ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE
« Le ciel se déclare pour la plus sainte et la plus juste des causes. Le signe sacré de la croix de Jésus-Christ et l'étendard royal l'emportent de toutes parts sur les drapeaux sanglants de l'anarchie. Maîtres des cœurs et des opinions, plus encorequc des villes et des hameaux qui nous donnent les doux noms de pères et de libérateurs, c'est maintenant que nous croyons devoir proclamer hautement nos projets et le but de nos communs elTorts. Nous connaissons le vœu de la France, il est le nôtre : c'est de recouvrer et de conserver à jamais notre sainte religion catholique, apostolique et romaine ; c'est d'avoir un roi qui nous serve de père au dedans et de protecteur au dehors, et c*est nous qu'on appelle des brigands sanguinaires ! Nous qui, fidèles à nos principes de religion et d'humanité, avons toujours aimé à rendre le bien pour le mal, à épargner le sang de ceux qui versaient «i grands flots celui de nos frères, de nos parents et de nos amis ! Que la conduite de ceux qui se disent patriotes soit mise en parallèle avec la nôtre : ils égorgeaient nos prisonniers au nom de la loi, et nous avons sauvé les leurs au nom de la religion et de l'humanité *. »
* A Bressuirc, conliniuiit le manifeste, ils ont coupé par lambeaux des hommes qu'ils avaient pris sans armes pour la plupart, tandis que nous traitions comme des frères ceux que nous avions pris les armes à la main ; tandis qu'eux-mêmes pillaient ou incendiaient nos maisons, nous faisions res» pccter de tout notre pouvoir leurs personnes et leurs hiens; et si, malgré tous nos efforts, quel* t|ues dégâts ont été commis dans les villes que nous avons conquises pour notre bon Roi, Sa Majesté très-chrétienne Louis XVll, nous en avons pleuré amèrement ; nous avons puni avec la plus éclatante sévérité les désordres que nous n'avions pu prévenir. C'est un engagement formel que nous avons contracté en prenant les armes, et que nous remplirons au péril de notre vin. Ainsi la France v:i être désabusée sur les mensonges aussi impudents que perfides et absurdes de nos ennemis. .. KUe l'est depuis longtemps. Notre conduite a Tbouars est connue. Cette ville, prise d'assaut comme presque toutes rcllcy où m»us sommes entrés jusqu'à ce jour, puisque deux mille soldats de Tarméc
foo bueta(;ne et vendee.
Après avoir comparé la conduite des patriotes et celle des royalistes, l'adresse appelait tous les hommes de cœur au combat, pour arriver plus vile à la réconciliation :
« Marchons tous d'un commun accord .Chassons ces représentants infidèles qui, abusant de notre confiance, n'ont employé jusqu'ici qu'à des disputes stériles, à des rixes indécentes, h des luttes déshonorantes pour le nom français, un lempsqu'ils devaient employer toutenlier à notre bonheur.Ghassons ces représentants parjures qui, envoyés pour le maintien de la monarchie qu'ils avaient solennellement jurée, l'ont anéantie, et renversé le monarque innocent sur les marches sanglantes d'un trône où ils régnent en despotes. Chassons, enfin, ces mandataires perfides et audacieux qui, s'élevant audessus de i(fus les pouvoirs connus sur la terre, ont détruit la religion que vous vouliez conserver, créé des lois que vous n'avez jamais sanctionnées, disons mieux, que vous eussiez rejelées avec horreur, si votre cœur eût été libre, et qui ont fait du plus riche et du plus florissant des royaumes un
catholique avaient pénétré par la bruche lorsque l'ennemi capitula, est un exemple frappant de noire douceur et de notre modération. Pdlriot«*s, nos ennemis, que nous opposerez -tous encore? Voiu nous accufei de bouleverser notre patrie par la rébellion, et c'est vous qui, sapant à la fois tous les principes religieux et politiques, avez les premiers proclamé que l'insurrection est le plus saint de tous les devoirs; et, d'après ce principe qui nous justifierait à vos yeux, si la plus juste cause avait besoin d'être justifiée, vous avez introduit, a la place de la religion, l'athéisme; à la place des lois, l'anarchie; i la place d'un Roi qui fut notre père, des hommes qui sont nos tyrans. Vous nous reprochez le fanatisme de la religion, vous que le fanatisme d'une prétendue liberté a conduits au dernier des forfaits, vous que ce même fanatisme porte diaque jour à faire couler des flots de sang dans notre commune patrie. Ah ! le temps est enfin arrivé, où les prestiges d'un faux patriotisme vont enfin disparaître; le bandeau de l'erreur est à moitié déchiré. 0 nos concitoyens! ju^esHious et jugez nos persécuteurs ! Qu'ont-ils fait ? Qu'ont fait vos représentants eux-mêmes pour votre bonheur et pour le bien général de. la France? Qu'vrraclier de vos cœurs les principes de votre foi, que s'amasser d'immenses trésors au prix de vos larmes et de votre sang, que porter la désolation dans le sein de vos familles, en traînant de force au milieu des camps et des combats vos enfants, vos frères et vous-mêmes, qu'ils n'ont pas craint d'exposer i mille morts pour aasouvir leur rage contre je trône et l'autel ; et, pour s'assurer de l'impunité de leurs forfaits, ils ont enlevé i la charrue de paisibles. cultivateurs, dont les bras donnaient à la patrie sa subsistance et sa vie. Ouvrez donc enfin les yeux, ô Français 1 Bendez-vous à nous, rendez-vous à vous-mêmes. Ah ! ne seriez- vous doncplui ce peuple si doux, si généreux, fidèle i sa religion, idolâtre de ses rois? le peuple de Clovis, de Cfharlemagne, de saint Louis, de Louis XU, de Henri IV et de Louis XVI enfin, dont le ùh, ce jeune ^t tendre rejeton de la famille auguste des Bourbons, prêt a observer les dernières volontés d'un père qui mourut en pardonnant a ses bourreaux, vous ouvre son âme et brûle du désir d'être heureux de votre bonheur ! Scricz-vous insensibles à ce langage ? Scriez-vous sourds à la voix de la religion qui, depuis trop longtemps la proie des loups ravisscura, demande aujourd'hui ses véritables et légitimes paslcura? ^on, sans doute; vous êtes nos amis, nos frères; nous ne sommes qu'un peuple, disons mieux, qu'une famille. Nos misères, nos jouissances nous sont communes : réunissons donc nos efforts sous l'égide du Tout- Puissant, sous la protection d'un père commun. Epargnons, épargnons le sang des hommes, et surtout celui des Français. Il n'est plus aujourd'hui de place dans l'État pour CCS êtres froids et égoïstes qui, languissant dans une honteuse oisiveté, aiïqctant une coupable indifférence pour l'intérêt général, se tiennent à l'écart, prêts à s'engraisser des débris de b fortune publique et des fortunes privées. Deux étendards flottent sur le sol des Français, celui de l'honneur et celui de l'anarchie. Le moment est venu de se ranger sous l'un de ces drapeaux : qui balance et>t un tnùtrc égiilcnieiit rtMlouUiblc aux dcuz partis.