‹ Histoire des Incas, rois du PérouChapitre 84 sur 103 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

fluascar Inca fait demander à son frère Atabua)lpA le droit d'hommage , et qu'il ait aie reconnaître pour çeigneur.

Huayna Gapac étant mort , ses deux fils passèrent quatre ou cinq ans dans une assez bonne intelligence , et se contentèrent de posséder leurs états en paix , sans aspirer a de nouvelles con^

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quélts. 11 est vrai que le roi Huasel^* n'en pouvait faire aucune que du eonsentemcnt de son frère , qui possédait le royaume de Quito, situé du coté du septentrion ; par où il lui fallait passer nécessairement pour soumettre de nouveaux peuples i son fempire. Car pour les trois autres parties , les Incas les avaient déjà toutes conquises do l'orient à l'occident , savoir depuis les hautes montagnes des Antis jusqu'à la mer ; et du o4té du midi jus^ qu'au royaume de Chili. I^'Inca Hatahuallpa ne pensait point , non plus que son firère Huasèar , à s'assujétir d'autres peuples , content d'avoir pour vassaux ceux que son père lui avait laissa. l!s vév:urent donc tout ce tems-là dans une pleine tranquillité , sans se faire aucun tort l'un à l'autre. Mais comme les rois ne peuvent souffrir de compagnon , l'Inca Huascar se mit dans l'esprit tout d'un coup qu'il en pourrait bien avoir un à l'avenir^ et qu'il avait très-mal fait de consentir, pour obéir à son père , que le royaume de Quito qui lui appartenait de droit , fût donné à son frère Âtahuallpa. Il se représenta là-dessus, que c'était une sottise de souffrir qu'un royaume de cette importance fut séparé de son empire ; que la démission qu'il en avait faite lui coupait le passage à ses conquêtes y qu'êlU l'ouvriut au cQntraii:e à celles de son frèire Atahuallpa ^ qui pouvait faire beaucoup de progrès dece côtërlà par

ses armes ^et se rendre par ce moyen plus redou* table que lui ; que ce lui était une honte en particulier de sbuffrir un compagnon dans ses états > lui qtû devait élre le seul monarque y coninie son nom de Capac Inca le marquait ; et qu'en on mot 9 connaissant son frèrâ d'un naturel remuant et ambitieiix , il devait craindre qu'il ne devînt aSsex puissant pour le chasser de l'einpire. Toutes ces considérations qui n'étaient point sans apparence , agitèrent si fort l'esprit de fluascar Inca , que pour se le mettre en r^pos^ il en^voya un de ses pareiis à son Yrère Àtahuallpa , pour lui dire ; ce Qu'il savait bien que pal* l'ann cienne ordonnance du premier Inca Manco » Capac , que tous ses de&cendans i^vaiei^t pbserh véè , le royauJDfie de Quito , et to<ites Içs autre^ ^ provinces qu'il possédait étaient de la couronne » et de l'empire de Cuzco ; que la démission qu'il )} avait faite de ce royaume ^ entre leû mains du » feu roi son père , était plutôt une obéissance » forcée qu'une action de justice ; qii'ay$nt été » faite au préjudice delà couronne et de ses suc- » €esBeùt*s ) ni son père ne devait point U per- D mettre , ni la lui donnier ; et que ncaqmpîps » puisqu'il l'avait faite ^ il consentait de j'y tjeiuir, n pourvu qu'Atafauallpa acceptât ces deuâ çdndin tiens ; là première ^ qu!il n'ajouterait pas un ») seul pouce de terre à son royaume ^ parce que

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M tout le pays qu'il y avait à conquéur apparte- >' naît à Tempire ; et la seconde , qu'il le reconif naîtrait pour son seigneur, et lui rendrait » hommage. >'

Atahuallpa qui notait pas assez puissant pour faire la guerre à son frère a découvert , usa de dissimulation. H reçut en apparence cette ambassade avec toutes les soumissions , et toutes les déférences imaginables; et après avoir bien pensé pendant trois jours à tout ce quHl devait faire, il fit appeler l'ambassadeur , et lui dit d'une manière qui paraissait fort sincère : f< Qu'il avait M toujours reconnu , et qu'il reconnaissait en M son ame le Capac Inca pour son unique sei- » gneur ; que bien loin de penser à ajouter la )^ moindre chose au royaume de Quito , il était » prêt à le rendre au roi son frère , s'il lui plai- >' sait de le ravoir y que pour ne lui donner au- ^> eun ombrage, il soutirait d'aller vivre à sa cour u vn homme privé comme ses autres parens , et >^ qu'il le servirait dans toutes les occasions qui » se pi'ésentenùent « comme son prince et son ^ légitime seigneur. >^ L'ambassadeur fit savoir cette réponse à l'inca Huascar , par un courrier qu^il lui dépécha aussitôt suivant l'ordre ^'il en avait. Cependant il ne quitta point la cour d^Atahuallpa ^ où il était nécessaire qu'il séjournât pour veiller aux intérêts de son maître, Huascar

fut extrêmement satisfait de la réponse de son. frère , car il ne demandait pas mieux que de Ti* vre bien. avec lui. Il lui fitjdire : « Qu'il était fort aise de lui voir posséder le royaume que son père lui avait laissé, et de lui en confirmer le don, à condition qu'il viendrait à Guzco , dans un certain terme préfix , pour lui rendre hommage et lui prêter le serment de fidélité. >i Atahu^llpa répondit : « Qu'il s'estimait l'homme du monde » le plus heureux , de savoir la volonté de l'Inca , » afin de l'exécuter de. point en point ; qu'il ne » manquerait pas de se mettre en chemin dans le » tems limité pour lui aller rendre l'obéissance » qu'il lui devait , et qu'afin que le serment se » fît plus ponctuellement , et avec plus de solen-« » nité , il suppliait sa majesté de permettre que » ceux des provinces desesétatsraccompagoa^çnt » encore a Guzco , pour assister à la pompe fu- » nèbre de son père Huayna Gapac , suivant Tan- » cienne coutume du royaume de Quito , et de )) toutes les autres provinces ; qu'au reste, après » qu'on aurait fait la cérémonie , lui et ses vas- » saux prêteraient tous ensemble le serment » auquel ils étaient obligés. » Huascar Inca consentit à ce que son frère demandait, et lui fit dire qu^il réglât, i:omme ils le trouverait bon , toutes les choses qu'il jugerait nécessaires pour les funérailles du roi son père ) qu'il était bien aise

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qu'elles se fissent selon la coutuma ordinaire , et que pour cfet eflTel il pourrait venir àCuzoo, quand il en serait tems. Cette risôlution fit plaisir aux deux frères , mais d'une manière diflB^rent^. Car Huascar regardait toutes les dëmiirches de son lirère comme des preuves certaines qu'il n'avait rien à craindre de sa part. D'un autre c6té AtahuaUpa, voyant que son frère ne se défiait point des pièges qu'il lui tendait poiir lui ôter la vie et l'empire , ne douta point qu'il ne vînt à bout de ses desseins en le prenant ainsi au dépourvu.

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