‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 166 sur 223 · CHAPITRE DIX-SBPTIKME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SBPTIKME

massacrer, au château d'Aux, sept ou huit cents paysans de Bougucnais, qui venaient de déposer les armes sur la promesse d'une amnistie. Le jeune Hugo défend à ses soldats d'obéir au proconsul. Moins héroïques que lui, ses soldats n'osent jouer ainsi leurs tètes. Il proteste, il lutte contre eux, et ne se retire que devant la force, en disant : « Vous n'êtes plus mes soldats, vous êtes les soldats de Carrier ! » — <c Quand je n'aurai plus de Brigands à étouffer, s'écria le représentant à cette nouvelle, je fusillerai les patriotes de la façon de ce monsieur-là. Ils sont aussi dangereux que les autres. » Si Carrier avait eu le temps d'exécuter cette menace, la France perdait Victor Hugo.

Citons encore, entre autres, l'acteur Gourville, qui sauva quatre cents pré- Ires, et à qui cette noble action porta bonheur; le ciseleur Boivin, commandant temporaire de la ville, qui foula aux pieds un ordre de massacre, en disant : « Je suis soldat pour me battre avec l'ennemi, et tion pour massacrer mes compatriotes ; » le général Haxo, qui refusa péremptoirement d'être le complice de Carrier; les femmes delà halle, qui arrachèrent à la guillotine et adoptèrent une multitude d'enfants ; les chirurgiens Thomas et Rollin, qui conduisirent avec eux la pitié dans les égouts de l'entrepôt * ; Fonbonne, qui enleva une fille à sa mère malgré celle-ci, et la rendit de vive force à la lumière; le sergent Hocmard, qui, accourant sur les bateaux à soupape avec la grâce de sa sœur, apprit qu'elle éfait déjà noyée, et fil passer pour elle celle qui le lui annonçait: Koursault, le conventionnel, qui voulut, sans y réussir, compléter la bonne action de Marceau, en ravissant aux noyeurs la mère de mademoiselle des Melliers ; Cuissarl père, qui imita Boursault et fut plus heureux que lui ; Champenois, potier d'étain, membre du district, qui résista toujours à Carrier et l'accusa le premier publiquement; etc., etc.

Mais l'adversaire de Carrier le plus intègre, le plus opiniâtre, et en même temps le plus habile et le plus redoutable, fut le célèbre jurisconsulte Boulay-Paty *, sénéchal de Paimbœuf en 1788, administrateur de la

Qu'en fcroiiK-aous? — Nous la ferons rondutro au cbâlcau d'Aux... Nous l'y suivrons, eX après... — Après? — Nous aurons le plaisir de lui Hiirc boire une tasse de thé à l'eau. ( Dialogue de Carrier et de la Caron. — Ut'position de la servante de celle-ci. ) Presque toutes les belles prisonnières qui cnirenl racheter leur vie par leur honneur eurent le sort de cette malheureuse.

' 9 Je troiivai, dit le premier, en entrant dans cette affreuse boucherie, une multiludt* de cadavres épars çà et là. Je vis des enfants palpitants ou noyés dans des baquets pleins d'excréments humains .. Mon âme était brisée... Mon aspect fait frémir les femmes. Elles ne voyaient d'suitres hommes que leurs bourreaux. Je les rassure ; je constate la grossesse de trente d'entre elles. Quelques jours après, je revins... Les malheureuses avaient été précipitées dans les flots ! »

s Voir, pour la naissance, le mariage, les travaux et la mort de ce grand légiste breton, le chapitre XIX de la Bretagne ancienne et moderne, page 627. Boulay-P.ity coml)attit avec la nn^mc vigueur les ennemis et les vices delà Révolution. Apres avoir, en personne, l'épée à la main, repoussé les Yendéenb de Paimbceuf, il arracha aux sans-culottes le magnilique autel de l'abbaye de Buzay, qu'il confia aux soins du bon curé M. de Pronzal, et qui est encore l'orgueil de l'église de Paimbœuf. Avant de jouer sa tête contre Carrier, il l'avait risquée contre Ruelle et Boursault, qu'il avait rete-

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La lullc coinmcnna le jnur même de l'arrivée de Carrier... Le représentant ayant traité les ^al1toii1 de lâches, et déclaré qu'il fciail le lour de In Vendée avec une quenouille. Bntilay-Paty lui rappela Meuris. Baco et lou^ les hommcfi qui avaient sauvé la Bépubliquc. le jour de la Saint-Pierre... La disi'lte et l'afTaire des grains vinrent ensuite. Boulay-Paty défendît jns-

nus i Manies, le pistolet 5aus In (torgc, — Inriju'îli ilbient quitter cetlc ville iprèi le pauigc He lu I.oirr. . D<:-puté lui Cini]Xenls, cii 1798, Boulay-Paly, deui foii secn'Uire rie celle lucmbKc, en Titl on Af» onteun Ici plus il£)i»nls, les plus ilifciies et les plus cluleurenx ; il y déciila, par l'influcnec lie son caraclèrc et île son talent, le voie ries lois les plus sages et les plus salulaires. — notamment sur l'agriculture, la marine et le commerce. .. Il sortit sans Torlune de toutes ses charges, pt rerusa jusqu'aux d^nKHgnaj^es ilc reconnaissance île Bûio, dont il ataK tauji: la vie en iTtB Ad 1(t bniinnire. nul ne il/Tendit plus vaillamment l.i liberté parlementaire contre le ilespolisine riu ^-.Urt. Il lit pillir M roniler Bonapirle, clinnccliiit, nu milieu <le ses solihi*. ï.ii\t par Poui'lii'. il v

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