‹ Histoire des Incas, rois du PérouChapitre 57 sur 103 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Ceux de Tîle de Puna tuent les capitaines de Huayna.

Gapac.

Pendant que les Guracas tramaient leur complot 9 rinca Huayna Gapac , assisté de son conseil 9 n'oubliait rien pour civiliser ces nations et les amener à une vie réglée. Mais pour en venir plus tôt à bout il résolut d'envoyer quelques capitaines du sang royal à ceux delà terre-ferme , afin de les instruire dans la religion des Inca^ et d'y établir leurs coutumes et leurs lois. Il chargea même ces officiersde prendre des soldats avec eux, de les mettre en garnison, et de s'en servir en cas de besoin. Les habi tans de l'île promirent aussi de fournir des vaisseaux pour transporter tout ce monde jusqu'à une certaine rivière oii ils

ao.

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deTaient aborder. L'Inca n'eut pas plus tôt donné ces oi^res^ qu'il reprit le chemin de Tvinpiz pour y terminer quelques aftaires importantes qui regardaient le gouvernement de ces peuples. 11 idut avouerque ces princes avaient tantàcoenr le l>ien île leurs sujeLs . que ce n'est pas sansrai- -vii '.[uc lus Indiens leur donnaient le titre d'amis il tie bienfaiteurs des pauvres. C'est aussi à cette ( CL\ sion que le R. P. BL:s ^ alera les appelle des bons pc I es de famille ., et les tuteurs des pupilles. Aussitôt que le roi fut parti de l'île , ses capitaines se mirent en devoir de se rendre à la frontière , où sa majesté les envoyait. Us firent ilonc venir des bateaux pour traverser ce bras de mer : loccasioa parut belle aux Curacas ligués ensemble ; mais pour exécuter plus facilement leur entreprise , ils résolurent de ne donner que la moitié des bateaux . et de faire ce transport en deux lois. On nVmbarqua donc qu'use partie des soldats et des capitaines , tous gens d'élite . et très-expérimentés au niétier de la guerre. IVailleui'S . ils étaient richement équipés les uns et les auti^es. en qualité d'incas qui approchaient do plus près la personne du. roi. L<»squ'ôa fut arrivé à une certaine hauteur où les barbares avaient rèsoUide jouer leur tragédie, ils coupèrent les cordages tles vergues , et ils jetèrent en même tems tous les Incas dans la mer : ceux-ci qui ne

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se défiaient de rien , eurent beau se mettre à la nage pour sauTer lem* TÎe, les insulaires, plus habiles qu'eux à cet égard , assommèrent les uns à coups d'aviron et tuèrent les autres avec leurs propres armes , sans qu'il en échappât un seul. Victorieux de ces troupes , et maîtres de leurs dépouilles , ils firent de grands cris de joie de tous càtés , et ils se bercèrent de Tespérance qu'ils seraient assez forts pour secouer le joug de Hiuiyna Gapac. Quoi qu'il en sok , ils i^etoumèrent à File pour embarquer les capitaines et les soldats qui devaient suivre le premier détachement ) et sous préte&te de les conduire au lieu du rendcE^vous , ils leur jouèrent le même tour qu'aux autres. Ensuite on fil main-'basse dans toute File et datis les provinces du voisinage sur tous les gouverneurs , les intendans de la justice et les trésoriers des revenus du soleil et de rinca que ce dernier y avait établis. Mais leur rage ne s'arrêta pas ici : non contens de les avoir massacrés avec beaucoup d'inhumanité , ils attachèrent leurs têtes aux portes de leurs temples, etoflFrirent leurs cœurs et leur sang à leurs idoles, pour s'acquitter de la promesse qu'ils leur en avaient faite dès le commencement de leur rébellion.

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