‹ Histoire des insectes du pin maritime. Tome premier: ColéoptèresChapitre 11 sur 31 · RE PUR NN A · texte numérisé non relu

RE PUR NN A

du Pin maritime. 361 NYMPHE.

Elle est remarquable par les tubercules épineux et cornés disséminés sur le dos du proihorax et sur l'arceau dorsal des segments abdominaux, et qui font de la région dorsale de cette nymphe une sorte de ràpe. Le mésothorax est finement strié en travers et le dernier segment est muni, près de l'extrémité, de deux petites épines relevées. Toutes ces particularités sont signalées par M. Lucas, mais il a omis de mentionner un caractère très saillant : c’est l'existence, au milieu du bord postérieur des 2e, 3e, 4c et 5e segments, de deux saillies blanches et cartilagineuses en arc renversé, et vis à vis chacun de ces arcs, sur le bord antérieur du segment suivant, la présence d’une crête horizontale roussâtre, à bord tranchant, corné et ferrugineux, et très légèrement échancrée.

INSECTE PARFAIT

Longueur 28 à 50 millim. Subconvexe, brun ou d’un brun rougeâtre. Tête très rugueuse antérieurement ; creusée d'un sillon médian très profond qui s’affaiblit vers le vertex. Antennes parsemées de points espacés et ne dépassant pas le milieu des élytres. Prothorax très fortement rugueux sur toute sa surface, ayant sur les côtés de petites crénelures et une dent triangulaire. Elytres plus larges que le prothorax ; canaliculées extérieurement à la base; arrondies à l’extrémité, avec une petite épine à l’angle sutural ; rugueusement ponctuées; parcourues par deux lignes élevées, souvent obsolètes. Pattes lisses ou parsemées de points très fins. Femelle.

Le mâle diffère par les caractères ci-après : couleur plus

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claire; antennes fortement ponctuées, surtout à la base, plus longues que le corps. Prothorax sans dent latérale ; simplement crénelé ; finement chagriné; ayant de chaque côté de la ligne médiane un empâtement luisant, subtriangulaire, et un autre beaucoup plus petit entre celui-ci et le bord latéral. Elytres de la largeur du prothorax. Cuisses antérieures fortement chagrinées.

La femelle de l’Ergates pond ses œufs, de la mi-juillet à la mi-septembre, dans les souches ainsi que dans les tiges plus ou moins récemment mortes des pins gros et moyens. Ces œufs ont 3 millim. de long; ils sont ellipsoïdaux, d’un blanc sale, marqués sur toute leur surface d’une réticulation saillante et grise, formée de mailles hexagones et d’un joli effet. Ils ressemblent aux œufs de la Geometra cratægaria et du Satyrus egæria figurés par M. Lacordaire dans son Introduction à l'Entomologie (tome [, pl. 1, fig. 8 et 12).La femelle les introduit dans l'épaisseur de l'écorce, à l’aide de son oviscapte corné, et dès sa naissance, qui a lieu quinze jours environ après la ponte, ainsi que je m'en suis plusieurs fois assuré chez moi, la jeune larve, longue alors de 3 millim. seulement, travaille à pénétrer jusqu’à l’aubier où elle ne tarde pas à disparaître. Elle prend un accroissement assez rapide, et à l’aide de ses puissantes mandibules elle creuse dans le bois, en tout sens et jusque dans les plus profondes racines, de larges galeries proportionnées au volume de son corps, et dans lesquelles elle laisse peu de détritus. Je l’ai trouvée aussi dans des souches, de 5 centimètres de diamètre seulement, de jeunes pins abattus pour l’éclaircissage. Une seule larve suffit pour détruire toutes les parties internes d’une de ces souches dont elle fait un véritable tube.

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M. Lucas parle de l'agilité de cette larve et de sa vigueur remarquable, qui la fait triompher même d’une forte étreinte. Ce fait est parfaitement vrai, et je l'ai maintes fois constaté. On conçoit dès-lors avec quelle facilité elle chemine, même à reculons, dans les chemins couverts qu’elle se creuse. Quant à l’agilité, il va sans dire qu'elle n’est que relative, car on ne peut pas s'attendre à en voir une bien grande dans une larve de Longicorne. Il est vrai de dire pourtant que celle de l'Ergates, grâce à ses mamelons puissants et à ses énergiques contractions, parcourt ses galeries bien plus rapidement que la plupart des larves de la même famille, et qu’elle rampe assez vite (ce que celles-ci ne sauraient faire) sur un plan lisse et horizontal.

Lorsque l'instant de la métamorphose est venu, elle se rapproche de la surface du bois. Si la souche est couverte de son écorce, elle poursuit sa galerie remontante jusqu’à une faible distance de la surface externe de l'écorce; si au contraire celle-ci a été enlevée, elle laisse une très faible couche de bois ; elle prend, en un mot, des dispositions telles que, dans tous les cas, l’insecte parfait n’ait à ronger qu'une petite épaisseur pour devenir libre. Admirable prévision ! qui, du reste, est propre à une multitude de larves, et dont on a déjà pu voir plusieurs exemples dans le cours de ce travail. Cela fait, elle s'enfonce à reculons jusqu’à une faible profondeur, et là, soit dans la galerie, soit au milieu des détritus qu’elle refoule et pétrit de manière à y former une large cellule ellipsoïdale, elle se transforme en nymphe.

Les aspérités et épines dont celle-ci est pourvue lui sont d’une grande utilité ; elles lui permettent de se retourner dans sa loge, ce qu’elle exécute avec la plus grande facilité

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en frappant, par un mouvement rapide et demi-circulaire, le plan de position avec la partie postérieure de son corps. Elles l’empêchent aussi de glisser dans la galerie.où, comme je l’ai déjà dit, s'opère souvent la métamorphose, presque sans préparatif ; elles lui donnent enfin la possibilité de remonter si elle en éprouve le besoin.

C’est aux mois de juillet et d'août et au commencement de septembre que se montre l'insecte parfait.

CRIOCEPHALUS {Cerambyx) RUSTICUS L.

Fig. 359-361.

Six larves de longicornes, de genres tous différents, peuvent vivre concurremment dans une même souche de pin : celle du Rhagium indagator, qui ne quitte jamais le dessous de l'écorce, et que cette particularité seule distinguerait suffisamment; celle de l'OEdilis montana, qui se conduit ordinairement de même, mais qui, souvent aussi, aux approches de la métamorphose, plonge dans le bois; et dans tous les cas laisse sous l'écorce des traces qui la font reconnaître; celle de la Leptura rubro-testacea, du Criocephalus rusticus, de l'Ergates faber, du Spondylis buprestoides, qui toutes, dès leur naissance, s’enfoncent dans le bois où elles sont souvent pêle-mêle, avec cette circonstance embarassante pour l'observateur, que parfois les larves d’Ergates, jeunes encore, n'ont pas une taille plus forte que les autres.

J'ai donc dü m'’attacher à trouver dans chacune de ces larves des caractères à la fois faciles à saisir et constants à tous les âges, puis j'ai dû chercher à constater à quel insecte chaque larve en particulier donne naissance.

du Pin maritime. 365

Ce dernier résultat, je l’ai obtenu, d’une part, par l'éducation des larves dans de la sciure de pin fortement pressée dans des vases quelconques et entremêlée d'assez gros fragments du même arbre; d'autre part, par l'exploration de milliers de souches dont je finissais par trouver quelquesunes habitées exclusivement par une seule espèce de larves de longicornes, ou du moins par une espèce bien dominante, et que je visitais ensuite à une époque où j'étais sûr d'y trouver des insectes parfaits récemment éclos ou des nymphes. Je suis arrivé ainsi à débrouiller ce chaos et à faire mes appatronements avec la plus entière certitude.

Le premier résultat, celui de la distinction des larves elles-mêmes, a exigé l'examen de larves par centaines, et j'y suis parvenu aussi de manière à ne pas laisser le moindre doute.

La larve de l'Érgates a été éliminée la première, parce que, après avoir étudié les individus bien développés que je savais lui appartenir, j'ai retrouvé dans les individus les plus petits de la même espèce les caractères qui la distinguent, c’est-à-dire les dentelures du bord antérieur de la tête et les stries des mandibules. Une autre larve présentait, près du bord postérieur du douzième segment, deux très petites épines cornées et rapprochées, et ce caractère, ainsi que d’autres, ne se trouvaient pas sur une troisième ; ces deux dernières n'étaient donc pas de la même espèce, et, en effet, je constatai ensuite que la première appartenait au Criocephalus et la seconde à la Leptura rubro-testacea. Où était donc la larve du Spondylis si commun dans la contrée, et signalé comme parasite du pin? Je me remis à l’œuvre, et à force de patience je parvins à reconnaître que, parmi les larves pourvues de deux petites épines au dou-

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zième segment, il y avait deux espèces distinctes. Leur éducation séparée confirma cette présomption.

L'une de ces deux larves, je l’ai déjà longuement décrite, c’est celle du Spondylis; l'autre est celle du Criocephalus, dont je m'occupe en ce moment.

LARVE

Elle diffère de celle du Spondylis uniquement par les caractères suivants :

Bord antérieur de la tête moins noir, teinte roussâtre du front plus étendue ; épistome très légèrement bisinueux au bord antérieur ; labre non en ellipse transversal, maïs en forme de triangle dont les sommets des angles seraient arrondis; mandibules simplement taillées en biseau, avec une fossette oblongue et striée contre l’angle du biseau ; petites épines du douzième segment espacés non de près de un millimètre, mais seulement d’un tiers de millimètre.

NYMPHE

Des tubercules épineux, dirigés en arrière, roussâtres, avec la pointe ferrugineuse, et entremélés de poils très fins sur toute l'étendue dorsale du prothorax, sauf le milieu qui n’a que des tubercules non épineux et très peu saillants et qui est strié transversalement ; mésothorax et métathorax parsemés de poils très fins; abdomen entièrement tomenteux; les sept premiers segments armés, presque sur la moitié postérieure de l’arceau dorsal, d'épines semblables à celles du prothorax; de chaque côté de l’arceau ventral du troisième segment et des quatre suivants, un groupe d’épines du même genre, d'autant plus saillantes qu’on s’approche

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plus de l'extrémité; dernier segment terminé par deux épines cornées, subulées, convergentes et faiblement arquées tant en dedans qu’en arrière ; huit paires de stigmates : la première, plus grande que les autres, entre l’ante-pectus et le medi-pectus, les suivantes sur le milieu latéral des sept premiers segments abdominaux.

INSECTE PARFAIT

Longueur 15 à 27 millim. Varie du brun fauve au noirâtre. Finement pubescent. Tête très finement chagrinée, ou à points confluents, marquée antérieurement d'une dépression en segment de cercle et d’un sillon longitudinal qui s'arrête au vertex. Prothorax déprimé, rebordé à la base ; très arrondi sur les côtés; marqué de trois fossettes disposées en triangle et dont une à l’extrémité postérieure d’un sillon longitudinal; chagriné ou ponctué comme la tête. Ecusson arrondi, très finement ponctué. Elytres déprimées; arrondies au sommet ; munies de trois lignes élevées dont l’externe est obsolète et les deux autres se joignent postérieurement ; couvertes sur la moitié antérieure de points assez gros et distants, dont les intervalles, ainsi que tout le reste de la surface des élytres sont presque imperceptiblement granulés. Les points plus gros manquent dans la variété ferus Dej. Dessous du corps couvert d’une ponctuation extrêmement fine et d’une pubescence grise.

La femelle du Criocephalus pond ses œufs dans l'écorce des souches et des troncs des pins de vingt ans et au-dessus, récemment morts ou abattus. Ces œufs, longs de un millimètre et demi, sont en forme d’ellipsoide très allongé, d’un beau blanc et très lisses. Les larves, écloses quinze ou vingt jours après, traversent l'écorce et vivent quelque

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temps entre celle-ci et le bois. Le moment où elles s’enfoncent dans l’aubier est variable, et paraît dépendre plutôt des circonstances que’de leur caprice. Si l'écorce est épaisse, elles en vivent plus longtemps et elles atteignent, avant de la quitter, les deux tiers de leur développement ; le contraire a lieu quand l’écorce a peu d’épaisseur. Durant les hivers doux elles paraissent aussi se maintenir plus longtemps sous l'écorce que lorsque lé froid est intense et prolongé. Il faut aussi néanmoins faire la part du caprice, car au-dessous de larves qui rampent sous l’écorce il y en a d’autres du même âge qui, depuis longtemps, ont disparu dans le bois. Quoi qu’il en soit, elles finissent toutes par y pénétrer, et elles y creusent en tous sens, mais à une faible profondeur, leurs galeries à section elliptique. Aux approches de la métamorphose, qui a lieu en mai et juin, elles reviennent vers la surface et se transforment dans leur galerie dilatée en cellule.

L’insecte parfait nait en juin et juillet.

HYLOTRUPES (Cerambyx) BAJULUS.

Fig. 369-375.

LARVE

Elle diffère des larves précédentes par les caractères suivants :

Longueur 20 à 22 millim. Corps plus trapu, ce qui la rapproche des larves du Callidium variabile qui vit dans le chêne; tête d’un jaunâtre uniforme avec les côtés roussàtres; bord antérieur roux, marqué de points et de fossettes; assez fortement échancré au milieu, puis droit sur une étendue égale à l’ouverture de l’échancrure, et enfin des-

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du Pin maritime. 369

cendant vers les côtés avec deux dents obtuses sur chaque déclivité. Epistome étroit, à peine plus large que l'échancrure, à peine arrondi antérieurement; labre en demiellipse transversal et non ponctué. Mandibules parfaitement arrondies à l'extrémité, à bords tranchants; noires, très luisantes, très lisses et convexes jusqu'à un sillon transversal situé au-dessous du milieu et à partir duquel elles s’élargissent et sont de couleur ferrugineuse. C’est aussi à ce sillon que s'arrête une fossette profonde et longitudinale qui creuse la moitié inférieure de la portion noire et convexe. Face interne de ces organes aussi large que la face externe et légèrement concave. Lobe des mâchoires épais, large et ne dépassant guère le premier article des palpes maxillaires. Premier article des antennes aussi long que les trois autres ensemble; deuxième très court; quatrième fort grêle, à peine plus long que le deuxième, et accompagné à sa base d’un petit article supplémentaire visible seulement lors-

qu’on regarde de profil, parce qu’il est en dessous. Ocelles nuls.

Mamelons abdominaux, pattes et stigmates comme dans

la larve du Spondylis. Pas de spinules sur le douzième segment.

NYMPHE

Le prothorax est lisse; elle présente quelques spinules roussâtres le long de la face externe des antennes, et sur le dos de chacun des segments de l'abdomen deux groupes de spinules plus foncées comme celles des nymphes précédentes, avec d’autres spinules dans l’intervalle, placées, les unes près du bord antérieur, les autres près du bord postérieur, et quatre au milieu, qui, comme celles du bord

370 E. PERRIS. — Însectes

postérieur, sont relevées lorsque toutes les autres sont inclinées en arrière. Le dernier segment est creusé en dessus d’un sillon qui se rétrécit d'avant en arrière et porte aussi quelques spinules, mais il est inerme à l’extrémité. Les stigmates sont au nombre de huit paires.

INSECTE PARFAIT

Longueur 8 à 21 millim. Déprimé, variant du testacé au noirâtre. Tète marquée antérieurement d’une impression transversale ; assez fortement ponctuée. Antennes quelquefois un peu renflées à l'extrémité et assez courtes. Prothorax beaucoup plus large que long; densément ponctué : revêtu d'un duvet épais, cotonneux et blanchâtre ; ayant sur le milieu une ligne longitudinale lisse et luisante, et de chaque côté de celle-ci un tubercule ou empâtement luisant, presque en demi-lune. Elytres de la largeur du prothorax, parallèles, rugueusement ponctuées, surtout postérieurement; ayant avant le milieu quatre points blancs disposés en série transversale, et au-dessous une bande transversale de même couleur, mais ordinairement très peu visible. Dessous du corps finement ponctué ou chagriné et pubescent. Cuisses brusquement renflées en massue. Femelle.

Le mâle diffère par les caractères suivants : empâtements lisses du prothorax plus grands et comme formés de deux tubercules ; aux deux extrémités de ces empâtements, dont l'intervalle est presque lisse, quelques points très gros; côtés et dessous du prothorax très fortement ponctués, subrugueux. |

Le Hylotrupes est un des insectes dont nous devons le plus redouter les ravages, parce qu’il se présente comme un véritable ennemi domestique. Il pond, en effet, ses œufs

du, Pin maritime. 371

dans les bois mis en œuvre, les meubles, les planchers, les charpentes, et compromet ainsi la solidité des constructions. Sa larve ne s'arrête que devant le cœur du bois; tout ce qui est aubier est creusé par elle de galeries à section elliptique, dirigées dans le sens des fibres. Lorsqu'elle a vécu en société, ces galeries sont tellement rapprochées, qu'il reste à à peine entre elles de très minces cloisons dont les intervalles sont remplis d’une vermoulure extrêmement fine. Dans cet état, les pièces de bois extraites d'arbres jeunes et les planches composées presque entièrement d’aubier fléchissent, se rompent ou s’écrasent sous un faible poids, et les pièces plus fortes, considérablement réduites et n'ayant d'autre résistance que celle des couches centrales épargnées par les larves, deviennent incapables de supporter les fardeaux dont on les a chargées, et menacent des plus grands dangers.

Ce qui rend plus perfides encore les ravages de ces larves malfaisantes, c’est qu’an seul trou de sortie est commun à une foule d’insectes parfaits, ainsi que je m’en suis assuré ; de sorte qu’une pièce de bois dont la surface est percée à peine de quelque trous et n’inspire pas, dès lors, de grandes inquiétudes, peut-être et est même ordinairement tout à fait vermoulue.

Je serais en outre porté à penser que les insectes parfaits s’accouplent et pondent sans sortir du bois, ce qui ajouterait-encore au danger qu'ils présentent, puisqu’alors, une fois le mal commencé, le remède serait impossible. Voici le fait qui m'inspire cette opinion, assez peu conforme, j'en conviens, aux habitudes des insectes :

Une poutre de pin, placée, depuis trois ans à peine, dans une décharge de ma maison pour supporter une construc-

372 E. PERRIS. — Insecics

tion, m'apparut un jour percée de trois ou quatre trous de sortie, pratiqués évidemment par le Aylotrupes. Je me hâtai de faire latter et plafonner cette poutre; mais l’année suivante une petite lézarde m’avertit que ma pièce fléchissait. Je patientai plusieurs années, après quoi la lézarde augmentant toujours, ou se reproduisant après avoir été bouchée, j'enlevai une portion du plâtre et j'explorai la poutre au mois de juillet; je la trouvai vermoulue dans toute l’épaisseur de l’aubier; et j'y recueillis un assez grand nombre de larves et de nymphes, beaucoup d'insectes vivants, des débris d'insectes et plusieurs insectes morts. Les larves, dont la taille n'était pas d’ailleurs la même, avaient-elles mis huit ou neuf ans à se développer? Cela ne me parut pas probable. De nouvelles pontes avaient-elles eu lieu du dehors? Examen fait, je jugeai cela impossible puisque la poutre était entièrement recouverte d’une couche de plâtre. Ces insectes morts et ces débris n’étaient-il pas d’ailleurs les restes d’une génération éteinte, des auteurs des générations nouvelles et vivantes que j'avais sous les yeux et qui ne semblaient pas toutes nées en même temps? De tout cela je crus pouvoir conclure que des accouplements et des pontes avaient eu lieu dans le bois même et l’on conviendra que si cette conséquence n’est pas vraie, elle est du moins assez logique. On reconnaîtra aussi que si les choses se passent ainsi, le Hylotrupes doit être considéré comme un des insectes les plus nuisibles. C’est donc à tort, selon moi, que Ratzeburg, dans un des tableaux imprimés au commencement de son-ouvrage, le classe parmi les insectes insensiblement malfaisants. Il est vrai que Ratzeburg, dans cette classification, n’envisage que les forêts, qui n’ont pas, j'en conviens, beaucoup à se plaindre du Hylotrupes dont je

du Pin maritime. 373

n'ai jamais trouvé la larve ailleurs que dans les constructions; mais ce Longicorne n’est pas moins très redoutable pour les produits ouvrés des forêts de pins, et il mérite bien, dès lors, le mal que je dis de lui.

Lorsque la larve a atteint tout son développement, elle se forme une cellule au milieu de la vermoulure, et c’est là qu’elle subit sa métamorphose.

L'insecte parfait se montre en juin et juillet.

OEDILIS MONTANA Serville.

Cerambyx œdilis L.

Fig. 376-381.

LARVE

Longueur 30 millim. Corps d’un blanc jaunâtre, entièrement revêtu de poils très fins et un peu roussâtres, sauf la tête et les mamelons dorsaux et ventraux qui sont glabres. Elle diffère des larves précédentes par les caractères suivanis :

Tête un peu plus étroite, plus saillante, à côtés bien moins arrondis et de couleur roussâtre:; bord antérieur ferrugineux, droit, avec une échancrure et trois ou quatre stries obliques avant les antennes, de petites dentelures obtuses et des stries transversales derrière les antennes, et une saillie assez prononcée au-delà de ces organes. La partie en ligne droite est transversalement et obtusément carénée, et marquée, sur la déclivité antérieure de la carène, de deux fossettes médianes, transversalement oblongues, et sur la déclivité postérieure, de six fossettes dont une à chaque extrémité et quatre intermédiaires, rapprochées deux à deux. Labre en ellipse transversale, presque imperceptiblement échancré,

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ferrugineux, ponctué, sauf un espace triangulaire et lisse à la base. Mandibules longues, entièrement noires, plus étroites, lorsqu'on les examine en dessus, que dans les autres larves, et plus encore lorsqu'on les regarde de profil, car dans cette position elles sont presque linéaires, avec le bord interne concave et la base plus large que l'extrémité qui l’est elle-même un peu plus que le milieu et qui est tranchante, largement, obliquement et peu profondément échanerée, sans aucune dent au bord interne; face externe lisse, marquée à la base de deux fossettes longitudinales, profondes et parallèles ; face interne concave à l'extrémité, avec une crête qui traverse diagonalement cette concavité.

Prothorax ayant près du bord antérieur un espace transversal nu, ferrugineux et presque calleux. Le reste du corps comme dans la larve précédente, sauf qu’il est entièrement dépourvu de pattes.

Ratzeburg a déjà parlé de cette larve.

NYMPHE

Prothorax et mésotherax parsemés de poils un peu épais et roussâtres ; segments abdominaux ayant sur leur face dorsale des poils roussâtres et quatre groupes d'épines rousses, dirigées en arrière, les deux groupes inférieurs plus nombreux que les supérieurs ; segment anal ayant aussi de ces spinules sur le dos et tout autour du bord postérieur; genoux munis d'une demi-ceinture de poils. Les longues antennes des mâles sont disposées avec une admirable symétrie. Partant des angles de la tête, elles suivent latéralement le corps en passant entre les pattes intermédiaires et les pattes postérieures: arrivées au niveau du dernier seg-

ment, elles se contournent, décrivent trois quarts de cercle, puis remontent le long du sternum, passent par dessus le vextex, parcourent, en divergeant un peu, toute la longueur dorsale du corps, puis se courbent pour se croiser près de l'extrémité du dernier segment. La figure que je donne rend mieux encore qu'une description cette espèce de pelotonnement des antennes autour du corps de la nymphe.

INSECTE PARFAIT

Longueur 12 à 17 millim. Subdéprimé, à fond cendré. Tête antérieurement ciliée de poils blanchâtres et marquée d’un petit sillon longitudinal. Antennes près de trois fois aussi longues que le corps dans les femelles, jusqu’à cinq fois aussi longues dans le mâle; leurs articles cendrés à la base, noirâtres au sommet. Prothorax ruguleusement ponctué, ayant de chaque côté un tubercule épineux et sur le dos une série transversale de quatre points d'un duvet jaunâtre. Elytres plus larges que le prothorax; parsemées de points d'autant moins denses qu’on s'approche plus de l’extrémité; ayant deux lignes longitudinales très peu apparentes, quelques petits points formés de fascicules de poils noirs, el deux bandes arquées et irrégulières brunâtres. Dessous du corps d’un fauve pâle, revêtu d'un duvet couché, cendréblanchâtre, avec de nombreuses mouchetures. Dernier segment échancré dans le mâle, prolongé en tube conique chez la femelle.

La femelle de l’'OEdilis montana pond ses œufs dans les souches et les tiges des pins de trente ans et au-delà, récemment morts. La larve vit aux dépens des couches inférieures de l'écorce qu’elle ronge sur de larges surfaces,

376 E. PERRIS. — Insectes

comme c’est, du reste, l'habitude des larves de cette famille, lsissant derrière elle des détritus et des excréments. Lorsque le moment de sa métamorphose approche, on dirait qu’elle apprécie toutes les chances de sa position, et qu’elle se rend compte des conditions dans lesquelles elle se trouve, ainsi que de leurs conséquences au point de vue de sa sûreté. Si l'écorce est d'épaisseur moyenne, elle se borne à la creuser assez pour que l'insecte parfait n’ait qu’une faible épaisseur à ronger, afin de sortir de sa prison; puis elle se retire entre l’écorce et le bois, refoule autour d’elle les détritus, et se métamorphose dans l'espèce de niche qu’elle s’est formée. Si l’écorce est très épaisse, elle pénètre dans l’écorce elle-même et s’y pratique une cellule ellipsoïdale qui sera l'asile de la nymphe, de sorte qu’elle utilise ainsi pour elle-même le travail qu’elle aurait dû faire dans l'intérêt de l'insecte parfait. Si au contraire l'écorce a peu d'épaisseur, comme cela a lieu vers l'extrémité de l’arbre, elle se garde de l’entamer ; elle évite même prudemment de se transformer entre l’écorce et le bois : elle s'enfonce dans l’aubier et y creuse une cellule dans laquelle elle se retourne ensuite pour que la nymphe se trouve la tête en haut.

Ces merveilleuses manœuvres, ces preuves d’un instinct d'autant plus remarquable qu'il se révèle dans une larve lourde et presque inerte, apode et aveugle, n'ont besoin que d’être énoncées pour exciter en nous ce sentiment d’admiration qu'éveille l’étude des ingénieuses combinaisons auxquelles à recours la nature pour la conservation des espèces. |

L'insecte parfait naît en août et en septembre. La femelle pond aussitôt après, et lorsque l’hiver arrive, les larves

ont ordinairement atteint près de la moitié de leur grosseur.

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Dans le tome 5 de ses Mémoires (page 400, pl. 12, fig. 9 et 10), De Géer signale une larve trouvée sous l'écorce des pins et des sapins, et dont il n’a pas connu l’insecte. Cette larve est à mon avis celle de l'OEdilis montana. Elle est reconnaissable au peu de largeur de la tête, à la longueur et à la forme des mandibules, enfin à l'absence de pattes.

OEprLis /Lamia) GRISEA Fabr.

Fig. 382.

LARVE

Longueur 19 millim. Plus petite que celle de l'Æ. montana, elle lui ressemble tellement, qu’il est presque impossible de ne pas la considérer comme un individu de cette dernière espèce non encore bien développé. Elle en diffère pourtant, et voici par quels caractères :

Bord antérieur de la tête ayant de petits points écartés vis à vis les échancrures et les dentelures latérales, au lieu de stries obliques et transversales; mandibules nuancées de ferrugineux à la base et sur les bords; leur extrémité oblique, un peu en biseau comme dans la larve précédente, mais droite et nullement échancrée.

NYMPHE

Exactement comme la précédente.

INSECTE PARFAIT

Longueur 10 à 12 millim. Sensiblement plus étroit que le montana. Fond gris-cendré. Tête marquée d’un sillon transversal près de la bouche, et d'un autre vertical. Antennes comme dans le montana, près de deux fois aussi longues

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que le corps dans les femelles et de trois fois dans les mâles. Prothorax comme dans le précédent. Elytres visiblement plus larges que le prothorax: parsemées d’une ponctuation assez forte et d'autant moins dense qu’on s'approche plus de l'extrémité où elle disparaît presque entièrement; ayant deux lignes longitudinales obsolètes, mais dont l'interne est ordinairement bien visible au milieu seulement; tachetées de points bruns, et marquées en outre, au tiers de leur longueur, de taches brunes formant une sorte de bande peu distincte, et aux deux tiers de leur longueur d’une bande brune très apparente, se détachant bien du fond antérieurement, se confondant presque avec lui postérieurement. Dessous du corps et pattes uniformément revêtus d'un duvet couché, fin, cendré, presque soyeux, avec quelques mouchetures brunes sur les côtés et sur les cuisses. Jambes et tarses annelés de brun. Caractères sexuels comme dans le montana.

Je n'ai jamais trouvé la larve de l'OEdilis grisea dans les souches ; je l'ai toujours rencontrée dans les tiges des pins de vingt ans et au-delà, jusqu'aux plus gros. Elle ronge, comme sa congénère, les couches inférieures de l’écorce, mais ne s'enfonce jamais dans le bois pour se transformer. Sa métamorphose a lieu souvent dans l'écorce lorsque celle-ci est épaisse ; mais le plus ordinairement on trouve la nymphe entre l'écorce et le bois, toutes précautions prises pour faciliter la sortie de l'insecte parfait.

MoxoHammus /Lamia) GALLO-PROVINCIALIS Oliv.

Fig. 383-392.

LARVE

Longueur 33 millim. Tête luisante. lisse, déprimée,

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n'ayant qu'un millimètre d'épaisseur; saillante et presque en parallélogramme rectangle transversal, comme dans les larves d'OEdilis; marquée de quelques points épars et de quatre petites fossettes; roussâtre en dessus avec les côtés plus foncés, ferrugineuse en dessous; bord antérieur d’un noir ferrugineux, droit, avec une échancrure de chaque côté, vis à vis les antennes. Mandibules noires, avec la base ferrugineuse, ayant sensiblement la forme de celles des larves d'OEdilis; échancrées obliquement à l'extrémité lorsqu’on les examine en dessus, simplement taillées en biseau quand on les considère de profil; ayant aux trois quarts de leur longueur une petite élévation à partir de laquelle un sillon large et sinueux descend jusqu’à la base. Epistome arrondi aux angles antérieurs ; labre sémi-discoïdal, ponctué seulement à sa moitié antérieure; lobe des mâchoires un peu en massue, atteignant presque l'extrémité des palpes maxillaires ; prolongement de la lèvre inférieure un peu échancré et effleurant le sommet des palpes labiaux ; tous ces organes de couleur roussâtre, mêlée de ferrugineux. Antennes, comme à l'ordinaire, de quatre articles ; le dernier couronné de petits cils.

Prothorax ayant une bande roussâtre et légèrement calleuse près du bord antérieur; sa moitié postérieure d’un roussâtre mat et semi-calleux, et marquée de points beaucoup plus gros que sur le reste de sa surface ; cette partie mate, qui paraît formée d’une sorte de plaque dont le bord antérieur est sinueux et un peu plus foncé, s’arrêtant de chaque côté à un sillon longitudinal, et marquée au milieu d’un autre sillon plus petit. |

Abdomen muni sur les sept premiers segments, tant en dessus qu’en dessous, de puissants mamelons rétractiles,

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couverts de petits tubercules symétriquement disposés, ainsi que l’indiquent les figures que j'en donne : c’est-à-dire formant, sur les mamelons dorsaux, deux ellipses concentriques, avec un groupe à chaque pôle, et sur les mamelons ventraux, deux arcs parallèles, réunis latéralement par une série plus que semi-circulaire, dans laquelle on voit en outre trois ou quatre tubercules.

Tout le corps parsemé de petits poils roux, plus nombreux près du bord antérieur du premier segment, sur les flancs et sur le mamelon anal.

Pattes nulles, comme dans les larves d'OEdilis.

Stigmates n’offrant rien de particulier, si ce n’est que la première partie est manifestement située sur la ligne qui sépare le prothorax du mésothorax.

De petites spinules rousses, droites et groupées sur le front, à la base et autour du labre, aux genoux, sur le prothorax et le métathorax, sur le bord postérieur et dorsai des sept premiers segments de l’abdomen ; mais celles-ci inclinées en arrière, beaucoup plus denses et divisées en deux groupes bien distincts, sauf au septième où elles sont plus écartées et ne forment qu'un seul groupe. Dernier segment, ou huitième, divisé en deux lobes dirigés du côté du ventre, et bordés de six spinules rousses dont deux ou trois plus fortes et dentiformes, et toutes surmontées d’un petit poil roussâtre. Sur la face dorsale une apophyse verticale conique, longue de plus d’un millimètre, blanche et charnue à la base, ferrugineuse et cornée à l'extrémité. Toutes ces spinules servent à la nymphe pour se hisser au haut de la galerie, pour s’y retourner et pour quitter sa dépouille lors de la transformation définitive.

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INSECTE PARFAIT

Largeur 17 à 26 millim. Fond d’un brun bronzé. Tête à ponctuation rugueuse, cachée sous une couche de poils courts et d’un fauve vif; creusée de la bouche au vertex d'un sillon assez profond. Antennes sétacées, une fois plus longues que le corps et uniformément d’un ferrugineux terne chez les mâles; plus courtes et annelées de cendré blanchâtre chez les femelles; le premier article rugueux dans les deux sexes. Prothorax muni de chaque côté d’un fort tubercule conique; ridé transversalement; parsemé de taches d’un duvet fauve. Ecusson revêtu d’un duvet semblable. Elytres sensiblement plus larges que le prothorax; fortement chagrinées ou ruguleusement ponctuées, d’une manière décroissante de la base au sommet, où l’on ne retrouve plus que des points épars; parsemées de plaques peu visibles d’un duvet brun bronzé et de taches de duvet fauve formant presque trois larges bandes irrégulières. Dessous du corps

couvert d'un duvet fauve et cendré, parsemé de petites mouchetures.

La larve du Monohammus gallo-provincialis ne se trouve jamais dans les souches ; elle vit dans les tiges des pins morts de tout âge. La durée de sa vie est d’un an et ses habitudes méritent d’être signalées. J’ai déjà dit que certaines larves de longicornes passent toute leur vie sous l'écorce : témoins celles du Rhagium indagator et de l'OEdilis grisea; que d’autres s’enfoncent dans le bois dès le premier jour, comme celle de l'Ergatus faber et de la Leptura rubro-testacea; que d'autres, après avoir vécu sous l'écorce, se cachent dans le bois pour s’y transformer, comme celle de l’'OŒEdilis montana, de plusieurs Clytus, Saperda, Grammoptera, etc. Quant à la larve du Monohammus, elle

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commence per ronger, sur de larges surfaces, non seulement le dessous de l’écorce mais encore la surface de l’aubier, Lorsqu'elle a pris un certain développement, elle plonge dans le hois par une ouverture elliptique. Elle pénètre de plus en plus dans l'intérieur, et arrive souvent près du canal médullaire, quelquefois jusqu'à ce canal lui-même, qu’elle ne dépasse jamais. Elle courbe alors sa galerie pour la diriger vers la surface, lui donnant ainsi la forme parabolique d’un U plus ou moins régulier, et poussant toujours derrière elle, en les y pressant fortement, les détritus ainsi que ses excréments (1). Lorsque le moment de la transformation arrive, elle élargit sa galerie sur une longueur de cinq à six centimètres, et la continue, s’il y a lieu, jusque près de la surface extérieure, de manière à ne laisser que de un à trois millimètres de bois. Les petits copeaux qu’elle détache dans ce but sont rejetés et entassés derrière elle, et c’est entre le tas de débris et l’opercule adhérent de la galerie qu’elle se transforme en nymphe, la tête naturellement tournée du côté extérieur.

L'insecte parfait naît de juin en août; il travaille bientôt après à ronger l'opercule et l'écorce, et il sort par un trou parfaitement rond.

A l'inspection d'une tige ou d’une branche il est facile de

(1) Lorsqu'elle vit dans la tige d'un jeune pin (et il m'est arrivé d’en trouver dans des tiges qui n’avaient qu’un centimètre et demi de diamètre ), il va sans dire qu’elle ne creuse pas une galerie parabolique ; elle suit alors le canal médullaire, et lorsque le moment de la transformation approche, elle élargit la galerie en cellule ellipsoïdale, à moins que le pin n’ait trois ou quatre centimètres de diamètre : auquel cas elle se rapproche de la surface. J'ai remarqué que les larves qui se nourrissent du bois moins substantiel des jeunes pins et de la substance médullaire, donnent ordinairement des insectes plus petits.

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savoir si elle recèle dans son intérieur des larves de Monohammus. Des érosions à la surface du liber et des orifices elliptiques bouchés par des détritus annoncent infailliblement leur présence, car c'est par là qu'elles ont pénétré dans le bois, et elles seules présentent ce caractère. S'il n'existe pas dans le voisinage des trous bien ronds, plus grands et libres, on peut affirmer que les insectes parfaits ne sont pas sortis. Il est le seul longicorne du pin dont les trous de sortie aient cette forme, ceux des autres étant tous elliptiques ; on ne peut les confondre qu'avec ceux de l'ÉoGeE juvencus dont je parlerai plus bas.

RHAGIUM INDAGATOR Fabr.

Fig. 393-396.

Les larves des Rhagium, quoiqu’elles présentent, de prime-abord, les caractères des larves de Longicornes, ont cependant une physionomie à elles qui les fait sur-le-champ distinguer de toutes les autres, et cette particularité est d'autant plus remarquable qu'elle se présente pour les insectes parfaits, qui ont, eux aussi, des formes toutes spéciales, je dirais presque exceptionnelles, quoiqu'il soit impossible de méconnaïître, même au premier aspect, leurs affinités avec la famille à laquelle ils appartiennent. C'’està dire que nous retrouvons toujours, à de rares exceptions près, ce parallélisme si intéressant , si merveilleux, si philosophique des larves et des insectes.

La larve et la nymphe du R. indagator ont été figurées et très succinctement décrites par Ratzeburg ( Die forst Insecten), et en 1840 ( Annales de la Soc. entom., p. 63) mon ami M. Léon Dufour à donné l’histoire des métamorphoses

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de cet insecte, sous le nom erroné de Stenocorus inquisitor, car c'est de l’indagater qu'il s’agit, cette espèce étant la seule qui se trouve dans les Landes. Je reprendrai succinctement cette histoire en sous-œuvre, non seulement parce que le R. indagator , comme parasite du pin, a le droit de trouver ici une place, mais encore parce que la description de Ratzeburg est très insuffisante, et que celle de M. Dufour contient deux erreurs qu'il est essentiel de relever.

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