CHAPITRE TREIZIÈME
cadavre de république, objet de pitié pour ceux qui riiabitcnt, et d*horreur pour les peuples étrangers. Que ces arbres dépouillés de verdure, tristes images du trône dépouillé de sa splendeur, que ces vains emblèmes delà licence tombent dans la poussière, et que le drapeau blanc, signe de bonheur et d'allégresse pour les Français, flotte sur les remparts de nos cités et sur les clochers de nos fidèles campagnes. Cest alors que, oubliant nos pertes mutuelles, nous déposerons nos armes dans le temple de TEternel... nous proclamerons, avec la paix de la France, le repos de Tunivers; c'est alors que, confondant dans l'amour du bien public tous nos ressentiments personnels, de quelque opinion, de quelque parti que nous nous soyons montrés, nous nous réconcilierons tous au sein de la paix, pour opérer le bien général et donner à la France, avec son roi et son culte catholique, le bonheur qu'elle attendit en vain de ses représentants infidèles. Tels sont, nous osons le répéter et le proclamer hautement, tels sont nos vœux, lels sont les vœux de tous les Français. Qu'ils osent les manifester, et la France est sauvée.
« Fait au quartier général, à Fontenay-le-Comte, ce 27 mai, l'an F du règne de Louis XVII.
« Signé De Bernard de Marigny, Desessarts, de La Roche-
JAQOELELN, LeSCURE, StOFFLET, DuHOUX-d'HaDTERIVE,
D0.NMSSAN, Catheuikeau. »
Cette proclamation fit Irès-peu d'effet. Les hommes de l'Ouest n'avaient pas besoin qu'on leur parlât de Louis XYIl pour continuer à défendre leurs chaumières ; — et, absorbé par la lutte gigantesque de la Montagne et de la Gironde, le reste de la France demeura sourd à l'appel vendéen.
L9 grande armée catholique et royale, (ce fut désormais son nom) n'achey^ j)as moins de s'organjsiQr.
Outre le conseil. supérieur, chargé de l'adminislralion de tout le pays, on forma, dans chaque paroisse, un cpnspil chargé de l'exécution des ordres du premier. * .,.
A ces divers conseils furent joints des chefs militaires, chargés d'enrôler, d'armer et de nourrir les soldats.
Enfin, on prit toutes les mesures possibles pour donner quelque ensemble à des hommes et à des opérations essentiellement diverses. On y parvint à peu près, en laissant Chnrette à l'écart; car les rivalités et les discordes n'agitaient pas encore les autres chefs. M. de Bonchamps, dans la Plaine, avec ses excellents officiers, MM. Soyer, Martin, de Fleuriol, de Scepeaux, etc. : — M. de Lescure, d'Elbée et de La Rochejaquelein, dans le Bocage; — Stofflel, à Maulcvrier ; — Gatlielineau, dans les Mauges: — M. de Sapinaud, aux Herbiers; — M. de Royrand, à Montaigu, etc. , etc., s'entendaient pour aller au môme but et pour s'appuyer dans l'occasion.
MK BKETAUNË ET YKNUÉË.
Beaucoup d'autres chefs les secondaient avec dévoucnient, sans Tunctians bien délerminécs... tels que Forestier, Tonnelet, Forêl, VilIcneuTc tlu Cazeau, les frères Calhelincau, les frères Guigiiard, les frèrcit Gadi, Odaly. Bourasseau, etc.
Mais cet accord ne devait pas durer longlcmps, et il fut troublé par les succès mêmes qu'il avait produits.