‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 129 sur 223 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

mais un géant comme Ânléc, — qui perd toute sa force en quittant le sol maternel.

Les seuls corps permanents étaient ceux des volontaires, cxcellenles compagnie^ grossies de fermiers sans fermes, d'artisans sans ouvrage, de valets sans place et même d'étrangers. (M. de Bonchamps avait rallié 800 Allemands transfuges de l'armée républicaine.) C'est avec ses bandes de volontaires que Gharette devint si redoutable au pays de Retz et du Marais.

Les paroisses armées communiquaient entre elles au moyen de courriers établis dans toutes les communes et toujours prêts à partir. Ces courriers, versés dans les moindres détours du pays, se glissaient invisibles à travers les lignes des Bleus. C'étaient souvent des enfants et des femmes qui portaient dans leurs sabots les dépêches de la plus terrible gravité. Nous les verrons déployer dans ces fonctions un courage et une adresse au-dessus de tout éloge.

Les Vendéens avaient organisé une correspondance télégraphique au sommet de toutes les hauteurs» de tous les moulins et de tous les grands arbres de leur pays. Ils appliquaient à ces arbres des échelles portatives, observaient des plus hautes branches la marche des Bleus, et tiraient un son convenu de leur corne de pasteurs. Ce sou, répété de distance en distance, portait la bonne ou la mauvaise nouvelle u tous ceux qu'elle intéressait. La disposition des ailes de moulins avait aussi son langage. Ceux de la montagne des Alouettes, près les Herbiers, étaient consultés à toute heure par les divisions du centre.

Tout Vendéen fit d'abord la guerre à ses frais, — payant ses dépenses de sa bourse et vivant de l'humble pain de son ménage. Plus tard, quand les chaumières et les châteaux lurent brûlés, il fallut aviser à former un trésor général. On émit des bom au nom du Roi, que quelques officiers gaspillèrent sans vergogne. Les paroisses se cotisèrent pour les fournitures de grains, de bœufs et de moutons. « Les femmes apprêtaient le pain, et. à genoux sur les routes où les paysans devaient passer, elles récitaient le chapelet, en attendant les soldats auxquels elles offraient l'aumône de la foi. Elles distribuaient les denrées apportées dans leurs charrettes, et. comme il leur était interdit de suivre l'armée, après avoir demandé des nouvelles de tous ceux qui leur étaient chers, elles retournaient dans leurs villages, racontant ce qu'elles avaient vu. Il n'y avait donc point d'intendance militaire. On ne put même jamais organiser un service régulier. Plusieurs chirurgiens combattaient avec les Vendéens, et, après la batnillo, ils établissaient des hôpitaux volants; mais le quartier général des blessés fut toujours à Saiiit-Laurent-sur-Sèvre, dans In communauté des Filles de la Sagesse. On portait là les malades des deux partis, et ils rencontrèrent toujours les mêmes soins et un dévouement égal '. »

» Cn'tincaii-Joly, Vendée MiUtairf, in-l8, l. V, p. 7t».

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Plusieurs historicnB ont Iracù sur le pnpicr de boniix tablcnux île l'ctalmajor vendéen. Nous nous garderons de reproduire ici ces Inhlcaux faits après coup, et i|ui pourraient donner une fausse idée de l'organisation militaire de l'Ouest'. Cctic organisation, rcpclons-le, n'eut jamais la régularité d'une armée permanente. Toujours: et partout, les chefs furent les plus braves, — sans distinction de rang ni de naissance. Tel qui n'élait que soldat la veille, devenait capitaine le lendemain, par la force des choses, elt'ice veistt. Notre récit montrera, d'ailleurs, tour à tour, cl forn reconnaître à leurs exploits ceu\ qui furent plus on moins longtemps généralissimes, généraux, chefs de divisions, etc.

Hâlons-nuus d'arriver à M. Henri de La Rochejnqiielein rt » M. de Cliarcitc, — v'csl-à-dire, aux deux héros les plus populaires rt les plus opposés de l'armée vendéenne.

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