CHAPITRE DIX-HUITISME
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Arnsi niouriil h; ]ilus jeune <>l le (iliis tirillaiil général qri'ail en la Vcndwc.
« C<< héros n'avait qup viti^t cl un ans, s'écrie Napoléon, — qui sait ce qu'il fût ilcvenu ? »
La République, délivrée de LaRocliejnqupleii), se délivra aussitôt Je Carrier. — comme si la mort du géant eût rendu le tigre inutile. Le procuiisul, escorté de tant de milliers d'ombres, quitta Nantes, le 14 février, pour aller (lorler S.1 lèlc à Robcs)iierre.
Stoitlet succéda .i La Rocliejaquelein sans le remplacer. Celaient le même ilitaire ; mais qui'l conlrnslr dans les srnti-
mcntsct (lansTcxlériourl Désormais la Vendée, sous Charcltc ol StorHet, rendit à In République extermination pour extermination.
Le nouveau général eourt d'abord tenir la parole de son prédécesseur auprès de MM. de Bruc; et ceux-ci le secondent à leur tour dans une vigoureuse attaque de Chollct [9 mars). Moulin, blessé et saisi, se brûle la cervelle, et les Vendéens reprennent cette ville, si souvent ensanglantée... Leur fureur, que M. Henri ne contient plus, massacre les prisonniers. Les femmes elles-mêmes en égorgent quarante-cinq... Mais soudain Cordélier tombe sur les vainqueurs épuisés... Et les voilà tous saisis d'une terreur panique.
On vit alors une jeune et belle femme prendre Tépée, s'élancer à cheval, et arrêter les fuyards. — a Quoi ! Vendéen^, criait cette héroïne, vous avez peur, et de qui? De ceux que vous venez de battre à l'instant ! Allons! soyez dignes de vous-mêmes, et faites volte-face. »
Cette noble femme était la comtesse de Bruc du Cléré, la Brigande la plus brave peut-être de cette guerre, — qui eut aussi ses Jeanne de Montfort et ses Jeanne d'Arc. Un mouvement militaire Tavait séparée de son mari dans Chollet.
Voyant ses paroles inutiles, elle fait sauter à son cheval un énorme fossé, et se met en travers de la route : — a Non, mes amis, vous ne fuirez pas! reprend-elle en brandissant son épée; vous aurez autant de courage qu*unc femme! Suivez-moi ! je ne vous demande que cela ! Allons réparer cetti' honte, ou mourir... »
Tout fut inutile... Les Vendéens en déroule ne se ralliant que le lendemain, madame de Bruc ne put accomplir un miracle.
Mais la Convention, qui croyait la Vendée morte, sut bientôt qu'elle reprenait des villes, et Turreau lui-même avoua que les colonnes infernales avaient perdu leur temps : — « Les Brigands se battent sur les ruines de leurs chaumières comme d'autres ne se battraient pas pour sauver les leurs... Il y a là quelque chose de surnaturel^ dont aucun peuple no donné l'exemple! Il nous faut donc encore changer de système. Nous avons été durs ( le mot est joli); essayons les voies de la douceur. »
Telle fut, en effet, la nouvelle consigne républicaine ; mais les paysans s'y Gaient moins que jamais. — a Voulez-vous encore être leurrés, puis égorgés? leur demanda Stofflet. Voulez-vous déposer ou garder vos armes? — Monsieur Stoflïct, répondirent des milliers de voix, nous ne vous abandonnerons point! — Marchons donc, mes enfants : c'est entre nous à la vie, à la mort!... » Ceci se passait dans la forêt deVesins.
Le lendemain, Stofflet attaque, avec sept mille gars, la division de Cordelier, forte des héroïques débris de l'armée de Mayence... Mais Cordelier le bat par son propre système, en égaillant aussi ses soldats. Puis il court arrêter les succès de Charette dans le bas Poitou. Stofflet