‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 199 sur 223 · CHAPITRE VINGTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIEME

Combien de \ictinnes périrent? — Leinoine en avoue sepl cent onze. Mais les habitants du pays portent le chiffre beaucoup plus haut, et citent une foule de morts oubliés ou supprimés par le général exécuteur. Tous les rangs sont confondus dans ce martyrologe. On y voit les plus illustres noms de la Noblesse : des Broglic« des d'Âyaray, des Beaucorps, des Caqueray« des Bellegarde, des Chevreuse, des Duportail, des Rteux , des de Corday, des Duboicetier, des Goulaine. des Caradec, des Gucrry de Beau* regard, des La Iloussayc, des Courson, des Kermoisan, des Coêtiosquet, des Lnmbertye, des Lamoignon, des Soulangcs, des Monroi, des I^ Villéon, des La Rochefoucauld, des La Roche-Aymon, des Royrand, des Gcsril Du Papou, des Savatte de Genouillé, des Fénélon, des Kergariou, des Lusignan, des Champsavoix, des Villeneuve, des Beaufort, des La* barte, des Mnurville, des Beaumont^ des Labarre, des Clinchamp, des Urvoy, des Villavicencio, des Pélissicr, des Penferel, dos Rosscl, des Talhouct. Et puis les plus modestes ginires : Aloy, Andrein, Bachelot, Bans, Bénard, Boussineau, Briche, Cazaux, Chenu, Cotel, Curnier, Dano, Draju, Essnnnt, Elec, Févcnot, Flattin, Fournicr, Gimel, Guicheteau, Hébert, Hervec, Jaltet, Jouan, Kerbelet, Landu, Leclerc, Lcgo. Lelicvre, Malherbe, Martin, Mosel, Norman, Olier, Paris, Pédit, Pérou, Pessel, Priez, Rafrère, Rechin, Rcnissac, Rio, Robert, Sico, Tassine, Tissot, Vandcune, Yaudin, Yir, Yot^ La mort avait aussi frappé quelques Républicains honorables sur le champ de bataille : — notamment l'adjudant général Vernot de Jeux, gentilhomme bourguignon, ami intime de Hoche, — et dont le frère émigré, — triste effet des guerres civiles ! — était lieutenant de cavalerie dans la légion de Bourbon. Tous deux, également braves, croyaient servir la France, etc., etc.

les c'iuigrés ensevelis avaient entr'ouverte. Ces bras et ces jambes i taient tordus dans d'épouvanlables crispations. Un tel spectacle ne suffit plus bientôt à la cruauté; on manquait de soldats de bonne vulonté pour fusiller : l'ordre Tut donné de prendre des enfants de dix à quinze ans, et de les façonner au meurtre. Cet ordre s'exécuta. Alors on fusilla sans distinction; il n'y eut plus de jugements en forme, plus d'interrogatoires. Les bourreaux prirent au hasard, et, malgré la loi qui ne reconnaissait pour émigrés que les Français sortis du territoire après seise aiis révolus, on passa par les armes des enfants qui n'avajent pas atteint leur quatorzième année. Le fils du comte de Talliouêt, Le Métayer, Ohérier de La Chérière et beaucoup d'autres moururent ainsi. Personne ne songea à leur appliquer la loi ; CCS enfanta Tignoniient, et leurs juges l'avaient oubliée. A la nouvelle que le comte de Ricux, — le dernier rejeton de celle grande famille dont un des chefs fut le tufeur de la reine Anne de Bretagne, sa nièce, — est prisonnier et va subir la mort, les paysans de Ricux et des paroisses voisines courent aux armes pour délivrer rhériticr de tant de gloires bretonnes. Ils se mettent en marche ; mais, sur Iji route, on leur apprend son exécution, et ils se dispersent pleins de tristesse. »

' A côté de ces dévouements, il faut citer ceux qui les consolèrent depuis les cachots jusqu'au Champ des Martyrs. La comtesse de Gouvello, mademoiselle Du Parc, madame Marquet et s» lillc, donnèrent aux femmes d'Auray et de Vannes un exemple que toutes s'empressèrent de suivre. Elles vinrent dans les prisons encombrées, apportant des paroles de consolation et des secours. Elles clicrclièrent à faire évader ceux qui tenaient encore à l'existence. Elles réussirent plus d'une fois, et souvent des ofliciers républicains, parmi lesquels l'histoire doit citer Ulysse, Pradal, Sainl-Clair et Fayard, secondèrent ces pieuses intentions.

«30 BHSTACrilf ET VENUEE.

Il restait «Dcoro plus de Iruis millfi Royalisles en prison. Maïs juges et bourreaux n'en pouvant plus, le cunTcntionnel Mathieu vint échanger la délivrance de ces caplik contre les soUtnissions des communes voisines.

Ainsi finit l'expédilion de Quiberon. — suprême efTort de la Monarchie proiicrile contre la République triomphante, l/bistoirc des guerres civiles n'offre pas de plus épouvantable catastrophe... On sait commciitclle fut jugée par le célèbre Shéridan, au parlement de Londres. Pitt avait terminé de vagues explications par cette égoïste parole : ■ Du moins, il n'a coulé aucune goutte de sang anglais à Quiberon. — C'est vrai. dit Shéridan. le sang anglais n'y a pas été versé, mais Vhonneur anglais y a coulé par tous let jiorei I m Nous pouvons ajouter que l'émigration y avait donné la mesure de son noble courage, de son généreux dévouement. — mais aussi de son incapacité militaire et de ses déplorables intrigues.

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