‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 124 sur 223 · CHAPITRE DOUZIEME. 37S · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME. 37S

Rousseau, leur priaonnier, porter leurs sommations àChalonnes, et vont enx-mAmes surprendre Chemillé, où ils saisissent trois nouvelles pièces et des fusils. Là, Gadé, chirurgien de Saint-Laurent, et PcrdrJan, soldat habile, amènent de nouvelles recrues à Cathelineau.

On se figure à que! point ces premiers succès des campagnes eiaspéraient le républicanisme des cités < Les administrateurs siégeaient nuit et joar, les milices nationales couraient aux armes les atoyenues déposaient des bonnets rouges et des drapeaux tricolores sur 1 autel de la Patrie. Mais rien de tout cela ne pouvait arrêter le torrent de l'insurrection.

Les mêmes scènes se passaient en même temps sur tous les points de t'AnJAu et du Poitou. Traqué à Ghanzeaus par les gendarmes, René Forêt

Gandin, Pierre Roeliinl. Jean Gaborj, Jocqucs Bochird, Pierre Rochird, Joseph Pilon, Ben* le» Rochird, Pierre )linc«)u, René Sojer. Elienne Hanceau, Ren4 Jamaîn, lean Horeau, Jacquei Letnreau, Halhurin le* Couranla, HieliH les Gounnta, Pierre le» Courant», Pilon ilné, I.oui« Ira Roclnrd. Pierre Verron, Henj 0(Cr et Jonq)h Monier.

tire sur eux, sonne le tocsin et soulève la paroisse et les environs.

A Maulevrier, StofQet, garde-chasse des comtes de Colbert, homme brutal et résolu, voit avec indignation enlever du château de ses maîtres les douze canons offerts, en 1540, au comte de Mauievrier par la République de Gênes. 11 appelle et arme douze cents paysans. Tonnelet, autre garde, en réunit cent cinquante, et leurs rangs se grossissent des insurgés de Mauves, chassés par les nationaux de Nantes.

Les gens de Pouzauges et des alentours forment une petite armée, mettant à leur tête MM. Sapinaud de La Yerrie et Royraud, et livrent, à Saint- Vincent, une bataille en règle aux Bleus, commandés par le général Marcé. Là, comme à Jallais, les canons sont enlevés à coups de fourche, et les ennemis écrasés à Timproviste. Déjà Sapinaud avait vaincu de même aux Guérinières.

Tout le centre du Bocage, de Ghantonnay aux Herbiers, — tout le pays, de Fontenay à Nantes, sont en armes sous les ordres de Béjarry, de Yerteuil et autres châtelains. Les districts de Ghantonnay et des Herbiers ont été enlevés d'assaut et pillés, aux cris de : Mort aux Bleus !

Arrive le 15 mars. — StofDet, Tonnelet et Forêt s'unissent à Cathelineau pour attaquer Cholet, défendu par le marquis de Beauveau, procureursyndic, ancienne victime des lettres de cachet. — Etrange opposition qui se renouvellera souvent dans cette guerre!

Déjà les rebelles formaient un corps imposant, et s'intitulaient, non pas encore armée royale, mais armée chrétienne, — non pas restaurateurs du roi, mais défenseurs des bons prêtres. Les Bleus les nommèrent dès lors Vendéens 9 farce que la plupart appartenaient au département de la Vendée.

StofQet et l'aumônier Barbotin « enjoignent aux habitants de Cholet de livrer leurs armes aux commandants de l'armée chrétienne, — promettant, dans ce cas seulement, d'épargner les personnes et les propriétés. »

Le marquis de Beauveau répond en sortant à la tête de la garde nationale. Le combat commence, et dure cinq heures. Le courage et Facharnement sont égaux de part et d'autre. M. de Beauveau est tué avec une foule de notables. Les débris de sa troupe ne regagnent le château qu'à la faveur d'un calvaire, au pied duquel les vainqueurs s'agenouillent au plus fort du carnage. Mais le moyen d'échapper à des hommes qui allaient au-devant des balles, le chapeau bas, la poitrine découverte et les mains jointes ^ ! Le château est forcé à son tour, et les ofGciers municipaux se rendent avec leurs défenseurs. On leur attache les mains derrière le dos, et on les garde à vue sous les halles. — On fait, dans toutes les rues et dans tous les environs, la chasse aux Bleus. On brûle les archives et les registres du district. On épargne les habitants, à qui l'on ne demande qu'un lit et du pain; mais on enferme soigneusement au château cent patriotes suspects,

1 Guerres dee Vendéens et des Chouant, par un orficier républicain, t. I, p. 75.

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