‹ Histoire des grecs modernes depuis la prise de ConstantinopleChapitre 24 sur 30 · BIST01BE · texte numérisé non relu

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blîqoeinent l'office divin ^ Grégoire se rendit à la métropole : un bien petit nombre de fidèles l'y attendaient. Là mes^ fut diantée avec toute la pompeusitée dans de^ temps plus beureux. On se retira; mais dès <p% le pontife se pr^enta à la porte du temple, accompagné de ses prélats et revêtu des omemens de son ministère pour retoumet à «m palais y il fut arrêté par une troupe de janissaires. Quelques instans après il fut pendu sous le péristyle de sa cathédrale. Les arcbevéques de 'sa suite éprouvèrent le même sort^ ainsi que huit papas de sa maison y qui'fursnt suppliciés en divers endroits de la Ville.

Mais ce n'était pas le terme de l'abominable yengeanxoe des Turcs contre le malheureux pontife; ils le laissèrent trois jours au gibet , ainsi que cela se piatique à l'égard des scélérats dont le supplice doit épouvanter le crime. Ensuite on détacha les cadavres : utie troupe de juifs reçut l'ordre de les traîner daps les rues jusqu'à la mer. lia haine et le fanatisme leur firent tiouver des charmes ds^ns i:ette ignominieuse commission : ils s'en acquitterait en infimes y et l'on ne jeta dans le 3ospbore que les ■ lambeaux du corps des maityrs, - Ainsi mourut Grégoire après tt'ois apostolats et une longua carrière consacrée à la vertu et ajax bomie» œuvres. Souvent son expérience et ses lumières avaient été utiles à la Forte dans des moïnens difficiles ; mais la reconnaissance n'e$t pas la VB'rtu des barbares. On l'accusa d'avoir fomejuté les

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premiers Iroubles flu Péî&ponèse qui éclatèrent à Calarryta^ sa patrie : on accumula éur sa tété une foule "^ie crimes imaginés pour excuser aux yeux des ambassadeurs de TEurope la rigueur du traitement qn il avait subi.Ceui-ci e'cri virent des notes, demandèrent des explications, virent abattre une foule d'églises grecqties après ce sacrilège , ' et »« contentèrent des réponses arrogantes du divan. M . d« StPog<»ioir seul o^a protester, au nom dé son souverain, contre- un acte si atroce qu'il regardait avec raison comme l'outrage le plus sanglant que des barbares jpuséent' Caire à la: religion chrétienne ; il . quitta Constantinople pour n'y plus revenir, et se iietira dans sa maison -de Buyuckdéreh^ d'où il prit bientôt h route d'Odessa.

. Il iâttt connaître Je zeie religieux des Grecs, pout se faiie une idée de l'indignation quî éclata dans le Pélopohèseet'les îles à 'la nouvelle du supplice da patriarche. Dèsi-lors, il n'y eut plus de conciKa tion possiMe entr'ieax et les Ottomans : la guerre se poursuivit. avec -fureur^ d*'épouvantables repr^ sailfes eurent lietidé'part et d'a<utre$ et les juifs ^ cpii s'étaient prêtés an sacrilège des b^rbistres , furent traités eu ennemis de Dieu et des hommes par 1^ Hellènes exaspérés : on inventa des supplices pour cet ix^Jlhclupeux , et le funaUsme ensanglanta la plu» mainte des causes. Tel est le sort de toutes les guerres où la religion se mêle aux grands intérêts^ elle les rend atrocei;^ et si Von jugeait de l'utilité

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d'une doctrine religieuse quelc(nique ^^après feffet qu elle produit sur les peuples^ on serait disposé à croire quVu lieu de les rendre meilleurs ^ elle les abrutit et leur inspire cette fqrear «ott-socd&le qoi mène aux Samt-BarthelcpiL '

Cependant on crut reconnattre les traits en réai- Table Grégoire sur nu cadavre péché dans W Boa* phore. La piété des Grecs se prêta aVéc iranfljMvt à Tillusioa. Ces restes d^vàx vieillard oluciiff et. criminel peut -être furent envoyés secrètement à Odessa; on leur rendit les derniers devoirs avac k plus grande magnificeij^ice, Grégoire fut mis «a rang des s^ts, et son co^ ^ ou oeloi qm passait pour le sien, couserr^ç c^>ïtime mie relique* Dana Uinto:valle, les Turcs poursuivaient le cours de leurs. <skci s contre 1^ du-étiens r^a$ demeunés en leœr pouvoir. Un firmsan àff U îRott» Hufiorisa les |uiohas et les gouverneurs à las déw-mtei: cLanb loute TeteadMe de l'empire. Ofî vpuMti <Ji|»i sTaâsurer les mojEseiis c)e les égorger sans çriti«l^. Vjok^ lut. 'paiement donné^ux gouveiripiwr^ ip^i^i ttirâs de mejttre à mort ^ MDS enquête juridiquei l^^.rfijM qui L«:berciiemît k ifuitter les tenjres dç Tempire, et les amb^sadèors chi'étiens se soqillètfeiH 4'une hoiàt^ éternelle mx secondant de tous leurs efforts J'iibomi&abk poltiique des barbares > ils Je«r peîmirenfc.ds.confiftpm le^ bâtimenside cMoim^rce eurcq^éens sur le^- G^ueU Us trouvers^çiu 409- fugitib. Ce. décret fut noûJMÎ am i9n»uU|; et/lettrinlfexditAisili.kiuQiilié

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ffétre compatîssans. Yoîlà ce qui s'est passé au xix^. siècle ; voilà les Turcs et la Staintc-AUiance.

La révolution prenait un caractère légal à mesure qu'elle s'étendait. Un sénat venait d'être organisé dans chacune des îles insurgées. Les troupes obéissaient à des généraux parmi lesquels figuraient, le bey du Magne ^ Mavro-Michali , Colocotroni et Nicétas. C« dernier écrasa une colonne de cavalerie turque dans les défilés de Doliana, et ce succès lui valut le titre de TurcophagCy qu'il légitima dans k suite par de glorieux exploits. Les vaisseaux expé- 4liçs en- Europe revenaient îoumellement chargés de munitions. Les riches prodiguaient leurs fortnneS; et, dans ce premiei* moment d^enthousiasme, on ne trouva partout que des. citoyens désintéressés , de véritables patriotes : mais il fallait un gouvernement central, une autorité supérieure pour diriger Jes opérations et établir une unité d'efforts, d'où ks succès allait dépendre. Pour parvenir à ce résultat, on convoqua à 4-rgos une assemblée générale, à laquelle devaient se rendre des mandataires élus pae les çilés du continent et des fles pour délibérer sur ia constitution de l'état*

Les projets d'Ypsilanti étaient bien vastes lors de 50n entréç en Moldavie; il ne les réalisa points Là défection dissipa son ai:mée. Quelques nobles F;^. aariotes, parmi lesqueb se trouvaient les Suzzo, le^ Cdntaci;i2èn« et les Ducas , lui disputèrent le com*« muidement D'un autre côté, Yladimireski, ayant

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8r^ projets particiiliej-s , Tabaixdonna lâchement; les boyards le trahirent, et lorsque les Turcs se présentèrent, il ne lui restait plus que le petit nombre de soldats qu'il avait amenés avec une centaine de jeunes hëtéristes , qu'un trépas héroïque attendait. Théodore Vladimircski fut arrêté et mis à mort par les satellites d'Ypsilanti , comme coupable de haute trahison envers la patrie : cet acte de rigueur acheva de rendre le prince odieux. Il avait déjà combattu j mais forcé de céder le ter-» rain à des ennemis plus nombreux , il se retira insensiblement jusqu^à la lisière du Pruth. Le désespoir égara sa raison^ Il s'enfuit, et les malheureux hëtéristes , attaqués sur le plateau de Skullen par le pacha d'Ibraïlof , périrent jusqu'au dernier plutôt que de fuir ou de se rendre. Ce fut là que s'éteignit le bataillon sacré déjà fameux dans la Grèce. Georges, lieutenant d'Ypsi^ lanti , rassembla les débris de l'armée, et se soutint quelque temps encore; mais la défaite de Skullen perdit à jamais les Moldaves et les . Valaques. En proie à la dévastation des armées turques, ils émigrrrent ou furent presque tous tués. Ypsilanti se réfugia d'abord à Kronstadt, ensuite àTrieste,oùil fut arrêté par le gouvernement autrichien , et conduit dans une prison d'état.

Il ne nous appartient pas encore de juger h prince Yp.^Jlanti ; maigre le blâme qu'on verse sur sa conduite, malgré les reproches qu'on l\ii

adresse , il se peut qu'il réussisse a s'absoudie uux yeux de la postérité. Il fat peut-cire uu peu trop présomptueux } il s'abusa sur les chances de l'avenir et sur les véritables dispositions des Ruâmes j mais des erreurs ne sont pas des crimes. Au rtsLe, la gloire, d'avoir attaché son nom à révénemciil k plus l'cmarquable de noire siùcle, dcmemera toujours à ce général; qui fut sans doute moins coupable que maliieureux.

Le frère d'Alexandre Ypsilanti venait cepeudarit d'arriver en Morée pour y prendre le gouvernement des afîaires. Alexandre , par suite de cctbc présomption que nous lui avons reproche^ , char^ gea son frère Démétrius de ses pleins pouvoirs en^ sa qualité de généralissime des Hellènes , qualité qu'il s'était arrogée gratuitement , et l'imposa eu . quelque sotte aux Pcloponésiens. Démélrius aû'ecla mal-à-propos des airs de grandeur qui lui avaient réussi autrefois -dans les salons du î'anar, mais qui étaient au moins déplacés dans un camp de soldai» patriotes. Colocotroni s'en choqua le premier : ce vieux Kleftis ne put voir sans indignation unjeuu^ patricien, qui n'avait qu'am vain nom pour tout mérite, étaler devant lui l'ostentation d'une orgueilleuse supériorité. De là* les dissensions intestim;» qui minèrent sourdement la. Morée. Ypsilanti fut proclamé prinée du Pcloponèse j il réunit quelques soldats et groupa autour de lui les Philhellcnes (jui commençaient à arriver des divers points de VLa-

rope. Mavrbcordato ne tartjà pa$ it sTj joindre, et «omme if ëlait urgent de purger l'intërieur de b presqu'île des barbares qui s^y trouvaient encore , le siège des places-fortes fut résolu; on commença par celui de Naples de Romanie ou Anapli.

Cependant les .Grecs avaient pris de toutes parts fofTensive. En Achaïe^ Germànos, archevêque de Fatras j s'e'tait illustré par des combats où les Turcs avaient perdu leurs meilleures troupes. Fatras même n'avait échapjpé que par miracle au prélat guerrier : Joussouf-Pacha ^ qui y commandait , n'avait eu que le temps de s'enfermer dans la citadelle après avoir incendié la ville. Ce désastre grossit les armées révolutionnaires d'une multitude d'hommes avjdes de vengeance , tandis que les escarmouches de Germanos habituaient les montagnards du Cyllène à se mesurer avec les Turcs > et à reconnais ti^e leur véritable faiblesse.

La résistance opiniâtre d'Aly-Pacha, qui retenait toutes les forces de la Porte au fond de l'Albanie ; {permit aux Grecs de se fortifier sans craindre d'attaques sérieuses durant le cours da cette première campagne. Odyssée , jeune chef, long-temps attaché à la fortune du visir^ de Tcbélen , venait d'être chargé par lui de soulever les Armatolis de Salone, ceux de la Livadie et de la Thessaliepl avait feint de trahir son patron ; mais il s'était ensuite échappé du camp des Turcs après avoir c(mmi leurs moyens et leurs projets. Sa présence décida

rmsurrection de la Grèce orientale; et, bien qu'il crût encore travailler pour Àly , il n'établit pas moins ses comnaunications avec les chefs péloponesiens. Odyssée ^ enrôlé d abord sous les drapeaux de la tyraigiie , ne tarda pas à revenir à. des sentimens plu» nobles^ Btentét on le verra le plus redoutable ennemi du despotisme , et le plu» variant défex»euT des droits de la Grèce.

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