CHAPITRE TROISIÈME
Quant aux deux grossiers billets sur les J. F., les eflbrls de Galonné pour y montrer récriture de M. de La Chalolais surpassent toutes les complaisances et toutes les niaiseries attribuées aux Experts assermentés près les Cours Royales et les Tribunatuc. Le fameux Prudhomme, élève de Brard et de Saint-Omer, immortalisé par Henri Monnier, est un* prodige de finesse et de bonne foi auprès de MM. Thomas Boitel, Jean-Guillaume Paillasson, Dauterpe, Lefèvre, Royllel, Tiré et Bordes, membres de V Académie royale d'Écriture (sic), et jurés experis^érificateursdessignattireSjCompteset calculs contestés en justice j — employés et payés successivement par les ennemis de
toujours i^unis ayec rantorit^ pour avilir la dignité des États, et détruire jusqu'à l'ombre de la liberté de l'assemblée. . J'ai lu mon mémoire (contre la demande faite par le duc d'Aiguillon de la commission des grands chemins). Il a été donné à la face des Àihénienty etc. •
Lettre TROutKK sols ibs scbllîs dk M. de Là Bblixgbbais (cote 0).
Un éternel engagement Avec lui doit être charmant.
Doux espoir, tu roc rends rêveuse I
Cela s'accorde fort bien avec le chant, et qnoique le style ne soit pas merveilleux, il me semble suffisant pour une ariette. •— Vous avez reçu, m'a-t-on dit , quatorze exemplaires de l'estampe des Ifs : vous allez me trouver bien indiscret , mais je meurs d'envie d'en avoir cinq ou six. Oh 1 le bon usage que j'en ferai I • Et dessus était écrit : — A M. de La Belangerais^ à Rennes, en son hôtel.
FràGMBKTS D'U2!B AUTRE PIÈCE SAISIE COBZ M. DE Là BELA!<IGBBAIS (cote 0).
Sar l'air dea FeailloDlia*.
Laverdy prêche aux Etats
Qu'on est las De leurs ennnyeox débats j \\ raisonne dans son style Comme un contrôleur habile.
Qui l'aurait dit? Qui l'eût cru.
Qu'un fœtu , Tout prêt à montrer le e , Aurait appris à la terre Ce qu'un contrôleur peut faire?
La finance dans sa main y
Va d'un train A faire bien du chemin ; Les effets changent do gîte.
Ah I qu'un contrôleur va vite !
C'était une parodie de la fameuse lettre de M. de Laverdy au duc d'Aiguillon, du 8 décembre 176^, — lettre communiquée par celui-ci aux Etats , qui faillirent en demander justice au Roi. On peut se figurer le tout par ce commencement : « En vérité, monsieur le duc, la folie de vos États de Bretagne devient ineurable. ■ Cette inconcevable lecture donna lieu au couplet suivant : Réponse d'Aiguillon à Laverdy.
Vos ordres ont été suivis ,
Et dès dimanche avant midi ,
Rohan publia votre ouvrage.
A l'instant ils crièrent tous
Que tous les deux nous étions fous,
Mais que vous l'étiez davantage.
Lettre de M. Picqvet de Mo.^treuil a M. de La Bbungbiais (cote 0). — Versailles, te dé-
i26 BRETAGNE ET VENDËË.
La 'Chalotais pour prouver comme quoi co procureur général avait écrit deux lettres de portefaix en goguette. Nous recommandons à Tbilarité de nos lecteurs et à la malice de M. Monnier les deux ou trois cents pages de dissertations desdits experts sur les lettres bouclées dans la queue, les ovales pinces, les crochets, les pleins revers, les pleins pochés, les plumes tenues à face ou tournées en dedans, les rondeurs terminales, les jambages, les effets, les poches d*encre, les accents graves et autres, les c^ontours et les tournures, etc., etc. Il y a là toute une comédie que Molière eût saisie au vol, et qui n*eût pas moins valu que le Malade imaginaire ou le Médecin malgré lui» Mais reprenons le fll des événements.
Le nouveau Parlement, choisi par la Cour et rentré le 19 janvier', tout en rapportant Tarrèté qui interdisait les visites au duc d'Aiguillon, avait demandé au Roi le rappel des magistrats exilés, et fait difficulté de continuer le procès La Chalotais et collègues. Mais ce n*était, dit-on, qu'une comédie concertée avec les ministres pour donner à croire que les accusés étaient réellement coupables. Le fait est que le peuple traita de vendus les magistrats rentrés en fonctions, et que Tinslruction de Sainl-Malo poursuivit tranquillement son cours.
Le 28 janvier 1766, sur les conclusions de Calonnc et de M. Lenoir, conseiller rapporteur, la commission décréta la prise de corps contre MM. de La Chalotais, de Caradeuc, Charrette de La Gascherie, Picquet de Montrcuil, Charrette de La Colinière, etc. M. Lenoir commença immédiatement rinterrogatoire, et l'échafaudage de Calonne acheva de crouler devant les réponses des détenus. Tous commencèrent par récuser hautement les commissaires, en réclamant leurs collègues comme juges naturels, et ils ne répondirent à M. Lenoir que par respect pour les volontés du Roi. Puis
cembre I76i. « Lt lettre An contrOtcnr, qui a vt lue ë la Noblcsae le » de ce moi», est tout k fait folle. Ce^ ooTrage est digne de son auteur, et vaut la peine d'être mis en ebanson... Que serait-il devenu , si b Noblesse avait arrêté cette lettre, et qu'elle demandât au Boi sa juslificatiou ? Si cette lettre a été éerite pour être lue ë la Noblesse , elle est folle et indécente. Si elle a été écrite pour le duc seul, il y a bien de la noirceur à lui de l'avoir rendue publique. Toui ceci pour vouiêeuly s'il tous plaît, monsieur, car je ne veux point passer pour critique. Vous savez qu'on ne dit plus k Paris la Cour du Pwlrmentj mais le Parlement de la Cour. Faute de mieux, je vous dis des balivernes. Pour tous, monsieur, qui êtes dans le pays des grandes nouvelles, j'espère que tous Toudrei bien continuer à me les mander. Surtout si Dieu disposait de notre digne prélat (M. Desnos, éTêqoe de Bennes), ne me le laisses pas ignorer, je TOUS prie, afin que je lui dise un De profundiê de bon cœur, s — Suit une longue lettre sur us projet de pacification proposé par Calonne au nom du ministère, projet dont la révélation, demandée tout bas par Galonné lui-même, fut ensuite reprocbéo tout haut par Calonne en personne aux magistrats dont il avait surpris la confiance par cette prétendue ouverture.
' Ce Parlement , très-réduit, se composait de la sorte (les noms écrits en italique sont ceux des magistrats non démis) : Présidents : MM. de La Briffe d'Amilly, premier président, Boisgelin de Cucé , de Montbonrcher de La Maignane, de Comulier de Boismadeoc, de Langle de CœMta»^ le Prestre deChàteaugiron, de Farcy de Caillé; Conseillers : MM. de Mamière de Guer, Detnot des Fot$éi, Huart de La Bourbantait, de La Bourdonnaye de la Breletche^ de Brilhac on Brignac , du Parc, de Caradeuc dé Kerenroy, de Foncher père, Geoffroy de La Villeblanche, Bouin de La Villebouquay père, le Borgne de Coëlity, de La Forêt d'Ammilli, Conen de Saint-Lue, Blanchard du Boit de La Muée, Fourcher de Quehillac, le Prestrc de Chàleaugiron, deuxième avocat général.