‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 48 sur 223 · CHAPITRE TROISIÈME. US · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. US

six ans), à masanté, qui a toujours été faible, et aux indignes traitements par lesquels on semble chercher à me faire périr, soit en me privant d'air, ce dont ma poitrine est affectée, soit par rapport à la rétention d'urine que j'ai contractée depuis trois mob et qui peut m'ôter la vie en deux heures de temps, etc... je déclare, comme si j'étais près de paraître devant Dieu, et devant peut-être y comparaître bientôt, que j'ai été indignement et faussèment calomnié, et mon fib également; que je n'ai aucune part, directement ni indirectement, à la confection ni à l'envoi des billets anonymes à M. le comte de Saint-Florentin... Qu'ainsi^ Dieu me soit en aide^ consentant qu'il me punisse éternellement si je mens.,. Je supplie Sa Majesté de me rendre ses anciennes bontés, si je vis; et, si je meurs, je les lui demande pour mes enfants, et particulièrement pour mon fils, aussi injustement accusé. (Château de Samt-Malo, i6 février 1766.) — Codiciujb : Prévoyant ma mort prochaine, par les douleurs aiguès que j'ai ressenties cette nuit, je déclare répéter les dispositions de mon testament de Saint- Malo, concernant les billets anonymes que l'on m'a caloranieusement imputés... Je pardonne à M. de Saint-Florentin, à M. d'Aiguillon et à M. de Flesselles , ma mort dont ils sont cause. (Fait aux Cordeliers de Rennes, ce 11 novembre 1766, dans le douadème mois de mon injuste captivité ' .) n

' Taot de tovffrancei ■• pooTaient abattre la eonnge de La Chalotaia, ni l'eapécher de lancer k la tête de ace calomoiatetira dem nouveattx mênoires aoaai éio^Qenta q«e le premier. Rappelaat à Calonae •a modeste eontenanee avant son ëlétatioo : « Ah ! a'^taitril, j'avone que je ne reconnu point k Saint- Halo Phnmble procnreor de Donai qne j'aTaia vn k Veraaillea. Je trooTai an homme monté sur dea échaewa hantée de pleeieara pieds depnta qn'il était devenn maître des reqnétea et partie pvbliqve, a'étalent, se patanant, car il était, comme dans les ambasaadee, oeini qni a le secret de la Coor. II tenait même «ne sorte de maison qni Traisemhlablement lai était bien payée, de même qne sa livrée, tonjonn neuve, et ses fr^nents voyagea. • Paie remontant dn fond de son cachot sar son siège de proeoreor général : • Sîra, disait Faccoaé on Boi, comme votre ministre légal, je doia vous avertir qve l'on répand dona votre province de Bretagne ono semence de division capable de troubler les États les miens affimnis. Une armée décapions est dislriboée dans la province. Le md a gagné dans presque tons les Ordres. Le coor de votre Noblesse, comme étant le ploa élevé, en est le plns«sempt. On sait ce que sont dea espions; on pe«t jnger de l'infamie dea personnes par Pin&mie de la choae. Il faot bien, k qndqœ pris que œ soit, qae ces gent-lk gagnent lear argent, qu'ils dénoncent, qu'ils calomnient, qu'ils esi^èrent. U faut, pour ae faire valoir et pour obtenir des grâces, qu'ils renchérissent, qu'ils deviennent faux témoins, et finissent par être faussairea. Sire, faitee édaler votre indignation contre ces pestes publiques, et la pais et la tranquillité régneront en Bret^ne, et voua continuerei d'être le Boi le plue aimé dn meilleur des peuples. (Écrit k SaintpMalo, comme mon premier mémoire.) • Se dressant enfin devant ses délateurs, et retournant contre eus leurs eccusetions, La Chalotab concluait ainsi : • Je dis que le premier qui m'a attribué lea billets anonymea était un fripon ou un fou. .. Quel droit a M. de Saini-Florentin de supposer que je aeia moi-même un insensé et une bête? On ne commence pes k aoisante ans k faire dee foliée et k eenunetlM des crimes, quand on a vécu en homme sensé, et qu'on a toujours joui d'une bonne réputation. Je n'ai jamais violé l'ordre public ni les lois ; grêce à Dieu, je ne suis pas tombé en enfance ni en démence. Ma conduite est teHement innocente, qu'on cet réduit k m'ettribuer lea lettra d'un fou pour me rendre coupable... Lier les mains k son adversaire pour le laiaaer égorger, équivaut k un assassinat Et voilà pourtant ce qu'on fait avec moi 1 Je n'ai cessé de demander k M. de Saini-Florentin la liberté de chereher le faussaire, auteur des lettres anonymes. Quel a été le résultat de toolee mes demandes? De resserrer mes liens et d'aggraver mes tortures 1 Ah I je ne les connaia que trop cens qui ont fait fisira lee anonymea, ou du moins qui en sont responsebles. Ce sont cens dont la haine et la fureur ont appelé contra mm lee

Les prisonniers restés à Saint-Malo, et partîciilièrenient M. de Garadeuc, étaient plus malheureux encore. On leur défendait de prendre l'air, même sur la plate-forme du château, élevée de plus de soixante pieds audessus de la mer. Et pourtant madame de Garadeuc, malade de son côté , écrivait à son mari : « Je voudrais bien savoir si vous ressentez les maux d'estomac que vous avez si souvent quand vous ne faites point d'exercice, et les étouffements qui vous ont fait tant soufinr les hivers. » Bientôt le sieur de Fontette, conmiandant la citadelle, fit mieux encore. Il enjoignit aux prisonniers de payer leurs aliments, et, sur leur refus, il les menaça de les laisser mourir de faim. Il allait consulter là-dessus ses chefs, ou en faire semblant, lorsque les Malouins, instruits de cette vexation, déposèrent 10,000 francs chez un traiteur pour la nourriture des captifs. On reconnaît là les nobles compatriotes de Duguay-Trouin. Voici conmient les accusés conmiuniquaient avec leurs familles : « Tu iras aux Gordeliers, écrivait madame de Caradeuc, regarde bien sous la tuile d'un des pieds du lit... Regarde aussi à la chandelle moulée qu'on t'enverra : casse-la par la moitié. Tâche de faire savoir la môme chose à ton père. »

Cependant la cour de Rennes s'était dispersée, après avoir envoyé la procédure à Paris. L'époque des États approchait, mais on n'osa les convoquer au milieu de l'irritation publique. Us furent renvoyés aux derniers jours de 1766. Les accusés arrivèrent à la Bastille à la fin de novembre. Leurs familles ne purent en franchir avec eux les portes. La Ghalotais ne reçut point les adieux de sa fille mourante. Ce fut le dernier coup de ses ennemis : on voit qu'il frappait au cœur.

Alors, enfin, Louis XV écoute Ghoiseul, et ouvre tout à fait les yeux. U voit qu'il s'agit de sauver sa couronne engagée dans une lutte fatale ; que le peuple attribue ouvertement au duc d'Aiguillon le crime dont on accuse La Ghalotais; que, s'il est condamné par quelques juges, l'autre le sera par la France entière , et la Royauté peut-être avec lui; en un mot, que le sang du magistrat breton sercut la première goutte de ce déluge que l'amant de la Pompadour réservait à son successeur. Le Roi prend donc le seul parti qui fût encore raisonnable, et il finit par où il aurait dû commencer. Le 22 décembre 1766, il éteint, par un acte de son pouvoir suprême, tout délit et toute accusation ; il supprime et casse les procédures de Rennes, de Saint-Malo et de Paris; il déclare qu'il ne veut point trouver de coupables, que f honneur des magistrats n'est pas même compromis , et il impose, sur le tout, un silence absolu.

Cette réparation ferait beaucoup pardonner à Louis XV, s'il avait eu le

calomniitenn et le» fêonairai! M. d'AigoilIoD eti noire prioctpal délateor. Il • fiit entrer M. de Calonne et M. de Saint-Florentin dent m querelle, et il a compromis Vantorité da Roi ! M. de Célonm •Mme comme vnit det faits qn'il sait positiveroent être fanx. Je n'accase pss M. de Saint-Florenltn Bominéroent d'ayoir fait faire les billets anonymes, mais je Paccuse de me les avoir fauasement, m^hamment et persér^ramment attribn^s : je l'accuse d'être le fauteur du faui et le receleur du faussaire! • (Mimoire de La ChaloUiU.)

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