‹ Histoire des guerres de religion XVIe siècleChapitre 9 sur 15 · Scène de Guerre · texte numérisé non relu

Scène de Guerre

pour que ces hommes 1res scélérats soient livrés à de justes supplices. »

Après bien des rencontres locales, bien des luttes de partisans, les deux armées ennemies se portèrent, les catholiques sur Poitiers , les huguenots sur Saumur . Ceux-ci avaient pris en passant, et pendu le fameux P. Babelot, ce cordeher par les mains duquel passaient les victimes du duc de Montpensier, dont les crimes déshonoraient le nom de Bourbon, que ses cousins, Henri de Navarre et les Gondé devaient porter si haut. Enfin, catholiques et protestants se rencontrèrent à Jarnac (13 mars 1569). Toujours moins nombreux que leurs adversaires, les huguenots puisaient dans leur foi rehgieuse une énergie opiniâtre qui triplait leurs forces. Ils étaient commandés par Gondé, Coligny, Dandelot, La Rochefoucault, et les cathohques par le duc d'Anjou, que dirigeait Tavannes, le duc de Montpensier et le jeune duc de Guise. Les gentilshommes calvinistes, mal disciplinés, firent perdre le fruit des sages dispositions de Gohgny, qui, prudemment, avait écarté du théâtre de la lutte le jeune roi de Navarre et le fils du prince de Gondé.

Les huguenots attaquèrent avec leur fougue habituelle. Gondé reçut, du cheval que montait La Rochefoucault, un coup de pied qui lui cassa la jambe. Loin de vouloir quitter le champ de bataille, il entraîna son corps d'armée en s'écriant : « Noblesse française, souvenez-vous en quel état Louis de Bourbon entre au combat pour Ghrist et sa patrie ! » Il se précipite, renverse tout sur son passage, mais bientôt sa petite troupe se voit écrasée sous le nombre de ses ennemis. Son cheval, mortellement frappé, s'abat sur lui, l'empêche de se dégager. Les huguenots luttent comme des fions, pour empêcher leur prince de tomber entre les mains des catholiques. Après que presque tous sont morts, Gondé, empêché de se relever par sa blessure et le poids

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du corps du cheval expirant, déclare se rendre. Mais Montesquieu, gentilhomme du duc d'Anjou, reconnaît le prince, et, à bout portant, lui casse la tête d'un coup de pistolet.

Le matin même, le duc d'Anjou avait communié. Suivant Brantôme, l'ordre avait été donné par lui d'assassiner le prince, son cousin, qu'il avait « recommandé » à quelquesuns de ses favoris. On put voir, après la victoire de Jarnac, tout ce qu'il y avait de lâche et de bas dans cette âme profondément vicieuse. Il fit charger comme un paquet sur une ânesse le corps du prince, les jambes et la tête lui battant les flancs, et pendant toute une journée, le cadavre resta à la porte de l'église de Jarnac, exposé aux insultes de la foule. Quant à la cour, elle fit chanter à Paris et dans toutes les églises, un Te Deum qui fut exécuté également à Rome, à Bruxelles et à Madrid.

A tout prendre, il eut été plus favorable au parti protestant que tous les pouvoirs se concentrassent entre les mains de GoHgny. Mais tous ces gentilshommes qui l'entouraient voulaient un prince. Ils en eurent deux, Henri de Bourbon et son cousin, Henri de Gondé, le fils de celui dont la mort héroïque venait de racheter les faiblesses et les fautes.

Les protestants firent encore une perte sensible. « Hors même de la bataille, et peu après qu'elle eut été livrée, Dandelot trouva la fin de ses jours : il mourut, à la vérité, de maladie, mais une maladie survenue si à propos parut étrangement suspecte... On prétend que la cour avait ordonné de n'épargner aucun des chefs, dont plusieurs, en effet, furent immolés de sang-froid (Bérault-Bercastel). » Henri de Navarre fut proclamé généralissime avec CoUgny pour lieutenant-général. Les princes allemands lui envoient un secours de 8,000 chevaux sous la conduite du duc de Deux-

Ponts, qui mourut le lendemain même de sa jonction, et le parti catholique put dire avec Agrippine ;

Mille bruits en courent à ma honte !

Les huguenots avaient un avantage sur leurs adversaires. Ils étaient unis, tandis que les catholiques étaient divisés. Charles IX commençait à se montrer jaloux de la popularité croissante de son frère, et eut voulu se mettre à la tête des armées. Catherine, au contraire, le tenait à l'écart, et poussait en avant le duc d'Anjou, tandis que le cardinal de Lorraine prétendait placer au premier rang son neveu, le duc de Guise, qu'il avait fait nommer colonel-général de la cavalerie. « Les protestants disaient qu'ils avaient pris les armes pour la rehgion et pour la liberté de conscience qu'on leur laissait en apparence par un édit, mais qu'on leur ôtait, en effet, puisqu'en plusieurs endroits on les empêchait de s'assembler, que le but de la dernière pacification n'était pas de rétabhr la tranquillité dans le royaume, mais de désarmer les religion naires sous prétexte de paix, et de les accabler lorsqu'ils seraient désarmés (abbé Pluquet). » Aussi, sans se laisser abattre par la défaite de Jarnac, ils recommencèrent la lutte, qui avait la France toute entière pour théâtre, et se continua, de part et d'autre, avec une férocité dont l'histoire présente peu d'exemples. « Plusieurs combats advinrent aux provinces de Guienne, Normandie, Languedoc, Dauphiné et Provence, où s'exercèrent les meurtres, sacrilèges et assassinats énormes, les prétextes couvrant les passions et méchancetés des Français, les catholiques fortifiés des lettres-patentes du roi, et les huguenots des secrètes de la reine (Tavannes). »

« En Provence, dit Castelnau, les huguenots prirent la ville de Cisteron, et se fit en cette province une guerre cruelle, même de Sommerive, fils du comte de Tende, ca-

tholique, contre son père, huguenot et gouverneur du pays. Les huguenots du Dauphiné prirent aussi les armes sous la conduite de Montbrun, et ceux du Bas-Languedoc sous d'Acier, frère de Grussol, duc d'Uzès, et se saisirent de Nîmes à Montpellier ; ceux du Haut-Languedoc, Rouergue et Quercy, sous les vicomtes et autres chefs ; d'autres d'Auvergne et de Bourbonnais, sous Ponsenac... Ce qui restait du pillage des huguenots était repillé par les catholiques, qui tenaient la campagne en Forest et Poitou, sous Montluc et Lude. Mouvans, l'un des principaux chefs des huguenots en Provence, Dauphiné et Auvergne, défit les compagnies de Saint-Aray, et mena ses troupes jusques à Orléans pour assurer la ville qui était menacée ; puis alla prendre la ville de Blois, après l'avoir battue, et capitulé avec le gouverneur et les habitants, auxquels la foi ne fût pas gardée, disant que les catholiques faisaient gloire de ne pas tenir promesse aux huguenots. De sorte que, de tous les deux côtés, l'on violait le droit des gens sans nulle honte. Les morts n'étaient pas même exempts de ces licences trop inhumaines ; car, entre les autres, le corps de feu Ponsenac fut déterré, auquel on donna mille coups par la malveillance de quelques catholiques, tant l'appétit de vengeance minait la plupart des esprits forcenés des Français, animés au carnage les uns contre les autres, qui par telle furie préparaient un beau chemin et entrée aux étrangers pour se faire seigneurs de la France. »

On semblait leur en offrir les lambeaux en pâture. Non contente des 6,000 Italiens fournis par le pape, la cour envoya Gastelnau presser l'arrivée d'un renfort de 5,000 cavaliers allemands promis par le duc Guillaume de Saxe, tandis que les crimes particuliers épouvantaient les provinces. En Anjou, Hercule de Saint-Aignant occupait le château de Rochefort, non loin d'Angers, d'où il commettait

sur le pays des forfaits si énormes, que la justice s'en émut ; il fut assiégé, pris, et, tout noble qu'il était, roué et rompu vif(Dom. B. Roger). Bressault, seigneur de la Rouvraie, appelé le Diable de Bressault, saccageait les campagnes, qu'il parcourait avec un baudrier fait d'oreilles de prêtres. Le seigneur de Peschereul faisait boire toutes sortes de gens à son grand godet, — c'est ainsi qu'il appelait la Sarthe, — et disait à un avocat que ce qui le retenait de l'y jeter, c'est qu'il était trop maigre pour nourrir ses brochets. A Boèce, près Sablé, Boisjourdan, lieutenant de Peschereul, et depuis maître de camp d'infanterie, avait enfoui dans les fossés de son manoir plus de cinq cents calvinistes. Dans tous ces crimes, le nombre n'est rien, ce sont les détails qui font horreur. Une fois, il avait fait pendre une pauvre femme dont il confisqua le bien, réduisant ainsi à la misère la plus complète deux enfants qu'elle laissait, un garçon de quatorze ans, une fille de quinze à seize. On leur conseille d'aller supplier Boisjourdan de leur accorder, sur leur bien, une pension aUmentaire. Le monstre les accueille, les conduit dans une maison voisine, où il leur dit de l'attendre. Bientôt un soudart, envoyé par lui, vient prendre le jeune garçon, le mène auprès d'un étang, l'égorgé et y jette son cadavre. Il revient chercher la jeune fille, l'assassine et la jette également dans l'eau, après lui avoir fait subir les der niers outrages. Il demande à la dame de Boisjourdan de lui accorder, pour son salaire, la confiscation de cette famille infortunée ; elle le refuse, et, pour se venger, il dénonce le crime. L'affaire est portée au Parlement, tous les faits sont prouvés, mais aucun châtiment ne frappa les coupables. Les armées avaient jonché le sol de tant de cadavres sans sépultures, que cette fatale semence ne pouvait manquer d'en faire germer une moisson plus riche encore. « Dieu visita son peuple, » comme dit le bénédictin Dom Boger avec

une naïveté charmante, et l'affligea du fléau de la peste, qui, jointe à la famine, promena pendant deux années la faulx de la mort dans les rangs déjà éclaircis de la population agricole. On rencontrait par les campagnes des enfants qui suçaient encore le sein épuisé de leurs mères mortes de faim, et l'on put croire que l'on touchait à ces temps prédits par Nostradamus, u où les enfants montreront à leurs mères, par merveille, quand ils verront un homme, tant peu y en aura, s'étant tous entre-tués (Montluc). »

A Auxerre, on arracha de la poitrine d'un huguenot assassiné, son cœur que l'on fît griller, et que ces cannibales dévorèrent après s'en être partagé les morceaux. A Orléans, la populace, excitée par les moines, força une prison, mit le feu à une autre où le prévôt royal avait fait enfermer des huguenots désignés aux fureurs populaires. Il s'y trouvait des femmes, des enfants. Plus de cent vingt victimes périrent par le feu ou par le poignard.

Le 13 septembre, le Parlement confirma un arrêt rendu le 19 mars contre l'amiral Gohgny, dans lequel il était condamné à être pendu en place de grève, « et après, porté et pendu au gibet de Monfaucon, au plus haut lieu et éminent qui y soit, si pris et appréhendé pouvait être, sinon, par figure et effigie. » Tous ses biens étaient confisqués au profit du roi ; ses enfants déclarés « ignobles, vilains, roturiers, intestables, infâmes et incapables de tenir offices, dignités et biens dans le royaume. » Le Parlement promettait 50,000 écus d'or à qui le livrerait mort ou vif. Le trépas de Dandelot ne mit pas ses enfants à l'abri des peines portées entre ceux de l'amiral, et des arrêts analogues frappèrent le vidame de Chartres et le comte de Montgommeri.

La justice ne suffisait pas à assouvir la rage des catholiques, on y joignait l'assassinat. Un capitaine des gardes

du duc d'Anjou décida un valet de chambre de l'amiral à empoisonner son maître. Le complot fut découvert, et le valet de chambre fut jugé et pendu dans le camp huguenot.

Après avoir adressé à la cour des propositions pacifiques qui furent repoussées, les protestants firent subir aux catholiques un sanglant échec à la Roche-Abeille (25 juin), et prirent de vive force Ghàtellerault, Lusignan, Gonfolens, et plusieurs autres villes du Haut-Poitou, du Périgord et du Limousin. Ils obtinrent également des succès dansleBéarn, et ne vengèrent que trop bien le massacre des leurs, commis à Pau par les catholiques un moment victorieux dans cette ville. Puis enfin, après s'être inutilement fatigués à mettre le siège devant Poitiers, ils se trouvèrent en face de leurs ennemis dans la plaine de Moncontour. Ils étaient 18,000 à peine, harassés par de longs travaux, contre 25,000 hommes de troupes fraîches. Deux gentilshommes du parti des Pohtiques avaient donné avis à l'amiral de ne pas se heurtera des forces trop considérables, et d'attendre la paix, que leurs adversaires se verraient bientôt contraints de leur accorder (Lanoue). En présence de tant de circonstances défavorables, GoUgny eût voulu éviter la bataille, mais l'impatience des gentilshommes lui força la main. Les mercenaires allemands, dont la solde était arriérée, refusaient de se battre. Il perdit un temps précieux, mais tira cependant tout le parti possible d'une situation mauvaise. La lutte fut terrible, acharnée des deux côtés. Goligny se battait avec le courage d'un soldat, après avoir montré les qualités d'un grand capitaine. Un coup de feu l'atteignit au visage, mais il tua d'un coup de pistolet le rhingrave qui l'avait blessé. Il fallut fuir et laisser la gloire de la journée de Moncontour au duc d'Anjou, qui commandait sous la direction de Tavannes et de Strozzi, tandis que les mercenaires suisses, au service

du roi de France, massacraient, par jalousie de métier, les mercenaires allemands de Goligny. Au cri de « de la Roche- Abeille, n les catholiques, par représailles, s'excitaient au meurtre et égorgeaient également 2,000 hommes de l'infanterie huguenote.

Les réformés venaient de subir un échec bien autrement terrible que celui de Jarnac, et le duc d'Anjou passait décidément à l'état de héros. Mais rien ne peut abattre l'âme inflexible de l'amiral. Jeanne d'Albret arrive au camp pour veiller sur son fils, elle harangue et ralhe l'armée, reprend ses États envahis un instant par les catholiques, négocie avec les cours étrangères en même temps qu'elle relève le courage des guerriers.

Cependant beaucoup de places ouvrent leurs portes aux vainqueurs. Un misérable, Maurevert, assassine le gouverneur de Niort, le brave de Mouy, et le roi le récompense en lui accordant le collier de son ordre. Maurevert avait promis de tuer l'amiral, ce ne fut que partie remise, et cette haute récompense l'encourage à poursuivre son œuvre criminelle.

La cour, mal conseillée, perdit le temps à vouloir reprendre les villes de la Saiiitonge et de l'Angoumois, et débuta par mettre le siège devant Saint-Jean d'Angely, « qui fut, au dire de Lanoue, l'arrêt de la bonne fortune des catholiques. » La ville se défendît pendant plus de six semaines, et les assaillants n'y perdirent pas moins de 6,000 hommes. L'armée catholique, épuisée, ne peut s'emparer d'Angoulême, de Cognac, ni d'aucune des cités où dominaient les calvinistes, et la Rochelle leur offrait un asile toujours ouvert. Pendant ce temps, l'indomptable Coligny, triomphant de la vieillesse et de la maladie qui le dévorait, plus hardi après ses défaites que d'autres ne l'eussent été après une victoire, marchait sur Paris, sachant bien que

c'était à la tête qu'il fallait frapper le parti catholique.

En somme, chacun voulait la paix, en avait hesoin. Le cardinal de Lorraine excitait la jalousie de Charles IX contre son frère, le pressait de le rappeler à la cour, le poussait à mander auprès de lui le duc d'Albe, qui aurait pour lieutenants ses neveux de Guise. Catherine défendait de son mieux son fils bien-aimé, et voyait avec la plus vive répua^nance Henri de Guise hériter de la popularité du duc François, son père. La faction des Politiques lui inspirait de la défiance. Elle sentait que Philippe II rêvait de faire payer trop cher les secours qu'il accordait au roi de France, dont le royaume était épuisé, ruiné, incapable de fournir aucun subside pour l'entretien des armées. La situation des huguenots n'était pas meilleure ; les gentilshommes étaient découragés, les mercenaires réclamaient une solde que l'on ne pouvait plus leur fournir. Le noble cœur de Cohgny se révoltait à la vue des misères, des crimes et des hontes enfantées par une guerre impie, disait « qu'il désirerait plutôt mourir que de retomber en ces confusions et voir devant ses yeux commettre tant de maux (La Noue). »

Tous les partis désiraient donc la paix, et, malgré la victoire de Jarnac et de Moncontour, les catholiques plus que tous les autres. Les protestants ne se montraient nullement abattus par leurs insuccès, et le brave La Noue, ce Bayard du xvi' siècle, avait infligé des défaites aux catholiques à Sainte-Gemme, Luçon, Brouage, l'Ile d'Oléron, Saintes, Fontenay-le-Comte. Au siège de cette dernière ville, il eut le bras gauche fracassé, et l'amputation fut reconnue nécessaire. Pendant l'opération, Jeanne d'Albret tint le bras du patient, qui porta depuis un bras de fer d'un mécanisme ingénieux, avec lequel il soutenait la bride de soi.

cheval. Depuis cette époque, on le surnomma Bras de Fer.

Deux gentilshommes, honorés de l'estime et de la confiance des protestants, Téhgny, gendre de l'amiral, et Beau vais La Nocle entrèrent en pourparlers avec la cour, et, par leur habileté autant que par leur fermeté, obtinrent pour leurs coreligionnaires les conditions les plus avantageuses. En vain Pie V et Philippe II voulurent faire rompre la conférence. Le roi d'Espagne offrait un corps d'armée de 9,000 hommes pour encourager à continuer cette lutte fratricide, et le Saint Père écrivait à Catherine: « Gomme il ne peut y avoir communion entre Satan et les fils de la lumière, on se doit tenir pour assuré qu'il ne peut y avoir aucune composition entre les catholiques et les hérétiques, sinon pleine de fraude et de feintise. » La suite ne prouva que trop bien que la fraude et la feintise existaient dans les replis cachés de l'âme de Catherine, mais en attendant, la paix fut signée à Saint-Germain, le 8 août 1570. C'était ce que La Noue appelait une « paix masquée ; » d'autres la nommaient « boiteuse et mal assise, » parce qu'elle avait été signép, pour la cour, par le boiteux Gontaut-Biron, grand-maître de l'artillerie, et par Henri de Mesmes, seigneur de Malassise. Toutefois, elle était honorable, glorieuse même pour les réformés, qui obtenaient la liberté du culte avec la liberté de conscience, l'admission de tous à tous les emplois, et la reconnaissance que tous ceux qui avaient fait la guerre au roi n'en demeureraient pas moins de fidèles etloyaux sujets. Pour garantie de la parole royale, on leur accordait quatre places de sûreté, La Rochelle, La Charité, Cognac et Montauban. Charles IX acquitta la solde arriérée des troupes allemandes qui s'étaient battues contre lui, et prononça la peine de mort contre les infracteurs de ce traité. Les pro-

testants obtinrent en outre la restitution de leurs biens confisqués, l'approbation de tout ce qui s'était passé pendant les troubles, et le privilège de récuser six juges dans le Parlement. Ce fut l'origine des Chambres-miparties.

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