‹ Histoire des grecs modernes depuis la prise de ConstantinopleChapitre 26 sur 30 · Q HISTOIRE · texte numérisé non relu

Q HISTOIRE

cliipel. Les productions de l'Egypte et de la Syrie s'y donnaient à vil prix , vu le nombre des piises. ' Jjc.s Turco-Francs écrivaient en Europe que la disette se faisait sentir dans les îles, et le^riz s'y vendait trois ou quatre sous Tocque ( 45 onces environ). On se pourvut aussi de munitions de guerre et même d'artillerie. Les bâtiraens captiu'és avec leur cargaison devenaient la propriété des capteurs ^ moins un oinquicme qui appartenait au trésor public. Ce fui par ce moyen qu'on arma en peu de 'temps une multitude de brûlots. L'amirauté grecque ne s'abusait pas sur la force de ses armées navales ; elle savait que , n'ayant pas un bâtiment de guerre, elle ne pouvait se flatter de résister au choc des bâtimens de haut-bord ; mais elle comptait tout ensemble , et sur l'expérience de ses marins et sur l'incapacité des ennemis. Cette confiance des Hel- Icnes dans leur courage et leur habileté fut bientôt justifiée par le succès.

La flotille ottomane sortit de Constantinopîe au mois de mai, erra quinze jours dans la Propontide, et relâcha , sous les batteries du -Château - Neuf : SCS équipages se débandèrent; deux villages grecs furent mis à feu et à sang par ces barbares, quoique la population de ces villages eut acheté récemment encore des firmans de protection au grandseigneur. Après cet exploit, les Osmanlis se rembarquèrent. Il n'était question, parmi ces preuœ , que de la gloire qui les attendait , que de la crainte qu'ils allaient causer aux dgiaours (infidèles) ;Jls

comptaient tout bi'uler, tout massacrer^ tout piller : cepeiidant ils perdaient leur temps en vaines bravades ; ils brûlaient leur poudre pour s'aguerrir, et le sultan les croyait déjà au milieu de l'Archipel lorsqu'il apprit la vérité. Aussitôt il envoie au com • mandant l'ordre de partir pour Lesbos : celui-ci obéit. Une escadre inconnue lui apparaît à l'est d'Imbrosj une auti-e se montre à sa droite devant l'île de Ténédos. Les braves, de la veille changent de langage : ils ont reconnu le pavilfon de la croix. Ils voyent voltiger autour d'eux' une multitude de navires ennemis qui les, provoquent au lieu de les fuir. C'en est fait de leur courage : ces misérables, qui étourdissaient hier l'Europe et, l'Asie du bruit .de leurs canons , n'osent pas même brûler une amorce contre l'ennemi ; ils craignent de devenir agresseurs , et s'entassent précipitamment dans là rade de Port-Olivier sur les côtes de My tilène.

Mais le vice-amiral turc n'y était pas- tranquille; il n'avait que quatre vaisseaux de haut-bord ! Toute la marine réunie des insurgés aurait été pulvérisée par un seul de ces vaisseaux (1) : le lâche craignait une faible escadrille. Dans son effroi, il ordonne à un vaisseau de 74 d'appareiller , de retouroer à

(i) Là flotte grecque se compose de hâtimens niai^ cbands armés enguerre-Les plus forts n'onl que vinglquatre canons, II nen est pas un qui ait uj;ie batterie cpuverle»

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GonsUntmople^ et de faire part au divan des prétendus dangers qu'il court. Ce vaisseau mit à la voile t étrange délire de la peur ! Le vice-amiral se croyait hors d'état de résister aux Grecs avec toutes ses forces y et il lance un seul de ses bâtimens au milieu d'eux.

Les Hellènes virent l'Ottoman appareiller; ils se cachèrent derrière les écueils de la côte pour lui donner la confiance de gagner le large. Ensuite ils se montrèrent , mais entre le port et lui ^ c'est-àdire en lui coupant tout moyen de retraite. Il est impossible de peindre la confusion des barbares : ils oublient leurs canons, leurs projets et méniie les manceuvres qui peuvent les sauver. Us ne comptent paslesnavites qui les poursuivent, qui sont au nom» bre de quatre , ou plutôt la peur les multiplie à leurs yeux. Officiers, soldats, matelots, fous sont également consternés. Le vaisseau change de direction, longe la côte au plus près pour iie pas être tourné, et va s'ensablçr dans les bas-fonds du golfe Adramyte. L'ignorant capitaine ne c<H]naissait pas mène les parages où il naviguait. Son vaiisseau était perdu sans retour : il fallait plus d^me semaine de travail pour le remettre à flots, et les Grecs étaient là.

Usne donnèrent pas même le temps à l'équipage de gagner. la côte dans les embarcations : leurs navires^ qui tiraient à peine quatre à cinq pieds d'eau, tournèrent le colosse immobile , et s'établirent deux à la poupe, deux à la proue. Aussitôt ils commea*

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cèrem un feu terrible ^ et démolirent en quelques hieures tout ce qui flottait de cette masse. Huit centi Turcs périrent dans l'action ^ il ne se sauva goèpe que deux cents hommes de tout l'équipage. Le capi^ taine essaya de mettre le feu aux poudres C elles étaient trop mouillées. Il iit incendier ce qui re»^ tait des entieponts et de la mâture y et s'eng^tit av^ les débris de son navire.,

Ge ne fut que le lendemain que le vice-amiral coimut les détails de cette mémorable action. Il avait entendu le canon toute la journée ; mais H s'était bien gardé de sortir. Cependant il remît aus^ sitôt en mer, glacé de terreur et s'attendant a &• voir bloqué à Mytilène, ou brûlé par les vaisseaux incendiaires des Grecs. Les Hellènes ne s'étaient point encore réunis; il trouva la mer libre. En pa^ sant devant Adramyle , il rencontra les quatre m^ surgés , occupés à pécher les canons du vaisseau qu'ils avaient détruit. Le vice-amiral les feissa faîi« et força de voile pour éviter toute surprise. Bien plu», les Grecs lui donnèrent la chasse , et l'on vit trois vaisseaux portant deux cents canon» et trois mille hommes d'équipage fuir devant quatre n»^ vires qui n'avaient pas plus de soixante canons et de cinq cents homme». /

Le retour de ces^ vaisseaux consterna les barbai res. Ils se vengèrent de l'échec qu'ils venaient db recevoir en égorgeant des, chrétiens. Ils s'en>:ons0lèsent presque en se voyant soutenus par les grandes puissances de l'Europey. Lord Mait^nd chassait du

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territoire Ionien les Grecs de TEpire qui s'étaient réfugiés à Paxo y pour se soustraire à la i^ge des hordes de Joussouf bey. L'Angleterre interdisait au nouveau pavillon la navigation de la Méditerranée au-delà de l'Adriatique. L'Autriche , et la Russie elle-même; refusaient un asile aux proscrits. L'Angleterre protégeait ouvertement les barbares. On avait vu des navires portant le pavillon britannique ravitailler les places de guerre du Péloponèsc, jquoiqu elles fussent* bloquées par les Grecs. L'Europe s'était cependant déclarée neutre j mais cette déclaration ne changeait rien à la politique de certains cabinets.

Sur ces entrefaites^ les insurgés du Péloponèse et ^e la Livadie obtenaient de nouveaux triomphes. DiacoS; chef d'Armatolis de la Doride, et lieutenant ou proto-palicari d'Odyssée, s'empara du château de Lébadée en Béotie ^ et y extermina deux mille Turcs. La ville d'Athènes , qui était encore au pouvoir des Ottomans, fut délivrée par une colonne de patriotes ; et les barbares , après avoir perdu neuf cents hommes à Mai*athon, se retirèrent dans l'Acropolis : mais le moment n'était pas encore venu où les Grecs devaient s'établir irrévo- <:ablement dans la cité de Cécrops ) ils en furent chassés peu de jours après par dix mille hommes envoyés de Négrepoat au secours du Kiaya bey d» pacha de cette île, qui venaitde périr sous lé glaive de Diacos.

Il serait trop long d'énuméier tous les prodiges

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des Hellènes , soit à Patras , soit dans TEtolie , soit dans rOlympe. Qu^ ne devait-on pas attendre de rénergie d'un peuple chez lequel les femmes ellesménles s'armaient en faveur de la liberté? Tout le monde connaît Thëroïne 9olbina ^ qui offrit à la patrie ses navires , ses enfans et son épée. Le résultat de cet enthousiasme général^ fut une suite non interrompue de succès. Partout vaincus, les Turcs n'avaient plus d'espoir ^ ils se confiaient à la force ^e leurs remparts, et attendaient l'arrivée de leurs vaisseaux et de leurs armées pour reprendre l'offensive. Le séraskier Chourchid , en Albanie, venait eniîn de se rendre maître du château du Lac; mais, dans cette contrée , la gu^T^ n'était pas terminée j le vieil Aly, retranche dans une tour isolée avec un •petit nombre d'hommes sûrs, se défendait toujours et annonçait l'intention de se faire sËiuter avec ses trésors s'il était pressé trop vivement. Chourchid tenait moins à la gloire de se délivrer promplement de sa: periontie qu'à l'avantage de piller "ses richesses : il s'arrangea donc pour traîner les choses en longueur 5 il entama des négociations avec le satrape; les hostilités cessèrent de part et d'autre, et le siège fut converti en blociis.

Le plan des insurgés était de porter la guerre en •Asie» Déjà les Sahiiens avaient réussi dans plusieurs expéditions sur le continent; mais ils avaient fait d'inutiles efforts pour engager les Sciotes dans la ligue chr«éti6*iîie. Ces insulaires-marchands, les phis riches do l'Asie , craighireàf de se perdre par

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cette démarche : elle les aurait peut-être saayés. Plu» tard il ne fut plus temps, et leur ruine tient peut-être à rhésitation qu'ils montrèrent alors. lie sénat dlpsara résolut l'attaque de Smyme. Cette , opulente cité était à «la .discrétion du pard maître de la mer. On repr^enta aux Hellènes que tout le commerce de cette place étant entre les mains des Francs, ik se compromettraient vi»-»vis les puissances de l'Europe, quel que fût le résak> tat de l'entreprise. Us y renoncèrent. Sidoniès , patrie d'Economos, attira leur attention. Le divan projetait alors le massacre de tous les chrétiens étahlis en Asie. Cette horrible question avait été agitée en plein conseiL II n'y avait plus de sûreté pour les rayas sur les terres du croissant. Kidoniés fut évacuée : les Ipsariotes y mirent en déroute toute la milice du pachalik de Broussa« lU tuèrent douze cents hommes auh barbares , et oeux-ci pour se venger mirent le feu à la ville. Elle fut entièrement consumée. La population passa dans les îles. Kidoniès comptait déjà quarante mille habitans. Son désastre épouvanta l'Asie. On se ressentit bientôt à Smyrne de la rage que cet événement avait causé aux Turcs : une horrible sédition y éclata parmi eux; ils immolèrent six cents Grecs dans l'espace de deux jours : les Francs ne durent leur salut qu'au hasard» Le mollah et l'ayan . Bachi , les deux magistrats les plus respectés, tom^ bèrent sous le glaive des assassins parce qn'ila cherchaient à arrêter leur fureur. Le consul français,

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M. David f ainsi que la mjirine française se couvrirent de gloire au milieu de ces calamités. Le consul protégeait les Grecs au péril de ses jours ; et les vaisseaux de sa nation les recevaient à bord. Plus de dix mille de ces infor^tunés gagnèrent ainsi les îles de rArchipel. Bientc^t l'amiral Halgan paruf dans la rade de Smyme, Ce généreux guerrier se conduisit avec autant de prudenccNque d'humanité ; il fit ch(érir la France $ur ces bords désolés ^ et la Grèce conservera long-temps le souvenir de se» bienfaits.

D n'était iruit à Constantînople que d*unc rup» ture prochaine entre la Porte et la Russie. Déjà let Turcs traitaient les Russes en ennemis. M. Fonton ^ conseiller de l'empereur et attaché ii Tambas-* sade russe à Constatitinople ^ faillit être assassiiié. M. Destouni, consul-général de Smyme, Grec d'origine; mais naturalisé Russe ^ fut réduit à se cacher dans la maison du consul de France. Enfin la Porte fit arrêter M. Danési, banquier du baron de Strogonoffy fonctionnaire au service de lempereuir, et le fit jeter dans la prison des Sept-Tours , malgré les pressantes réclamations de tous les ministres euro» péens. L'ambassadeur de Russie fut extrêmement .courroucé dé ce dernier outrage : on violait à son égard la foi des traités; il n'avait plus de sauve-garde» £n conséquence ^ après avoir remis au reiss-efiendi une note fulminante^ il s'embarqua avec tous ses nationaux et protégés. La guerre parut inévitable : mais on ne savait pas ce que peuvent sur un prince

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facile de values craintes et de petites considérât iom

politiques. -

Cependant les Souliotes, après avoir embrassé le paili d'Aly-Tébélen ^ soutenaient avec avantage le choc des armées de Chourcbid. Ces braves , vaiuqueurs à Coumcbadès , revirent enfin leurs montagnes ; et pénétrèrent dans la citadelle de Kiaplia^ que le satrape de Janina avait fait construire sur les ruines de la Selléide. Ils ne cessèrent de rendre les plus grands ^services à la cause de la liberté dans Cette partie de la Grèce. Leur exemple encouragea les chrétiens de TEtolie : ils s'insurgèrent, et ]\îisf olunglii se hâta d'arborer Id pavillon de la croix. On fit de vains effoits pour persuader aux Galaxidiotes de se réunir à la confédération générale : ils répondirent comme les habitans de Scio, et éprouvèrent le même sort.

Les chrétiens, occupés au siège d'Artapîi, avaient été mis en déroute. Cet échec les découragea j toutefois ils pressèrent avec plus de vigueur les places de •Tripoli tza, de Navarin, de Corinthe et de Modon, qu'ils bloquaient" depuis plusieurs mois. Le général Norman, le brave Baleste , plusiems officiers français , parmi lesquels MM. Raybault , Voutier et Chauvassaigne, étaient arrivés dans le Péloponèse. Chaque jour des enthousiastes allemands venaient grossir le nombre des volontaires étrangers. Ce fut alors que Ton forma le corps des Philhellènes, qui acquit une si grande réputation dans la suite. Le

capitaine Baleste fut chargé d'organiser un régiment Spartiate à l^européenne ; MM. Raybault et Voutier prirent la direction de l'artillerie; les au" très Philhellènes entrèrent dans l'état -major duprince Ypsilanti , ou dans le régiment que recrutait Baleste.

Sur ces entrefaites , Chourchid n'ayant plus qu'à observer le captif de Janina d'après la nouvelle tactique qu'il avait adoptée, crut pouvoir détacher une partie de ses troupes^ pour faire rentrer leg rayias de Morée dans le devoir. Il pensait que la x^*volution qui venait de s'opérer n était qu'une d« ces émeutes si fréquentes dans la Grèce ^ et qu'on appaisait ordinairement avec des promesses , de« menaces et des supplices. Omer Brionès se mit donc en campagne, chargé par le séraskier de pacifier la Hellade; de pardonner au peuple , mais cj© lui rapporter les têtqs des chefs ^e la sédition. Omer était un homme sans foi, sans honneur, mais qui ne "manquait pas de courage et d'une certaine ha-» bile té. Il avait commencé par trahir les mamelouks en Egypte ; il venait récemment de trahir son pa-. tron Aly pour le pachalik de Janina qu'on lui avait promis : enfin il était prêt à abandonner la Porl& ci tôt que sa fortune ou son avancement pourraient devenir le prix de sa défection. Il partit avec ui^ nombreuse cavalerie , arriva dans la plaine dcj, Thèbeà , et dispersa les bandes du capitaine Diacos,- , Les barbares , enflés de ce succès , pénétrèrent plui ^v;^îît. Odyssée les attendait avix Ther4iopyles ; qa

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fjéoénl prit position dans les gorges ^ surprit les . Ottomaxifl et les tailla en pièces. Il poorsoivit les fuyards jusqu'au-delà de Zeituni ; mais Orner , étant parvenu k franchir le passage^ se jeta brusquement sur Athènes avec deux mille caralîers environ. Bientôt les Grecs de l'Attique^ qui s'étaient cachÀ à son approche y reprirent courage , et le iieutehant de Chourchid fut obligé d'abandonner k ville pour se défendre dans l'Acropole.

Cette victoire , la plus considérable qu'on eût remportée jusque-là «t» les TurcS; inspira une noiiyelle confiance aux patriotes du Péloponèse ; \aLndis que les Turcs ^ qui avaient compté sur les secours de Chourchid et sur ceux de la flotte oltonane; commençaient à se désespérer. Ceux de Ifa- «varin et de Malvoisie se rendirent par capitulation, afjrès avoir éprouvé tout ce que la famine a de plus affreux. Ils remirent les villes et les forts aux iroupes helléniennes ^ et furent transportés sur le$ mUoê de l'Asie mineure y au terme du traité. Ce double succès mit les Grecs en possession d'un^ artillerie considérable, et d'une grande quantité d'ar- 9MS et de munitions de guerre. La citadelle de liavarin passait pour imprenable ; celle de Malvoisie commandait l'entrée du golfe d'Argos ; du côté de la Laeonie. C'est assez dire de quelle importance mm deux places pouvaient être à la cause des cbrétions. Mais la prise de Tripolitza accrut bientôt hnun transports. Cette ville, que l'on peut considemr comme la capitale moderne du Péloponèse, était

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4i!fendue par une garnison de six mille homnEM» ^ et par plus de ceilt pièces de canon. Elle fut eiilevée d'assaut le 5 ( 17 octobre). La plupart^ Turcs et des Juifs qui s'y trouvaient furent passés ait fil de i'épée. On n'épargna que le harem à» Chourdiid 7 sonkiaya^ son banquier , et Kiamil > bey de la Corinthie. Les Hellènes se livrèrent dans cette occasion à de sanglantes représailles. Les ati!ocités commises par les Turcs en Macédoine et dans TAsie-Mmenre ^ servkent de prétexte ; msk non d'excuse à leur conduite. A la suite de cette ^ jnémorable conquête que Golocotroni s'attribua , les armes et le numéraire devinrent plus corn*' muns dans la Grèce :le$ choses y prirent une nou« veUe directioQ , et la cause de l'indépendance fui* réellement consolidée,

Cefut vers la fin de ce siége^ que la rivalité qui , dès l'origine de U guerre /avait éclaté entre t)émétrios Tpsilanti «t le général Coloootroni , prit un •^iraeière plus grave et plus alarmant. Ypsilanti^ qt»oique natm^Uement doux et affable y avait des: ' manières ^op hautaines ^ il éjectait sans cesse dm p«rler des Russes ; on eût dit qu'il était leur lieuttfosuftt /m lieu d'être le chef d'un peuple libre. II déplut y on le tourna en ridicule ; il se plaignit y l>«ïlK»mie ne prit sa défense. Il avait donné tintf n»is«toii^«ux princes Gantacuzène et Mavrocordato, dans le seul but de les éloigner , afin de n'être pas réduit à partager avec ^ux l'honneur de la prise de" Trij>«liU^ GtotfKSuaèiie ; peu satis&it de ee qu'il

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avait vu dans le Pâoponèse^ ou les princes du Fa- /zar n'avaient ni cour^ ni flatteurs^ ni prérogatives y se sauva en Europe. Cette lâcheté lè couvrit de honte. Mais Ypsi^nti , qui était la cause première de cette défection , n'en retira aucun fruit. Baleste arriva au camp avec trois cents hommes formés à la tactique européenne. Colocotroni , qui brûlait d'éloigner le prince y réussit à lui faire prendre la route <k Calavrytà avec ces nouvelles troupes. Ce fut ainsi que Fadroit Kleftis recueillit à lui seul la gloire de la conque té de Tripolitza^; dès-lors il déploya cette hauteur tyrannique qui conduisit la Grèce à deux doigts de sa perte.

On avait vu la flotte turque dans les eaux de l'Archipel ; mais elle i^'avait ^Biit.que paraître. L'armée navale des chrétiens lui donna la chasse jusque sous les canons de Lépante ^ sans pouvoir l'empêcher de saccager Galaxidi^ qui fut atînsi punie de son opiniâtre égoisme. Le capitan-pacha fut accueilli par les Anglais de Zante ; d'une manière qui déshonorerait la pation britannique , si Ton ne savait depuis long-temps que les hommes du pouvoir font un peuple à part dans tous les pays. Ëufui^ eu quittant ses amis les Anglais, ram.iral turc, attaqué par quelqi^es vaisseau^ hydriotes, se sauva av«c précipitation du pôté de Cerigo> et abandoni»a aiML Grecs un brick , une goélette et quelques-uâs, des navires qu il avait pris à GaUxidi. Un brick twe fit côte sur les attérages de Zante : les Gjrecs 4^ ce^t^ tle accueillirent assez liial les naufraigës.

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Gel événement donna naissance à une horrible persécution dans les îles Ioniennes. liCs a gens dut pouvoir britannique rivalisèrent de cruautés avec les Turcs ^ et miéritèrent^de plus en plus leur amitié.]

Ainsi le Péloponèse était presque délivré. Vain^ queurs sur terre et sur mer , les Hellènes n'avaient plus rien à craindre cette année. Chourchid^ retenu en Albanie^ Vépuisait en vains stratagèmes pour amener Aly-Tébélen à une capitulation } les pa-^ chas de Macédoine et de Larisse venaient d'être vaincu* k Zeituni par les généraux Odyssée , Dikaios et Palascas. L'île de Négrepont s'était soulevée y et le capi tan-pacha, après une tentative malheureuse contre l'île de Samos et une déroute complète dans le détroit de Zante , rentrait à Constantinople avec quelques barques de Galaxidi ^t soixante malheureux Grecs enlevés sur l'île turque de Samatriki (i) : pour cacher sa honte, il fit pendre ces infortunés j mais le sultan ne lui pardonna pas son ignorance et sa lâcheté : le commandenient de la flotte fut donné à un autre général.

Tandis que les Samicns , après avoir vaincu les barbares qui ' tentèrent un débarquement sur leurs côte», portaient la terreur sur les rivages del'lonie, Salonique était menacée par les chrétiens de la Macédoine. Un capitaine des Armatolis du mont

(i) L'ancienne Samothrace:

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OJympe , Diamanii , fit soulever toute la Thessalie et 10U3 les villages du pachalik de Salonique; jusqu'au mont Athos. Il obtint d'abord les plus grands succès : Abdodlouboud., pacba de Macédoine, se mesura ronlre lui : les avantages furent partagés. Diamanti aurait peut-être soumis la pro- ' rince dans cette première campagne^ si les afiaires de la Grèce ne l'avaient rappelé précipitamment en Tltessalie. Après «on départ , Abdouloitboud dissipa l'armée chrétienne ; il attaiqua ensuite dix >Hiille bommes qui s'étaient réfugiés à Cassandre^ et après d%ix. mois d'une résistance béroïquje , il parvint à soumettre la presqu'île. H usa cette fois de la victoire avec miodéràtion. iies couvetis du -mont Athos furent épargnés j les rayas qui se soumirent coirtinuèrent leurs travaiix sans être inquiétés* On s'étonnait de voir tant d^bumanité dans un Turc. Abdoulouboud ne tarda pas à prouver que sa gênél osîté n'était qu'un affreux oalcul^^t qu'il avait toute la férocité d'un barbare.

La Crète se signalait aussi par ses efforts contre les ennemis de l'indépendance. Comnène ApbeBdoulieff y avait pris le gouvernement des affaires. Cet homme , qui se glorifiait d'une naissance illustre ; séduisit les Sfacbiotes. Ilrse fièrent aveuglément à ses conseils. Une odieuse trahison devait <}tre le prix de leur confiance. Ils virent arriver avec transport le capitaine Baleste au milieu d'eux. Ce bravC; qui s'était illustré dans les rangs de Tar-'

mëe française, appartenait à une famille européenne établie en Crète 5 la Crète était presque sa patrie. Il conduisit les Sfachiotes II la victoire. Sous ses ordres^ ils battirent plusieurs fois les pachas de Réthymno et de la Canée ; mais Aphendoulieff avait conçu contre lui une haine mortelle : son m^ rite J'offusquait. L'epvie est le partage des peti^ âmes. A chaque nouveau triomphe de Baleste , Aphendoulieff jurait sa perte. Nous verrons bienvôt quèie perfide réussit. '

ïi'hiver approchait : les ai;mées lïé pouvaient plus tenir la campagne dans une contrée ou k froid est excessivenient rigoureux. Ulyss^e prit ses cantonnemens dans l'Attique; mais Niceta« et Colocotroni , après avoir fait d'inutiles efforts pour obtenir un ordre de leur prisonnier Kiamil-Bey à son lieutenant de Corinthe y afin que celui-ci livrât la place , s'en emparèrent de vive-forcè. Ce coup hardi termina glorieusement la première année ^e la lutte de l'indépendance.

Ota proclamait dans le même temps la constitution jd'Épidaure^ qu'un congrès plus heureux que celui d'Argos venait enfin de terminer. L'assemblée nati<»iale avait aussi nommé des magistrats annuels ; le pouvoir exécutif et la présidence de la république étaient confiés au prince Alexandre MavrocordatO;' homme aussi distingué par ses I1»mières que par son patdotisme. Les premiers actes de son administration furent législatifs. L'ordre

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cenimença à régner dans les provinces. Les charges de TËlat furent supportées également par tous , ei la Grèce jouit presqu'aussitôt des avantages d'an gouvernement paternel. Mavrocordatô rédigea à la hâte un précis de lois qui devaient demeurer eu vigueur jusqu'à ce qu'un code mieux élaboré les remplaçât. Toutes les cours de l'Europe apprirent odiciellemeut l'organisation légale de la république liellénienne : elles s'obstinèrent à ne pas la reconnaître. Le congrès se sépara après l'installation du gouvernement , dont le siège fut fixé à Corintlie j et qui prit le titre de gouvernement provisoir-e de la Grèce.

Le prince Dëmétrius Ypsilanti n'avait plus l'opinion pour lui ; les uns l'accusaient d'incapacité, les autri^s lui supposaient une excessive ambition. Cependant on lui décerna le commandement des troupes conjointement avec Colocotroni j mais le Kleftis parvint à l'éclipser en ne lui laissant pas Toccasion de se signaler. Cette première période de la guerre de l'indépendance fut encore remarquable en ce que la plupart des aventuriers étrangers, qui s'étaient jetés dans le Péloponèse pour y trouver la fortune et les honneurs , retournèrent dans leurs pays. Ils accusèrent les Grecs parce qu'ils ne leur donnèrent pas les distinctions flatteuses qu'ils ambitionnaient. Us les taxèrent de barbarie parce qu'ils ne trouvèrent pas dans leuxs camps toutes les ï^cjaerçhes du, luxe emopéen. Les Hellènes s^n

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con&ûièrent : ils n'étaient pas coupables, et leurs accusateurs étaient injustes. La cause de la liberté n'avait rien à attendre de ces -hommes plus avides d'argent que de gloire ; elle gagna peut-être à leur retraite. Les Worman , les Tarella, les Baleste et quelques autres braves lui restaient. ,

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