CHAPITRE III
IiiSuiTeclion cjç l'île, de Crète, -r Cotagrèa d'Argos. — Succès de la marixie grecque. — luccndie d'un vaisseau turc à Adrainyte. — Bolbina. — Aâaires de Mat'édoine. — Prise et reprise d*Athènes. — De'sastre de Kidonics. — Massacres a Smyrnejbelle conduite.du consul et des marina français. — Bataille de Zeitui)i. — Départ delà légation russe. — ^Prise de Navarin , — De Malvoisie 9 l|f-«Dfi IVipolilza. -—Courage des Samiens. — «pl|fl(# refus par la flotte turque. — Aflaire de Gabnicidi. — Combats a Cassandre. — Avantages des Cretois.' — Siège et prise de Coriothe, — Constitution d'Épidaurc. — Promenade de la flotte turque. — L'assemblée générale de la Grèce s'éliiblit a Cx)rinthe. — Combat naval près do Zante.
Il est à remarquer que jusqu'alors les généraux des-liellcnes , Colocotroni surtout, proclamé dès- le 4:ommencemeQt général en chef de la république ^ n'avaient cessé de correspondre avec Aly-^Téfaeien. On parlait de patrie^ personne n'attachait un sens déterminé à ce mot. Les insulaires seuls, commençaient à en comprendre la valeur. Dans le Pélbpojièse, les uns croyaient travailler pour les Russes^ lès autres pour le satrape de Janiua. La ^^évolution était faite; qu'elle n'avait pas encore de but fixe; elle était en quelque sorte l'ouvrage du hasard : les pré-.
DES GRECS MODERNES. I'j3
Ires y jouaient le premier rôle ; et comme leur influence est toujours liberticide, on espérait seulement changer de maître : il n'entrait dans la pensée de personne que la Grèce pût se passer d'un despote. ■ ,-.'
Ces idées se dissipèrent insensiblement. Si des honîmes éclairés ne les eussent pas combattues, elles auraient perdu les Hellènes. Ils acquéraient <le jour en jour de nouvelles forces. La grande île de Candie accéda à la fédération des îles de T Archipel. Une armée de montagnards jr bloqua sur-lechamp les places-Jfortes occupées par les Turcs ; et quoique les patriotes de Candie n'eussent encore ni chefs ; ni plans, ni munitions de guerre, ils battirent les barbai:es en plusieurs rencontres^ Candie est peuplée de Grecs ; le littoral de la mer , ainsi que les grandes villes, renfennent peut-être cent mille Turcs. Ces derniers sont les plus féroces de tous les sujets du grand-seigneur. Issus pour la plupart de pères ou de mères chrétiens , il n'est sorte d'horreurs et de vexations qu'ils n'aient imaginé pour tyranniser les rayas. L'insurrection de l'île fut même en partie le résultat de leur insolence. Nous avons vu que la Porte avait décrété le désarmeme.it des Grecs j les Turcs candiotes ordonnèrent aux montagnards de la Sfachie (i) de leur appoft-
(i) On donne ce nom a Tintërieur de File, hérissé de hautes montagnes, et où Ton ne trouve que des chrétiens. Les Sfachiotes obéissent aux Tnrcs sans
a7i BISTOÏRE'
ter leurs armes clans les places de guerre, soi» peîcie de mort. Ceux-ci, qui payaient ua tribut sans être pf»sitivçment soumis, refusèrent avec indignaticm. Les Musulmans se mirent en campagne pour les réduire ; ils furent battus, et se vengèrent en barbares sur Jes malhem'eux chrétiens des plaines. Un mois après le co^mmencement des hostilités en Ciète, les "places de Candie ,de Rhetymnos et de la Canée , étaient investies par plus de soixante mille Sfachiotes.
L'assemblée nationale avait été convoqiiée à Ar* gos } les prétentions de chaque île Qt de chaque pro* rince y furent exagérées. On se sépara sa»» avoir >pu s'entendre. Cette première réunion des états fut oiageuse. Colocotroni et les autres chefs militaire» y tinrent un langage qui fit trembler les véritables patriotes. Dès ce moment les ennemis des Hellènes se réjouirent; iU crûrent que l'anarchie replongerait la Grèce sous le joug des barbares. Ces ^espérances criminelles furent bientôt détruitcâs.
Une flotte de cent voiles venait cependant de 98 réunir à Hydra. Les Spezziotes, les Ipsariotes-et ceux de Cassos y avaient envoyé leurs contingem. Le capitaine Jacques Tombasis, d'Hydra, fut élu amiral. Chaque vaisseau arbora le pavillon natio-
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être prëcisément Unvs esclaves. Ils ont toujours ea ^ dé% armes. Le» barbares n'osaient point les molester : ' c'était sur U population grecque des villes qu^ls excr«
faient leurs cruautés.
^ DES GRECS MODEREES. - ^7$
nal :'il était alors aux trois cottleurs ^, c'estrà-<Iif^ rougé y noir et blanc. Les bandes étaient pladl^ horizontalement et surmontées 'd'un côté d'un« cl*oix avec cette légende : « Avec ce signe nous 'Vaincrons ^ » de Taulre, d'un Phénix renaissant de , ses cendres. Plus tard; pour éviter les réflexions qu^ les trois couleurs auraient pu suggérer à la malveillance ^ on adopta la croix blanche dans un fond d*azur. La flotte se partagea aussitôt les diverses stations de l'Archipel : • une escadre s'établit en croisière à l'entrée du Bosphore; une autre vint fermer le golfe de Smyrnej la troisième louvoya sur les côtes dé Chypre pour intercepter toute coramimication entre l'Egypte et les états ottonaans; k quatrième enfin prit la direction de Salonique*. C'était porter un coup mortel au commerce du Levant. Les comptoirs de FEurope et de l'Asie, se trouvaient bloqués : la Porte avait le plus grand intérêt à faire cesser cette gène si préjudiciable a ses marchands. Elle pressa donc avec la plus grande activité l'armement de tous les vaisseaux de guerre de Constantînople. Ils n'avaient plus d'équipages; on les remplit de volontaires turcs; et dès qu'une flotille de quatre vaisseaux eût appareillé y les barbares crurent avoir déjà soumis les rebelles.
En attendant y ceux-ci capturaient une foule de navires chargés la plupart de maxcbandises précieu^s. Us enlevaient dans la* rade de Milos xsa^ corvette et un brick ottomans« Hydra et Ipsam étaieat devenues le» marchés de la Grèce et de XkMr