CHAPITRE XI
RébellioQ des Caranques et leur cliâtiiiienU
L'iiTCâ Huayna Capac était occupé pour la dernière fois à visiter ses royaumes , lorsqu'il reçut
la nouvelle que la province de Garanque penchait à une révolte générale. En efiet , ces peuples cruels et barbares , qui se nourrissaient de chair humaine et qui appelaient religion la coutume d'offrir en sacrifice le sang, les têtes et les cœurs de ceux quHIs mettaient à mort, ennuyés du joug de rinca^ et surtout de la contrainte où sa loi les tencitassujélis , se soulevèrent contre lui. Cette rébellion fut d'abord suivie des autres provinces frontières , dont les habitans , aussi brutaux que leurs voisins, appréhendaient Tem* pire de l'inca, dans la crainte qu'il né leur défendit tout de même les débauchés et les excès dont ils faisaient leurs principales délices. Ils se lignèrent donc ensemble , et ils entreprirent de lever quantité de troupes à la sourdine pour tailler en pièce les gouverneurs de Tlncas , ses mînis- Ires et les soldats qu'il leur avait laissés en garnison. Pour mieux cacher leur dessein, ils affectèrent de servir les gens de l'Inca avec plus d'ardeur que jamais et à leui' donner de grandes marques d'amitié. Mais le jour destiné à l'éxecution ne fut pas ])lus tôt venu, qu'ils en firent un Sanglant massaci cet en offrirent les têtes, lescœurs et le sang à leurs faux dieux, rn reconnaissance de ce qu'ils les avaient délivres de la domination des Incas et remis dans leurs anciennes coutumes. Ce n'est p: s tout, ils mangèrent goulu-
ment la chair de ces infortunes, pour se venger de rinca qui leur avait défendu de se repaître de chair humaine et fait punir à la rigueur ceux dVntre eux qui avaient violé ses ordres. En un mot, ils exercèrent contre les gens de Huayna Ga^ pac y toutes les cruautés que la rage leur put suggérer. Ce prince, sensible au dernier point 4 ce cruel outrage , mit une grande armée sur pied et marcha contre les rebelles. Aussitôt qu'il fut arrivé sur leur frontière, il leur envoya des messagers pour leur offrir une amnistie de leur crime 5'ils voulaient lui en demander pardon et avoir recours à sa clémence. Mais bien loin de prêter 1 oreille aux propositions de ces députés ^ ils leur repondirent avec hauteur , ils les maltraitèrent même , et peut s^en fallut quUls ne les missent à mort. Huayna Gapac, averti de cette nouvelle in-* suite , fit avancer son armée contre eux , avec ordre positif de ne les point épargner et de mettre tout à feu et à sang. L'on en vint donc aux main», et il y eut un grand carnage de part et d^autre. Les Garanques, animés par lacrainte dusupplice, et les troupes^de Tlnca , qui ne cherchaient qu'a venger l'affront fait à leur prince , se battirent avec iine opiniâtreté incroyable. Enfin les enne-* mis, hors d'état de soutenir le choc en plaie campagne, eurent recours aux stratagèmes et aux escarmouches ijils ne pensèrent plu» qrfà défen-
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dre les avenues , les défilés et les autre» postes fortifiés par la nature. Mais tout cela ne leur servit de rien , il fallut céder aui forces de l'Inca et de^^enir presque tous prisonniers de giierre. Les principaux auteurs de la rébellion se troa« vèrent autour de deux mille, dont les uns étaient Caranques et les autres du nombre de leurs alliés que rinca n'avait pas encore assujétis. Afin donc qu'on ne perdît point le souvenir de cette révolte , et que la mémoire du châtiment se conservât jusqu'à la postérité la plus éloignée , il ordonna que tous ces coupables fussent mis à mort et jetés dans un grand lac qui est entre la frontière des uns et des autres de ces peuples^ et qu'on appelât pour cet eflfet labuarcocha , c'est-à-dire mer ou Lie de sang. Pedro de Cieça , qui ne touche qu'un mot de cette aventure au chapitre 87 de son livre , dit qu'il y en eut jusqu'à vingt mille d'exécutés : mais cela se doit entendre de tous ceux qui périrent de part et d'autre dans cette guerre , qui fut une des plus sanglantes*
Âpres que ilnca Huayna Capac eut châtié les rebelles» il se rendit à Quito , bien affligé de ce que , durant son règne , il s'était commis des crimes si détestables , qu'ils l'avaient conlraint d'en venir a un châtiment si rigoureux et si op posé à son naturel. 11 se plaignait de a'avoir pas l'occasion d'imiter la clémence et la bonté de ses
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Micéln^ , tôt ds vivre dans «n fcenw «i ku)«l a^i révoitôs , puiaqaHl R^y en aviit poiot en dTatili^s jusqu'à son règne «pne celle des Gkaîicas , arrivée sous Tempire de l'Inca Viracocha. Mais il seittble que tous œs tumn^les présageaient la grande révolution qui survint dans son pays^ et la ruine totale de sa famille | comme noua le verrons bientôt.