CHAPITRE QUATORZIÈME
cordé de secours à personnel Son intervention élait donc fort importante, d'autant plus qu'il venait de triompher pour la troisième fois à Machecoul.
Cette pauvre ville de Machecoul était destinée à toutes les horreurs imaginables. Après un combat corps à corps dans les rues, les soldats de Chnrette se souvinrent encore de Souchu, et, malgré la voix de leur général, il massacrèrent plus de trois cents blessés dans les ambulances. Voilà ce que les Bleus provoquaient en refusant aux Blancs l'échange des prisonniers! Ceci avait eu lieu le 14 juin. Le 20, Beysser fut culbuté et repoussé à son tour de la Louée jusqu'à Nantes.
Ce fut alors que, complimenté par Lescure et Donnissan, Charelle promit son concours à Tarmée royale. Il s'engagea à ouvrir l'attaque le 29 juin avec toutes ses divisions, par les faubourgs de Saint-Jacques et de Pont- Rousseau.
Ce jour du 29 était celui de la grande fête de saint Pierre. On l'avait choisi tout exprès pour la ferveur vendéenne. Il fut décidé qu'on donnerait l'assaut par tous les points à la fois : c'était une grande faute, et Cathelineàu s'efforça de l'éviter. — Il faut laisser, dit-il, des issues à la fuite des Nantais et de leurs défenseurs... Sinon, vous doublerez leur courage par le désespoir, et vous les forcerez à vaincre ou à mourir. On. ne pouvait parler plus sagement. Mais cette sagesse fut méconnue, surtout, comme on le vera, par le prince de Talmont. Cathelineau s'obstina dans son avis, — mais seul contre tous, il dut céder. Ses collègues, et surtout M. d'Elbée, s'exagérèrent les intelligences qu'ils s'étaient ménagées dans l'intérieur de Nantes, El puis l'émulation, pour ne pas dire la jalousie, égarait déjà les chefs vendéens. En se divisant pour attaquer Nantes de toutes parts, ils croyaient entrer chacun le premier dans la ville, et accaparer ainsi les honneurs de la journée. Cette combinaison multiplia les actes de courage, mais elle sauva Nantes et perdit l'armée royale.
Le 27, MM. d'Elbée et d'Âutichamp enlevèrent le bourg de Nort aux volontaires nantais conduits par le ferblantier Meuris, et à quatre cents hommes de la ligne, sous les ordres du marquis de Fumel (encore un mar« quis républicain!). Ce premier combat fut de mauvais augure pour les iissaillants. Meuris et ses compagnons se battirent en héros ; ils moururent tous, excepté quarante-deux, — qui rentrèrent avec leur drapeau dans la ville.
Cependant Canclaux (autre marquis passé au bleu), homme courageux et habile d'ailleurs, mais sans enthousiasme, croyait encore la défense
' c A Légé, dit M. Luca»-Championnière dans ses mémoires, on ne fui longtemps occupé que de plaimrs. Plusieurs demoiselles et dames du pays Tinrent habiter le cantonnement. Lies jeui et les
ris les tooompagn&rent. La plus belle de ces dames était, sans contredit, madame de Larochef.
On a souvent dit qu'elle commandait une partie de l'année, et que son courage la portait toujours au premier rang. Rien u'est plus faux. Semblable à Vénus plutAt qu'à Minerve, ou disait alors (|uc le 'lipii Mar:» de 1109 arnice» se délassait pK's d'elle dis traviiux pénibles de la guerre i
4» BRETAGNE ET VEKDEE.
de Nantes impossible, et allait abandonner la place avec les Représentaats qui t'aTaîent décidé à les escorter jusqu'à Rennes. Leurs voitures êtaienl iléjà prêtes, — ainsi que les bagages de l'état-major, et les 6 millions destinés au payement des troupes. Deux ofTiciers de la garde nationale, Guillemé etDufcu, s'aperçoivent de ce projet. Ils invitent respectueusement Canclaux à rentrer. Cauclaux refuse trois fois sans explication. Guillemé sent alors que le général n'ose contrarier les Représentants ( les Conventionnels avaient déjà dénoncé tant de iiraves capitaines !). Guillemé ramène donc Merlin et Gillet dans la ville sous un prétexte adroit ; puis les vuyantmonter dans une voiture de poste, Dufeu tranche les rênes d'un coup de sabre, et dit à Merlin : — J'ai rempli vos ordres. La foule à ces mois croit que les Représentants partaient malgré eux, — et félicités sur leur courage, ils demeurent réellement par force. Merlin comprime sa fureur el rappelle Canclaux. — Celui-ci répèle qu'en conscience la défense lui semble impraticable. — Eh bien , s'écrie Raco, nous nous ensevelirons sous nos murs. — Il suffira pour cela d'une mèclic et d'un peu de poudre, ajoute Reysser avec son élourderie martiale. — El penclié à l'oreille du maire en lui désignant Canclaux :
— Ce sera le cas de dire ;
— Saule, marquis 1 Canclaux poursuit froidement sa démonstration, et insinue qu'il faut capituler pour éviter le carnage-
— Jamais! reprend Baco.
Vous oubliez, général, qu'il y a peine de mort contre quiconque parlera comme TOUS le faites. C'est i moi d'exécuter la sentence, et je vous préviens que je n'épargnerai personne.
Canclaux va répliquer sans s'émouvoir d'une telle menace, lorsqu'il est interrompu par les cris : Aux armes!... C'était Meurisel ses quarante-deux braves qui revenaient couverts de sang et de poussière... H^
racontent qu'ils ont arrêté quatre mille Vendéens pendant quatorze heures.
el ce récit, qui élerli ise loul le monde, apprend à Canclaux ( e qu'on pi'ol
CUAPITHE IfUATOHZIEHE. J23
iitlendre des NanUÏHl II abandonne les ConvenlJonnels à leur cITroi, déclare accepter les chances du combat. — el l'homme qui allait perdre Nantes en devient tout à coup le sauveur.
Canclaux, en effel, tacticien coiisommé, ne pouvait s'exercer sur un meilleur théâtre ; il connaissait la ville et le pays depuis longues années. Il tira réellement un parti mcrveillcui de sa faible garnison.
Cette garnison, y compris les milices de Nantes et des déparlements voisins, se composait à peu près de onie mille hommes. Jamais, avec si peu de forces, le patriotisme de Baco ni la témérité de Beysser n'eussent repoussé les deux armées vendéennes'.
Ces deux armées grossies, au passage de la Loire et aux approches de Nantes, de toutes les poptdations rurales d'aleniour, s'élevaient, dit Melline!, à près de cent mille liommcs; mais la moitié sculemcnide cette multitude pouvait compter comme soldats. L'autre moitié, attirée sous les drapeaux par la force ou par l'espoir du butin, marchait sans discipline . armée de faux , de piques et de LAtons.
Sur la rive gauche, Cliarotle, de Lyrot et de Signy arrivaient par les routes de Villeneuve . de Clissou et de Saint-Sébastien.
Sur la rive droite. Bonchamps s'avançait avec l'aile gauclic de la grande armée , par l:i roule de Paris et la prairie de Mauves ; Talmont cl StofQet, avec l'aile droite, par la route de Vannes; — Calhelineau et d'^lbéc, avec le centre , par la route de Itenncs Henri de La Rocliejaquclein était resté , bien malgré lui, à la garde de Saumur.
Le 38 au soir, Nantes se vil entouré d'un cercle de feux et cutendit comme un concert de mugisse-
ntiimc Ciiiclaui, n'a pns plus de Irenlu an*. Ou le >. Snncirjrtèrp vif !■( impùlor-iii, sps illitreii (oiilei
ments. Celaient les feux de bivouac des Vendéens, et les sons de leurs cornes de pasteurs, — qui remplaçaient encore pour eux les tambours.
Le 29, à deux heures précises du Qialin, Gharelte ouvrit le feu sur Pont- Rousseau» — comme il Tavait promis. Il perdit beaucoup de poudre et de boulets, avant que la grande armée lui fil écho de l'autre rive, où elle avait été arrêtée, comme on Ta vu, par rhéroïquc bataillon de Meuris.
Ce retard faillit, du reste, profiter aux Vendéens. Persuadés que le plus rude assaut serait celui des ponts, Bcysser et Baco s'y précipitèrent avec toutes leurs forces... Mais Canclaux, plus clairvoyant, soupçonnait une diversion, et craignait pour d'autres points bien plus vulnérables. La vigie de la tour Saint-Pierre confirma ses pressentiments, «n lui annonçant deux immenses colonnes sur les routes de Paris et de Rennes... Soudain Canclaux monte à cheval et court arrêter Beysscr et Baco : — Mes amis, ce n'est pas aux ponts qu'est le danger. Quelques hommes suffiront pour les défendre. N'entendez-vous pas le canon sur la route de Rennes? Là est la véritable attaque! là est Gathelineau ! suivez-moi 1
Le maire et les deux généraux font aussitôt volte-face , et en arrivant aux barrières de Paris, de Rennes et de Vannes, ils se trouvent à une demi-portée de canon de la grande armée. Il était sept heures du matin.
Le combat s'engage alors sur tous les points à la fois , et un double cercle de fîimée tonnante enveloppe la cité entière. Chaque fois qu'une traînée d'éclairs déchire les flancs de ce nuage, le cri de Vive le Roi ! répond d'un côté à l'artillerie républicaine, le refrain de la Marseillaise répond de l'autre à l'artillerie royaliste.
Tous les Nantais et tous les Vendéens qui étaient acteurs ou spectateurs de ce drame formidable palpitent encore d'émotion après cinquante ans, et manquent d'expressions pour rendre racbarnemcnt des deux partis.
Les femmes se battent comme les hommes, les vieillards comme les jeunes gens, les prêtres comme les soldats. Le prêtre constitutionnel Gambàrd voit un père de famille risquer sa vie. « Ole-loi de là, lui dit-il, en le prenant par le bras ; c'est à moi de mourir à ta place. » Et il tombe mort, en eflet,.sur celui qu'il venait de sauver.
Charge de surveiller dans l'intérieur les partisans des Vendéens, Paimparay fait jurer à tous ses vétérans de mourir plutôt que de laisser arborer le drapeau blanc.
Baco, en donnant l'exemple aux volontaires, reçoit un coup de feu à la
militiiircs, son adresse à manier on cheral qu'il se plaît à uquijior somptueusement, le font admirer de la population ; et plusieurs fois, dans la journée du 29, en le voyant rapidement se porter d'an point & un autre et s'agiter comme pour se trouver partout & la fois, la population VaccoeiUe aux cris de Vive Bcysser! C'est un fou, mais un fou très-brave; malheureusement, sa bravoure manque de l'expérience nécessaire : il est meilleur pour une charge ou un coup de main que pour un commandement réflérhi. Un peu fins tard, on l'accusera de trahison; et cette vie qu'il v» risquer à ?(iintes pour In dofcnsr de la RcpubliqiK*, l:i République la donnera à ses bourreaux. »
CllAPITHI- OIIATOIIZIKUF':.
misse. Il se fnrt porter rie rnng en rang iliirt!i uti toml>cro.iu. « C'est mon ehtir àe Iriomphc. dit-il; enviez-moi loirs! ne me plaignez pns ! »
Canclaux. eltleuié aussi pnr une liRlIe, rostc calme au milieu des cria d'enthousiasme. Un eanonnicr lui demande la. permission de viser la Marie-Jeanne des Blancs, qui Tait un horrible ravage parmi les Bleus. Il obtient cette grâce, et, du second coup, il dc^nonte la pièce merveilltiuse.
Les Vendéens ne se baltcnt pas avec moins d'énergie. D'Autichnmp remplace Fleuriot, emporté par un boulel, et lui-même a deux chevaux tués sous lui coup sur coup. Forestier réprime en vain Timprudente ardeur de Talmont. Le prince lance ses cavaliers jusque dans le faubourg du Marchix. Il y reçoit une blessure; mais, comme le sanglier qui a vu son sang. il hillc avec d'autant plus de hireur.
Calbelineau surpasse tout le monde, et se surpasse lui-méine. Cette épéc de généralissime, qu'il ne croit pas avoir mcrilée. il veut la gagner ce jour-là par des prodiges. Malheureusement, il oublie les devoirs de prudence qu'elle lui impose. Au lieu de surveiller cl de diriger l'ensemble de son armée, à l'exemple de Canclaux, il s'élance comme un simple capitaine, et joue sa vie à la tête des plus braves. Le giaysan vendéen se tnhit sous le général en chef. — et, même au plus fort du siège, il trouve moyen d'égailler xes gars. Repoussé vivement au poste de Bennes, et déjà
démonté deux fois : « Mes enfants, dit-il à ses soldats, nous mourrons dans la ville plus utilement qu'ici. » Il met pied à terre, assemble autour de lui trois cents gars du Pin et des environs, — tous ses parents ou ses amis, — fait le signe de la croix, offre à Dieu son sang et celui de ses compagnons, et se rue avec eux sur le poste de Vannes, à travers les balles et les boulets.
« Plus de coups de fusil, mes gars! s'écrie-t-il. C'est à la baïonnette qu'il faut enlever cette batterie. Egaillez-vous et rembarrez! Nos camarades nous rejoindront morts ou vifs. » Les Vendéens obéissent. Ils enveloppent les républicains et les attaquent de toutes parts. Ceux-ci se défendent en héros, mais ceux-là meurent en martyrs. Quelques-uns ont déjà pénétré jusqu'à la place Viarme. Leurs frères vont les suivre, et c'en estlailde Nantes... lorsqu'un cordonnier, qui tiraillait d'une fenêtre, reconnaît Ca- Ihelincau. Il l'ajuste avec sang-froid ; la balle atteint le général au coude, lui fracasse le bras, et va se perdre dans sa poitrine...
C'était frapper au cœur la Vendée elle-même.
Un fois Cathelineau tombé, le torrent qu'il entraînait s'arrête... Ses parents et ses amis l'entourent pour le préserver de nouveaux coups... En vain il leur fait signe de poursuivre; en vain il letir montre la route ouverte sous leurs pas... Ils ne pensent plus qu'à sauver sa dépouille, s'ils ne* peuvent sauver sa vie. Que feraient-ils et que deviendraient-ils,-^ n'ayant plus avec eux le saint d'Anjou ? Leur foi elle-même s'ébranle tomme leur courage... car ils croyaient Cathelineau invulnérable. Bref, ces hommes, qui s'avançaient comme des lions furieux, s'enfuient comme des moulons épouvantés !
La fatale nouvelle court de rang en rang, et sème partout le désespoir. Ni d'Elbéc, ni Bonchamps, ni Stofflet, ni d*Autichamp, ne parviennent h ranimer les Vendéens... Ils ne peuvent que protéger leur déroute, qui devient générale à trois heures et demie.
Une nouvelle imprudence de Talmont avait achevé de donner la victoire aux Nantais. Il avait été convenu, sur l'avis de Cathelineau, qu'on laisserait un libre passage aux Bleus par le chemin de Vannes, a A deux heures de l'après-midi, on vit en effet des troupes de fuyards sortir de Nantes par cette route. M. de Talmont, emporté par trop d'ardeur et oubliant les dispositions du conseil , se laissa aller à un mouvement inconsidéré : il prit deux pièces de canon et repoussa les républicains dans la ville, » oiJ ' le désespoir les rendit invincibles.
Le combat avait duré dix heures depuis l'assaut de la grande armée, treize heures depuis Tattaquc de l'armée de Charette,et trente-six heures depuis l'engagement de Nort.
Charette continua même son feu jusqu'au lendemain, sur la rive gauche, et sauva ainsi les vaincus de la poursuite des vainqueurs.
CIIAPETBIÎ QUATORZIEME.
Ce ne Tut pas sans peine, loulerois, que la prudence de Canclai l'ardeur de Beysscr, — qui avait tellement exalté les Nantais, qu'ils l'eussent aurvi au bout du monde.
On vit des blessés se relever do leur lit de douleur pour s'élancer après les Vendéens. D'autres eipirèrent de joie el de délire, en apprenant la victoire de la République.
Le fait est que la République avait été sauvée ce jour-là,, . Aussi la Convention déclara-t-elle que « Nantes avait bien mérité de la pairie. »
El le rémunérateur d'un tel service devait être le proconsul Carrier ! Digne vengeur des alfrcs de Merlin et de Gillet, qui avaient passé les douze heures de l'assaut à trembler au Déparlemcnt I
La journée de la Saint-Pierre .coula la vie à plus de mille Bleus el à deux ou trois mille Blancs.
Les trois cents survivants du 109'
de ligne n'étaient plus rcconnaissabics. Leupît babils, blancs le matin, étaient, le soir, gris de poudre el de Tumée. A force de déchirer les car touches, officiers et soldats ( les officiers avaient pris les fusils des soldats lues ) avaient le visage el les mains si noires, — qu'en les recevant dans leurs logements sur la Fosse, la population les embrassa cl les porta en triomphe, aux cris de Vive le 109° !
Pendant ce temps-là, Charetle retournait, avec ses volontaires, à son quartier de Logé, et les soldats de la grande armée repassaient la Loiic dans toutes les barques des deux rives... Le lendemain, chacun avait regagné sa chaumière, et se consolait d'avoir perdu Nantes en recueillant sa moisson.
Les compagnons de Calheltneau, espérant encore le sauver, le déposèrent dans un carrosse, et l'emmenèrent par la route de Saint-Florent...
Weslermann et Biron n'avaient pas attendu la déroute de Nantes pour faire une diversion dans le Bocage. Toutes les forces rpjralisles étant concentrées sur la Loire, ils marchèrent sans obstacle de Niort sur Saint- Maixanl et sur Parlhcnay.
Ai» BBËTÂGME ET VENDÉE.
Lescure, encore souffrant et le brus en écharpe, accourut défendre celle dernière ville, avec quelques milliers de paysans rassemblés à la hâte. H fut rejoint à Aniaillou par MM de Beauvolliers, de Beaugé, de Beaurepaire, et par uii certain M. de K.... , qui reçut une bonne leçon d'égalité vendéenne.
Ce personnage arriva au cainp, en habit de velours bleu, brodé de paillettes, le chapeau sous le bras, Tépce au côté, — et il réclama d*un ton dégagé le commandement du poste. Lescure le toisa d'un coup d'œil,ct U chargea du bivouac pour la nuit suivante : « Qui ! moi ! bivouaquer ! s'écria le gentilhomme; je ne suis point fait pour coucher dehors... — Gomme chef, vous avez raison, » dit Lescure en riant. Et il ordonna aux soldats de se relayer pour garder Thabit à paillettes, toute la nuit, loin du feu, sous une pluie battante... M. de R.... se contenta de cette épreuve, et disparut pour toujours.
Lescure défendit en vain Parthenay. Inaugurant son système d'extermination,Wcstcrmann égorgea les sentinelles, s'empara de la ville, retomba sur Amaillou, et livra ce bourg aux flammes.
Cet incendie fut le signal de l'embrasement de la Vendée. Wcstermann et ses collègues ne marchèrent plus que la torche à la main.
Cependant Henri de La Rochejaquelein n'avait pu garder Saumur. De quatre mille paysans qu'on lui avait laissés, il n'en était resté que huit à leur poste. Pour dissimuler cet abandon, Henri galopait toute la nuit dans la ville, avec ses ofGciers, en criant : Vive le Roi ! Mais trois mille républicains ayant occupé Chinon, La Rochejaquelein se rendit au conseil supérieur, à Châlillon-sur-Sèvre.
Là, il apprend que Westermann vient de brûler le château de Lescure à Clisson S comme il avait brûlé le village d' Amaillou, qu'il marche sur Bressuire, et qu'il menace Chàtillon. La position était des plus critiques. C'était le lendemain de la déroute de Nantes. 11 n'y avait plus d'armée royale... Henri joint aussitôt Lescure. Tous deux sillonnent le pays de courriers, et rappellent les Vendéens aux armes.
« M. de Lescure me chargea, dit sa veuve ( depuis madame de La Rochejaquelein ), d'aller dans les paroisses de Treize-Vents et de Malsièvre, près la Boulayc, remettre les ordres pour le départ. Je partis au galop, j'arrivai à Treize-Vents, je Ks sonner le tocsin, je remis la réquisition au conseil de la paroisse, et je haranguai de mon mieux les paysans. J'allai de là à Mallièvre en faire autant. J'envoyai des exprès dans les paroisses voisines, et je retournai ensuite à In Boulayc, près de ma mère. »
1 II ne faul pas confondre ce Ciisson, prîs de Bressuire, avec le célèbre Clisson sur la Sevré. Les' cure laissa brûler son cliâleao avec tous ses meubles, de peur de donner Talannc au pays par un déménapcnienl.