaient sur les côtes, armèrent tout-à-coup de plus grands navires, et portèrent le pavillon russe , depuis Kerson jusqu'à Gibraltar. Quelques Grecs noa âvou^ de leurs
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compatriotes y et se donnant pour les organes Aes roeax du Péloponèse ^ présentèrent à Catherine une pétition , dans laquelle Téglise d'Orient semblait l'appeler à son secours ( 1789) ; et le primat de Vistozza ^ Sotiri , profita du retour de ces prétendus ambassadeurs pour engager les Souliotes a commencer une 'guerre qui devait bientôt devenir gfiiicrale (i).
Malgré toutes ces tenlativcs , la Grèce demeura paisible et recueillie en elle-même dans l'attente des grands évéïieraens qui se préparaient. Elle n'ignorait pas qu'il lui manquait beaucoup de choses encore pour conquérir : a délivrance , et l'essai malheureux qu'elle venait de faire des secout*s élrangei^ , ne lui prouvait que trop que , dans une nouvelle crise , elle ne devait compter que sur ellem<lmc. Toutes les vues de la nation furent dès-. Iqjps tournées vers les entreprises commerciales; les idches consacrèrent leur fortune à l'éducation de Icur-Jamille , et les capitales de l'Europe commencèrent à se peupler de jeunes^ Hellènes avides de
(i) Cette pétition, préienlée a rimpëralricc , porte la date du mois d'avril 1790 : elle était signée pni* Pano Kyris , Christos Lazoïis et Nicolas Pangalos. Co dernier, natif de Zea, y exerça dans la suite les fonctions d'agent de Russie, que ses fils y remplissaient encore avant la révolution. Nous tenons de Taînc , oonsui de France et de Russie à Zéa, la plupart de ces détails.
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sciences et dé lumières, aptes à tous les genres d'étude et disposés à mériter toute espèce de gloire.
Sur ces entrefaites , on vit éclater les prenii^er» symptômes des convulsions politiques qui allaient agiter lîa ï*rance , et, par suite, le monde entier. La Grèce sourit à l'espoir de renaître sous les auspices des Français, et, quoique cette grande révolution ne dût lui être d'aucun secours , elle entre- ▼ij aisément }es avantages sans nombre qu'elle devait en tirer pour son commerce et sa splendeur. Venise chancelante était oubliée, et ses possessions de l'Adriatique semblaient attendre le joug d'un nouveau maître. L'Italie , eti proie a,u despotisme d'une multitude de princes , languissait impatiemment dans un servile repos î ses peuplés accéléraient, par leurs vœux , la tt^gënéralion de la France ; d'où la leur allait bientôt dépendre ; et , dans cette fermentation générale , il était sans doute permis aux Grecs d'espérer, que les couleurs d'un peuple libre apporteraient jusqu'à eux la civilisation , l'indépendance ^ la liberté et la patrie. .
En attendant ces résultats si vivement désiré» , l'homme de Tébélen^ Aly-Pacha , que nous avons déjà fait connaître , parvenu de forfaits en forfaits à réunir, sous sa domination , la plupart des tribus belliqueuses de l'Albanie^ tourna ses arnfies contre la Selleïde. Déjà les Souliotjes, attaqués par ce visir ambitieux , s'étaient couverts d^ gloire : ime campagne avait assuré leur triomphe et k honte*
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de leur ainemî. Ces montagnards , aVec plus de rertus et le même courage , auraient sans peine consolidé leur indépendance , et la Porte se serait pAbablement prêtée à leur accorder des garanties ; mais ils n'avaient rien de ce qui est le rëstiltat d'une bonne organisation politique* JL'i- Tresse du succès leur fit perdre de vue l'instabilité de la fortune ; la légèreté de leur caractère les précipita bientôt dans les pièges que le perfide Aly creusait sans cesse sous Icui-s pas. Il parvint à attirei* auprès de lui une troupe de soixante-dix de ces guerriers braves ^ mais irréfléchis , en leur offrant tme solde considérable pou l'accompagner dans une expédition qu'il méditait contre Argyro Castron; le jour même de leur arrivée dans son camp; il le3 fit désarmer et les chargea de chaînes , ainsi que l'intrépide TzavellaS; leur chef. Le tyran crut lûors pouvoir , à la faveur de ce stratagème y soumettre les rochers de Souli.Un des Souliotes qu'il venait d'enchaîner s'échappe de ses mains , frandxit la Thyamîs (i) à la nage , au milieu d'une grêle de balles, et vient porter à ses compatriotes la nouvelle de la marche et des attentats du visir. L'audace de cet homme sauve la patrie» On court aux armes; les défilés sont garnis de soldats ; bouillans de fureur et guidés par la soif de la vengeance.
(i) La Thyamis, ou Velchis, coule dans la Moiosie , au nord-ouest de Janina,
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Aly, s'attendant à égorger des hommes saiis défense j s'éloigne glacé d'effroi , et le lâche recvilô sans combattre devant mie poignée d'hom.mes qui n'avaient à lui opposer que leur désespoir.
Nous ne suivrons pas les Souliotes dans les combats héroïques^ d'où ils sortirent tant de fois vainqueurs ; nous ne dirons pas la vaillance de leurs guerriers, les hauts faits de leurs amazones, parmi lesquelles brillaient au premier rang Moscho , épouse de Tzavellas, et Caïdo , la plus célèbre des femmes de Souli. Trois ans dé guerre et de repi-ésailles valurent aux Souliotes un nouveau degré de splaideur et de réputation. Le perfide Aly leur rendit ceux de leurs frères qui étaient entre ses mains par la plus odieuse des trahisons (1792) ; et Tzavellas , échappé Iç premier des prisons de Janina , au moyen d'une ruse , mourut épuisé de fa'tigues , mais pas encore rassasié de vengeance : il Jégua à son fils, Photos, le soin de punir le satrape, en lui recommandant de partager son amour entre sa mère et la patrie.
Pendant qu'Aly-Pacha poursuivait le coijrs as ses brigandages , une accusation capitale , dirigée contre lui , faillit mettre un terme à ses débordemens et à sa vie. Il se justifia par un crime (i) ,et
(i) LéC divan ^tail en ][)csses6ion de plusieurs iettrcs * 10... '
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gagnés par ses artifices > les ArmatoUs de TÉtolie, croyant de bonne foi que ce monstre travaillerait à l'afFranclnssement de la Grèce, se réunirent sous ses drapeaux. U parvint à séduire le brave Paléopoulo, qui joue un grand rôle à cette époque , et l'acquisition de cet homme assura le succès de la plupart de ses coupables expéditions.
Ainsi la Grèce ^ abusée par de fausses illusions , flotta it partagée entre les Russes et le visir de Janina : elle avait le sentiment confus de sa prochaine régénération ^ sans qu elle pût encore prévoir par quelle voie elle parviendrait à s'affranchir. Alors les colonnes françaises victorieuses sur le Rhin , sur l'Escaut et «lu-delà des Alpes, s'avancèrent dans l'Italie , précédées par la terreur dont étaient saisis
revêtues de la signature d'Aly-Pacha , et qui prouvaient ses intelligences avec les Russes : un capi3gybochi fut dépêché vers le satrape pour le punir; mais celui-ci parvint, a force de menaces cl de caresses hypocrites , b persuader a un malheureilx Grec de se déclarer" l'auteur de ces lettres : il l'obligea même à Jurer en plein tribunal qu'il avait contrefait 1» signature du pacha par un abus de confiance. L'exéèrablo Aly fit mettre k mort cet infortuné pour récompenser «on servile dévouement et s'assurer de son silence. C'est ainsi qu'il reconnaissait les services et qu'il payait ses créatures. ( Fofez VoiiqucyiUe j" Histoire de la Gvlce, lom. I»'.)
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les princes des maisons d'Autriche et d'Espagne , et par TespéraiiGe qu'embrassaient les peuples qu'ils gouvernaient'. Venise ignorant encore que son existence future dépendait de sa conduite dans. ces m.oniens d'esaltation ^ où toutes les formes anciennes dans la donstîtution des empires semblaient devoip succomber devant l'énergie d*un système nouveau^ Venise os» braver la France , et Tombre de cette vieille république s'évanouit sans retour. Toutes ses possessions continenf^és- e^ maritimes furent aussitôt occupées par tes soldats que conduisait Bonaparte^ et le géaiéral Genttli entra à Ck>i,'fQ« ¥era la fin.de juillet (1797). Leiicade , Gëphafenie y. Zanter, Ithaque et G?rigo 5 les arrondiâsexnens de Buiiinto^Bsirga , Prévésa et Voniua^ reçutrenl^ en même iemps des garnisons* françaises. La joie deS' Grecs était au comble ; ils saluèrent les Français commedes'libératcurs ; heureux s'ils n'eussent pas hiemot changé d'opiîjion à leur égard ! Le traité'de Cainpo-Formio assura a la république fmiçitiBe 1K>àtes - ses. coiiquêtc^] sur VA' driatiquc ; m^is cette :]^pni>liquë iN» dcVarit pas les' cohserveïlongrtampso ^
Uôè' alkaHoeJ aussi nionsirûeuse qii'impblitiqiie uois^sût: alors eonireîbFriahëé te ennemis les pbjs a^tlmiiîMfe îllesi AdfiseS' et les Tuii5s marchèrenir contre seP'.aoJdat^pbuulcfe^ïpulsér de la<îrècc (1798). ' Les-.bi^^aits do 1»I1î> apjKirttion n'avaient pas eni3[We inapivé' une afôe» ^ tengué reconnaissance aux .
Grecs pour leiur faire oublier la Russie sur laquelle ib comptaient toujours ^ malgré leurs sanglantes déceptions. Dès qu'ik virent une flotte moscovite manoeuvrer sur leurs rivages^ ils se déclarèrent en sa faveur et concoururent eux-*mémes aux désastres des guerriers de la liberté. Alj-Pachà attaquait f sur ces entrefaites ^ les troupes du camp retranché de Nicopolis et de la citadelle de Prévésa. Après des prodiges de valeur , trahis , abandonnés et réduits à un petit nombre, les braves^ de l'armée dlUyrie se rendirent aux Turco-Russes , et ceux-ci entrèrent à Go^ou , le 6 mars ijQQ. ^
CTest au chapitre suivant , que nous parlerons àsfk arrangemens faits par les deux puissances , en faveur des tles ioniennes ; ces circonstances appartiennent à un auti*e siècle ; elles commencent une nouvelle époque , époque féconde en grandes choses*, ai prodiges de eourage et de patriotistne. Nous la verrons donc tout-à-l'heure , cette Grèce si fameuse par ses prospérités, et ses infortunes , remonter au rang qu elle occupait autrefois parmi les nations ! Après tant de revers , tant d'aimées d'esclavage , nous la verrons libre et glorieuse comme dans ses beaux jours ! Déjà tout contribue à préparer cette étonnante révolution >; les arts, les lettres et la philos^bie, pénètrent dansks cités an Péloponèse et jusque dans ses inontagnes : ua autre Tyrtée , l'immortel Riga , .victime d'une infernale iiMidiin^tipn , réveille l' énergie de ses compatrio-
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tes , et répand dans leurs provinces ces hyftmes brûlans qui se mêlent aujourd'hui au fracas de leurs armes : tout marche vers Taccomplissement de ce grand œuvre politique ; et l'heure du salut de la Grèce e^ enfin arrivé.
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THOISIÈME PARTIE.