‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 60 sur 223 · CHAPITRE CIISQUIËME. 1T · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIISQUIËME. 1T

Halheureusemenl le colonel d'Hervilly rq>aralt, et un nouvel attroupement le suit et le harcèle. « Une jeune fille, pensionnaire d'une communauté, dit H. de Villeneuve, s'élance contre lui et le provoque en duel. On applaudit la Glorinde de Rennes, on hue le colonel, qui refuse d'être un Tancrède, ■ et les grenadiers finissent par dégager leur cher.

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Cependant la cour assiégée adresse une nouvelle sommation au comte de Thiard. Les gens du Roi la lui portent au milieu des acclamations populaires; mais ils trouvent l'hôtel du Gouvernement entouré de gardes, et s'efTorcenl en vain de lever la consigne, ije peuple exaspéré s'en charge et leur ouvre un passage k travers les balonnelles. (Cette étrange longanimité des soldats ne prouve-t-elle pas qu'ils défendaient â regret une mauvaise cause, et le commandant lui-même, en dépit de toute sa modération, n'eût-il pas donné des ordres rigoureux, s'il eût été sAr de l'obéissance de ses troupesT)

Les gens du Roi pénètrent ainsi dans le salon du comte de Thianl, et lui présentent leur sommation de retirer les troupes. Le comte, pris au dépourvu, balbutie un prétexte Il ne peut agir, dit-il, que de concert

avec t'inlendant. Il croyait bien demander l'impossible , H. de Holleville étant k l'heure même assiégé par l'insurrection, qui jetait contre lui ses derniers Feux.

Hais le commandant parlait encore, que la foule arrive comme un torrent sous ses fenêtres. Au milieu des cris : Haro! à la potence! au feu l'intendant! H. de Holleville, éperdu, s'élance dans les bras de son collègue

Traqué dans son propre hdiel, le malheureux l'avait quitté sous un dégui-

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semeiit; puis reconnu et poursuivi ilo rue en rue, il n'avail échappé que par miracle. Au oioment où il franchiasait le seuil Uilélairc, une pierre, qui devait lui broyer la t£te, vint éclater contre le mur et blessa un dragon de ses débris.

En même temps les mutins enfoncent les gardes , envahissent la -caserDe, brisent les meubles, coupent les brides des clievaux, désarment la sentinelle et mettent la guérite en pièces... Ils allaient pénétrer dans les appartements, si la dépulalion de la cour ne les eût Tait reculer. Passant aussitôt de la fureur à l'enthousiasme, ils oublient l'intendant pour les magistrats, et reportent ceui-ci en Uiomphe à l'hôtel de Cuillé, en criant : Vivent le Parlement et les lois!

L'émeute était d'autant plus achnraéc que les femmes s'en mëlaieiit, — les femmes du peuple surtout, arcourues en masse des faubourgs de

Tout cela ne donnait point satisfaction h la conr. H. de Helcsse vient ))oiir la seconde fois inutilement avec ses lettres de cachet.

Mais son émotion est telle, qu'il tombo frappé d'un coup de sang dans la rue. On le dépose dans une maison voisine , on le saigne et on le transporte chez lui, — où il ne se releva que quinze jours après.

Nouvelle délibération de la cour, nouvelle sommation au commandant, nouveau refus de celui-ci, nouvelle ovation populaire. Alors H de Thiard jure den flnir, el --— envoie une brigade dissoudre i'as-

___, semblée. La brigade est relancée

■yyrr,' rroi L. jygç p^ie^ et les délibérations conttmi^Siiin^tunm. tinuciit.

Tout à coup , à quatre heures de l'après-midi , des cris de joie succèilent aux cris de mort, des applaudissements au» violences. M. de Tliiard relire enfin les troupesl... La cour s'ajourne alors au vendredi suivant, et revoit les félicitations de la Noblesse et de la commission des États, Mais c'était là le chant du cvgne... Un nouveau brigadier se présente avec des ordres impitoyables. Le procureur général annonce que le sang va couler si la lullc recommence. Et la cour lève la séance, en protestant contre la force qui la disperse. Puis les m-igistrals , quittant le boulevard parlementaire au milicn

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