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«roissaut arec leur bonheur j ils la Hyrèfeeut aux grandes spéculations commerciales. Des maisons grecques s'établirent à Londres, et étonnèrent ks marchands de pette riche cité par l'importance de leurs opérations. Des navires sans nombre sortirent tout-à-coup des chantiers de Casses et d'Hydra , de Spezzia et de Galaxidi , de Miconis et d'Ipsara. L'ar enal du grand^eigneur, formé jusqu'alors de Grecs seuls, les équipages de ses vaisseaux^ oà l'on n« complaît presque que des insulaires de l'Archipd ; toute sa marine et ses chantiers furent spontanément abandonnes : les Hydriotes, ceux d'Ipsara et des antres places commerçantes , préférèrent naviguer pour le compte d'armateurs chrétiens : leurs services étaient mieux récompense \ ils étaient Kbres sur les mers et puisaient chez les divers peuples de r£mope des idées nouvelles d'indépendance et de patrie.
Jusqu'alors les Grecs n'avaient point en àB marine à proprement parler ; mais celle des Turcs était la leur. Le sultap, comme nous venons de le dire, n'avait pour matelots, pour officiers, et même pour constructeurs y que des insulaires de l'Archipel. On couiîait à des chefs ottomans la conduite desescadi'es, le (X)mmanâement des vaisseaux; mais •euxrci n'agissaient que d'après les avis de leurs lieutéoans : ils étaient Grecs , et depuis quelques années seulement on a vu des Algériens prendre l'ang dans les cadres de l'armée navale turque. La .iGrèce^ les îles surtout; pouvaient^ au bctsoin, four-
DES GJIECS MODERNES. ^4^
nîr aux barbai*ès un effectif de douze mille marins : la Porte en disposa tant que le commerce de TOrient, bomd au petit cabotage, ne présenta pa^ aux armateurs chrétiens une carrière bien vaste j mai» dès qu'il s'étendit pour eux jusqu'aux borne» du monde, ils rappelèrent leurs concitoyens enchaînés sur les rives du Bosphore; et les dix mille homme» que le sultati employait jadis , s'engagèrent sux le» deux cents vaisseaux équipés dans les îles. L'habitude de la mer, le coui-age et l'intelligence qui leur étaient naturels , les rendirent bientôt fameux chez les nations maritimes de l'Europe : on admira leur audace, leur célérité, leur prudence; V Anglais vit plus d'une fois ces vaisseaux, montés par des esclaves à peine initiés aux mystères de l'art nautique, éclipser les siens par la supériorité des manœuvres; et la Grèce, applaudissant aux progrès de ses intrépides marins, qui lui présageaient des jouris de gloire et de liberté, leur donna, dans ses chants, le titp«de Dauphins des mers, . Ce fut ainsi que les Grecs possédèrent tout-à-coup le personnel d'une marine formidable qui ne pouvait rien à la vérité, par la faiblesse de ses bâtimèns, contré les vaisseaux de l'Europe, mais. qui l'emportait déjà 6ur les flottes du grand-seigneuî, abandonnées à Timpérîtie des chefs et des matelots turcs (i). Dans le même temps, le germe des idée»
(i) Qitelques années auparavant, un corsaire grec,
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Donrelléi le développait dans les provinces ; les ëtades y devenaient plus spéciales et plus pr<^iides. TTn peuple sans littérature et sans instruction n'est pas fait pour être libre. Les Grecs réparaient avec une étonnante célérité ce qui leur manquait encore à œt égard. Des hommes studieux et infatigables travaillaient sans relâche à traduire^ dans la langue moderne , les immortelles productions des génies de Tancienne Grèce : d'autres composaient des livres où la politique , la morale et les droits de Fhomme était expliqués : les jeunes disciples des écoles d^ Vienne et de Pétersbourg^ de Paris et de Florence^ de Janina et de Ejd(»iiès, s'eiSforçaient de fonder dans la Hellade renaissante une littérature nationale» Des poésies charmantes ^ des chants patriotiqueSy beaux comme ceux qui avaient coûté la vie an généreux Biga , circulaient dans tontff les cités , dans les salions du Fao^iiiv^^ipp^*^^ ««
comptoirs des marchadds. LaiMEtion avait r^^ nqe ' forte fmpukion ; tout en elle annonçait cette crise salutaire qui prélude aux grandes destinées des sociétés humaines.
nommé Lambro ^ soutenu par ta Russie , avait fait trembler le capttan-pacha : il était même parvenu k raasèaibkr plusieurs navires sous son commandement^ niais \^ n éiait point là une marine nationale. Lambro fut vaincu par Kutchuk-Hussein , et la marine grecque né commença réellement à fleurir qu^k l'époque; dont nous parbns.
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t)a doit s'étonner avec raison d'un changement si rapide. Les Grecs, exterminés tout à l'heure dans le Péloponèse par suite de la témérité d'Orloff, se relèvent plus forts et plus redoutables* Les Ûtio* maus viennent de massacrer des esclaves; une gêné* ration d'hommes avides dé vengeance les pem* place. L'ignorance ; la misère et le fanatisme conspiraient avec la tyrannie pour maintenir les en&ns de Pendes et de Léonidas sous un joug odieux : maintenant les lumières de la dvilisation brillent de toutes parts à leurs yeux étonnés; ils s*indxgi^nt d'une trop longue ignominie; ils se voyent entoura des images sanglantes qui leur rappellent leis revers de leurs familles; et ces pyramides qui souillent ks avenues de Tripolitza^ leui* disetit les fureurs du despotisme et les borreurs.de la servitude
Les, rapports plus intimes des Grecs avec les na<* i tk>ns civilisées de l'Europe sont la principale cause de la révolujtioi^ mots^lç ^ui s'opère en eux. Us tiWt pas été inaccessibles non pî"* ^ ^ wpunotion violente que les Français ont imprimée à l'univêit^ souvent ils ont cru que l'aigle républicaine fran^ durait FAdi-iatique pour ressusciter la Qdlade ; mais en reconnaissant qu'ils s'étaient trompés , l'espé|-ance de pouvoir faire eux-mêmes ce que leur refuwil une assistance étrangère s'est de ph]« en plu^ coiifirmée dans les esprits».
Pendant que Malte servait d'entrepôt au commerce de l'Orient ( 1808) , les Grecs, fevorisA par l'Angleterre , accrurent encore leurs richesses et
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lewc crédit : plus tard, au nom de Ste.'^AOianee ^ que les souverains coalisés adoptèrent, les malheureux HeUènes se regardèrent comme affranchis : il fte faUut rien moins que la conduite révoltante de l'Angleterre à l'égard des sept îles qui venaient d'échapper à la domination française , pour les dé^ •ahuser; la vente de Parga (i8i8);.rinlîmité qui régnait entre les agens de la Grande-Bretagne et le despote des Albanies , leur prouva plus que jamais comhien la politique de l'Europe était contraire à leur émancipation. Heureusement pour la nation que les chances du commerce continuaient à lui être (avorahles : le blé manqua en France en 1 8x8; les vaisseaux grecs approvisionnèrent nos ports du midi , et l'or afïïua de plus en plus dans les îles de r Archipel . L'opulence éner\''e quelquefois ; mais les Grecs n'avaient pas ce péiil à craindre : ils ne voyaient dans la prospérité qu'un moyen infaillible de briser leurs chaînes^ et dès^lors toutes les ressources de leur intelligence et de leur indiistiie furent dirigées vers ce noble but.
Déjà en 1814 il s'était formé à Vienne une association fraternelle et politique', qui tendait à relever le cousage des Grecs , à établir entre eux des rapports directs , une confiance sans borne; elle Renaît le titré dUHétërié y et ceux qui s'y trou^ vaient affiliés , le nom à^héténstes ott amùJ Bientôt une foule de Péloponésîens et d'Épîrotcs briguèrent les honneurs de l'initiation : les jeunes Grecs épars en France , en Jtossie et en Allemagne , de-^
vinrent les plus zélés partisans de l'^Kfûfrie. On les vit même y nouveaux apôtres d'une dpctrine kla-fois politique et religieuse ^ parcourir les provinces de la Hellade , pour y former des disciples^ Ils en comptèrent Un nombre infini dans les îles , à Constantinopîe , sur les côtes de l' Asie-mineure ^ et même à Scio , où l'égoïsme d'jun peuple spéculateur Troussait ridée d'une itmovation qui pouvait compromettre la fortune. Le? hëtéristes envahirent les écoles ; et les chaires deâ di vprs colîëges furent occupées par les enthousiastes de Thétérié.
Ces manoeuvres n'avaient pu être telleniient secrètes y qu'il n'en transpirât quelque chose : le Fa nar était aux aguets , et bien qu'un petit nombre de Fànariotes fussent entrés dans la société des amis , l'intérêt de tous le» autres les rendait contraires aux vues des réformateurs. Pa^i- suite de cette diversité de projets et d'ambitions , le-peuple des drogmans' s'agita ; une cabale honteuse renversa le vénérable Grégoire du tr^ne œcuménique, et les esclaves ennoblis du Fanar , essayèrent aussi d'étouffer dans les écoles très voix éloquentes et généreuses qui prêchaient l'amour de Dieu et de la patrie*. Quelques professeurs furent changés , et parmi ces derniers, le savant Economos deSmyroe, qui s'était fait chérir de ses nombreux disciples par 6oii patriotisme et son érudition (1819). Ijes obfcutt emiemis des Grecs s'efforcèrent d'éveiller
l'attention de la Porte sur les inlrigneB qui se iramaient de toutes parts, et principalement sur cette doctrine lib^ale qui se prêchait dans les écoles : le sultan aveugle méprisa ces avis criminels , et la Providence permit enfin que la révolution , sago* ment conçue, préparée par les voies les plus sûres et les plus infaillibles, marchât à pas de géant, sans être contrariée dans son essor.
Les Grecs modernes ont conservé cette dévotion superstitieuse, fille de la barbarie, qui perdit leurs ancêtres du Bas-Empire. Il fallait nécessairement associer la religion aux idées patriotiques pour exktraîner un peuple qui ne voit que par les yeux de ses prêtres. Heureusement le clergé , plus instruit que le vulgaire de la nation , se prêta volonti^s aux intentions des réformateurs. On prêcha la liberté à la faveur dç TÉvangile. La Bible fîil répandue avec profusion , et les commentaires des initiés de l'hétérie étendirent le sens du texte sacré, n iallait un gouvernement aussi stupide que celui des Turcs , pouf ne pas sentir tout le danger de cette instruction nouvelle : déjà les provinces d'Europe, le Péioponèse surtout, étaient conquises à Thétérie ; et le gr^d-seigneur , endormi par les flatteries de ses drogmans , par les cadeaux qu'il recevait des communautés , favorisait à sop insu les projets de ceux qui méditaient sa ruine. Au mo- ^ ment oii l'explosion allait éclater , des ordonnances inapériaies autorisaient les . Grecs à quitter Tuni-
forme de la servitude (i) y moyennant une légère rétribution; l'existence du sultan <ftait compromise en Europe y et l'imprévoyance de ce despote a£frandiissait déjà^ les esclaves prêts à lui échapper. Peut-être que plusieurs années se seraient écou* lées dans l'attente de ce grand événement^ devenu désormais inévitable ^ si Texécution n'eu avait pas élé précipitée par une foule de circonstances. Le peuple était prêt : les hommes qui n'ont rien à jierdre dans les crises politiques ^ contenaient à peine leur impatience ) mais la classe nond>reu»e dto marchands ^ des facteurs y des banquiers y portion estimable de la société y celle sur laquelle roulaieint toutes les espérances des novateurs y calculait plus froidement : la crainte retenait les uns^ Fava-
^(i) Kouff avons dit ailleurs que Mahomet II avait imposé aux Grecs runiforme de la servitude. Un raya qe pouvait quitter ce costume avilissant qu'en se faisant reconnaître par un ambassadeur ou par un consul , comme sujet d*un souverain étranger. Mahmoud » pressé par le besoin de remplir ses coffres pour &ire face aux dépenses de la guerre d'Albanie^ établit des harats on autorisations impériales y au moyen desquelles, un raya s'affiranchissait et se trouvait exempté du tribut capital ou karaih. Le prix de chaque barat était de 5,ooo piastres j quelquefois davantage. Le baralaire jouissait des mêmes privilèges que FEuropééû ; A pouvait s'habiller k sa guise , et même porter lludSMt et le chapeau des Francs,
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îice TempôMait sur le patriotisme des autres; D y avait hésitation d'un côté^^fougu^ Xémëraire de l'autre. Les uns croyaient que le succès de l'entreprise exigeait plus de préparatifs ; les autres pro« testaient que, dans Fintérét général ^ il était im-^ possible de commencer trop tôt.
Sur ces entrefaites f et pendant' ces discussion» qui pouvaient tout détruire | Alj^-Paclia , devenu suspect au grand-seign^r I leva ouvertement Téten()ard de la révolte. Il rallia les Grecs autour de lui y les combla de caresses- perfides^ et leur laissa entrevoir l'intention de relever leur empire. Le
.peuple fut peut-être dupe des protestations hypocrites du vieux satrape ; mais les instigateurs de la révolution ne donnèrent pas daus le piège. Ils résolurent de prendre Aïy dans ses propres filets, et de le faire servir d'instrument à leurs vues secrètes ^
' tandis qu'il croyait les sacrifier à son ambition» La guerre commença presqu'aussitot entre la Porte- Ottomane, et le pacha rebelle. Le Péloponè^e, soulevé par les intiSgues des émissaires d'Aly , prit spontanément les armes : le vieux tyran versait l'or à pleines mains pour acheter des créatures } mai» les agens grecs qu'il employait faisaient un
, bien autre usage de ses largesses : iU ralliaient les peuplades guerrières de l'Olympe , de l'Épire et de la Morée, au nom de Dieu et de J4 patrie j ils leur montraient la lutte engagée entre le sultan et le criminel visir, comme une occasion précieuse : ils leur annonçaient, l'arrivée prochaine d'une ai-
DES GRECS MOOÈaNES. ^55
mée russe sur lé Danube , pour soutenir les efforts de la (Srècé lorsqu'elle' serait enfin aux prises avec le Groiisant.
Et la mësintelligence qui continuait à régner entre le mii^stre de l'empereur Alexandre et Is &6Î$»-£irêndy , Tenait à l'appui de ces discours^. On ne se cachait plu$ ; on agissait • ouvertement. Les ravages 'commis dans ; la Macédoine et la li- , vadie par les hordes de Pehlevau-Pacha ^ par ceUee du pacha de Uegreponl , ajoutèrent ht l'exaspération g^éralè : bientôt la conduite d'Ismaïl-PacKÔ-' Bey , séraskier de l'armée turque accupée au si^e de Janina; mit le comble au désespoir. Ce fut alors que. la correspondance devint plus active entre Aly, prisonnier dans ses forteresses^ et les délégués de l'Hétérie : on trompa cet artificieux vieillard qui travailla de tous ses moyens au soulèvement de la Grèce , dahs la persuasion que' ce mouvement lui serait fevorable. Il traita même avec les Souliotes ,'et' son or fut lé ^rîncîpkl agent ^é5 troru- Mes de i8ai.
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