II. Tous les tyrans tu poursuivras
Jusqu'au delà de l'Indoustan.
IlL Les lois, les vertus, soutiendras
Même, s'il le faut, de ton sang.
lY. Les perfides dénonceras
Sans le moindre ménagement.
Y. Jamais foi tu n'ajouteras
A la conversion d'un grand.
YI. Comme un frère soulageras
Ton compatriote souffrant.
> La meilleure comédie du dub de Quimper est celle que nous rapporte M. Duchatellier. c Calait le 17 ventôse an U« le club de Quimper, ainsi que nous l'avons rapporté, venait d'être régénéré par les soins des délégués Guermeur et JuUien. D.... occupait le sîégc, et G... tenait la plume, comme secrétaire. On parlait vaguement de plusieurs affaires de haute importance devant être traitées dans la séance du jour, et chacun s'était empressé de s'y rendre. Les femmes surtout étaient en grand nombre, et il était Facile de voir, i l'empressement qui se peignait sur leurs figures, que quelque haut personnage était attendu. On avait déjà chanté plusieurs strophes de la MarmUaitet quand un homme jeune encore, grand et d'une physionomie élevée, portant le bonnet phrygien et la cocarde nationale, parut sur les degrés qui donnent entrée à la chapelle du collège. U tenait par le bras une jeune femme vêtue de blanc, au regard timide, et que d*autres femmes suivaient avec crainte, comme s'il se fût agi d'un jugement an tribunal révolutionnaire. Derrière eux venait un fonctionnaire au collet montant, revêtu de quelques passes en hiine qui avaient remplacé des broderies en or que le régime ne comportait plus. A l'apparition de ce cortège, les chants cessèrent. Un sileuce absolu s'éta* blit, et la foule, se divisant, ouvrit un large passage par lequel les nouveaux venus se dirigeaient vers le bureau du président, quand celui-ci, dans son impatience, reprit le chant qui avait cessé et donna un nouvel accent au refrain de l'hymne guerrier. Le chant cessa cependant, et l'homme au collet passé en laine dit qu'il était heureux de présenter à ses frères, les sans-culottes de Jfonfayne-tur- Odet, l'un des employés les plus distingués de son administration, qui, désirant contiacter les doux liens du mariage, avait voulu prendre l'agrément de ses concitoyens sur le choix qu'il avait fait. — c Mais ton choix est très-bon, citoyen, reprit le président, dont l'espnt caustique était connu. — Je le crois aussi, repsrtit le prétendant, et c'est pour cela que j'ai voulu avoir l'agrément de mes frères; car la citoyenne qile je leur présente, quoique issue de race noble, est digne en tout de servir la patrie, et m'a répondu qu'elle était décidée à le faire. — Gela suCfit, dit malignement le président ; et dès lors,ajouta-t-il avec ce sel atlique des clubs, que tu es un bon tani-culoUej la patrie doit espérer que hi lui donneras des défenseurs. Va t'asseoir avec^ vertueuse épouse sur les hauteurs de la Mont8gne,et qu'elle perde de cette élévation le souvenirde son berceau aUmé dans les fangesdu marais.»
Un hymne et de longs cris s'élevèrent; chacun s'évertua sur le compte de la jeune aristocrate.»