‹ Histoire des Incas, rois du PérouChapitre 79 sur 103 · CHAPITRE XXVIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIL

Des olives, et du premier qui en apporta au Pérou pour

eu planter.

Don Antoine de Ribera , habitant de la yiile des Rois , qui était allé depuis quelques années en Espagne , en qualité de procureur général du Pérou j en revint l'an 1 56o , et apporta des meilleures olives qu'il put trouver à Séville, avec plus de cent greffes d'oliviers pour les replanter. Mais quelque peine qu'il prit a les conserver le long du chemin , à son arrivée en la ville des Rois 9 elles se trouvèrent toutes mortes , à la réserve de trois qu'il planta dans un fort beau ver^ ger qu'il avait dans cette vallée ; on assure qu'il tira plus de deux cent mille poids des raisins , des figues , des grenades , des melons , des oranges , des citrons , et des légumes d^pagne qu'il avait recueillis dans ce verger, et qu'il fit vendre à 4a place de cette ville. Ce don Antoine mit en sentinelle tout autour de son verger cent nègres 3. 36

/fOa HISTOIEE DBS INCAS,

et trente chiens , pour empêcher qu'aucun du pays ne put avoir de ses greffes d'olivier^ afin d^en transplanter ailleurs. Mais malgré tousses soins pour en éloigner les voleurs, il ne putempécher qu'il n'y eût des argus plus vigilans que les chiens ; qui , du consentement de quelqu'un dos nègres qui fut gagné à ce que l'on croit, lui dérobèrent, à la faveur de la nuit, un de ces trois planls qu'on transporta au Chili) à six cents Heurs d(î la ville des Rois , oîi durant trois ans il produisit , tant au grand profit de tout ce royaume , qu'on n'y plantait aucun rejeton , quelque délié qu'il fût , qui ne prît racine , et qui ne devint vn peu de tems un olivier trèsfertile.

Mais enfin , au bout de trois ans ceux qui avaient dérobé ce plant, contre lesquels don An* toine de Ribera avait fait lancer plusieurs excommunications , le rapportèrent au même endroit d'oii ils l'avaient pris , et le firent si adroitement, que celui à qui il appartenait ne put jamais savoir qui en avait fait la restitution. Le terix)ir du Chili s'est trouvé plus propre à produire des oliviers que celui du Pérou , ce qui vient sans doute de ce qu'il n'est pas si éloigné c|ue l'autiT , étant à liante ou quarante degrés H presqu'eu même parallèle que l'Espagne. Cependant il y a drs oliviersau Pérou, mais ilsve-

' IIOIS bu PÉROU. 4^3

riaient mieux sur les montagnes que dans la plaine ipiand on commença à les cultÎTer. Dans les plus fameux festins on regardait comme une graude magnificence que de donner trois olives seulement a chacun des conviés. Depuis ce iems« là on a transporte au Pérou de Thuile du Chili , dont on use encore aujourd'hui.

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