CHAPITRE XXX
De plusieurs nouveaux noms dont on se sert pour marquer
les diverses races.
LEâ Bdpâgnols qui sont allës nu Pérou , et ks
nè^es qu'ils y diit àmetiés esclaves ^ ont ddtiUé
occa^^fi-à faille divers liiots poui- disliuguei^ Its .
familled^ qii^l ne sera pas inutile d'expliquéi" iek
Nous répéterons pour cet eStî , ce que' Uous eu
avons dit daiis notre Hlitowé de la Flùridd On
appelle Espagnols dU Castillans ^ ceux qui ipont nés
eu Espagne ^ on se sert indifféresQUietit de ces deot
noms. Les e^Êms d^ i^eUi-ci qui sont nés siut
Indes , sout appelés ériollo ott eridlfa. Les nègl^s
donnaient ce nondi hnii enfans qui leur étaient née
aux Indes, pour \eÉ distinguer de ceux qui étaient
n^ daUs la Guinée leur patrie , et ils se serâieui
choqués , si oU fl^vait appelé ces d^rnieri crieilds.
Les Espagnole ont empruuté deux cenom^ Oti
appelle mulat et mulate , ceux qui soift nés d'un
nègre et dPune Indienne , ou d'uA Irtdieà et d'uue
4aO HISTOIRE DES INGAS,
négresse. Les fils de ceux-ci sont nommés dbolo, qui est un mot des îles de Barlovento^^ lequel signifie chien de voirie , dont les Espagnols se servent quand ils veulent injurier quelqu^un. On nomme métifs ceux qui sont nés d'un Espagnol et d'une Indienne , ou d'un Indien et d'une Espagnole , pour montrer qu'ils sont mêlés de l'une et de l'autre de ces nations. Les Espagnols donnèrent ce nom aux enfans qu'ils eurent dans les Indes : et par cette raison je m'en tiens fort h(H noré , quoiqu'on le méprise aux Indes, et que plusieurs aimentmieuxéireappelés montagnards^ nom qui leur a été donné par un grand seigneur qui faisait gloire de les traiter indignement. Il est vrai que le nom de montagnard est honorable en Espagne , à cause des grands privilèges qui ont été accordés à ceux qui sont aux Âsturies , et dans les monts de Biscaye; mais il est injurieux pour ceux qui ne sont point nés dans ces provinces ', car , comme le remarque le grand docteur Antoine de Lebrixa , dans son Dictionnaire , ce mot signifie proprement tout ce qui appartient â la montagne. D'ailleurs , il ne se peut prendre en bonne part dans la langue générale de ceux du Pérou , qui appellent les montagnards sacarunnas , c'est-à-dire sauvages ; de sorte que celui qui a voulu les traiter indirectement en barbares, les a nommés montagnards ; et cependant mes pa-*
ftOIS DU I^ÊROU. 4^!
reas ^ faute de pénétrer dans la malice de cet im^ posteur , se piquent de porter ce nom qui leur est injurieux , et méprisent celui qui leur ferait honneur , et qui leur a été donné par leurs ancêtres. On nomme les enCans d'un Espagnol et d'une me-: tive , ou d'un métif et d'une Espagnole , quatrain vos, pour marquer qu'ik ont quatre parts d'un Indien et trois d'une Indienne. Enfin on appelle le fils d'un métif et d'une Indienne , et d'un Indien et d'une métive , tresalvos , pour faire connaître q.u'ils tiennent les trois quarts de l'Indien etle quart de l'Espagnol. Venons maintenant aux rois Incas, fils du puissant Huayna Capac.