‹ Histoire des Incas, rois du PérouChapitre 32 sur 103 · CHAPItRE IV · texte numérisé non relu

CHAPItRE IV

))e la conquête de trois belles provir.t s fort belliqueuses,

et extrêmement obstinées*

APRÈS que les Incas eurent soumis la grande province de Huancapampa, ils employèrent quel* ques années (on n'en sait pas précisément le nombre) à en conquérir trois au très, composées de diverses nations qui étaient toutes bien policées ; elles avaient des villes , des gouverneurs et des places fortes. Outre cela j ces peuples faisaient des assemblées pour y traiter des intérêts du pu- Mie, lorsqu'il était nécessaire j ils ne reconnaiss lient aucun souverain, mas ils élisaient irun 3. il

l64 HISTOIRE DES INCAS,

cihiitaiûn consentëthent Aes gduterrièurs* 'pour avoir soin des afiaîr es d viles j et 'des capitaines pour commander leurs brmées ;' 'ils 'tes ^Vatent en grande* vénération, iet^letii^ dbéissaiént*pbnc-

tuéllement durant^ qu-ils étaient en *clîat*ger Ces trois provincies , qui étaient les prihcîpales , se noinmaient Cti^a^ Jéyahuaca et Catiua.'DèÉ que rinca* fut arrivé ^à-leur frontière,* 'il les èûVoya sommer de se rendre et de le reconnaître' pour souverain, ou de se préparer à la guerre* Ils firent réponse qtie n'ayant jamais eu dé seigiièur , ils n'étaient pas d'humeur d'en recevoir un , mais plutôt d'exposer leur vie pour la défense de leur liberté. La guerre s'alluma donc entre les uns et les autres, et elle fut si cruelle, que toutes les oifres de paix et de clémence que put faire Tlnca à ces peuples pour les gagner ne lui servirent de rien. Au contraire , ils répondirent en général qu'ils n'aVaient garde 'd'accepter les conditions d'tm homme qui prétendait les rendre ses 'tributaires et les priver de leur tfncienne' liberté ; et que là' plus gràridte faveur 'qu'il leulrpouvàikr£iire était de s'en retoiimer sans peîiser à les souniettrel Apres qiie' les habitàns dé ces trois 'provinces lui eurent ainsi déclare^ leur Voittnte, ik s'unirent tou^ ensemble pour s'aider les tins les autres, et combattirent si vaillamment qu'il en demeura huit mille sur la place du côté des In cas :

BOLS DU PÉBOU. l65

:eux-€i mirent tout à feu et a saiig pour se venger et les obliger a .se ren4re,; n^ai^ les ennemi^. n'en .'laient point ëtonu^s , et souffiraient tous les malheurs, d^ la, g,uerre ayçc uç. courage, iovinr cible, taii^àls.souti^ita^çnl dç^on^içrvei: leur 1^?^ bertç. Les.Incas,n'aYdJieAt> pas.I^^tô^ gJ^gné sur ^ux qL^?l.que&{)lftc^ f^rjtes^^qMe. çpwf qw ,en réf (^happaient se retr^nçljuiieiit dVpQ 4 fwterissse à^ l'autre;, abandonnant, l^|i|:.pro.pre.payâ et leurs maisons, sa^s^e souçieir ni^dç f^^mmes, ni d'en<» fans, cpa]^o;ie; des. gens qui aimaient mieux mour lir les annçs à. la. main q^ç, de su^ voir afsujétia iv

"WPuis^*acftfitRangîè;re.v Ccypenfl^iltilQS Inca^ gfignèl^'.enlb presque toutj

Nrpay^Aifî^ï^QÇ d^içsipam^uivreel di^ l^.tenir cb prè^; i) i]^ leur, re^fea plus. qu'un petit coin de terre .Qviila se fortifi.èi^ent le, mieux qu'ils purent , (lanf le.d^ssc^n dç $e faire toiUqr enpièces plutôt que de:parji!Çir de se i^wdfe^. En effftt>, ilft souffrirent ti^pa les, iqaux iiqaçinpbl!^ pour s'empêcher dlétre faits ttriliutairiçs d» riaqa.} maia^nfin.quel-* q4psrung/dç leurst plps si^^ , capil^aînes ^ aprè^i av;oii; q^n^j^i^é que. leur peAte. était infaiUîble , quç d-Mtf^ p^ypies ausgi litres qu'eux s'étaient assujéjip k ttiwîa. ^t qu*jtk en avajwyat tii» beaucoup d'avantages 9 IsNien loin que leurs ricbeases C9 %$eni^.<UmÂnu^S% ils. convinrent de poser les arrqes, dç recQnnftitre Vluca , et de luilivrer tous

)66 HISTOIRE DES llfCAS ,

ceux qu'ils avaient sous leur comtiiandéinent. Ifs ne purent pourtant exécuter leur dessein^ sans qu'il y eut quelque tumulte parmi les soldats; néanmoins ils se soumirent tous enfin à l'exempte et à la soUicitatioi^ de leurs capitaines. KInca Tupac Yupanqui les reçut avec beaucoup de clémence, et leur témoigna d^être bien fâché de ce qu'ils s'étaient ainsi laissés réduire aux dernières extrémités ; il ordonna qu'on les traitât comme ses propres enfans, et il fit venir beaucoup de monde des autres provinces pour peupler et cultiver ce pays, qui était presque désert- par la mort d'un grand nombre des habitans qui avaient péri dai^s cette guerre. Il retourna ensuite a Guzco^ après avoir mis ordre a tout ce qui leur était nécessaire, et pour leur gouvernement par-», ticulier, et pour leur religion. 11 témoigna d'être las de cette guerre^ non pas tant pour les travaux qu'il y avait endurés, qu'à cause de l'c^stination de ces Indiens et de la perte de monde qu'il y avait faite ; il dit aussi plusieurs fois que si l'opiniâtreté de ces peupUs n'eût pas donné' un mau-» vais exemple aux provinces qu'il espérait de conquérir à l'avenir , il eût différé à les assujétir dans quelqu'autre tems qui lui eût paru plus propre pour les ranger à son obéissance.

Ces choses s'étant ainsi pa.«sées, le grand Tupae Inca Yupanqui employa quelques années â visi-

1er ses royaumes et à les embellir d^ns chaque ville et dans chaque province par des bàtimena particuliers qu'il y fit faire, tels que furent dé$ maisons royales, des forteresses et des magasins publics 9 des aqueducs , des liemples en l'hoqnjeur du soleil 9 des maisops pomi; les vierges, chQÎsie^s^ et d'autres semblables édifices. Parmi ces orne-, mens, ceux des grands chemins , dont nous parlerons plus ampkqpieiit., ne fu^ixt pas des moina. remarquables^ n(iai& surtout il euj uq sojn^j^articulier de faire achever, la. fortei^essç de Guzpo que riiica Yupanqui sG^n père avajlt laissée imparfaite. Après, qu'il eut passé qi^elquje tems dans cetexercicci. dfi paix, il fit upe çxpjsdition dans ces provinces, du, nord ^ qii^on aj^pelait Chijicha-suyu , dans le dessein de lés réduire sous son empire. Il coo[imença pai:. celle de liuanucu, qui comprenait plusieurs peuples désunis. qui se faisaient une cruelle guerre les uns aux, autres j ils . vivaient dispersés à la campagne sans, republique et sans villes, et avaient quql^ues, places, fortes. sur les montagnes, qui servaient dç retraite aux vaincus. Llnca u'euj; pa^. beaucoup de peine à ^ conquérir ces nations, parce qu'il les traita avec sa clémence ordinaire. Il est vrai que dans quelques combats qui se donnèrent au commence-, ment ceux de Huanucu poussèrent leur valeur

jusqu'à l'insolence , ce qui obligea les capitaines^

l68 HISTOIRE ^ëS llirCA^jf

^é rinca'^dc leâ ch&tier rigoureusement et d^eu tûér plusieurs. Mais le roi léui* cou)]!n'anda 'd'être plus modérèVet de n'oublier pas laloidn fonda-; tcuî* dé leut empire, Manco Capaç, qu'il ^fallait gagnei* les Indigna plutôt par des caï^esèçs et de bons traitemens que parla force dés' armes, en rendant leur victoire sanglante. Cependant le$ habitans de Huanucu , intimidés d\i]^ côte par Iç châtiment qu'ils venaient de recevoir , et de l'autre attires par les bienfaits et par* les' pror messes ^e l'Inca , se rendirent enfhi , pétillèrent des villes , reçurent là religion dès Ihcas çt s'accommodèrent à leur gouvernement; ce qui fit fleurir e'n fort peu de' tems^ cette bdle province dç Huanucu, remarquable entre les autrespar la boiité de son a|r et par la fertilité de son terroir *, elle devint aussi la capitale de jilnsieuts. autres provinces de sa frontière. Lés Iriçâsy bà-. tireiif de plue un magnifique temple àti soleil, favèW singulière dont on n'honorait qiie les pfo-* viiices les plus fameuses , et ils y fondèriçrit une maison aux vierges choisies. 11 y avait vingt mille Indiens qui allaient toutes lés itnnées servir ces^ maisons par quartier : quelques-uhs même en métVent jusqu'à trente mille, et disent que lé nombre en était grand , plus ou moins , selon que les provinces étaient peuplées. Pedro de Ciëça rapporte plusieurs choses remarquables* dis Huç-.

liuca dàM le cba^kfe 8t> dé soii litre ^ omis fe me bôntentévài d'en copier les pàfôies 'sniTanCeV qui coh'fii^inéirt ce que j^il aVâilcë : «H y avait' dans là • province Huatiucu' unie tïiaisoiï royale, dont le* bâtlmient était iadôiiràble et ^otlr la gfsciï-. deùi^âètéïpSéfTbs'etpottrsôti alrhitécttrré/ Cette maison ëtàlt laf principale' de Celles des prôvinfèes licditrophès des Andeà , et il y avafit toilt prës'iln riche teinpie dédi^ sM'sbfèil , ave<i un' si gtiind pôffilnre 'de vièrjgSes 'dioisies' et d'officiers'^ qu'on (nomptiiit ^-^^ téttÉs des Ihèas^ plus de trente mille personnes qui servaieilt'ordinàircfment dans ces* lûàisons. L^jltiiièSpâl 'sefitï'de tau» lèsiniendans des Incasrëtâit de lëtièr le' tribut tyréinaii^, et de feiiref'erf sôfte'que crtJx* dèh* villes fjrontièrefr'envdyaèftcfiit lès^gens'qtd devaient Mrvit*'pai^ quartier.* »•*

11 lie se paMsà pbiht aUtf ë cfUoMi dans Ib coh-* quétëH)i^fiIiianhcù> qtie iioii§ aVoris racontée siicciAdèinèiit* ; ubits^déeiirôns au^si en' peu' de mots: tbhtift les'cdfl^iilêtëfsmlivàrites'qùe'fii'e^ ces roi^ ,. aatqueileS jë^iiietti^i fin' lUt^cfile je viendrai à« tniitléH di« gMï^rés q^ëui*ént ensemble Huasoair rt Atlrlïi^l)^^, pétitJ«fe'de^dct: Ihtea Tilpac YiipàtiqUli

Pdai* i^^etiiî^- lùkiiiténant à* Ih sùite^ de- tHi^n liistôire, il Ôiil^t ^Volir que Pldca' rtît sur pied une pubsante armce , et fit d'avers préparatifs de

l'JO HISTeiR£ DES IMCAS,

guerre pour l'ai^ne'e suivapte , dans laquelle il se proposait d^aller conquérir la grande province des Ganarios, capitale de plusieurs autres proYinçes^ et habitée par de vaillans hommes. Ces peuples portaient pour l'ordinaire les cheveux fort longs , qu'ils retroussaient tous ensemble sur. le haut de la tête et en faisaient une touffe. Les genlilbommes , et ceux qui étaient les plus propres , portaient au lieu de bonnet un certain cercle fait en forme de tamis , et qui avait enviroi\ trois doigts de large*, ils y mettaient au milieu , par galanterie , quantité de tresses de diverses couleurs. Mais ceux qui ne se piquaient pas d'une si grande propreté , ou qui étaient de basse condition^ faisaient des bonnets avec des callebasses et s'imaginaient qu'ils étaient ainsi bien coiffés.^ c'est pourquoi tous les autres Indiens , pour se moquer des (Janarins , les appelaient ordinairement Mathiur ma , c'est-à-dire , télé de callebasse. Avant le rè-^ gne des Incas, les Ganarins allaient mal vêtus et presque tout nus ; ils se couvraient seulement les parties honteuses d'une espèce de tablier qui leur pendait par devant. Il y avait parmi eux quantité de seigneurs qui , n'étant pas si forts que les autres , se liguaient ensemble pour se défendre contre les plus puissans qui avaient accoutumé d'assujétir et de tyranniser les plus faibles.

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