‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 151 sur 223 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

sabols : « Soldais, dil le ministre Boiichollo à raniiée de TOucst, je vais vousparlcrde vos sabols. On vous les donne gralis; mais si vous les perdez, vous les payerez. La pairie préviendra vos besoins avec Taltenlion et la libéralité d'une mère tendre et reconnaissante des sacrifices que vous faites pour elle ; mais vous devez, en enfants soigneux et économes, ne négliger aucun moyen de lui éviter des embarras et des dépenses. » Cette naïveté n'est certes pas sans grandeur. M. Crétincau, à qui nous empruntons ces documents, a tort de l'appeler niaiserie. Plût au ciel, — il en convient luimême, — que les Vendéens eussent emprunté à la République quelquesuns de ces moyens de terreur ! Boursault agit mieux encore que ne parle Bouchotte. Des soldats qu'il passe en revue lui montrent leurs pieds nus et sanglants: — Citoyens, dit le représentant à la foule des spectateurs, que chacun devousôto ses chaussures et les offre aux défenseurs de la patrie... El cet échange, plaisamment héroïque, s'accomplit à l'instant même.

Quant à l'argent, on en trouve en mettant les riches à contribution; et quiconque a un habit et un logis propre est taxé comme riche. De pauvres familles durent fournir des sommes qu'elles n'avaient jamais possédées. — tout cela sous peine de suspicion , c'est-à-dire, de mort; car, si le délinquant échappait à la loi, il n'échappait pas à la dénonciation.

« Nous voulons, disait le Comité de salut public, faire le bien du peupie, — malgré le peuple. Il faut le contraindre à être libre! le forcer à tous les sacrifices! l'imposer pour son bonheur et pour sa gloire ! »

Aussi, les administrateurs, que la Convention rend responsables sur leurs têtes, lui écrivent-ils bientôt : — «Tout cède, tous les obstacles sont rompus; Tégoïsmeest anéanti: l'avide commerçant, l'insatiable financier cessent leurs calculs et leur intolérable usure; d'honorables lam!)eaux couvrent l'homme qui jadis vivait couvert d'habits de soie; le pain de Tégalité honore la table du riche; et celui qui craignait la rudesse du maroquin le plus souple marche aujourd'hui gaiement avec des sabots mal façonnés.»

— C'était un beau spectacle, annoncent, de leur côté, les représentants en mission : l'empressement a été général... pour venir mettre à notre disposition l'or, les armes et les bras des populations. Nous avons eu sous les yeux toutes sortes de dévouements. On a vu d'heureuses mères amener elles-mêmes, en chantant, les fils qui gagnaient leur vie, et les offrir à la patrie, comme des victimes sanctifiées par le plus pur désintéressement. »

Le secret des lettres fut violé, non pas à huis clos, dans un cabinet noir, mais publiquement, en vertu d'une loi formelle : « Toutes les lettres adressées à des personnes suspectes seront interceptées et remises à une commission de surveillance. » L'administration du Finistère avait inaugure cet espionnage public dès le 6 octobre 1793.

Ainsi la République improvisa une nouvelle armée. Entre la guillotine et le champ de bataille, tout le monde préféra le champ de bataille. On mit les recrues dans les villes , et les garnisons en campagne. Poussées

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par les conventionnels, elles arrivèrent, comme un torrent, sur lous les points mnnacés.

Cependant les chcb vendéens perdaient leur temps à faire de la gran> deur d*âme et surtout, hélas ! de la rivalité; — non pas «i Craon, néanmoins, où les prisonniers des deux camps furent massacrés coup sur coup. Une fois maîtres du pays> il fallait aux Vendéens de l'unité, c'est-à-dire, un régime inflexiblement monarchique. La modestie de La Rochejaquclein, Tambition de ses collègues et la nature même de son armée s'y opposèrent. Cette armée se composait de quarante mille soldats, plus ou moins, mais aussi de cinquante à soixante mille vieillards malades, femmes et^ enfants. On divisa celte masse en cinq corps. Le premier fut commandé par Fleuriot et d'Autichamp, et les autres par Royrand, qui mourut peu de jours après; par Villeneuve de Gazeau, Piron de La Varenne et Desessarts. Lyrot et de Signy continuèrent de guider les intrépides gars du Loroux et de la basse Vendée, et Marigny les artilleurs, enrichis de trente pièces enlevées aux Bleus. Stofflet demeura major général. De Ilargue. Duhoux, Foret, Rostaing, Duperat, Bérard, Pérault, Landrin, Tranquille, Beauvolliers, Allard, Greslier, Le Grand de La Lirayc, Durivault, gardèrent ou prirent des commandements secondaires. Il y avait, dans cet étatmajor, tous les talents et tous les courages. M. Crétineau cite des enfanis qui se battaient comme des hommes, et des octogénaires qui les menaien I au feu: MM.LeMaignan et Destouches, volontaires en cheveux blancs. Le sage Donnissan présidait le conseil militaire, substitué au conseil supérieur. Enfin Thaliile curé de Saint-Laud, Tahlié Bernier, était aumônier général Mais tous ces chefs, si distingués personnellement, manquaient d'enteulc et d'union ; et La Rochejaquelein n'était ni en âge ni en état de les soumettre à son autorité.

La seule mesure d'organisation qui sortit des victoires de Laval fut l'émission de neuf cent mille livres de bons royaux négociables, — avec prière aux fidèles sujets de Louis XVII de les prendre en payement ou en indemnité! Et quand ces fidèles sujets refusaient de les recevoir, on fusillait héroïquement le soldat qui dérobait un morceau de pain! C'était répondre le plus saintement du monde aux violences de la Convention; mais c'était oublier toutes les conditions de la guerre» et se résigner aux désastres que nous allons voir ^ !

* A ce moment-là môme, le 9 novembre, Camor écrivait, de Nantes, è ses collègues et aiii g jndnux républicaina : t Où votre courage mèncra-t-il la nation? A une victoire peut-être. Que font au peuple vos victoires, qui ne terminent rien? Il faut employer les moyens extrêmes. Vous avei à délivrer le pays d'un chancre qui le dévore. Le poison est plus sur que toute voire artillerie. Ne craignes donc pas de le mettre en jeu : faites empoisonner les sources d'eau: cmpoisonnex du pain que vous abandonnerez à la voracité de celte misérable armée de brigands, et kisseï faire relTel. Vous avez des espions parmi ces soldats du pape, qu'un enfant conduit. Làchez-les avec ce cadeau ; et la patrie est sauvée. Vous tuez les soldats de La Rochejaquelein à coups Je baîonnetle : tuez-lca i coups d'arsenic ; cela est moins dispendieux et plus commode. Je vous ouvre cet avis, auquel j ai fait adhérer ma société populaire ; et avec des sans -culottes comme vous, je n'ai pas besoin d'en dire

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Apres de longues et vaincs disputes sur In marche de l'armcc. sur les prnposilions de l'Anglelerre et sur l'appel de (a Chouannerie bretonne, on se décide à gagner Rennes par Vitré... Et, changeant d'avis au départ, on se dirige sur Fougères : on entre dans cette ville le 3 novembre; on j fusille en masse les Bleus, qui allaient massacrer trois cents prisonniers vendéens; on y perd quatre jours, au lieu d'aller prendre Rennes... on se brouille à mort, au sujet des écharpcs adoptées par les commandants...

Kt cependant les paysans bretons accouraient en foule à l'appel de La Rochejaquelein apportant des vivres, des armes et des bras indomptables!. . Admirable clan qui eût entraîné lotit l'Ouest, si on se fût entendu pour le seconder !

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(c J'ai toujours servi Dieu avec liièlé.j'ai cumballu elje meurs pour lui ; j'espère en sa miséricorde. J'ai souvent vu la mort Je près, et je ne la crains pas :

je vais au ciel avec confiance. Je ne regretle que loi ; j'espérais Taire ton bonheur. Si jamais je l'ai dunné quelque snjel de i..M..,j. plainle, pardonne-moi. nC'clail

il que vingt-sepi ans ! — Il aurait pcut-cire it lu l'exèculion de Maric-AnloineMe... Celle

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