‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 200 sur 223 · CHAPITRE VINGT' ET UNIÈME ET DERNIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT' ET UNIÈME ET DERNIER

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NousavidiiH dit. au commencement de ce livre :

a A l'expédition de Qulhernn finira notre Histoiveâe la révolution Jam ^rOiie-st', mais nous la iTiplélerons par un ■ cenp d'iril sur lesinsur- ^recli(iiis<lel800àl815.

fel sur la Brelagne et la \ Vendée depuis cette épo- N ijue jusqu'à nos jours, a Il niiiis reateàremplir )j celte dernière partie de ' nolrclàchcetc'eslccque s ;ill<ms faire aussi .

lirit'viMiiiriIque possible, - comme pour les évéDemenlfi de la Vendée, après la mort de Charelte'.

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n ac rappelle r

9 parolo lie notre prébre :

652 * BRETAGNE KT VbINDEE.

liaChouanncrie, écartée de Quîbcron, survécut au dosastrc des émigrés, et y répondit par quelques succès à droite de la Loire et dans le Maine La guerre continua sur ces deux points de plus en plus morcelée, mais de plu^ en plus furieuse. Ici, Coqucreau meurt; là, c'est Guy Du Boisguy, vengé aussitôt par Aimé, son frère, au rocher de Piochais. Les soldats de celui-ci outragent, dévalisent et assassinent deux femmes. Boisguy, indigné, arrête et fusille aussitôt les coupables. Efforts inutiles d*un noble cœur pour humaniser une guerre inhumaine * 1 De son côté, Cadoudal réorganise et ranime dans le Morbihan la division de Tinléniac. Puisayc rentre en Bretagne, et, après mille débats, se fait reconnaître encore pour général. Bourmont et d*Andigné se distinguent de jour en jour. Frotté cherche à introduire Tordre et la victoire dans la Chouannerie normande. Guyon de Rochecotte surgit au fond du Maine avec de nouveaux projets. . — Projets héroïques, mais impuissants... Hoche propose à la Bretagne, sur le tombeau de Cliarette, la paix qu'il vient de rendre à la Vendée...^ Puisaye la repousse... Ses intrigues ont besoin de la guerre... Boisguy, La Yieuville, d*Ândigné, Chalus, Bouteville, etc., la repoussent aussi, mais par des exploits personnels. Enfin, l'épuisement et la force des choses domptent encore les plus indomptables champions... Hoche désarme la

« Animé d'une sainte horreur pour tout ce qui ressemble à l'enrôlement... nous considérerons les faits en historien, et non pas en |jartisan; en philosophe, et non pas en journaliste : — Avis à ceux qui cherchent des pamphlets dans l'histoire, et qui yeulent attacher des cocardes à toutes les plumes! »

Or presque tous les acteurs des insurrections de 1800 à 1852 étant encore en vie, et quelques-uns même encore en place, cette insurrection appartient à la polémique autant qu*è l'iiistoire, et celle-ci doit, sous peine de se dénaturer, ne les envisager que dans leur ensemble et d'une grande hauteur. Nous n'en voulons pour preuve que le déluge de réclamations publiques et particulières dont sont accablés les historiens qui se sont avancés sur ce terrain hérissé de noms propres : M. Grétincau-Joly, M. Thiers, M. Muret, M. Rio, U. Johannet, M. Louis Blanc, etc., etc. Quand même notre laconiaine n'eût pas été résolu d'avance, — nous aurions reculé devant la masse de documents contradictoires et de communications intéressées qui nous ont été adressés de toutes parts, sur les événements de 1800 à 1832. Nous n'en avons pas moins de reconnaiss ince pour les personnes qui ont bien voulu nous faire ces envois, et nous leur en offrons ici nos remercîments sincères.

Enfin, répétons-le Jusqu'au bout, ces insurrections de 180U à 1832 n'agitant que des questions de couronne et de dynastie, n'eurent plus ui le mobile, ni l'élan populaire et religieux qui avaient spontanément armé l'Ouest contre la République. Sauf quelques exceptions brillantes, ce furent des conspirations phitAt que des guerres, — des intrigues plutêt que des comlNits réglés, — dans lesquelles on vit, sur la rive droite comme sur la rive gauche, è côté des plus admirables dévouements et des plus héroïques courages, une foule de généraux.sans soldats, ou de soldats qu'on menait au feu à coups de bAton, — comme nous l'ont avoué un grand nombre d'entre eux.

' Qu'on en juge encore une fois par Fhistoirc de Ghef-du-Boi& et de Taupin. Taupin, émigré à la. suite de M. Le Mintier, évéque de Tréguier, avait laissé en Bretagne, avec (plusieurs enfants, un« femme jeune, belle et royaliste comme lui. Un patriote de Guingamp, Ghef-itu-Bois, en devient amoureux. N'ayant rien à espérer de sa vertu, il la dénonce, la fait arrêter et condamner à mort. On la traîne sur un cheval à la suite de la guillotine. On lui montre ses enfants à une fenêtre. On lur prv pose la vie, si elle vent reconmitrc la République a Vive le Roi 1 b répond -elle, bit sa tête tombe* devant les orphelins. Quelque temps après, Ghef-du-Bois dormait dans un château acquis au nom de l'Egalité, lorsqu'un homme ouvre ses rideaux, lui rappelle b mort de sa victime, et lui plonge un ppignard dans le cœur. Get homme était Taupin, qui était revenu de l'émigration. Voilà où en étaient les Chouans et les patriotes.

CIIAPiTRK VINGT ET UNIEME. 653

Chouannerie breionne, maiicelle ci normande, par le même système que la Vendée: mort à tous les chefs, amnistie à tous les paysans ( juillet 1796) ^ La République avait pacifié TOucst en revenant à la modération. Les patriotes s'en écartèrent dans la joie du triomphe, et préparèrent de nou-. velies révoltes. Scepeaux, Turpin, D'Ândigné, Boisguy, etc., sont tous jetés en prison, malgré les traités. La queue de Robespierre massacre les prêtres qui reviennent en Bretagne. Francœur annonce les, représailles des Chouans. Les Chouans, en effet, les rendent terribles... IVautre pari, profitant de l'anarchie morale du Directoire, l'Agence de Paris rêve une restauration par escamotage électif, et elle y compromet bassement ses hommes d'action. Cadoudal, liochecotte, Boisguy, et tous les guerriers repoussent ces moyens ténébreux. Ils ont pour eux le comte d'Artois. Louis XVHI reste fidèle à l'Agence. Elle renverse Puisaye avec Rochecolte. — Hoche quille l'Ouest, et va mourir empoisonné à l'armée de Sambre-cl- Meuse. Le 18 fructidor (3 septembre 1797) voit échouer la conspiration des Royalistes et de Pichegru contre les Directeurs, qui font fusiller à Grenelle une hécatombe de Chouans... Les violences recommencent de part et d'autre. — Georges Cadoudal brise enfin d'un coup d'épée le nœud gordien de l'Agence, et laissant là cette clique d'intrufants (il les appelait ainsi), il reprend la guerre avec son frère Joseph, Gomez, Bernard, Le Goëbe, Le Thies, Rohu, Eveno, Le Gloanic, Kermorvan et Hern)ely (légion d'Hennebon et d'Auray] ; Lemercier. Gamber, Audran, Hervé. Kobb et Trébur (légion de Vannes) ; Sol de Grisolles, Mondoré, Pelo de Cadin,. Guspur, de Secillon et Du Bot (4* légion); Sainl-Régent. Gaudin, Bouché, Dujardin (5' légion); D'Aucour, Duval, Pubcgiun, Elliaric (6* légion) ; — Le Page de Bar, Le Guczno, Le Bail, Dufuu de Kerdaniel, Wcn et Kercofler (7Mégioiij; Dubog (8' légion); Geslin et le comte de Cornouailles (9"^ légion, Finistère); — Le Veneur de la Roche (Côtes-du- Nord); Rochecotte ^Maine); et Frotté (Normandie) (mars 1798). Cette armée n'est complète que sur le papier, — mais s'organise en société secrète, et fait un mal horrible aux patriotes. Tous ceux qui ont dénoncé, condamné et tué des Royalistes, subissent la peine du talion. Ces représailles sanglantes ravivent les forces révolutionnaires, et donnent carie blanche à tous les brigands du pays. Sous le nom de Chauffeurs et sous le masque royaliste, ils rançonnent et mass^acrent de forme en ferme, — soumettant leurs victimes aux plus hideuses tortures, — les faisant asseoir sur des trépieds rougis au feu jusqu'à ce qu'elles livrent leurs trésors... La police républicaine se souvient des faux ChouauSy et grossit les Chauffeurs de la canaille jacobine de Paris, envoyée par le préfet Solin en Brc-

^ Aiin«^ Du Boisguy fut le dernier partisan qui sigtn la pacificalion, ci !c seul qui ne stipula \wnr lui-mânic aucun avantage. Ce dosinlércssemcot lui valut alors l'admiration du républicain Latijuinaia. — à qui, longtempt après, il dut son honorable marugc avec mademoiselle Charton.

Ligne « pour égorger en crinnl Vive le Rai^ en priant le ci-doTanl bon Dieu, et pour déshonorer la Chouannerie dans ses œuvres vives. » (Dépêche sccrcle de Sotin.) Â ces crimes provoqués par lui-même, le Directoire répond par des exécutions en masse, la Terreur recommence dans TOuest, et In guerre s*y éternise...

G*est le cas de rappeler une dernière fois la cause et Vêlement le plus vivace de la Chouannerie bretonne : la haine des campagnes contre les villes. Les paysans armoricains avaient souri à la Révolution, — quand celle-ci avait abaissé l'orgueil des seigneurs ; — mais en vojant la Bourgeoisie se partager les privilèges de la Noblesse et s'en arroger de mille fois plus tyranniques, tous les villages avaient juré Texterminalion des cités et des citadins. Celle jalousie dure encore, surtout dans le Morbihan, entre \esjupen et les casiken^ c'est-à-dire, entre les vestes et les habits. Il y a tels cantons morbihannais où les paysans sont parvenus à exclure de leurs municipalités tous les messieurs de la ville. On voit, encore un coup, que la Chouannerie était plus républicaine que la République ^

Les nouveaux chefs de la Vendée se joignent alors à ceux delà Chouannerie; Chatillon,D'Andigné, Pcnhouet,etc., surprennent Nantes. Pendant qneLemercieret Saint-Régent s'emparent de Saint-Bricuc; Sol de Grisolles, de Pontchàteau; de la Roche, de Guérande, etc.: — Guillemot, de Locminé; Pontbriand, de Plancoët, de Matignon, etc.; — Georges triomphe dans tout le Morbihan; Boisguy rompt ses fers, et joignant La Nougarède, les fait payer chèrement aux Bleus. Frotté a terrifié la Normandie, Bourmont entre vainqueur au Mans. Bref, et encore un cnup, les Royalistes allaient

^ Nous ne terminerons pas arec la Chouannerie sans rappeler ici le beau chanl publié par M. Th. Hcrsarl de la VillemarquiS, dans son admirable recueil du Barsas-BniM : ChauU populaim dt la BreiagfUf T édition :

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