‹ Histoire des Incas, rois du PérouChapitre 6 sur 103 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De la troisième fête solennelle , qu'on faisait en l'honneur

du soleil.

Il y avait quatre principales fêles que les Incas célébraient à leur cour. Nous avons déjà parlé des^deux premières, nous parlerons des deux dernières dans ce chapitre et dans les suivans.

La troisième fête solennelle était nommée CuS" cuieraymi^ et se faisait après les semailles , quand leur maïs commençait de paraître hors de terre. Us offraient alors au soleil quantité d'agneaux , de moutons et]de brebis brehaignes^ et le priaient de commander à la gelée de ne point toucher à leur maïs. Ils honoraient cette fête de danses et de festins , où ils buvaient à l'excès. On partageait la chair des victimes aux assistans, parce que les sacrifices se faisaient pour tous. 11 est vrai qu'on ne présentait qu'au soleil seulement le principal agneau ^^ avec le sang et la fressure de toutes les autres bêtes immolées , qu'on jettait ensuite dans le feu , pour y être consumées , comme on le pra«» tiquait à^^la fête Ray mi.

Au reste , il ne faut pas s'étonner s'ils fa^ient des sacrifices et des vœux au soleil pour garantir leur maïs des mauvais effets de la gelée , dans les

tems qu'elle pouvait leur nufre le plus, puis-* que ce blé ëtait leur principale nourriture, et la gelée ce qui Tendommageait davantage. Il faut remarquer ici qu'il gèle toute Fannëè , tant en été qu'en hiver dans cette vallée de Cuzco , dans celle de Sacsafauana et aux autres de la frontière» et qu'il n'y fait pas même tant de froid h Noël qu'a la Saint*Jean , à cause que le soleil est plus éloigné d'eux en ce tems - là. J'ai observé à Cuzco que lors que ces Indiens ne voyaient point la nuit de nuées au ciel, ils allumaient du feu chez eux, et en mettaient aux fumiers pour faire de la fumée , parce que , disaient - ils ^ cette fumée tenait lieu d'un nuage, et empêchait qu'il ne gelât. Mais je ne sais pas si on le fait encore au-» jourd'hui, je ne sais pas non plus les raisons de cette pratique, et de beaucoup d'autres que j'ai vu observer dans ma patrie , parce qu'étant fort jeune lorsque j'y étais , je ne me mettais pas en peine de les demander.

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