‹ Histoire des insectes du pin maritime. Tome premier: ColéoptèresChapitre 5 sur 31 · E. PerRis. — Insectes · texte numérisé non relu

E. PerRis. — Insectes

disparates choquants, qu'il viole parfois les règles de la méthode naturelle, et que, dans bien des cas, l’auteur semble avoir suivi plutôt son caprice que les règles et les données de la science. à

Ce n’est pas ici le lieu de critiquer ce travail, sur lequel je ferais, ce me semble, un long article; je veux seulement faire remarquer que M. Redtenbacher ne relègue, en définitive, les Staphyliniens à la dernière place que parce que leurs élytres sont raccourcies. Or, on conviendra que ce caractère, qui n’accuse pas plus une grande imperfection organique que l’absence d’ailes dans beaucoup de Carabiques, ne pouvait justifier une pareille rigueur envers des insectes généralement carnassiers, bien armés, et qui, par leur organisation intérieure, par les appareils de la manducation, par leurs habitudes, par leur larves, se rapprochent des insectes carnassiers proprement dits. Je crois donc faire acte de justice et répondre à un vœu de réhabilitation en leur rendant la place que leur ont assignée la généralité des auteurs. DUR.

Ainsi que je l'ai dit, la liste des insectes du pin ne comprend aucun Carabique; car, quoique le Tachys nanus, Gyll. se rencontre fréquemment sous l'écorce de cet arbre, je n’ai pu encore y découvrir ni sa larve ni sa nymphe. Cette liste ne contient non plus aucun Hydrocanthare, aucun Palpicorne, de sorte que je suis conduit à débuter par les Staphyliniens, et, en suivant l’ordre d’Erichson, par le Phlæopora reptans,

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PHLOEOPORA (Aleochara) REPTANS, Gray.

Bolitochara reptans Mannerh.

Fig. 1—8/ (pl. 17, 3e sér., t. I.—pl. fre du Mémoire).

LARVE

Longueur 3 millim. tête elliptique, roussâtre, pourvue sur les côtés de quelques poils roussâtres dirigés en avant, marquée de deux petits sillons obliques partant des deux angles antérieurs, et se réunissant au milieu en un sillon unique qui se prolonge jusqu’au vertex. Epistome et labre nuls, ou bien soudés entr’eux et avec le front de manière à former une plaque dont le bord antérieur est arrondi ; mandibules longues, étroites, arquées, acérées, munies d’une dent interne un peu au-delà du milieu, cornées, ferrugineuses. Mâchoires courtes, lobe pointu, armé en dedans de cils spinuliformes; palpes maxillairesarqués en dedans, longs, grêles et de trois articles, le premier un peu plus long que le second qui est surmonté extérieurement d’une petitesoie, le troisième plus long que les deux premiers ensemble, délié, pointu. Lèvre inférieure prolongée au milieu en une languette conique; palpes labiaux de deux articles dont le second plus long que le premier est presque subulé. Antennes insérées aux angles antérieurs de la tête, et de quatre articles : le premier subconique, le second cylindrique, un peu plus court, le troisième près de trois fois plus long, sinueux extérieurement, étroit à l'extrémité, très renflé en dedans, et portant sur ce renflement deux soies et un petit article. supplémentaire et cylindrique; quatrième article de la longueur à peu près de cet article supplémentaire, beaucoup plus étroit que les précédents, un peu en massue, muni de longues soies près de l'extrémité et

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terminé par des soies très courtes ; ces organes roussâtres, ainsi que les palpes. Au dessous de la base de chaque antenne, du côté des joues, un point noir ocelliforme qui ne peut être qu'un œil. |

Corps en ellipse étroit et allongé, pour ainsi dire linéaire ; thorax de troissegments plus grands que les segmentsabdominaux , surtout le premier qui est le plus grand de tous. Segments abdominauxau nombre de neuf, les sept premiers égaux en longueur, le huitième se prolongeant postérieurement en une sorte de chaperon qui s’avance au dessus du neuvième ; celui-ci portant à chaque angle postérieur un appendice formé de deux articles très courts, dont le dernier est surmonté de soies. Ces appendices sont habituellement divergents; mais ils peuvent pourtant, à la volonté de Ja larve, devenir parallèles. Le neuvième segment s’articule à un pseudopode tubiforme, terminé par une sorte de bourrelet charnu et bilobé au centre duquel est l’anus. Cet organe est susceptible de s’abaisser à angle droit avec le segment, et en s'appuyant sur le plan de position, il seconde puissamment l’action des pattes dont les segments thoraciques sont munis.

Le corps, aplati en dessous, surtout à la régionthoracique, est, dans les jeunes larves, d’un blanc sale et livide. Sur les individus adultes, les segments thoraciques sont roussâtres avec les deux bords plus clairs. La base des segments abdominaux est roussâtre, et cette couleur s'étend parfois, mais d’une manière vague, jusqu’au milieu du segment et même au-delà. Le pénultième et le dernier, et celui-ci surtout, sont presque entièrement roussâtres ; le pseudopode anal est livide et un peu translucide. Le long des flancs, ainsi que sur le dos et sur le ventre, on voit des poils roussâtres. Ceux de la région ventrale sont les plus courts.

4). oi. x EE

du Pin maritime. 37

Pattes longues, munies de quelques soies, formées de quatre articles dont le premier ou la hanche long et assez robuste , et terminées par un ongle long, subulé, portant intérieurement deux petites soies, et ayant la même couleur que le reste.

Stigmates très peu visibles, au nombre de neuf paires, dont une très près du bord antérieur du mésothorax et une au tiers antérieur de chacun des huit premiers segments abdominaux.

Cette larve vit dans les galeries des larves de Tomicus stenographus et laricis et se nourrit ou des jeunes larves et des nymphes de ces insectes, ou de celles du Medeterus pini quis’y trouvent aussi, ou d’autres petits insectes qui s’y cachent ou s’y multiplient. C’estlà aussi qu’elle se transforme en nymphe sans aucun préparatif.

NYMPHE

Blanche, nue, très molle, présentant toutes les parties de l’insecte parfait emmaillotées comme à l'ordinaire, et n’offrant de particulier que quelques poils qui se dressent sur le vertex, les côtés du prothorax et ceux de l’abdomen. La dépouille de la larve demeure ordinairement, toute chiffonnée, à l'extrémité de l'abdomen de la nymphe qui se termine par deux longues soies très épaisses à la base, entre lesquelles on voit deux mamelons contigus surmontés d’une petite soie raide. "

INSECTE PARFAIT

Longueur 3 millim. d’un brun noirâtre, très finement ponctué et couvert d’un duvet grisâtre; organes de la bouche testacés ; antennes un peu plus longues que la tête, dernier article brièvement ovale, subacuminé, testacées, avec les

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derniers articles souvent brunâtres. Prothorax à peine plus étroit que les élytres, un peu plus court que large; angles antérieurs et postérieurs arrondis ; marqué à la base d’une impression ordinairement peu visible. Elytres rouges, avec la base enfumée. Abdomen rougeâtre à l'extrémité, ses segments bordés de roussâtre ; pattes rougeâtres.

Se trouve sous les écorces toute l’année, mais surtout au printemps. — Commun. , |

PHLOEOPORA (Aleochara) CORTICALIS, Gray.

Ateochara tenuis, Grav.— teres, Gray.

Cette espèce, très voisine de la précédente, se trouve ordinairement avec elle sous les écorces du pin, et leurs larves doivent se mêler aussi. Quoique j'aie soumis à un examen comparatif des centaines de ces larves qui m'ont donné ensuite les deux Phlæopora, je n’ai pu y discerner aucune différence appréciable. Si je les ai décrites sous le nom de Phlæopora reptans, c’est que celui-ci est plus commun sur le pin que le corticalis.

INSECTE PARFAIT

Très. semblable au précédent, mais un peu plus grêle et d’une couleur plus noire. Antennes une fois et demie aussi longues que la tête, brunâtres, avec les trois premiers articles roux, et le dernier brièvement ovale et un peu obtus. Tête de la largeur du thorax, marquée sur le front d’un sillon très peu apparent. Prothorax un peu plus étroit que les élytres, aussi long que large, un peu rétréci vers la base, arrondi aux angles antérieurs et jusque vers le milieu des bords latéraux. Elytres brunâtres, plus ou moins rous-

du lin maritime. 39

sâtres à l'extrémité. Abdomen parfois roussâtre à l'extrémité. Pieds roussâtres. — Pas commun.

HOMALOTA CELATA, Erichs.

Fig. 9—15. (PI. 17.)

LARVE

Longueur 3 millim. semblable par sa configuration, sa couleur, ses poils à la larve de la Phlæopora reptans, dont elle ne diffère que par les caractères suivants :

Presque toujours une seule des mandibules, tantôt la droite, tantôt la gauche, munie de la dent interne, l’autre complètement inerme; premier article des palpes maxillaires relativement un peu plus court; deuxième un peu plus long ; troisième article des antennes presque droit, moins dilaté intérieurement ; article supplémentaire placé, non un peu au dessus du milieu, mais à l'extrémité qui est tronquée obliquement ; quatrième article un peu renflé au milieu; cinq ocelles noirs sur chaque joue, dont quatre formant presque un carré et un au dessous; huitième segment abdominal coupé carrément, non prolongé en chaperon; appendice du neuvième segment une fois et demie aussi long que le mamelon anal, au lieu d’être beaucoup plus court ; premier article de ces appendices égalant, ou bien peu s’en faut, ce mamelon en longueur.

Cette larve vit dans les galeries de l’Hylurgus ligniperda dont elle attaqueles jeunes larves, ainsi que celles des petites Podures qui se multiplient dans les mêmes lieux. Elle n’est pas, à beaucoup près, aussi commune que les précédentes.

NYMPHE

Exactement comme celle de la Phlæopora.

40 E. PErRis. — /nsectes

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 1/2 millim. Noire. Antennes de la longueur de la tête et du prothorax ; articles 4 à 10 à peine plus épais que longs; le dernier ovale-oblong. Tête un peu plus étroite que le prothorax, arrondie, légèrement rétrécie à la base, marquée sur le front d’un petit sillon peu apparent. Prothorax un peu plus étroit que les élytres, deux fois aussi large que long, faiblement arrondi sur les côtés et à la base, tronqué antérieurement avec les angles antérieurs très arrondis ; très densément ponctué, légèrement canaliculé à la base. Elytres une fois et demi aussi longues que le prothorax, très ponctuées, d'un noir brunâtre. Pattes tantôt d'un brun testacé, tantôt brunes, avec les tarses roussâtres, — Sous les écorces, au printemps. — Assez commun.

HOMALOTA CUSPIDATA, Er. col. march. I. p. 689. H. plana. Er. col. march. I. 324. 16 non Mannerh. Fig. 16. (PI 17.)

LARVE

Longueur 2 millim. entièrement semblable à la larve précédente dont elle ne m’a paru différer que par sa taille plus petite, son corps très grêle, son mamelon anal relativement plus court et plus gros, et surtout par la longueur des appendices du dernier segment. Le premier article de ces appeñdices dépasse un peu le mamelon anal, et le second est plus de trois fois aussi long que le premier.

J'ai trouvé une seule fois cette larve avec sa nymphe et des insectes parfaits sous l'écorce d’un jeune pin labourée par les larves du Tomicus laricis. Je ne puis pas dire au juste quels sont ses appétits, mais il est probable qu’elle

du Pin maritime. 4[

se nourrit ou de petits animalcules vivant avec elle, ou des excréments des larves du Tomicus.

NYMPHE

Semblable aux précédentes et n’ayant pas besoin de description spéciale.

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 millim., très déprimé, linéaire, brun. Antennes testacées à la base, une fois et demie aussi longues que la tête, avec les deux premiers articles renflés, et le dernier subglobuleux. Tête presque aussi grande que le prothorax, presque carrée, assez fortement ponctuée, ordinairement marquée d’un sillon médian; bouche testacée. Prothorax de la largeur des élytres, à peu près aussi long que large, droit sur les côtés, légèrement ponctué, faiblement canaliculé. Elytres un peu plus longues que le prothorax, finement ponctuées, d'un testacé brunâtre. Abdomen, brun à la base, noirâtre au milieu, testacé à l’extrémité ; dernier segment mucroné. Pattes testacées.

Au printemps et à l’automne, sous les écorces. — assez rare. Plus commun sur le chêne.

OxyPpopA (Aleochara) ANALIS, GYII.

Fig. 17—19. (PI. 17.)

LARVE

Semblable à celle de la Phæopora et de même taille; s’en distinguant par les caractères suivants : Palpes maxillaires très longs; premier article court, deuxième plus de trois fois aussi long que le précédent ; troisième aussi long, ou à

42 E. PErRis. —- [Insectes peu près, que les deux autres ensemble. Article supplémentaire des antennes long, subulé, arqué en dedans et atteignant presque le sommet du quatrième article qui est ellipsoidal. Huitième segment abdominal coupé carrément ; pseudopode anal long et très étroit ; appendices du dernier segment de deux articles dont le premier presque aussi long que le pseudopode, et le deuxième un peu plus court que le premier.

Cette larve vit dans les galeries du Tomicus laricis et y subit ses métamorphoses.

NYMPHE

Comme les précédentes.

INSECTE PARFAIT

Longueur 3 millim, corps linéaire, d’un brun roussâtre, à pubescence jaunâtre. Antennes à peine de la longueur de la tête et du prothorax, avec le deuxième article égal au troisième, les articles cinq à dix transversal et le dernier acuminé ; tous d’un roux ferrugineux. Tête un peu plus étroite que le prothorax, lisse, d’un brun fauve, bouche testacée. Prothorax deux fois plus court que large, de la largeur des élytres, médiocrement arrondi sur les côtés et à la base, tronqué antérieurement, avec les angles antérieurs abaissés, presque droits et les angles postérieurs obtus, finement et densément ponctué, marqué d’une légère impression à la base. Elytres une fois et demie aussi longues que le prothorax, finement ponctuée. Abdomen ponctué un peu plus fortement, ferrugineux à l'extrémité. Pattes ferrugineuses. Sous les écorces au printemps. — Rare.

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du Pin marilime.

PLAcusA (Aleochara) PUMILO, Gray.

Bolitochara pumilio, Mannerb.

Fig. 20—25. (PI. 17.)

LARVE

Longueur près de 3 millim., corps légèrement ventru, entièrement d’un blanc jaunâtre, avec la tête lavée de roussâtre, surtout en avant, ainsi que lestrois derniers segments abdominaux.

Bord antérieur de la tête arrondi ; mandibules dépourvues de dent interne ; palpes maxillaires plus courts que dans les larves précédentes, de trois articles : le premier atteignant à peine la moitié du lobe des mâchoires, le deuxième deux fois et demie plus court, le troisième presque aussi long que les deux autres ensemble; languette de la lèvre inférieure tronquée à l'extrémité ; palpes labiaux très courts pour une larve de cette famille, ne dépassant pas de beaucoup la languette. Antennes de quatre articles, les deux premiers courts, le troisième trois fois aussi long que le premier, droit, avec une dilatation interne vers le milieu, sur laquelle est implanté un petit article supplémentaire droit, court et très grêle ; quatrième article ovoïde. Un ocelle noir et elliptique sur chaque joue.

Thorax et abdomen ressemblant, pour leur forme et leurs poils, aux mêmes parties des larves précédentes ; huitième segment abdominal coupé carrément ; mamelon pseudopode de longueur médiocre ; appendices du dernier segment de deux articles comme à l'ordinaire, mais très courts et ne dépassant pas le mamelon anal; deuxième article un peu plus long que le premier.

Cette larve vit très communément dans les galeries du

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Tomicus stenographus dont elle attaque peut-être les larves, mais positivenent les nymphes, qui sont très molles et incapables de toute résistance. Elle se transforme dans les galeries mêmes et au milieu des détritus dont elles sont remplies.

NYMPHE

Comme les précédentes.

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 1/2 millim. noir, à pubescence grisâtre. Antennes d’un brun noirâtre, avec la base testacée, deuxième article un peu épais, dernier assez grand, subglobuleux. Tête de moitié plus étroite que le prothorax, triangulaire, arrondie à la base. Prothorax de la largeur des élytres, deux fois aussi large que long, un peu échancré antérieurement, arrondi postérieurement, avec les angles obtus. Elytres une fois et demie aussi longues que le prothorax, tronquées à l'extrémité, très densément pointillées, déprimées et d’un brun-testacé ; abdomen déprimé, dernier segment testacé, ainsi que les pattes. ,

Toute l’année sous les écorces, mais surtout en mai et juillet. Très commun.

XANTHOLINUS COLLARIS, Er.

Fig. 26—36. (PI. 17.)

LARVE

Longueur {1 millim. tête cornée, luisante, de couleur marron, ayant les dimensions et la forme de celle de l'insecte parfait, c’est-à-dire aplatie, en carré long, avec les

du Pin maritime. 45

angles postérieurs arrondis et quelques poils roussâtres sur les côtés. Pas d'épistome et de labre distincts, bord antérieur avancé et muni de cinq dentelures dont une au milieu très petite et deux de chaque côté dont l’intérieure grande et l’autre plus petite ; intervalles des dents surmontés de longues soies. Dessus de la tête marqué-de deux fossettes longitudinales un peu obliques et, entr’elles, d’un petit sillon qui se termine au vertex. Dessous labouré de deux larges sillons longitudinaux. Mâchoires longues et cylindriques, lobe conique, court, un peu velu. Palpes maxillaires longs, arqués en dedans, de quatre articles dont le premier presque de moitié plus court que le second; celui-ci le plus grand de tous, muni d’un poil en dedans vers le milieu de sa longueur et d’un autre en dehors à l’extrémité ; le troisième un peu plus court que le second ; le quatrième de la longueur du premier mais grêle et conique. Lèvre inférieure longue, atteignant l'extrémité des lobes des mâchoires, très faiblement échancrée et surmontée d’une petite languette. Palpes labiaux un peu arqués aussi et de deux articles égaux. Tous ces organes d’un roussâtre livide avec l’extrémité des articles un peu plus foncée. Mandibules longues, étroites, arquées, acérées, ferrugineuses, avec l'extrémité brune. Antennes de quatre articles, le premier court, le second et le troisième trois fois aussi longs et un peu en massue, ce dernier un peu sinueux en dehors et marqué en dedans, très près de l'extrémité, d’un sorte d’échancrure d’où s'élève un petit article supplémentaire ; quatrième d’untiers moins long que les précédents, grêle, cylindrique et surmonté d'une houppe de poils divergents. Au dessous des antennes, du côté des joues, un ocelle tuberculiforme, luisant, en ellipse transversal, un peu plus clair que le fond. |

46 E. PErnis. — /nsectes

Corps linéaire, déprimé en dessus et en dessous, surtout à la région thoracique. Thorax de trois segments munis de deux ou trois poils roussâtres de chaque côté; prothorax de couleur marron comme la tête, presque aussi grand qu’elle, un peu retréci antérieurement. Mésothorax lavé de roussâtre ; métathorax blanc, l’un et l’autre plus grand que les segments de l’abdomen et de forme carrée, ou à peu près.

Abdomen livide dans les larves non adultes, blanc lorsqu'elles approchent de leur métamorphose, de neuf segments hérissés de quelques poils sur les côtés, en dessus eten dessous, augmentant un peu de grandeur jusqu’au huitième inclusivement et marqués sur le dos, ainsi que du

-côté du ventre, de deux petites fossettes qui dessinent sur chaque flanc un petit bourrelet; neuvième segment plus étroit que les précédents, un peu conique, portant à chacun de ses angles un long appendice de deux articles dont le dernier est surmonté d’un long poil, et accompagnant un mamelon pseudopode anal, finement velu et terminé par deux longs poils.

Pattes longues, assez robustes, roussâtres, de quatre articles, et hérissées de fortes spinules rousses, les cuisses en dedans seulement, les jambes tout autour, mais surtout inférieurement. Ongles roux, subulés.

Stigmates comme dans les larves précédentes.

Je ne trouve cette larve que dans les galeries du Tomicus stenographus, où elle se nourrit des larves de cet insecte ou de ses excréments. La transformation a lieu dans une de ces galeries sans préparatif aucun.

NYMPHE

Longueur 6 millim. Cette nymphe, comme probablement toutes celles des Xantholinus présente les mêmes caractères

du Pin maritime. 47

que celles des Sraphylinus et des Ocypus, c'est-à-dire qu’au lieu d'être blanche et molle et d’avoir ses parties assez bien détachées, elle est entièrement recouverte d’une enveloppe testacée et cornée, et tous ses membres sont soudés. La disposition est cependant la même qu’à l'ordinaire : la tête, très grosse et abaissée sur la poitrine, laisse voir principalement le contour de deux fortes mandibules ; les pattes, les élytres, les ailes sont appliquées sur les flancs, mais leurs séparations ne sont indiquées que par de petits traits à peine enfoncés et en forme de sutures; les tarses postérieurs sont seuls détachés et font saillie. Les bords des segments abdominaux sont bien distincts. Le long des flancs on remarque, de chaque côté, sept ouvertures respiratoires placées la première sur le métathorax, les autres sur les six premiers segments abdominaux. Le dernier stigmate est plus petit que les autres. Le corps se termine par deux papilles subulées et bi-articulées. Ilestcomplètement glabre, à la différence des nymphes des Staphylinus et des Ocypus qui ont de longues soies autour du prothorax.

Cette nymphe a la faculté de mouvoir son abdomen et de se retourner dans sa loge.

La métamorphose a lieu au bout de quinze à vingt jours

INSECTE PARFAIT

Longueur 9 à 10 millim. Antennes d’un brun roussâtre, dernier article ferrugineux à l'extrémité. Palpes roussâtres. Tête presque aussi longuc et un peu plus large que le prothorax, à côtés droits, noire, brillante, parsemée de petits points, avec des points assez gros et oblongs de chaque côté. Prothorax un peu plus étroit que les élytres, plus d’une fois et demie aussi long que large, d’un roux sanguin, trèsfinement ponctué ; séries dorsales de six à sept points plus marqués.

48 E. PERRISs. — Insectes

Ecusson noir. Elytresde la longueur du prothorax, noirâtres, avec le bord postérieur testacé ; parsemées de points presque en séries, avec les côtés lisses. Abdomen très finement ponctué, noir, brillant; bord postérieur du cinquième segment et tout le sixième de couleur rousse. Pattes d’un roux-testacé.

En hiver et au printemps, sous les écorces. — Très rare.

QUEDIUS SCINTILLANS, Grav.

Fig. 37—43. (PI. 17.)

LARVE

Longueur 6 millim. largeur 2/3 millim. corps linéaire, tête roussâtre, parsemée de poils de la même couleur ; bord antérieur à neuf dents, dont trois petites de chaque côté, deux intermédiaires grandes et triangulaires, et une au milieu très petite. Mandibules en forme de faucille, non dentées ; mâchoires cylindriques, surmontées d’un lobe grêle et d’un palpe long de trois articles, le premier de moitié plus court que chacun des deux autres, qui sont égaux. Lèvre inférieure munie d’une languette ; palpes labiaux longs et de deux articles dont le premier un peu plus court que le second. Antennes de quatre articles, le premier plus court que les autres, le second près de deux fois aussi long que le premier, le troisième plus long que le second, droit, dilaté en dedans, et sur cette dilatation, près de l'extrémité, portant un petit article supplémentaire; quatrième article de la longueur du second, très légèrement en massue, et muni de poils à l'extrémité et un peu en dessous; sur chaque joue un groupe de quatre ocelles noirs, pour lesquels je renvoie à la figure.

du Pin maritime. 49

Thorax et abdomen d'un blanc roussâtre et se montrant, à un fort grossissement du microscope, tout couverts de très petites spinules dirigées en arrière et qui doivent être d’un grand secours pour les mouvements de la larve. Poils du thorax simples et assez longs, ceux de l'abdomen, tant en dessus qu’en dessous et sur les côtés, beaucoup plus courts, paraissant spatulé, entremêlés de très petites soies de même forme. La tête de la spatule, soumise à un examen minutieux et observée dans des conditions favorables, notamment dans l’eau, est formée par une houppe de petits poils ordinairement réunisen pinceau, parfois étalés. Neuvième segment presque carré, ses appendices longs, de deux articles dont le premier un peu en massue, muni de quelques poils, le second un peu plus court, grêle, terminé par un poil. Mamelon anal long, linéaire, très faiblement lobé à l'extrémité.

Stigmates comme dans les larves dela même famille, c’està-dire au nombre de neuf paires, dont une très près du bord antérieur du mésothorax, et une au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes hérissées de quelques soies.

J’ai trouvé plusieurs individus de cette larve en janvier 1851, sous l’écorce d’un pin où avaient vécu les larves de l’'Hylurgus minor et du Crypturgus pusillus dont elle avait sans doute fait périr plus d’un individu. Je me persuadai qu’elle appartenait à la Lithocharis fuscula que je rencontrai avec elle; mais l’ayant élevée dans mon cabinet en la conservant dans les détritus et les excrémens laissés par les larves des Hylurgus et des Crypturgus, j'en ai obtenu le Quedius scintillans dont M. Aubé a confirmé la détermination.

Un caractère remarquable que présente cette larve, consiste dans les poils spatuliformes de son abdomen. Je ne

50 E. PERRIS. — Insectes

connais de caractère analogue que dans la larve du Philonthus variabilis décrite et figurée par Bouché (Naturgeschichie, page 180, pl. 8 fig. 1-8), qui porte sur les côtés de chaque segment abdominal six poils en raquette ciliée. J’ai quelque raison de penser que la raquette n’est autre chose qu'une houppe de poils libres, mais imparfaitement vus par l’auteur que je viens de citer.

NYMPHE

Quelques jours d’oubli m'ont privé du plaisir de voir la nymphe ; mais j'ai tout lieu de croire qu’elle ressemble à celle du Quedius attenuatus qui m'est connue et qui présente tous les caractères de celle du Xantholinus collaris.

INSECTE PARFAIT

Longueur 5 millim. D’un bronzé obscur et très brillant. Antennes d’un brun roussâtre, avec le premier article testacé et le dernier ovale-oblong, acuminé. Tête marquée, au-dessus des yeux, de deux points, et entre les yeux d’une série transversale de quatre points également distants, dont les deux latéraux sur le bord même des yeux et les deux intermédiaires assez profonds. Séries dorsales du prothorax composées de trois points médiocrement rapprochés; sur les côtés, outre la ponctuation marginale, quatre points bien visibles. Ecusson très lisse; élytres fortement ponctuées, à pubescence blanchâtre, abdomen finement ponctué, à pubescence d’un brun grisâtre ; noir en dessus, à reflets métalliques en dessous, avec le bord des segments d’un brun roussâtre. Pattes testacées: tarses antérieurs fortement dilatés dans les deux sexes.

Se montre au mois de mai. — Rare.

du Pin maritime. 54

MACROPALPUS PALLIPES, Em. Cussac.

Fig. 44—48, (PI. 17.)

LARVE

Longueur 3 1/2 millim. Corps légèrement ventru, c’està-dire grossissant un peu de l'extrémité antérieure jusqu’au milieu, puis diminuant insensiblement de diamètre jusqu’à l'extrémité postérieure.

Tête ovale, noirâtre, marquée de deux petites impressions longitudinales. Mandibules subulées, non dentées et testacées ; palpes maxillaires de trois articles dont le dernier un peu plus grand que les deux autres ensemble et presque subulé; lobe des mâchoires assez grêle, n’atteignant pas l'extrémité du second article des palpes; lèvre inférieure tronquée carrément; palpes labiaux de deux articles. Antennes de quatre articles, les deux premiers d’égale longueur, le troisième aussi long que les deux précédents réunis et surmonté en dedans d’un petit article supplémentaire droit, ne dépassant pas la moitié du quatrième article qui est un peu ventru et muni de quelques poils sur les côtés et à l'extrémité. Tous ces organes d’un blanchâtre livide.

Segment thoracique plus grand que les autres; prothorax noirâtre en dessus, sauf une bande postérieure ; mésothorax et métathorax marqués d’une grande tache noirâtre et presque carrée qui ne dépasse pas le milieu et n’atteint pas les côtés. Chacun de ces segments portant une paire de pattes longues, d'un brunâtre livide, de quatre articles comme à l'ordinaire et munies de quelques petites soies.

Segments abdominaux à fond d’un blanc un peu livide comme le thorax; les sept premiers marqués en dessus, à la base,

> F. PERRiS. — /nsectes

d’une tache transversale noirâtre qui n’atteint pas à beaucoup près les côtés ; huitième segment ayant une tache de même couleur mais en forme de bande, plus large et se prolongeant jusque sur les côtés. Chacun de ces segments muni latéralement d’un petit tubercule elliptique et noirâtre, surmonté de deux poils. Neuvième segment blanchâtre à la base , noirâtre dans le surplus de son étendue et terminé par deux appendices de médiocre longueur, un peu arqués en dedans et de deux articles dont le dernier très petit et peu tranché. Pseudopode anal large, très court, n’atteignant pas la moitié du premier article des appendices.

Stigmates comme à l'ordinaire.

J'ai trouvé cette larve pour la première fois, et en assez grand nombre, en avril 1863, sous l'écorce de pins de quinze ans, qui avaient nourri une génération de Tomicus laricis. Elles vivaient des excréments laissés par les larves de ce xylophage. Parmi elles se trouvaient des nymphes de la même espèce couchées dans les galeries ou dans une toute petite cellule pratiquée au milieu des détritus.

NYMPHE

Semblable à celles du Phlæopora et des Homalota, c’'est-àdire blanche, molle, très délicate, muzie de soies sur le prothorax et sur les côtés de l'abdomen qui est terminé par deux petites papilles.

INSECTE PARFAIT

J'en ai obtenu plusieurs, soit des nymphes recueillies, soit deslarves qui se sont transformées chez moi. Je le pris d’abord pour un Omalium dont ses longues élytres lui donnent l’apparence ; mais la forme de ses palpes ne me permettait pas

de l’attribuer à ce genre, et j'inclinais à en faire un Trogophlœus. M. Aubé, consulté, a dissipé mes incertitudes et m'a reporté au Macropalpus pallipes publié par M. Em. Cussac dans les Annales de la Soc. entom. (1852 p. 613) et je me suis convaincu de l'exactitude des indications de mon savant ami. Voici la description :

Longueur près de 3 millim. subdéprimé, noir, un peu luisant, revêtu d’une pubescence blanchâtre et très courte. Antennes aussi longues que la tête et le prothorax réunis, très faiblement en massue, noires ou brunes, rarement en totalité, ordinairement avec les deux premiers articles, ou même un plus grand nombre testacés. Mandibules testacées ; palpes de la même couleur, sauf l’article renflé, ou troisième, qui est noirâtre. Tête presque aussi large que le prothorax, fortement ponctuée dans toute son étendue et marquée sur le front de deux fossettes oblongues bien apparentes.

Prothorax de moitié à peu près plus étroites que les élytres, aussi large que long, très faiblement anguleux sur les côtés et visiblement rétréci vers la base; fortement ponctué comme la tête; marqué sur le dos de deux sillons longitudinaux , quelquefois un peu obsolètes et formant une sorte d'ellipse. On remarque en outre un enfoncement ou dépression de chaque côté.

Elytres près de trois fois aussi longues que le prothorax, déprimées, ruguleusement ponctuées, mais un peu moins fortement que le prothorax.

Abdomen à peine aussi long que la poitrine, fortement rebordé et presque imperceptiblement ponctué.

Pattes tantôt entièrement testacées, tantôt avec toutes les cuisses ou seulement les quatre postérieures brunes ou noirâtres.

M. Cussac a trouvé cet insecte en octobre sous des détritus. Ma découverte indique un autre moyen de se le procurer.

OMALICTM VILE, Erichs. | Fig. 49—55. (PL 17.)

LARVE

Longueur 3 millim., tête elliptique, déprimée, d'un roussâtre livide; épistome et labre soudés en une plaque non distincte du front et profondément bidentée ; mâchoires petites , sans lobe apparent ; palpes maxillaires grêles, arqués en dedans, subulés, formés de trois articles, les deux premiers courts et égaux, le troisième plus long que les deux autres ensemble. Lèvre inférieure étroite, paraissant un peu échancrée ; palpes labiaux de deux articles dont lesecond plus grêle et un peu plus long que le premier. Mandibules rousses, longues, arquées, acérées, munies d’une petite dent à son tiers antérieur. Antennes de quatre articles, le premier et le second peu allongés et cylindriques, le troisième deux fois aussi long que le précédent, presque droit extérieure ment, dilaté intérieurement au milieuenunesorte d’apophyse sur laquelle on voit une petite soie et un article supplémentaire assez gros et plus épais à l'extrémité qu'à la base ; quatrième article court, ellipsoidal, muni de longues soies tout autour et d’une autre plus épaisse à l'extrémité. Au dessous de chaque antenne un petit ocelle roussâtre.

Corps entièrement semblable à celui de la larve de la Phlæopora, avec cette différence qu'il est d'un roussâtre livide uniforme. Il diffère aussi par le huitième segment abdominal qui est coupé carrément, et par le neuvième qui

du Pin maritime. 55

est moins étroit, et qui, à chaque angle postérieur, porte deux longs appendices hérissés de quelques poils. Ces appendices sont susceptibles de se rapprocher et de s’écarter à la volonté de la larve. Le mamelon pseudopode anal, plus étroit à l'extrémité qu’à la base, ne paraît point terminé par un bourrelet.

Les pattes et les stigmates sont comme dans les larves précédentes.

Cette larve se trouve dans les galeries du Tomicus stenographus.

NYMPHE

Elle n’offre rien de particulier et ressemble à celle de la Phlæopora.

INSECTE PARFAIT

Longueur près de 3 millim. linéaire, subdéprimé, d'un noir un peu roussâtre et luisant. Antennes noirâtres avec les six premiers articles testacés. Tête ponctuée, marquée de deux impressions en avant du: front. Prothorax un peu plus étroit que les élytres, densément ponctué, avec deux impressions longitudinales et peu apparentes sur le disque. Elytres près de trois fois aussi longues que le prothorax, couvertes de points souvent rangés en séries. Abdomen très finement ponctué. Pattes testacées.

J'en trouve souvent une variété à élytres d’un brun ferrugineux.

Au printemps et à l'automne, sous les écorces. — Assez commun.

56 E. PERRIS,. — f[nsectes

OMALIUM PUSILLUM, Gray. Anthobium pusillum, Mannerheim.

LARVE

Longueur 2 1/2 millim. forme de la larve précédente et se distinguant par les caractères suivants : | Tête coupée carrément au bord antérieur, avec les angles arrondis; de couleur roussâtre, ainsi que le dernier segment, le pseudopode anal et une bande transversale peu apparente sur les deux pénultièmes segments. Mandibules nullement dentées; palpes maxillaires de la même longueur que dans la larve précédente; troisième article une fois et demie aussi long que chacun des deux autres, qui sont égaux ; lobe des mâchoires atteignant l'extrémité du second article ; second article des antennes assez long; troisième une fois et demie aussi long que le deuxième; troisième très faiblement fusiforme; article supplémentaire inséré au tiers supérieur, un peu arqué vers l’antenne et atteignant la moitié du quatrième article. Cinq ocelles noirs, dont trois supérieurs en ligne droite et oblique, un autre un peu audessus de l'intervalle qui sépare le premier et le second, presque contigu au premier; le cinquième verticalement audessous du quatrième, dont il est assez éloigné. Pseudopode anal long; appendices à peine plus longs que lui, en cône effilé et de deux articles dont le premier double du second. J'ai trouvé, au mois de mars, cette larve, sa nymphe et l'insecte parfait sous l'écorce d’un pin où avaient vécu des larves de Tomicus laricis et qui nourrissait des larves de Pissodes notatus.

NYMPHE

Comme les précédentes.

du Pin maritime. 57

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 1/2 millim. Linéaire, déprimé, imponctué, un peu soyeux, noir, avec le prothorax et les élytres souvent d’un brun roussâtre. Antennes un peu plus courtes que la tête et le prothorax, d’un roux testacé, avec les quatre avantderniers articles bruns. Bouche d’un roux testacé. Tête marquée de deux petits points en avant des yeux et antérieurement de deux fosseltes assez prononcées. Prothorax plus étroit que les élytres, près de deux fois aussi large que long, tronqué antérieurement et à la base, subdéprimé, marqué de quatre fossettes, dont deux oblongues sur le disque, au-dessous du milieu, et deux arrondies au milieu du bord latéral. Elytres déprimées, deux fois aussi longues que le prothorax. Abdomen allongé, bord postérieur des segments testacé. Pattes testacées.

Au printemps et à l'automne, sous les écorces. — Assez commun.

L'étude attentive que j'ai faite des larves ci-dessus et de plusieurs autres dont je n’ai pas à parler ici me permet de hasarder quelques généralités sur les larves des Staphyliniens.

Lorsqu'on remarque combien cette famille est considérable, combien ses espèces sont nombreuses et généralement répandues, on s'étonne à justetitre que les naturalistes n'aient fait connaître qu’un petit nombre de ses larves. A part, en effet, celles de lÆ/eochara fuscipes décrite par M. Westwood, de l’Ocypus olens par MM. Heer, Ratzeburg et Blanchard, des Philonthus æneus et variabilis, Xantholinus punctulatus et Platystethus morsitans par Bouché, du Quedius tristis par M. Waterhouse, du Microlymma brevipenne par M. Johnstone, des Tachinus humeralis et Tachyporus

58 E. PERRIS. — [nsectes

cellaris dont j'ai publié les métamorphoses, il paraît qu’elles sont demeurées presque toutes inconnues.

Ce fait, qui s’observe, du reste, pour plusieurs autres familles, ne tient pas seulement à ce que peu de naturalistes s'occupent sérieusement de la recherche, de l'étude et de l'éducation des larves, il résulte aussi de ce que les larves des Staphyliniens sont généralement petites, qu’elles se cachent au milieu des matières animales et végétales dont elles se nourrissent, et même au sein de la terre; qu'elles sont généralement nocturnes et qu’il est très difficile de les élever , surtout celles des petites espèces. Au surplus, il m'a fallu tant de temps et de si grands efforts de patience pour connaître l’histoire de celles dont je viens de parler, que je comprends très bien qu’il faille avoir le feu sacré pour entreprendre de combler un certain nombre des lacunes que, sous ce rapport, présente la science.

Bouché (Ncturgeschichte der Insecten, 1834), a publié et figuré, ainsi que je l'ai dit, les larves de quatre espèces de Staphyliniens. En consultant les figures de ces larves postérieurement à mes propres observations, j’ai remarqué des différences qui étaient de nature à appeler mon attention. Ainsi, 1° les antennes et les palpes maxillaires des larves des Philonthus œæneus et variabilis et ceux de la larve du Platysthetus morsitans ont cinq articles (1); ceux de la larve du Xantholinus punctulatus quatre articles seulement ; 20 les appendices du dernier segment sont formés de trois articies.

Les assertions de cet auteur m'inspirèrent les plus vives inquiétudes sur mes propres observations, quoique j'y eusse

4) Dans sa description, Bouché donne même six articles aux antennes des larves du P. variabilis.

du Pin marüuime. 59

apporté bien des soins, et je me décidai à les recommencer. j'eus recours à ma collection de larves conservées dans l'alcool, et pour plus de sûreté je me mis en quête des larves vivantes; je remis en jeu mes plus fortes loupes et mon microscope, et voici ce que j’ai de nouveau constaté :

Dans presque toutes les larves des Staphyliniens que j'ai étudiées les antennes sont positivement de quatre articles. Dans celles des Staphylinus maxillosus et des Ocypus olens et cyaneus le second article paraît divisé près de la base en un autre article de la grandeur du premier, ce qui semble indiqué par une nuance annulaire plus claire, comme on la remarque à l'extrémité de chaque article; mais j'ai vainement cherché une suture, un pli des tissus ; la surface du second article m'a paru lisse et continue dans toute son étendue, ce qui me porterait à généraliser le principe des antennes à quatre articles. Il n'y a, du reste, que quatre articles dans la figure que M. Ratzeburg donne de la larve de l’Ocypus olens. Quoiqu'il en soit des larves de Staphylinus et d'Ocypus, j'ose affirmer que celles dont j'ai donné ci-dessus la description n’ont que quatre articles aux antennes, de sorte qu’à la rigueur on pourrait dire que, dans les larves des espèces les plus grandes et peut-être aussi les plus carnassières et les plus parfaites, les antennes sont de cinq articles, tandis qu’elles ne sont que de quatre dans les autres. M. Waterhouse et Bouché n’en indiquent d’ailleurs que quatre dans les larves du Xantholinus punçtulatus et du Quedius tristis, et ce dernier auteur a évidemment commis une erreur en en donnant cinq à celle du ?latysthetus morsitans, Car il place sur le troisième article le petit article supplémentaire ; or, comme cet organe, dans les larves des Staphyliniens, se trouve toujours sur l’article pénuitième, il en

60 E. PERRIS. — Insectes

résulte qu’il n’y a qu'un article en sus du troisième. Bouché aura sans doute été trompé par un petit faisceau de poils qui surmonte ordinairement les antennes des larves dont il s'agit.

En ce qui concerne les palpes maxillaires, j'ai dit que Bouché les trouve composés de cinq articles dans toutes les larves qu’il a décrites, sauf celles du Xantholinus où ils ne sont que de quatre articles. Ici l’erreur est, pour moi du moins, bien avérée. Si, en effet, je me réfère au témoignage des auteurs, je trouve que pas un n’a dépassé, pour les organes en question, le nombre de quatre articles. Si je me reporte à mes propres observations, soigneusement renouvelées, je constate que les larves de Staphylinus, d’Ocypus et de Xantholinus ont les palpes maxillaires de quatre articles seulement, et que, dans celles du Quedius scintillans, des Homaloita, des Tachinus , des Phiæopora, des Omalium, ces palpes ne sont que de trois articles. Cette différence dans le nombre des articles est sans doute un fait remarquable; mais elle n’est pas plus surprenante que celle que présentent les insectes parfaits de cette famille dans leurs tarses dont les articles varient de trois à cinq. IL est même bon d’en prendre note, parce qu’elle pourrait servir à faciliter l’arrangement méthodique de cette grande famille sur la classification de laquelle tout n’est peut-être pas dit encore, malgré le beau travail d’Erichson.

Quant aux appendices du dernier segment, Bouché est le seul, à ma connaissance, qui les ait trouvés composés de trois articles, et pour moi je n’en ai jamais vu que deux, quelque grossissement que j'aie employé. Le poil qui termine le second article en aura sans doute imposé à l’auteur allemand.

du Pin maritime. 6!

Quelques observations me sont également suggérées par les idées générales exprimées sur l’ensemble des larves de cette famille, et ici, comme dans bien d'autres cas, j'ai constaté des erreurs, ainsi que le danger qu'il y à à établir des principes sur des observations incomplètes, et des caractères généraux d’après l’organisation d’un très petit nombre d'espèces.

Dans l'Encyclopédie d'histoire naturelle publiée par M. Chenu, M. Eugène Desmarest a résumé les opinions diverses qui ont été énoncées sur les larves dont il s’agit, et je vais les passer en revue :

1° Les antennes sont de cinq articles et les palpes maæxillaires de quatre. — J'ai déjà dit mon sentiment sur ce point, et je crois avoir établi que si, dans quelques espèces, les antennes sont de cinq articles et les palpes maxillaires de quatre, dans la plus grande partie les premiers de ces organes sont de quatre articles et les seconds de trois.

20 Les larves adultes ressemblent en général à l'insecte parfait, et comme lui ont la propriété de relever l'abdomen quand on les inquiète. — La ressemblance de la larve avec l'insecte parfait est vraie pour les Siaphylinus, les Ocypus, les Xantholinus et quelques Philonthus ; mais elles ne l’est pas pour les Aleochara, les Homalota, les Phlæopora, les Tachinus, les Pœderus ettant d’autres. Quand à la faculté de relever l'abdomen je ne l'ai pas observée ; je ne la conteste pas cependant pour les grandes espèces, mais je la nie formellement pour les larves des derniers genres que je viens de citer.

30 Les larves des Staphyliniens diffèrent considérablement de celles des autres coléoptères et n’ont aucun rapport avec celles des Carabiques et des Dytisciens ; elles se rapprochent beau-

62 E. PERRis. — Insectes

eoup, au contraire, de celles des Silphales et des Niidulaires. — Loin de voir des différences considérables entre les larves des Staphyliniens et celles des autres coléoptères, je leur trouve des ressemblances très marquées avec celles de plusieurs familles, et qui plus est, si j’avais à leur assigner une place dans une classification méthodique, je les installerais fort près de celles des Carabiques et des Dytisciens. La soudure du labre et de l’épistome avec le front ; les dentelures du bord antérieur de la tête ; la forme et l’appendice du pénultième article des antennes; la longueur et le nombre des articles de celles-ci, ainsi que des palpes ; leurs mandibules longues, acérées, ordinairement falciformes ; les appendices du dernier segment, presque tout les rapproche des larves des Carabiques. Celles-ci paraissent même avoir avec elles cette analogie de plus que le nombre des articles des antennes, qui estde cinq et celui des palpes maxillaires qui est de quatre dans les grandes espèces, diminuerait dans les petites, ainsi que le fait voir la larve de l Æpus Robiniüi publiée par M. Coquerel (Ann. soc. entomol., 1850, page 532, pl. 16), et qui n'offre que quatre articles aux antennes et trois aux palpes maxillaires. J'ajoute que les larves des Dytiscus et des Colymbetes, si elles étaient terrestres, pourraient, au premier coup d'œil, être prises pour des larves d'Ocypus. J'ajoute enfin que les larves des Staphyliniens sont sensiblement plus voisines, à mon avis, des larves des deux familles que je viens de citer que de celles des Silphales et des Nitidulaires dont elles s’éloignent par la forme des mandibules et des antennes, la longueur des palpes, la soudure des parties antérieures de la tête, les appendices du dernier segment, le mamelon anal, leur villosité moindre peut-être. Mais si, en dehors des rapprochements que j'ai déjà faits, je cherchais les affinités

qu'elles peuvent avoir avec d’autres familles, j'en trouverais de très frappantes avec les larves des Histérites, qui m'ont, plus d'une fois , fait prendre le change. On verra, en effet, plus bas que les larves des Platysoma et des Plegaderus ont de grandes ressemblances avec celles des Xantholinus. Voilà pourquoi j'aime à voir dans le Cataloqus Coleopterorum Europæ, imprimé à Bautzen en 1849, les Histérites suivre immédiatement les Staphyliniens, tandis qu’il sont très mal placés, selon moi, dans le catalogue de M. Gaubil. Tant il est vrai, et nous aurons plus d’une occasion de le faire remarquer, que l’étude des larves peut prêter un grand secours à la méthode.

49 La durée des larves dont il s’agit paraît être longue, mais n'a pas été constatée d’une manière positive. La métamorphose en nymphe a toujours lieu au printemps. — Je suis en position d'affirmer que la vie de ces larves n’est pas aussi longue qu’on semble le croire. J’ai constaté, eneffet, que celles qui naissent au printemps subissent ordinairement leur métamorphose avant la mauvaise saison, etles petites bien longtemps avant ; et que les larves d’Ocypus que l’on rencontre adultes, ou à peu près, sous divers abris, vers la fin de l’automne, sont des larves de l’année qui deviendront insectes parfaits au printemps suivant. Je puis même citer un fait récent qui me porte à croire que les larves des grandes espèces elles-mêmes, placées dans de bonnes conditions, peuvent parcourir rapidement les diverses phases de leur existence, et qu'elles n’attendent pas toujours le printemps pour se transformer. Au commencement de juillet 1852, je déposai dans un pot à fleurs, à moitié rempli de terre, le cadavre d’un écureuil. Quelques jours après il était farci de larves de diptères, de Silphes, et vers la fin de septembre,

64 E. PERRiSs. — Insectes

ayant exploré la terre du pot, j'y trouvai plusieurs nymphes de Staphyliniens qui me donnèrent, douze ou quinze jours après, le Staphylinus maxillosus.

PTILIUM APTERUM, Guér. PALLIDUM, Dei.

Fig. 60-68 (PI. 18; 3e sér., t. I. pl. 2e du Mémoire.)

LARVE

Longueur 1 millim. corps linéaire, aplati. "

Tête grande, large, à peu près discoïdale, légèrement roussâtre, subcornée, marquée sur le front de deux sillons longitudinaux et parallèles qui ne dépassent pas la moitié de la tête, et en arrière de deux traits arqués comme ceux qui dessinent les faux yeux des chenilles. Sur les côtés quelques poils arqués les uns en avant, les autres en arrière. Epistome très court et transversal, labre discoïdal et un peu velu. Mandibules longues, étroites, courbées en serpe, sans aucune dent interne. Mâchoires courtes, épaisses, lobe trés allongé, linéaire, presque aussi long que le palpe, ayant l'extrémité arrondie et pourvue de petits cils spinuliformes. Palpes maxillaires de trois articles, le second un peu plus long que le premier, l’un et l’autre ayant un petit poil en dehors, le troisième plus long que le second, grêle et pointu. Lèvre inférieure cordiforme, palpes labiaux très courts et de deux articles. Antennes coniques, insérées aux angles de la tête, de quatre articles, le premier court, le second deux fois et demie aussi long, ayant un poil de chaque côté et surmonté en dedans d’un article supplémentaire grêle et de la longueur du troisième ; le troisième de moitié moins long que le second; le quatrième de la longueur du troisième et couronné de trois poils. Yeux nuls ou invisibles.

du Pin maritime. 65

Thorax composé, selon l'ordinaire, de trois segments plus grands que les autres et d’un blanc livide, avec deux poils de chaque côté, le prothorax un peu rétréci antérieurement et marqué au milieu d'un petit sillon longitudinal.

Abdomen de neuf segments dont les huit premiers à peu près égaux; neuvième un peu plus long, plus étroit, à bord postérieur droit, portant à ses angles deux appendices tubiformes divergents, plus longs que lui, terminés par trois longs poils, et prolongé par un grand mamelon pseudopode, inférieurement tronqué et muni de quatre petites soies.

Lorsqu'on observe la larve de profil, on remarque sur le dos de chaque segment, et à la face ventrale de chaque segment abdominal, deux petites soies, une verticale, et une moins fine, spinuliforme, dirigée en arrière; mais celles-ci sont toujours par paires, une de chaque côté de la soie verticale. C’est ce que l’on constate lorsque, à l’aide d’une très forte loupe, on observe la larve en long. Ces soies doivent concourir aux mouvements de la larve, de concert avec le pseudopode anal et les trois paires de pattes insérées sous les segments thoraciques.

Pattes longues, de quatre articles, les deux premiers courts, les deux autres longs, ayant deux soies en dehors et une en dedans. Ongle court, roussâtre, faiblement arqué.

Je n’ai pu constater la position des stigmates,

J'ai trouvé deux fois plusieurs de ces larves, avec quelques nymphes et un grand nombre d'insectes parfaits, sous l'écorce de gros pins morts, dans les galeries du Crypturqus pusillus.

NYMPHE

Elle est de la taille de linsecte parfait et de couleur blanche. Elle porte sur le vertex deux petites soies blanches

66 Ë. PERRIS. — Insectes

et sur les bords du prothorax huit soies dont quatre semblables à celles du vertex, et quatre, deux de chaque côté, plus épaisses, coniques et implantées sur de petits mamelons. On voit aussi deux petites soies au bord postérieur du mésothorax et du métathorax. Les derniers segments de la nymphe sont engagés dans la dépouille chiffonnée de la

Longueur 1/2 millim. Aptère,aplati, entièrement d’un testacé clair. Tête triangulaire un peu plus large que longue ; antennes atteignant au moins la moitié desélytres. Prothorax un peu plus grand que la tête, d’un tiers plus large que long, légèrement arrondi sur les côtés, largement échancré antérieurement, avec les angles défléchis ; coupé carrément à la base, avec les angles obtus ; marqué sur le disque de deux petites fossettes oblongues, rapprochées et parallèles, très peu apparentes, et d’une ponctualion excessivement fine, Elytres d’un tiers à peu près plus longues que le prothorax, plus visiblement ponctuées, un peu pubescentes et très faiblement arrondies à l’extrémité.…

Sous les écorces au printemps et à l'automne. — Pas très rare.

Quelques observations sur le genre Trichopteryx trouvent ici tout naturellement leur place.

M. Gillmeister, et après lui M. Alibert, ont publié une monographie de ces insectes microscopiques. Grâce à l’obligence de mon ami-M. Aubé, j'ai eu entre les mains l'ouvrage de l’auteur allemand, vrai tour de force de patience et de dissection, comme celui de M. Aubé sur les Psélaphiens, et chef-d'œuvre d'iconographie ; mais je ne connais malheureu-

du Pin maritime. 67 sement ni celui de l'auteur français, ni le travail d'Erichson sur le même sujet.

M. Gillmeister donne la description et la figure d’une larve qu’il rapporte au Trichopteryx limbata KHeer, et j'ai moimême fait connaître dans tous ses détails (Ann. soc. entom. 2e série, tome 4, p. 465) l’histoire des métamorphoses du T. intermedia Gillm. fascicularis Erichs. Entre la larve de ce Trichopteryx et celle du Ptilium aplerum il n'y a pas seulement un air de famille, il y a presque identité. Ainsi, la forme du corps est exactement la même, les antennes, les palpes, les mâchoires, les pattes, les appendices du dernier segment se ressemblent parfaitement ; les seules différences consistent en ce que la larvedu Ptilium apterum a de moins que l’autre une dent au bord interne des mandibules, et de plus qu’elle les soies verticales du dos et du ventre, et les soies obliques de la région dorsale.

Mais entre ces deux larves et celle qu’a décrite M. Gillmeister, il y a des différences telles, que je me sens autorisé à douter qu’elle appartienne à un Trichopteryx. Ce doute me vient surtout de ces assertions de M. Gillmeister, qu'ilexiste sur les côtés des antennes de gros yeux et que les antennes sont de deux articles. Je sais bien qu'ilest impossible qu'il n'y ait que deux articles, car toutes les larves de coléoptères ont leurs antennes formées de trois articles au moins; mais en supposant que M. Gilimeister n’ait pas vu l’article basilaire presque toujours très court, ou n’en ait pas tenu compte, comment n’aurait-il aperçu ni les trois autres, ni l’article supplémentaire, et dans l’hypothèse où les deux derniers articles lui auraient paru réunis en un seul, comment seraitil fondé à dire que le second article est de moitié plus court que le premier, puisque les deux derniers réunis égalent en longueur celui qui précède.

68 E. PERRIS. -— /nsectes

Lorsque je publiai la larve du Trichopteryx intermedia, je ne connaissais pas l'ouvrage de M. Gillmeister, et je me rappelle que M. Aubé, qui avait comparé la figure de cette larve avec celle que donne cet auteur, m’écrivait que les différences tenaient sans doute à ce que la larve de M. Gillmeister appartient augenre Ptilium, tandis que la mienne dépend du genre Trichopteryx. Mais aujourd'hui c’est une larve de Piilium que je donne, et cependant les ressemblances sont telles qu’on dirait presque qu'elles sont de la même espèce. Ce ne sont pas d’ailleurs des genres aussi voisins qui établiraient entre les larves des dissemblances aussi grandes que celles que j'ai fait remarquer. Ce serait, du moins, le seul exemple que j'en aurais.

Je dis donc ou que la larve que M. Gillmeister attribue au Ptilium limbalum n'appartient pas à cet insecte, ou que cet observateur a cru voir des yeux où il n’y en a pas, et qu’il ne s’est pas rendu un compte exact de la structure des antennes. Ce qui me fait croire qu’il a pris quelquefois les apparences pour la réalité, c’est qu'il déclare que les trois segments thoraciques sont pourvus, au-dessus de l'insertion des pattes, de stigmates circulaires. Or, il est avéré, et cette règle ne comporte, que je sache, aucune exception, pour les larves des coléoptères, qu’il n’y a jamais qu’une seule paire de stigmates pour les trois segments du thorax.

Au surplus, si je me crois permis de critiquer les indications de M. Gilimeister, je me garderais bien de le faire avec une sévérité que l’on pourrait une autre fois retonrner contre moi, Car je sais autant que qui que ce soit que l'étude de ces infiniment petits est sujette à bien des méprises.

Cette réflexion, que l’on pourrait prendre pour une pré-

du Pin maritime. 69

caution oratoire, me servira du moins de transition pour la rectification d'une erreur que j'ai commise au sujet du Trichopteryx intermedia (insecte parfait) dans ma notice précitée ; erreur que je n'hésite pas le moins du monde à confesser, parce que l'intérêt de la science passe chez moi avant celui de l'amour propre.

En parlant de la structure des tarses de ce Trichopteryx j'ai dit qu'ils m'ont paru composés de cinq articles et que je n'ai pas vu vestige d'ongles. J'ai même contredit à ce sujet M. Guérin-Méneville qui, parlant du T. rugulosa trouvé dans les pommes de terre gâtées, ne donne aux tarses que trois articles dont les deux premiers gros et courts, le troisième filiforme, trois fois plus long que les deux autres ensemble et terminés par des ongles fort longs. M. Gillmeister se trouvant d'accord sur ce point avec M. Guérin, je devais avoir des doutes, et le doute appelait l’étude. Je mesuis donc livré à un nouvel et sérieux examen, et grâce au grand nombre d'individus dont je disposais, j'ai pu corriger les premières hallucinations produites par mon microscope, et constater que les tarses sont, en effet, composés comme le disent MM. Guérin et Gillmeister. J’ai trouvé seulement que le troisième article est à peine deux fois, au lieu de trois fois aussi long que les deux premiers ensemble. La séparation des articles est, du reste, indiquée par de toutes petites soies placées à l'extrémité du premier et du deuxième.

À propos des mœurs des Trichopteryx M. Gillmeister signale avec détails les conditions dans lesquelles on les trouve, les substances au milieu desquelles il faut les chercher. Ce sont : les tas de feuilles sèches, exposées au soleil, les ratissures, les toits de chaume, les excréments désséchés et réduits à l’état de terreau, les écorces, les fourmilières,

70 E. PerRis. — Insectes

et de la forme de leurs mandibules ainsi que de leur prodigieuse multiplication il conclut que ces insectes sont phytophages. Je ne leur conteste pas précisément cette qualification, quoique je ne voie pas comment on pourrait l'appliquer à ceux qui vivent dans les excréments et dans les fourmilières, mais je crois être dans le vrai en supposant que, s’ilsne sont pas carnivores, du moins accidentellement, ils se nourrissent, les uns, y compris ceux des fourmilières et peut-être aussi ceux des écorces, de matières excrémentitielles, les autres des mucédinées qui se développent dans les végétaux entassés et en voie de décomposition. Cette différence dans les appétits n'a rien qui doive surprendre, car parmi les Cryptophagus, par exemple, j'en pourrais citer qui vivent les uns de fruits, d’autres de champignons, d’autres d’excréments des chenilles processionnaires. Quant au Ptilium dont il s’agit ici, je lai trouvé, ainsi que je l'ai dit, sous l'écorce du pin dans les galeries du Crypturgus pusillus. Je suis porté à croire qu’il se nourrissait des excréments laissés par les larves de ce xylophage.

Mais en admettant la question comme résolue pour les insectes parfaits, l’est-elle pour les larves ? nul autre que moi ne s’est formellement prononcé à cet égard, à moins que M. Gillmeister n'ait implicitement compris les larves dans ce qu’il dit des mœurs des insectes parfaits.

Dans ma notice sur le Trichopleryx intermedia jai déclaré que la larve de cet insecte est carnassière, car je l'avais vue saisir de très petites Podurelles et les emporter dans ses mandibules. Comme rien, ni dans mes observations, ni dans celles des autres n’est venu modifier les conséquences que j'ai déduites de ce fait, et ébranler ma conviction, je persiste d'autant plus à croire que les larves des Trichopteryx sont

du Pin maritime. 71

carnivores, qu'elles me paraissent aussi bien conformées pour cela que la plupart de celles des Staphyliniens auxquelles on ne refuse pas de pareils instincts. Il est donc plus que probable que les larves du T. apterum vivaient soit de celles du Crypturgus soit de très petites Podurelles et d’Acarides microscopiques qui se trouvaient avec elles, et subsidiairement, ainsique je l’établirai pour plusieurs espèces de larves, des excréments déposés dans les galeries.

CARPOPHILUS SEXPUSTULATUS, Fabr.

Ips abbreviaius Panzer

Fig. 69 — 76 (PI. 18.)

LARVE

Longueur 5 à 6 millim. Blanche, légèrement coriace, déprimée, linéaire.

Tête plus large que longue, roussâtre avec le bord antérieur plus foncé, subcornée, marquée de deux fossettes longitudinales, et munie de quelques poils. Epistome roux, assez grand, rectangulaire ou à peu près, ayant deux fossettes arrondies, et bordé de quelques poils. Labre roux, semidiscoidal, incliné entre les mandibules ce qui constitue un caractère peu commun, et susceptible d’un léger mouvement vertical. Mandibules rousses, avec l'extrémité ferrugineuse, ne se croisant pas, se touchant à peine par les bouts qui sont acérés, avec une petite dent au-dessous. Mâchoires courtes. mais assez fortes ; lobe très court, large, arrondi, velu. Palpes maxillaires roussâtres, arqués, saillants, de trois articles dont le premier court et les deux autres égaux; le dernier tronqué à l'extrémité qui est surmontée d’une très petite soie Lèvre cordiforme, insérée tellement en arrière queles palpes

72 E. PERRIS. — fnsectes

labiaux dépassent à peine le lobe des mâchoires. Ces palpes sont bi-articulés. Antennes roussâtres, de quatre articles, le premier courtet large, les autres sensiblement plusétroits et d'égale longueur; second et troisième un peu arrondis à l'extrémité qui est plus épaisse que la base ; ce dernier article muni d’un verticile de poils écartés; quatrième cylindrique, grêle, terminé par une soie au dessous de laquelle on en voit deux ou trois autres, et accompagné à sa base d’un article supplémentaire situé en dessous, et qui n’est le plus souvent visible que lorsqu'on regarde la larve de côté. Au dessous des antennes un groupe de quatre ocelles dont deux supérieurs presque contigus et elliptiques et deux inférieurs écartés et visiblement plus petits.

Corps plus large que la tête, composé de douze segmenis dont les divisions sont bien marquées. Prothorax presque du double plus grand que les deux autres segments thoraciques, teint de roussâtre, parcouru longitudinalement par une ligne blanchâtre très fine qui n’est autre chose que le vaisseau dorsal vu par transparence; mésothorax et métathorax marqués chacun de deux taches roussâtres peu apparentes; chacun de ces trois segments portant deux pattes assez courtes, semblables à celles de a larve précédente, mais dont les trochanters sont plus allongés qu’à l'ordinaire.

Premiers segments de l'abdomen un peu plus courts que les autres ; dernier segment plus étroit à l’extrémité qu’à la base, terminé par deux crochets un peu convergents et légèrement relevés, de couleur rousse avec l’extrémité plus

foncée ; intervalle de ces crochets droit. Sur le milieu dela face dorsale du segment deux tubercules dentiformes,

pointus, dirigés en arrière, cornés et de couleur rousse; disque roussâtre et subcorné sur un espace semi-elliptique

du Pin maritime. 73

qui embrasse les deux tubercules. En dessous, un pseudopode anal, conique, charnu et rétractile.

On voit tout le long du corps de petit poils clair-semés, mais disposés symétriquement et en séries, dont deux dorsales, deux latéro-dorsales, deux latérales et deux ventrales. Les poils sont plus nombreux sur le dernier segment. Les côtés de l’abdomen sont occupés en outre par un bourrelet destiné à seconder les mouvements de la larve. Dessous du corps uniformément blanc. :

Stigmates roussàtres, au nombre de neuf paires : la première très près du bord postérieur du prothorax, les huït autres sur les huit premiers segments abdominaux ; mais les trois premières paires sont au tiers antérieur et les autres au milieu des segments. |

Cette larve, commune sous l'écorce des chênes, parmi les larves des Tomicus villosus, bicolor et monographus, se trouve quelquefois sous l'écorce du pin, avec celles du Tomicus laricis dont elle est aussi l'ennemie. Il est positif, en effet, ainsi que je l’ai plus d'une fois observé, qu’elle dévore les larves et les nymphes des xylophages dont je viens de parler et qu’elle en fait périr un grand nombre. A leur défaut, elle se nourrit de leurs excréments. Elle s’est transformée chez moi, en juillet, au milieu des détritus où je l’élevais.

NYMPHE

Blanche ; quatre soies un peu coniques au bord antérieur du prothorax, dont les deux intermédiaires écartées, entremèêlées de quelques poils extrêmement fins. Des soies semblables près du bord postérieur ; deux très courtes sur chaque genou; segments abdominaux pourvus sur le dos

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74 E. PErris. — Insectes

de deux soies courtes et sur chaque côté d’une soie dont la longueur s'accroît à mesure qu'on s'approche de l'extrémité du corps; celles des deux derniers segments longues, arquées en dedans. Toutes ces soies sont coniques, subuliformes, et les dernières ressemblent aux appendices que présentent bien d’autres nymphes. Tout le corps, vu au microscope, paraît couvert de très petites aspérités.

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 1/2 à 3 millim. noir, ponctué, élytres sensiblement plus courtes que l'abdomen, avec un point à l'angle huméral, un autre sur le milieu, près de la suture, et la partie postérieure du bord latéral d’un jaune rougeâtre.

Assez commun sous les écorces où il hiverne.

Ips (Dermestes) FERRUGINEA , L.

dermestoides Panz.

linearis Latr.

Fig. 11 — 83. (PI. 18.)

LARVE

Longueur 8 à 9 millim. Corps à téguments coriaces, déprimé, surtout en dessous et linéaire.

Tête subcornée, ferrugineuse, à peu près carrée, munie en dessus de deux traits obliques et de quelques verrucosités mal définies ; bord antérieur sinueux, épistome très court et en trapèze, labre petit et demi-discoidal. Mandibules cornées, ferrugineuses, avec l'extrémité noire et acérée et une dent interne près du bout. Mâchoires longues, très larges, lobe épais, cylindrique, arrondi à l'extrémité, velu, dépassant le premier article des palpes maxillaires. Ceux-ci arqués, un

du Pin maritime. 75 peu saillants au-delà des mandibules et de trois articles, le premier plus court que les autres qui sont égaux en longueur. Lèvre inférieure reculée, cordiforme ; palpes labiaux n'atteignant pas l’extrémité du lobe des mâchoires, de deux articles dont le second un peu plus long que le premier. Tous ces organes ferrugineux, ainsi que les antennes. Celles-cide largeur médiocre, coniques et de quatre articles, les deux premiers larges et courts, le troisième plus étroit et un peu plus long, surmonté de deux ou trois petits poils, le quatrième presque aussi long que les deux précédents ensemble, grêle, cylindrique et terminé par une longue soie et deux petites. Ocelles nuls ou du moins invisibles.

Corps, ainsi que je l’ai dit, linéaire, quelquefois pourtant un peu renflé au milieu. Segments du thorax plus longs et plus aplatis en dessous que les autres et munis de quelques poils fins et roussâtres. Prothorax blanc ou à peine roussâtre en dessous, et en dessus de la même couleur que la tête, sauf le bord postérieur qui est d’un blanc terne ; marqué d’un sillon longitudinal et de deux fossettes parfois peu ou point apparentes. Mésothorax et métathorax d’un blanc terne et livide uniforme.

Abdomen de neuf segments, les huit premiers à peu près égaux, de la même couleur que les deux derniers du thorax, portant de chaque côté un petit bourrelet et parsemés de poils roussâtres ; neuvième plus court et plus étroit que les autrés, ferrugineux et semi-corné en dessus et dans son contour, qui est muni de poils roussâtres; roussâtre en dessous, terminé par deux crochets médiocrement recourbés, cornés, d’un ferrugineux vif et paraissant bordés de noir. Près du bord antérieur, vis à vis chaque crochet, un tubercule corné, luisant, d’un brun ferrugineux. En dessous, un mamelon

16 E. PEerRis. — fnsectes

faiblement dilatable, servant à faciliter la progression de concert avec les tubercules du dernier segment, le bourrelet qui règne le long des flancs et les trois paires de pattes que portent les segments thoraciques. |

Pattes de médiocre longueur, de quatre articles; les deux premiers courts, munis de deux petits poils, le troisième long et un peu en massue, pourvu aussi de deux poils près de l'extrémité, le quatrième subconique, un peu arqué, presque aussi long que le précédent, avec deux poils en dehors et surmonté d’un ongle court et subulé.

Stigmates au nombre de neuf paires, la première au bord antérieur du mésothorax, les autres à peu près au milieu des huit premiers segments abdominaux.

Voici dans quelles conditions on trouve cette larve :

Lorsqu'une grosse tige, ou mieux une souche de pin est couchée à terre, trois insectes principalement, le Hylesinus ligniperda, le Hylastes ater et le Hylobius abielis se glissent en dessous et se mettent à perforer l'écorce, les deux premiers pour s’y introduire, le troisième pour y loger ses œufs. En même temps arrive aussi l’{ps ferruginea ; il pénètre sous l'écorce par les trous que les xylophages ont percés, et il pond ses œufs dans leurs galeries. Les larves qui en proviennent attaquent celles des xylophages, et c’est là qu'il faut les chercher. Leur développement est plus lent que celui de leurs victimes; car elles mettent près d’une année à se transformer. La métamorphose a lieu dans une galerie.

NYMPHE

La nymphe est nue, banche, à structure normale, et porte des soies blanches sur le vertex, autour du prothorax et sur les flancs.

du Pin maritime. 47

INSECTE PARFAIT

Longueur 4 à 5 millim. Largeur 1 1/2 millim. linéaire, subdéprimé, entièrement d’un testacé ferrugineux, avec les yeux, le bord antérieur du front, l'extrémité des mandibules et la base des jambes de couleur noire ou noirâtre. Tête aussi large que le prothorax, peu convexe, couverte d'assez gros points arrondis, et marquée, près du vertex, d’un sillon transversal très peu apparent. Prothorax aussi long que large, à peu près carré, couvert de points peu oblongs peu serrés. Elytres ayant une ponctuation semblable, mais un peu moins apparente ; marquées d’une strie juxta-suturale qui ne commence qu'au tiers de ia longueur ; légèrement rebordées, tronquées avant l'extrémité de l'abdomen. Pygidium comme chagriné.

Au mois de mai sous les soucheset les troncs du pin couchés aterre. On le prend aussi souvent au vol autour des tas de bois de pin. — Assez commun.

RHIZOPHAGUS (Lyclus) DEPRESSUS, Fabr.

Fig. 84 — 92. (PI. 18.)

LARVE

Longueur 6 millim. Subcornée, en forme d’ ellipsoide très allongé, presque linéaire et un peu aplatie.

Tête assez large, presque discoïdale, roussâtre, marquée de deux impressions arquées qui n’atteignent pas le vertex, et pourvue de quelques poils roussâtres, Epistome transversal, labre semi-discoidal ; mandibules ferrugineuses, assez fortes et bidentées à l'extrémité. Mâchoires assez longues, épaisses, lobe assez volumineux, conique, dirigé en dedans et tout hérissé de petites soies raides. Palpes maxillaires assez épais,

78 E. PERRIS. — [nsectes

coniques, faiblement arqués, de trois articles à peu près égaux, dont les deux premiers portent extérieurement un petit poil à l’extrémité, et le troisième est surmonté de plusieurs petits cils. Lèvre inférieure un peu échancrée; palpes labiaux courts, de deux articles égaux. Antennes assez longues, de quatre articles, le premier court et gros, le second de même longueur mais plus étroit, le troisième près de deux fois aussi long et un peu plus épais à l'extrémité qu’à la base, surmonté d'un petit article supplémentaire placé un peu en dessous et souvent invisible quand la larve n’est pas sur le flanc; quatrième article presque aussi long que le troisième, mais grêle et couronné de trois poils. Tous ces organes roussâtres. Sur chaque joue, près de la base de l’antenne, deux ocelles arrondis, l’un, le plus voisin de l'antenne, sensiblement plus gros que l’autre, qui est à côté mais plus bas.

Prothorax plus grand que les deux autres segments du thorax, rétréci antérieurement, lavé de roussâtre. avec le bord postérieur blanc; mésothorax et métathorax blancs, avec une bande d’un roussâtre pâle très près du bord antérieur, et occupant plus du tiers de ces segments. Sur les deux bords antérieur et postérieur de ces bandes se trouve une série de tout petits tubercules plus apparentsdevant que derrière. |

Abdomen de neuf segments ; les huit premiers égaux aux deux derniers du thorax, ayant comme eux une bande roussâtre, des tubercules, des poils et de plus un petit bourrelet latéral. Neuvième segment entièrement teint de roussâtre, muni sur le dos de deux tubercules cornés, surmontés d’une longue soie fauve, divisé postérieurement en deux lobes, au moyen d’une profonde échancrure en

du Pin maritime. 79

arceau; chacun de ces lobes formé de trois fortes dents cornées à l'extrémité et disposées en triangle, l’intérieure plus longue que l’extérieure et tronquée; l'une et l’autre terminées par une longue soie fauve et la dent inférieure par une soie très courte. Sous ce même segment est un mamelon charnu, rétractile, mais susceptible de devenir très saillant. Il est longitudinalement aplati, coupé carrément en dessous et muni à chaque angle d’un petit tubercule. Au centre est l’anus, d’où j'ai vu souvent, sous le microscope, sortir les matières excrémentitielles. Dessous du corps entièrement blanc.

Pattes de quatre articles, semblables à celle de la larve précédente.

Stigmates roussâtres, au nombre de neuf paires, la première près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Le nom de Rhizophagus (mangeur de racines), attribué à ce genre d'insectes donne une idée très fausse de ses mœurs et deses goûts. On rencontre souvent, il est vrai, le R. depressus sous l’écorce des souches près du collet de la racine, mais on le trouve plus fréquemment encore sur les tiges, partout enfin où vivent les larves des Hylesinus piniperda et minor. Lorsque les femelles de ces xylophages ont perforcé l'écorce pour pratiquer la galerie où elles doivent pondre leurs œufs, le Rhizophagus S’introduit par l'ouverture, et pond lui aussi. Plus un arbre est attaqué par les Hylesinus, plus ilest envahi par les Rhizophagus, et il m'est arrivé de trouver sous l'écorce d'un même arbre des milliers de jeunes larves de ces deux genres; mais peu à peu les rangs de celles du xylophage s’éclaircissent, dévorées qu’elles sont par celles du Rhizophagus, et souvent un très petit nombre seulement

80 E. PERRIS. — Insectes

arrive à la dernière métamorphose. J'ai élevé chez moi des larves de Rhizophagus au milieu de détritus recueillis sous les écorces avec un grand nombre de larves de Hylesinus, et souvent aucune de celles-ci n'échappait. J'ai vu plus d’une fois deux et trois larves, la moitié du corps plongée dans celui d'une larve ou d’une nymphe qu'elles dévoraient.

Les larves du Rhizophagus sont donc carnivores, et le forestier doit s'en féliciter, car elles servent à maintenir dans certaines limites la multiplication d’un insecte très redoutable pour les pins malades. Mais comme leur naissance est un peu plus tardive et leur développement plus lent que celui de leurs victimes, il arrive que celles-ci ont disparu avant que celles-là n’aient atteint toute leur croissance. On les voit alors parcourant les galeries pour se nourrir des excréments qui s’y trouvent accumulés.

Cette larve a longtemps fait mon désespoir par l’'impossibilité où j'étais de trouver sa nymphe. I n’est pas rare, ainsi que je l'ai dit, de rencontrer des pins où elle vit par milliers. J’ai eu la patience d'aller au loin visiter tous les huit jours ces nichées, j'ai fait apporter chez moi, pour ne pas les perdre de vue, des arbres qui en nourrissaient; je voyais peu à peu les rangs s’éclaircir, puis tout disparaissait, et j'avais beau chercher dans les détritus aceumulés sous l'écorce, je ne découvrais rien. Jeme persuadai enfin que les larves, devenues adultes, abandonnaient leur berceau et s'enfonçaient dans la terre pour subir leur métamorphose. Sous l'influence de cette idée, je recueillis un grand nombre de larves qui paraissaient avoir acquis tout leur développement, et je les installai dans un petit bocal dont la moitié inférieure contenait de la terre et l’autre moitié des détritus recuellis avec les larves elles-mêmes. Une semaine après presque

du Pin maritime. 81

toutes les larves s'étaient enfoncées dans la terre. J'attendis quelques jours encore, et ayant alors renversé la terre du bocal, j'y trouvai, dans de petites cellules, un grand nombre de nymphes bien constituées et de larves sur le point de se transformer, c’est-à-dire un peu arquées en avant, d'un joli blanc mat, avec les bandes roussâtres bien marquées, et dans cet état particulier qui caractérise le passage de l’état de larve à celui de nymphe. Depuis lors j’ai renouvelé plusieurs fois la même expérience, toujours avec le même succès.

Les larves du Rhizophaqus depressus naissent aux premiers beaux jours de l'hiver, souvent en janvier, en même temps que celles des Hylesinus auxquelles elles font la guerre, et alors la transformation en nymphe a lieu dans les mois de mai et de juin. Si elles naissent plus tard, cette métamorphose n’a lieu qu'en juillet.

NYMPHE

Blanche, des soies fines et blanches sur le bord et sur le dos du vertex, aux genoux, autour du bord postérieur des segments abdominaux et sur le dernier segment. Ces soies sont portées sur de petits tubercules glanduliformes qui font paraître le bord antérieur du prothorax comme denticulé. Le dernier segment est divisé, par une échancrure assez profonde et arrondie, en deux lobes tronqués dont chacun est terminé par une papille subuliforme. Tout le corps, vu au microscope, parait couvert de spinules très petites et très serrées. Cette nymphe pirouette assez facilement sur ellemême.

La larve du R. depressus a été décrite, mais non figurée par Erichson (Deutsch. Insecten), mais je n'ai pu me procurer, l’article qu’il lui a consacré : M, Westwood (/ntrod. to the

82 E. PERRIS. — fnsectes

modern classif.) donne de la larve du R. bipustulatus une figure qui ne dit absolument rien et une description très incomplète; mais ni l’un ni l’autre de ces auteurs n’a fourni, sur les mœurs de ces larves, les indications qui précèdent.

INSECTE PARFAIT

Longueur 3 à 3 1/2 millim. Entièrement ferrugineux, avec la suture ordinairement brunâtre, les pattes testacées et les yeux noirs. Tête rhomboïdale, parsemée de points oblongs très peu apparents antérieurement, etquideviennent de plus en plus visibles à mesure qu’on s’approche du vertex. Prothorax de la largeur de la tête, ponctué comme le front, avec les côtés à peu près lisses; un peu plus large antérieurement qu’à la base, d'un quart plus long que large. Elytres peu profondément striées-ponctuées, de la largeur du prothorax à leur base, parallèles jusqu’au tiers de leur longueur, puis s’atténuant insensiblement jusqu’à l'extrémité qui est légèrement arrondie et n’atteint pas, aux deux derniers segments près, le bout de l’abdomen. Pygidium ponctué et frangé de quelques poils roussâtres.

On le trouve abondamment en mai et juin sous les écorces, dans les nids des Hylesinus, et dès le mois de février on le prend au vol, au déclin du jour. — Très commun.

TEMNOCHILA (Trogosita) COERULEA, Oliv.—virescens, Rossi. Temnoscheila, Westw.

Fig. 93 — 100. (PI. 18.) LARVE.

Longueur 18 à 22 millim. Largeur 3 millim. Subdéprimée, charnue, à côtés presque parallèles.

du Pin maritime. ÿ 3

Tête aplatie, presque rectangulaire, aussi large que le thorax, d’un noir ferrugineux, cornée, luisante, ayant sur les côtés des poils roux de diverses longueurs, marquée en dessus d’un sillon décrivant un demi-ellipse dont le petit diamètre serait le bord antérieur de la tête et le pôle le vertex. Dans l’intérieur de ce sillon, trois fossettes longitudinales bien marquées. Epistome trapézoïdal. Labre court, transversal, coupé carrément. Mandibules fortes, noires, bidentées à l'extrémité, avec deux petites dents au bord interne. Mâchoires longues, lobe conoïde, un peu arqué en dedans, surmonté d’un bouquet de poils roux, et muni à la face interne de petites spinules de la même couleur. Palpes maxillaires très saillants, coniques, de trois articles de grandeur décroissante ; lèvre inférieure petite, cordiforme, portée sur un menton allongé; palpes labiaux de deux articles presque égaux, dépassant les lobes des mâchoires. Antennes de quatre articles, le premier assez long, en cône tronqué, le second de moitié plus court et cylindrique, le troisième aussi long au moins que le premier, mais beaucoup plus grêle et cylindrique, surmonté de petits poils, le quatrième très court, très délié, terminé par un petit poil etaccompagné à sa base d’un article supplémentaire à peine visible. Tous ces organes ferrugineux avec l'extrémité des mâchoires et dela lèvre inférieure, ainsi que le premier article des antennes d’un blanc livide. Sur chaque joue, près de la base de l'antenne, deux très petits ocelles arrondis, fauves et rap—

prochés.

Prothorax plus grand que tous les autres segments, un peu plus large que long, droit antérieurement et sur les côtés, très peu arrondi postérieurement, corné et d’un brun ferrugineux luisant en dessus, avec le bord antérieur et les

S4 = E. PERRIS. — Ænsectes

angles postérieurs d'un blanchâtre livide; charnu et d’un blanc teint de roussâtre en dessous ; marqué sur le dos d’un petit sillon médian et de chaque côté de ce sillon, de deux impressions profondes, l’une droite, longitudinale, allant presque d’un bord à l’autre et comme crénelée, l'autre irrégulièrement ponctuée, moins profonde, formant avec la précédente une sorte de triangle. Mésothorax et métathorax plus larges que longs, blancs, luisants, ayant, comme Île prothorax, de longs poils roux sur les côtés, et en dessous des poils de même couleur, courts et assez touffus; munis d'un bourrelet latéral, d’un petit sillon dorsal, et près du bord postérieur de deux taches d’un brun ferrugineux, à bord plus ou moins roux, contiguës dans le premier et renfermant deux sillons longitudinaux et quelques fossettes ; séparées dans le second, avec deux ou trois fossettes dans leurs disque. Les surfaces occupées par ces taches sont un peu cornées.

Abdomen moins déprimé que le thorax, ordinairementun peu plus étroit à la base qu'au milieu, de neuf segments, le premier plus petit que les suivants qui vont en grandissant un peu jusqu'au quatrième, à partir duquel ils sont égaux jusqu’au huitième inclusivement. Tous ces segments d’un blanc mat un peu terne et légèrement livide, et d’un assez beau blanc lorsque la larve est adulte; dilatables sur le dos et un peu en dessous, où ils sont marqués de rides transversales irrégulières, et sillonnés sur les côtés de plusieurs plis assez profonds, dessinant jusqu'à trois bourrelets sur lesquels on voit de longs poils roux. Neuvième segment un peu arrondi, hérissé tout autour de longs poils roux, fuisant, déclive en dessus. Déclivité subcornée, de la couleur de la tête, marquée d’une large dépression longitudinale, et de

du Pin maritime. 85

quelques fossettes dont une, plus apparente que les autres, entre les deux crochets qui terminent le segment. Ces crochets sont ferrugineux, peu allongés, brusquement recourbés et plus foncés à l'extrémité. Dessous du segment blanc et occupé par un mamelon charnu, pseudopode, trilobé, au centre duquel est l'anus.

Pattes de longueur médiocre, ferrugineuses, de quatre articles dont les deux premiers très courts; tibias munis de longues soies en dessus et de deux ou trois en dessous, ainsi que les cuisses ; ongles subulés, à extrémité brune.

Stigmates arrondis, d’un brun fauve et au nombre de neuf paires : la première, plus grande que les autres, au bord antérieur du mésothorax, les huit autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux, dans un des plis des bourrelets latéraux.

Cette belle larve a très longtemps fourni un aliment à mes conjectures et vivement piqué ma curiosité. Quoique je n’aie pas vu sa nymphe, je l’attribue avec une entière certitude au Temnochila cærulea, parce que j'en ai obtenu cet insecte en l’élevant dans mon cabinet. Elle à, du reste, les plus grands rapports avec celle du Trogosita Mauritanica. Sa démarche est lente , et la description que je viens d’en donner démontre qu'elle est parfaitement organisée pour ramper sous les écorces. C’est en effet sous l'écorce des pins morts, de vingtcinq ans et au dessus qu’il faut la chercher; maïs on ne la trouve guère que sur ceux qui sont habités par les larves du Tomicus stenographus, de l’OEdilis grisea-et du Menalophila tarda dont elle se nourrit.

Le nom génériqne de Temnochila donné par Erichson est une altération du mot Temnoscheila créé par M. Westwood, sans doute à cause de la bifurcation de la languette. Ce

36 E. PERRIS. — {nsectes

nouveau genre est un démembrement de l’ancien genre Trogosita dans lequel on aurait bien pu le laisser.

Je ferai remarquer toutefois que cette dernière dénomination est une preuve des inconvénients qu’il ya à baser la nomenclature des insectes sur leurs habitudes, lorsque ces habitudes n’ont pas été bien constatées. Ainsi, j'ai la certitude que la larve du T. cœærulea est carnassière, car elle fait un grand carnage des larves lignivores au milieu desquelles elle vit, et je l’ai vue souvent, dans les bocaux où je l’élevais, mettre en pièces les larves de longicornes et autres que j'y introduisais. On la voit sans doute ronger l'écorce pour passer d’une galerie à une autre, et lorsque son aliment de prédilection lui manque, s'attaquer aux excréments accumulés dans les galeries ; mais il n’en est pas moins vrai que ses appétits sont éminemment carnassiers.

Quant à ja larve du T. Mauritanica, qui, sous le nom de Cadelle est généralement maudite comme très préjudiciable aux grains, j'ai la conviction, par analogie, et sans l'avoir constaté personnellement, qu'elle est indignement calomniée et qu’elle ne se trouve dans les céréales que pour détruire les larves de Calandre et les chenilles d'Alucite qui en sont le véritable fléau.

Le nom de Trogosita (rongeur de blé) serait donc aussi impropre que celui de Rhizophagus et tant d’autres ; mais je me borneà en faire faire la remarque, renonçant à augmenter, par de nouvelles dénominations, les embarras de la science qui n’a déjà que trop à se plaindre des faiseurs de genres.

La larve du Temnochila passe ordinairement un an sous les écorces, car celles qui sont nées au printemps sont adultes en hiver et se transforment au printemps suivant.

du Pin marilime. 87

J'ai déjà dit que la nymphe m'est inconnue. Les larves que j'élevais dans les bocaux, et que j'évitais de déranger, tant j'étais désireux de savoir ce qui en proviendrait, m'ont donné les insectes parfaits sans que j'aie observé l’état intermédiaire. Je présume que la nymphe a de grands rapports avec celle du Rhizophagus.

INSECTE PARFAIT

Longueur 10 à 15 millim. Entièrement d’un bleu d'acier avec des reflets violets. Tête semi-elliptique, marquée sur le front d’un sillon profond qui part du bord antérieur, et s'arrête, en s’atténuant, au-delà du milieu; presque lisse et très luisante en dessous, parsemée sur le reste de sa surface de points un peu oblongs sur le disque, rond sur les côtés. Prothorax antérieurement plus large que la tête, s’atténuant vers la base en s’arrondissant un peu; parsemé de points peu sensibles au milieu, gros et serrés sur le reste de sa surface. Elytres obliques à la base, avec une fossette humérale ; un peu plus larges que le prothorax: marquées de dix stries ponctuées dont les intervalles sont transversalement et grossièrement ridés, et portent une série de points. Dessous du corps luisant, à reflets verts et violets, et médiocrement ponctué. Pattes violâtres, avec des points faibles et rares sur les cuisses, plus forts, plus serrés et oblongs sur la moitié postérieure des tibias.

Se trouve au mois de mai sous lécorce. Très rare, quoique la larve ne le soit pas.

88 E. PERRIS. — fnsectes

AULONIUM (Colydium) BICOLOR, Herbst, Biioma ruficornis, Oliv.

Colydium ustulatum, Dej. Cat.

- Longueur 8millim., largeur 1 millim. linéaire, subcoriace, un peu convexe en dessus, aplatie en dessous, surtout à la région thoracique.

Tête tantôt semi-discoidale, tantôt orbiculaire, selon qu'elle rentre plus ou moins dans le prothorax ; roussâtre, avecle bord antérieur droit et plus foncé; bordée de poils roussâtres, marquée en dessus de deux sillons arqués et convergents dont la réunion forme une ellipse ; épistome court; labre semi-discoïdal ; mandibules assez fortes, se croisant à peine, rousses avec l’extrémité brune et bidentée ; une petite apophyse au bord interne. Mâchoires fortes, lobe assez long, cylindrico-conique, hérissé à l'extrémité de soies spinuliformes. Antennes coniques, de quatre articles, le premier un peu plus court que les autres qui sont égaux, ou à peu près, en longueur, mais d’un diamètre toujours décroissant ; le dernier surtout très grêle, surmonté de trois poils et accompagné à la base d’un petit ‘article supplémentaire terminé par un poil fort court. Tous ces organes roux. Sur es joues, près de la base des antennes, cinq ocelles ronds, noirs et égaux, disposés en deux séries transversales, la première de trois, la seconde de deux, plus écartés.

Thorax roussâtre comme la tête, de trois segments dont le premier de la largeur de la tête antérieurement, un peu plus large postérieurement, plus grand que les autres qui sont égaux entr’eux; tous les trois munis de poils fins,

du Pin maritime. sy

roussèâtres, un peu plus longs sur les côtés qu'en dessus et surtout en dessous, et marqués sur le dos d’un tout petitsillon médian.

Abdomen de neuf segments; les deux premiers égaux aux deux derniers du thorax, un peu plus courts que les autres; Les sept premiers roussâtres et parsemés de poils comme le thorax; le huitième ferrugineux en dessus avec les bords antérieur et postérieur, ainsi que le dessous roussâtres, ayant des poils comme les autres. Neuvième segment corné, ferrugineux sur le dos et sur les côtés, entouré de longs poils, portant en dessus, assez près du bord antérieur, une petite crête transversale très finement crénelée ; elliptiquement concave à partir de cette crête; fond de la concavité rugueux, ses bords irrégulièrement: et finement dentelés. Angles postérieurs occupés par deux crochets relevés en forme de griffe et bruns dans leur moitié postérieure. Intervalle des deux crochets noir et tranchant ; au-dessus un petit arc de même couleur, formant le bord supérieur d’une cavité ronde, béante et que l’on remarque sur quelques larves de structure analogue. De Géer l'avait observée dans la larve du Tenebrion du bois (Pytho cœruleus), mais il déclare qu’elle n’a point de communication avec l’intérieur. Je n’ai pu y voir non plus aucune relation avec un vaisseau interne, et comme De Géer j'ignore à quoi peut servir cette cavité qui n’est propre, du reste, qu’à un petit nombre de larves. Sous le segment est un petit mamelon bilobé, pseudopode et rétractile, au centre duquel est l’anus.

Stigmates roussâtres; la première paire près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments de l'abdomen.

Pattes de longueur médiocre, assez robustes et de quatre

90 E. PERRIS. — Jnsectes

articles ; cuisses et tibias munis de quelques soies en dessus et en dessous: les premières pourvues en outre de deux épines en dessous. Ongles ayant en dessous une petite dent surmontée de deux soies.

Les larves de Foncienie genre Colydium, dont Erichson a détaché les espèces sulcaium et bicolor, sous le nom générique d’'Aulonium, ont passé de tout temps pour lignivores. J'ai constaté que leurs appétits sont exactement les mêmes que ceux des larves qui précèdent, c'est-à-dire qu'elles vivent de larves et de matières animalisées qui en proviennent. Ii y a même ceci de remarquable que chaque espèce semble ne s'attaquer qu'à une espèce particulière de larves. Ainsi, la larve du Colydium elongatum Fabr.se trouve dans les nids du Platypus cylindrus; celle de l Antonium sulcatum, Oliv. choisit pour victimes les larves du Scolytus multistriatus qui se développent sous l'écorce des ormeaux: celle de l’Aulonium bicolor, Herbst. se trouve sous l'écorce des pins morts, parmi les larves du Tomicus laricis, dans les galeries duquel l'Aulonium s'introduit par le trou qu'a perforé la femeile xylophage.

Ces trois larves, dont la première a été publiée par Ratzeburg (Die forst Insecten) et la seconde signalée par M. Westwood d’après Audouin, ont des ressemblances frappantes. Celles des deux Aulonium surtout semblent avoir été jetées au même moule. Cependant, mdépendamment de la différence assez carastéristique de l'habitat, un examen attentif constate que celle de FA. sulcatum, un peu plus grande, a le dernier segment couvert antérieurement de rides irrégulières ; que la concavité de ce segment est arrondie et non elliptique , et que les bords de cette concavité ont des dentelures plus nombreuses.

du Pin maritime. 91

La larve de l'A. bicolor, comme du reste, celles des deux autres, met ordinairement cinq ou six mois à accomplir les diverses phases de son existence, car éclose en mai, en même tempsque celles du Tomicus laricis elle est transformée en insecte parfait au mois d'octobre. Quelques-unes pourtant passent l'hiver et ne se métamorphosent en nymphes qu’au printemps suivant. Cette métamorphose a toujours lieu sous les écorces, dans de petites cellules pratiquées au milieu des détritus. Avant qu'elle ne s'opère, la larve se raccourcit un peu, se courbe légèrement en dedans et les parties blanchâtres deviennent d’un beau blanc

NYMPHE

Présentant, comme à l'ordinaire, toutes les parties de insecte parfait, même les sillons du prothorax; celui-ci frangé tout autour de soies blanches implantées sur de petits mamelons. À chacun des angles antérieurs le mamelon est remplacé par une toute petite crête bidentée, dont chaqne dent est surmontée d’une soie. Le long des flancs on voit deux séries de mamelons terminés par une soie, et au-dessus, en se rapprochant de la région dorsale, une crête bilobée de chaque côté des six premiers segments de l’abdomen, et dont chaque lobe est surmonté d’une soie. Le dernier segment est velu, et muni à l'extrémité de deux papilles coniques, subulées, un peu arquées en haut, roussâtres et comme subcornées à l'extrémité.

INSECTE PARFAIT

Longueur 3 1/2 à 4 millim. noir, avec a partie antérieure de la tête ferrugineuse, la base des élytres jusque près de la moitié, les antennes et les pattes rouges. Tête couverte de

92 E. PERRIS. — fnsectes

points très petits antérieurement, et qui vont en grossissant jusqu’au vertex ; ayant sur le front deux petits tubercules rapprochés etle tour des yeux un peu saillant. Prothorax plus large que la tête, marqué au bord antérieur de quatre fossettes, couvert d’une ponctuation plus fine sur les côtés qu’au milieu; parcouru longitudinalement par six sillons ponctués, dont quatre dorsaux et deux latéraux. Elytres un peu plus étroites que le prothorax, unies, avec des séries longitudinales de petits points, et entre ces séries des points encore plus petits.

Le mâle diffère par le caractère suivant : partie antérieure du prothorax, entre les deux sillons dorsaux les plus écartés, occupée par une dépression transversale et ponctuée, postérieurement trilobée ; à la séparation des lobes une élévation bien marquée et dentiforme; bord antérieur, en regard de la dépression, relevé en une crête interrompue au milieu.

Cet insecte se trouve toute l’année sous les écorces des pins attaqués par les larves du Tomicus laricis ; mais pour se le procurer abondamment il faut explorer en mai et juin les galeries de cexylophage. — Commun.

DITOMA CRENATA, Fabr.

Fig. 110. — 114. (PI. 18.)

LARVE

Longueur 6 millim. largeur 3/4 millim. linéaire, déprimée et d’un blanc lavé de roussâtre.

Tête et parties de la bouche comme dans la larve de l'Aulonium; antennes un peu plus coniques; les trois premiers articles plus courts, et le troisième subglobuleux ; le quatrième plus long que les deux premiers réunis. Ocelles

du Pin maritime. 93

au nombre de cinq comme dans la larve précédente, mais les deux inférieurs correspondant verticalement et non obliquement aux supérieurs.

Thorax, pattes et abdomen comme dans la larve de l’Aulonium, avec les différences suivantes : pénultième segment de la couleur des autres et non ferrugineux ; dernier segment simplement roussâtre, avec les côtés et l'extrémité plus foncés ; lisse et un peu’convexe en dessus, nullement dentelé latéralement; crochets moins foncés; milieu du bord postérieur marqué d’une petite échancrure, à chaque côté de laquelle est une saillie bien apparente, et dont le fond est occupé par cette cavité singulière que j'ai déjà fait remarquer dans la larve de l’Aulonium ; mais ici la cavité n’est visible que lorsqu'on regarde en arrière.

Cette larve, qui vit plus communément sous l'écorce des chênes, dans les nids des Tomicus fuscus et autres, se trouve aussi, mais moins souvent, sous l'écorce du pin, principalement dans les galeries du Tomicus laricis dont elle dévore les larves et les nymphes. Née au mois d'avril , elle est déjà prête à se transformer au mois d'août. La métamorphose a lieu dans une galerie, sans aucune préparation.

Elle ressemble tellement, à la taille près, à celle de l’Aulonium bicolor, que sa description est tout à fait inutile.

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 1/2 à 3 millim noir, avec les antennes, les élytres, excepté leur suture et une bande transversale, les jambes et les tarses, de couleur rouge; tête et prothorax

94 E. PERRIS. — Insectes

chagrinés , ce dernier ayant de chaque côté deux lignes élevées, parallèles et un peu sinueuses, et les bords latéraux denticulés. Elytres de la largeur du prothorax, mais trois fois aussi longues, ayant chacune quatre côtes dont les intervalles sont marqués d’une double série de points enfoncés.

Commun sous les écorces où il hiverne.

: CERYLON (Lycius) HISTEROIDES, Fabr.

pilicornis Marsh.

Fig. 145 — 121. (PI. 19, 3e série, tome I; pl. 3° du Mémoire.)

LARVE

Long. 3 mill. légèrement coriace, déprimée, linéaire.

Tête déprimée, plane en dessus, semi-discoïdale, d’une teinte roussâtre ; mandibules étroites, assez longues, arquées, très acérées, dépourvues de toute dent interne. Mâchoires assez robustes, lobe long, incliné en dedans, rostriforme et cilié. Palpes maxillaires peu saillants en avant de la tête, arqués en dedans et de trois articles, les deux premiers égaux, le troisième presque aussi long que les deux autres ensemble et surmonté de trois petits cils. Lèvre inférieure cordiforme ; palpes labiaux petits, n’atteignant pas l'extrémité du lobe des mâchoires, et de deux articles égaux. Antennes de quatre articles, le premier épais et court, le second plus court encore et beaucoup plus étroit, le troisième plus long que les deux premiers ensemble et muni au bord supérieur de deux poils; le quatrième délié, très allongé, aussi long au moins que les trois autres ensemble, surmonté de trois poils, un long et deux petits. Yeux comme dans la larve du Rhizophagus.

du Pin maritime. 95

Corps entièrement blanc. Prothorax un peu plus grand que la tête, à peu près carré et sensiblement plus grand que chacun des autressegments ; les deux autres segments thoraciques un peu plus grands que les abdominaux; ceux-ci égaux

jusqu’à l'avant dernier inclusivement, à divisions bien marquées; dernier segment assez développé, portant sur le dos deux papilles surmontées d’un long poil ; profondément échancré postérieurement ; angles postérieurs trilobés, ou plutôt divisés en trois papilles disposées en trépied, dont l'extérieure plus courte que les autres, pointue, dentiforme; chacune de ces papilles terminée par un poil plus long sur la papille externe que sur les autres.

Tout autour de la tête et le long des flancs la larve porte des poils longs et assez raides, au nombre de deux àtrois de chaque côté des segments. Indépendamment de ces poils on voit à un fort grossissement du microscope, que, sur les côtés du moins, le corps est couvert de cils très rapprochés et presque imperceptibles, plus apparents sur le dernier segment. A la région dorsale et sur chaque segment existent deux séries transversales et très rapprochées de poils assez épais, obtus, presque en massue et très arqués en arrière. La région ventrale est pourvue de quelques poils longs, raides et très fins.

Stigmates comme dans la larve précédente.

Pattes courtes, robustes, de trois articles ; jambes ciliées en dessous ; ongles assez longs et un peu crochus. Leur action est évidemment secondée par les poils et les cils dont j'ai parlé et par un bourrelet qui règne de chaque côté de l'abdomen. ,

Cette larve, que l’on trouve aussi sous l'écorce d’autres arbres, vit dans les galeries du Hylesinus piniperdu dont elle

96 E. PErRris. — Insectes

dévore les larves. Il en est de même de l’insecte parfait que j'aisurpris sous les écorces, acharné à sa proie. La métamorphose a lieu dans les galeries mêmes.

NYMPHE

Elle ressemble à celle du Rhizophagus.

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 millim. ou uu peu plus; noir ou d’un brun marron, brillant et entièrement glabre. Tête presque triangulaire et ordinairement un peu moins foncée que le reste; prothorax carré, fortement ponctué, avec les angles antérieurs arrondis et deux impressions peu profondes à la base. Elytres aussi larges que le prothorax, marquées de stries presque imperceptiblement ponctuées et d’une impression suturale à l'extrémité.

Sous les écorces dans la belle saison et quelquefois en hiver. — Assez commun.

LoOEMOPHLOEUS DurouRIr, Laboulbène.

Longueur 3 millim. largeur 1/2 millim. faiblement ventrue, un peu convexe en dessus, plane en dessous et de couleur blanche ou très légèrement roussâtre.

Tête un peu velue, aplatie, à peu près discoïdale, subcornée

et de couleur roussâtre; ordinairement libre, et mème, lorsque la larve s’allonge avec effort, faisant saillie de manière à dessiner une sorte de cou, mais susceptible aussi de rentrer un peu dans le prothorax ; marquée en dessus de

du Pin maritime. 97

deux sillonsbien apparents quise prolongent du bord antérieur au vertex, en convergeant un peu, et de deux traits longitudinaux de couleur rousse qui se reproduisent en dessous. Bord antérieur sinueux, et ayant une petite échancrure à l'insertion des antennes; épistome très court, labre semidiscoidal et très faiblement cilié. Mandibules courtes, assez fortes et bidentées à l'extrémité. Mâchoires robustes, lobe cylindrique et revêtu de petits poils spinuliformes; palpes maxillaires un peu arqués en dedans et de trois articles dont le premier plus court que les deux autres qui sont égaux. Lèvre très faiblement échancrée; palpes labiaux de deux articles égaux. Antennes de quatre articles, le premier large et très court, le second pas plus long, mais beaucoup plus étroit; le troisième aussi long que les deux premiers ensemble et un peu plus large à l'extrémité qu’à la base ; le quatrième aussi long que le précédent, grêle, cylindrique, surmonté de petites soies et accompagné à la base d’un petit article supplémentaire égalant le tiers de la longueur. Sur chaque joue un gros point noir qui, sous un fort grossissement, présente un groupe de cinq ocelles dont trois supérieurs contigus sur ue ligne un peu arquée et deux inférieurs

écartés et très petits. |

Prothorax à angles antérieurs arrondis, un peu dilatés, et munis d’une touffe de soies courtes, dirigées en avant, et dont l’usage m'est inconnu, à moins qu’elles ne servent à. faciliter les mouvements rétrogrades de la larve. Les trois segments thoraciques pourvus de quelques poils et marqués en dessus de deux fossettes oblongues, ordinairement bien visibles.

Abdomen ayant des poils un peu roussâtres comme ceux du thorax, visiblement ventru et de neuf segments; les sept

LS et CS DE rt tt ri DRE

98 E. PERRIS. — nsectes

premiers à peu près égaux et parcourus de chaque côté par un petit bourrelet ; le huitième plus long que les autres, en cône tronqué et renversé; le neuvième court, très étroit, très apiati, roux, corné et terminé par deux longs crochets assez épais à la base, droits, avec l'extrémité seule recourbée. En dessous un petit espace blanchâtre circonscrit par une ligne rousse formant un angle. C’est l'emplacement d’un petit mamelon rétractile et pseudopode au centre duquelest l'anus. Ce segment, articulé au précédent, est susceptible de se relever verticalement, sans pouvoir prendre la position inverse.

Neuf paires de stigmates : la première très près du bord antérieur du mésothorax ; les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Pattes de quatre articles, hérissées de quelques soies et terminées par un petit ongle subulé.

Le nom de Læmophlæus (mangeur d’écorces) n’est pas plus heureux que celui de Rhizophagus. En effet, les larves des Læmophlœus, pas plus que les insectes parfaits, ne vivent d’écorces ou de bois; elles sont carnassières comme celles dont nous venons de parler, comme celles des. Silvanus dont nous nous occuperons tout à l'heure. Celles du Læmophlæus testaceus attaquent principalement les larves de Tomicus qui vivent dans le chêne ; celles du L. ater les larves du Æylesinus rhododactylus qui pullulent dans lajonc et le genêt à balais morts ou mourants; celles du L. clematidis, les larves du Tomicus bispinus que nourrit la clématite ; celles du L. alternans, Duf.; les larves de lHypoborus ficüs si commun dans les rameaux morts du figuier.

J'ai trouvé une seule fois, au mois de janvier , celles du L. Dufourii dans les galeries du Crypturqus pusillus dont

du Pin maritime. 99

elles dévorent les larves; elles étaient en compagnie de quelques nymphes et d’un certain nombre d'insectes parfaits, engourdis et attendant le printemps pour prendre leur essor.

NYMPHE

Entièrement semblable, à la taille près, à celle de la Diütoma crenata.

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 millim., très déprimé et entièrement d'un testacé ferrugineux. Tête triangulaire, couverte de points serrés, avec une impression transversale très peu visible entre les antennes et deux impressions longitudinales au vertex. Antennes dilatées dans le mâle à la partie externe de leur base. ayant dans les deux sexes les trois derniers articles deux fois aussi gros que les précédents. Prothorax ponctué comme la tête. Elytres striées, fortement ponctuées dans les intervalles, qui sont alternativement étroits et un peu élevés ; planes, tronquées àleur sommet, dilatées à leur angle externe et postérieur, surtout dans le mäle chez qui la partie dilatée se dévie en dehors et se réfléchit en bas. Dilatation à peine marquée dans la femelle. — Très rare.

BRONTES PLANATUS, L.

flavipes Fabr.

Fig. 127 — 137. (PI. 19.) LARVE,

Longueur 8 millim., largeur 1 millim., très aplatie, linéaire, subcoriace.

106 E. PerRris. — [nsectes

Tête en ellipse transversal, légèrement échancrée postérieurement, marquée de deux traits arqués, et munie de deux ou trois soies de chaque côté. Epistome très court, labre semi-discoïdal, mandibules assez fortes, arquées, bidentées à l'extrémité, portant sur le bord extérieur cinq petites soies, et à la suite une soie beaucoup plus longue. Ces mandibules sont cornées, d’un ferrugineux livide, avec le bout brun.

Mâchoires fortes, leur lobe allongé, cylindrico-conique, incliné en dedans, de telle sorte que les deux lobes opposés se joignent presque; hérissé à sa moitié supérieure de quelques petites soies plus nombreuses en dessus qu'en dessous, et surmonté de soies plus grosses et plus raides, semblables à des dents de peigne. Palpes maxillaires arqués en dedans et de trois articles à peu près égaux: lèvre inférieure courte, cordiforme; palpes labiaux contenus sous l'espèce d’arc formé par les lobes des mâchoires, et de deux articles. Antennes longues, de trois articles, sans compter une éminence, une sorte d'’empâtement qui les supporte et qui ne m'a point paru constituer un article distinct. Premier article peu allongé, plus épais au sommet qu’à la base; second, deux fois et demie aussi long que le précédent, très légèrement en massue et tronqué obliquement à l'extrémité, portant sur cette troncature, qui est interne, un petit appendice conique et bi-articulé ; troisième presque aussi long que le second, mais sensiblement plus étroit et un peu fusiforme. De petits poils se remarquent tout le long de ces divers articles ; deux soies plus longues existent près de l’extrémité du second, une de chaque côté, et un faisceau de soies semblables surmonte le troisième. Sous chaque antenne on remarque un groupe d’ocelles

du Pin maritime. 101

disposés en deux séries transversales, la première de quatre, la seconde de deux.

Segments du thorax à peu près égaux; bord antérieur du prothorax un peu avancé au milieu, et comme les deux segments suivants un peu dilaté ou anguleux latéralement; comme eux aussi marqué d’un petit sillon dorsal et portant un ou deux poils latéraux et une paire de longues pattes de quatre articles, munies de quelques soies, presque toutes en dedans, et terminées par un ongle droit, qui ne paraît nullement corné.

Les sept premiers segments de l'abdomen, dont les deux premiers sont plus courts que les autres, portent de chaque côté d’abord une soie courte, raide, papilliforme, puis un poil long et très délié, et plus bas une soie aussi longue que le poil et inclinée vers le plan de position. Indépendamment de ces poils et de ces soies, on voit sous le ventre quatre rangs de soies courtes et sur le dos deux rangs de soies longues et dressées, une près de chaque côté. Le huitième segment abdominal, un peu plus court que les précédents et ayant à peu près la forme d’un parallélogramme rectangle, a les soies plus courtes, et la seconde est implantée à l'angle postérieur. Il porte en outre, au milieu du bord postérieur, deux longs appendices effilés, et qui, au microscope, m'ont paru formés de trois articles. Ils sont divergents, et la larve a la faculté de les relever jusqu à les rendre perpendiculaires. C’est même dans cette position qu’elle les tient ordinairement, lorsqu'elle marche à découvert. A chaque angle externe de ce même segment on voit un autre appendice de moitié plus court que les précédents et visiblement formé de deux articles.

Là semble finir l'abdomen, car c’est ordinairement au

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102 FE. PEerRRIS. — fnsectes

dernier segment que se trouvent les appendices analogues à ceux dont je viens de parler. Il ne m'est pas cependant possible de croire que le huitième segment soit le dernier, car je n'ai pas d'exemple de larves de coléoptères qui n'aient que huit segments abdominaux, ou onze en tout, sans compter la tête. Je n'hésite donc pas à considérer comme le douzième un segment qui termine le corps et qui est absolument de mème nature que les autres. Ce segment, à peu près aussi large à la base que le onzième, deux fois plus long que lui et bordé de petits cils, vaenserétrécissant jusqu'à l'extrémité, où il porte un bourrelet court, charnu et quadri-lobé au centre duquel est l'anus, et il sert à la progression de la larve, grâce à la faculté qu'a celle-ci de l'appuyer sur le plan de position, en Finclinantun peu. :

La question relative à la composition segmentaire de cette larve me préoccupait, et je ne voulais pas me contenter des inductions tirées de la structure des autres larves de la même famille. J'essayai assez longtemps de la résoudre en recherchant la position des stigmates, sachant que si le onzième en était pourvu, il ne pouvait être le deraier qui en manque toujours. Je n'arrivai à cette solution qu'après avoir placé la larve dans une goutte d'eau entre deux lames de verre. Alors son corps. naturellement un peu translucide à cause de son aplatissement, acquit une transparence telle, que je pus suivre dans tous leurs replis l'organe digestif, les vaisseaux hépatiques, le système nerveux et le système trachéen. Je retrouvai alors, de la manière l plus évidente, les neuf paires de stigmates des larves de coléoptères. La première paire est placée au bord antérieur du mésothorax , on mêmeà la ligne d'intersection de celui-ci et du prothorax; sur les sept premiers segments abdominaux les stigmates sont au delà du

du Pin maritime. 103

milieu, après la dilatation générale dont j'ai parlé; dans le huitième, les trachées viennent s’ouvrir au bord postérieur, fait anormal et que j'observe pour la première fois. Il résulte de l'existence de stigmates sur le onzième segment, que ce segment n’est pas le dernier et qu’il faut considérer comme le douzième cette portion terminale, analogue à celle qui, dans d’autres larves, constitue un organe appendiculaire, et dont elle a toutes les fonctions.

Tout le corps de cette larve si extraordinaire sut.d'aus roussâtre livide, tout parsemé de points d’une jolie couleur carmin. Ces points se retrouvent sur toutes les parties du corps, même sur les appendices du pénultième segment ; mais ils sont plus nombreux sur les segments thoraciques, et surtout sur le prothorax, où il forment parfois des taches.

La larve du Brontes est très agile et redoute beaucoup la lumière. Elle vit sous les écorces de plusieurs arbres et beaucoup plus souvent sur le chêne que sur le pin. Elle marche très vite et avec beaucoup de souplesse, ce qui déjà était pour moi l'indice d’appétits carnassiers. Cette présomption se convertit en certitude quand je réfléchis qu'on la trouve toujours parmi les larves de Tomicus, de Podures, d’Acarus, etc., dont elle fait, sans doute, sa nourriture. Il faut convenir aussi que sa structure n'indique pas une larve lignivore.

Lorsqu'elle veut se transformer en nymphe elle s’accroche au plan de position à l’aide du bourrelet du dernier segment, puis sa peau se fend sur le dos et est refoulée jusqu’à la partie postérieure du corps, où elle demeure toute chiffon née.

104 | E. PERRIS. : Insectes

NYMPHE

La nymphe, d’abord blanche, ne tarde pas à devenir roussâtre. Elle présente toutes les parties de l’insecte parfait, et ses antennes, que la longueur du premier article tient écartées du corps, simulent les anses d’une urne. Le bord antérieur du prothorax est denticulé et muni d’une soie près de chaque angle. Les antennes portent extérieurement de petites spinules, et de chaque côté des segments de l'abdomen on voit deux petites papilles surmontées d’un poil. =

INSECTE PARFAIT

Longueur 4 à 5 milim. Fauve après sa métamorphose, puis devenant brun ou noirâtre obscur. Antennes d’un brun roussâtre, aussi longues que le corps, velues, avec leur article basilaire fort allongé. Tête rugueuse, fortement déprimée au milieu dans toute sa longueur ; bouche testacée. Prothorax un peu cordiforme, rugueux, à bords latéraux denticulés et angles antérieurs avancés et bidentés. Elytres carénées près du bord externe ; marquées destries ponctuées dont les intervalles ont une série de petits tubercules. Pattes testacées.

Dans les mâles le bord externe des mandibules est armé d’une corne testacée, grêle, arquée en dedans et munie extérieurement de deux ou trois poils.

Sous les écorces, principalement celles du chêne, presque toute l'année. — Commun.

du Pin marilime. 105

SILVANUS (Lyctus) UNIDENTATUS, Fabr.

planus Herbst.

Fig. 138 — 143 (PI. 19.)

LARVE

Longueur 3 millim. Corps un peu atténué postérieurement et aplati.

Tête en ellipse transversal, un peu renflée antérieurement, munie de petits poils de chaque côté; marquée en dessus de deux fossettes arquées l’une versl'autre et seréunissant postérieurement. Epistome très court, labre semi-discoïdal et pourvu de petits cils écartés. Mandibules assez longues, médiocrement larges et arquées, cornées, rousses, bidentées à l'extrémité. Mâchoires assez fortes, lobe conique, un peu courbé en dedans, velu surtout à l’extrémité; palpes maxillaires un peu arqués, dépassant le bord antérieur de la tête et formés de trois articles égaux ; palpes labiaux beaucoup plus courts et non saillants, de deux articles. Antennes de quatre articles, le premier court et épais, le second sensiblement plus étroit, deux fois et demi plus long et légèrement conique; le troisième deux fois à peu près aussi long que les deux autres ensemble, très faiblement en massue et coupé un peu obliquement à l'extrémité, avec une sorte d’échancrure latérale; cet article et le précédent hispides ; quatrième article à peine aussi long que le premier, conique, arrondi à l'extrémité quiest surmontée de deux longs poils.

Segments thoraciques un peu plus étroits que la tête ou pas plus larges qu’elle, pourvus de deux petits poils de chaque côté, presque carrés, le premier surtout qui est marqué d’un petit sillon longitudinal. Abdomen de neuf segments, munis

106 F. PERRIS. — fnsecles

de chaque côté d'un petit bourrelet et de deux ou trois poils à peine roussâtres; le premier relativement fort court, le second un peu plus long, mais pourtant plus court que les six suivants; ceux-ci égalant, où à peu près, les segments thoraciques, et, à partir du cinquième, se rétrécissant jusqu’au dernier. Dernier segment étroit, arrondi, sans appendices ou crochets, hérissé seulement de quelques poils et muni en dessous d'un petit mamelon pseudopode et rétractile. au centre duquel est l'anus. |

Couleur générale blanc jaunâtre, avec la tête et le thorax plus foncés. |

Pattes insérées sous les segments thoraciques, longues. formées de quatre articles, terminées par des ongles longs, acérés et presque droits, hérissées de petites soies spinuliformes, plus sensibles en dedans qu'en dehors.

Cette larve, à peu près cosmopolite et beaucoup plus fréquente sous l'écorce du chêne, du peuplier, du saule que sous celle du pin, est assez agile ; elle court çà et là avec une certaine vivacité, et se cache promptement lorsqu'on l’expose à la lumière qui l'offusque.

M Blisson, du Mans, dont je déplore vivement la mort récente, et avec qui j ai longtemps entretenu les plus agréables relations, a publié dans les Annales de la Société entomologique (2° série, tome 7, 1849, p. 163) une notice sur la larve et la nymphe du Silvanus sexdentatus, Fabr. Cette larve qui, d’après l’ensemble des détails et de la figure donnés par Blisson, a les plus grands rapports avec celle du S. unidentatus, présenterait cependant des différences assez notables s’il fallait en croire certains caractères que lui assigne le savant en question, et sur lesquels je dois dire quelques mots.

du Pin maritime. 107

Blisson donne aux antennes onze anticles, sans compter celui de la base qu’il nomme le scape. Il divise mon second article en deux et mon troisième en huit, ce qui, avec le dernier (mon quatrième), fait bien onze articles. Si Blisson avait fait une longue étude des larves de Coléoptères, il se serait défié des illusions causées par son microscope, et aurait évité l'erreur involontaire dans laquelle il est tombé. Ilaurait su, en effet, que les larves de Coléoptères les plus riches en organes n’ont, pour ainsi dire, jamais plus de six articles aux antennes, y compris un petit article supplémentaire latéral, et que, dans le plus grand nombre, il n’y en a que quatre. Il aurait compris, par analogie, que la nature n’avait pu faire une exception pour la larve du Silvanus, et l'impossibilité d'admettre ce que lui montrait son microscope l’aurait-conduit à éviter une erreur d'autant plus surprenante de sa part, que son mémoire annonce, ce que je savais déjà, une grande habileté d'observation.

D’après Blisson les palpes maxillaires seraient de quatre articles; ils ne sont en réalité que de trois, et c’est mal à propos que mon regrettable ami a divisé en deux le dernier.

De quoi vivent les larves de Silvanus ? celles du S.unidentatus se rencontrent aux mêmes lieux que l’insecte parfait, c'est-à-dire sousles écorces, parmi les excréments et détritus laissés par les larves de Bostriches, de Longicornes et de Buprestes. Blisson a trouvé celles du S. sexdentatus dans de vieux riz tout infecté de Calandres. Une génération s’est développée chez lui, ab ovo, dans des criblures de riz mêlées de Calandres, et il a constaté que ces larves dévorent les nymphes avec lesquelles elles sont renfermées.

M. Ch. Coquerel, dans une note insérée à la suite du travail de M. Blisson, rapporte qu'il a observé à la Martinique

108 E. PERRiIs. — /nsectes

la larve du S. sexdentatus dans des boîtes de figues sèches apportées d'Europe. Elles se nourrissaient non des fruits même, mais du sucre qui les recouvrait. La même note nous apprend que M. Westwood à fait connaître les divers états du S. sexdentalus dont la larve avait été trouvée dans du sucre, et ceux du S. Surinamemis dont les larves s'étaient développées en grande quantité dans du son venu d'Ecosse.

De ces derniers faits on est naturellement porté à conclure que les larves de Silvanus se nourrissent de substances végétales. Leur analogie avec des larves carnassières, leur habitat, la particularité observée par Blisson et qui se trouve d'accord avec mes observations personnelles, toutme donne la conviction qu’elles ont des appétits carnassiers et qu’elles se nourrissent de matières animales, larves, nymphes, dépouilles, et subsidiairement des excréments des larves qui ont vécu dans les mêmes lieux qu'elles. MM. Westwood et Coquerel ne disent pas si, dans les figues, le sucre, le son qui contenaient des larves de Silvanus avaient vécu d’autres larves, se trouvaient d’autres insectes. Je comprends leur silence à cet égard, car rarement on s’avise de tout, rarement on penètre au fond des choses, et puis les Silvanus passent si généralement pour des insectes non carnassiers, qu'on ne croit pas avoir besoin de le vérifier. Mais Blisson ne manque pas de dire que dans le riz qui lui a fourni les Silvanus s’étaient développées de nombreuses générations de Calandra oryzæ, et il n'en faut pas davantage pour qu'il me soit permis de dire que les larves des Silvanus avaient dévoré des larves de Calandra et leurs excréments. Quand à celles que Blisson a élevées, il ne faut pas perdre de vue qu'elles se trouvaient avec des Calandres; que des larves de celles-ci ont pu naître également ; que les criblures de rizcontenaient,

du Pin maritime. 109

sans doute, des matières excrémentitielles ; que les larves les plus vigoureuses ont pu s'attaquer aux plus faibles; qu'enfin Blisson les a vues dévorer des nymphes. J'ajoute que l’agilité des larves de Silvanus porte à les considérer comme chasseresses, car l’agilité n’est pas ordinairement l’apanage des larves destinées à se nourrir des substances au milieu desquelles elles vivent.

Je crois donc que mon opinion est la plus probable, la mieux justifiée, et je la produis avec une véritable conviction.

La larve du S. unidentatus ne se creuse pas une loge pour se transformer ; elle se fixe, se colle, par son extrémité postérieure, au feuillet de l'écorce ou au bois, puis la peau se fend sur le thorax et la nymphe la refoule en arrière toute chiffonnée. Ses deux derniers segments demeurent engagés dans cette dépouille, et elle se tient raide, la plupart du temps légèrement relevée et susceptible de mouvements horizontaux.

NYMPHE

La nymphe est blanche et reproduit parfaitement toutes les parties de l’insecte parfait, sauf la dent caractéristique des angles antérieurs du prothorax, que je n’ai pu y distinguer. Elle porte deux petits cils très fins sur le vertex, trois de chaque côté du prothorax et trois aux genoux postérieurs qui débordent les élytres couchées, comme à l’ordinaire, sur l'abdomen. Les trois premiers segments de celui-ci portent de chaque côté une papille charnue, obtuse, légèrement courbée en bas et terminée par un petit cil. Les antennes, très apparentes et placées bien en dehors, sont remarquables par les aspérités pointues, dentiformes et dirigées en bas

110 E. PERRIS. — Insectes

que portent leurs articles. Ces aspérités, les papilles et méme les cils me semblent avoir pour fonction de repousser la peau de la larve à l’extrémité du corps, et l’on conçoit qu’elles puissent produire ce résultat, leur action étant secondée par les mouvements de la nymphe. Les deux derniers segments, destinés à demeurer engagés dans la dépouille, n’ont ni cils ni papilles; le dernier seulement est terminé par deux appendices charnus, presque parallèles, qui servent très probablement à retenir la nymphe dans la dépouille. Ces deux segments demeurent blancs alors que tout le reste a pris, aux approches de la dernière tranformation, une couleur

Dans la note précitée M. Coquerel exprime le regret que M. Blisson n’ait pas examiné la structure intérieure des singuliers appendices thoraciques et abdominaux que présente la nymphe ; il désirerait savoir si ce ne sont pas les aboutissants de quelque système trachéal particulier à la nymphe, comme chez certains Diptères.

Je puis donner l'assurance que ces appendices n’ont aucun rapport avec les cornes stigmatifères que portent les nymphes de la plupart des Tipulaires; ils sont formés de tissu cellulaire et constituent de simples jeux de la nature, avee la destination de faciliter la mue de la nymphe et de la protéger contre certains chocs qui pourraient la blesser.

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 1/2 millim. Entièrement d'un testacé ferrugineux, avec les yeux noirs. Tête triangulaire, ponctuée-chagrinée; prothorax ponetué-chagriné, à côtés parallèles jusqu’à la moitié, puis graduellement rétréci jusqu'à la base ; angles antérieurs prolongés en pointe. Elytres ayant

du Pin marilime. {if

des séries très rapprochées de points, entre lesquelles se trouve une ligne de très petits poils roussâtres. Presque toute l’année sous les écorces. — Très commun,

PARAMECOSOMA (Dermestes) ABIETIS, Payk.

Cryptophagus abietis, Steph.

Fig. 144—151 (PI. 19.)

LARVE

Longueur 4 millim. largeur un peu plus d'un demi millim. A peu près linéaire, subcoriace, un peu déprimée, entièrement d'un blanc lavé de roussâtre.

Tête large, arrondie latéralement, à bord postérieur presque droit et bord antérieur roussâtre ; marquée sur le front de deux petites fossettes longitudinales, arquées et convergentes; munie antérieurement et sur les côtés de quelques poils d’un roussâtre très pâle. Epistome court et trapézoïdal ; labre large, peu saillant, semi-elleptique. Mandibules arquées, assez fortes, cornées, se croisant à peine, rousses avec l’extrémité ferrugineuse et acérée , et un peu au-dessous une dent interne. Mâchoires assez fortes, lobe allongé, incliné et arqué en dedans, pointu et portant à l'extrémité seulement, quatre ou cinq petites soies spinuliformes, dont une terminale. Palpes maxillaires un peu saillants, un peu arqués en dedans et de trois articles égaux ou à peu près; lèvre inférieure non saillante, cordiforme ; palpes labiaux courts et de deux articles. Tous ces organes d’un roussâtre pâle. Antennes de quatre articles : le premier ayant l’apparence d’une dilatation tuberculiforme de la tête ; le deuxième court, rétractile dans le premier; le troisième près de trois fois aussi long que le précédent, légèrement en

112 E. PERRIS. — /nsectes

massue et muni de poils très courts près de l’extrémité; le quatrième égalant les deux tiers du précédent, filiforme et surmonté de trois poils dont celui du milieu beaucoup plus long que les autres. Sur chaque joue près de la base de l'antenne, un groupe d’ocelles dont le nombre n’est pas appréciable et qui forme une tache noirâtre, ovale ou presque réniforme. |

Segments thoraciques plus grands que les autres, le premier surtout; un peu plus larges que la tête, marqués sur le dos d’un petit sillon médian, et munis de quelques poils sur les côtés et en dessous.

Pattes de quatre articles, munies de quelques soies et terminées par un ongle subulé ayant une soie en dessous, près de la base.

Abdomen très faiblement renflé au milieu, de neuf segments dont les sept premiers à peu près égaux; huitième et surtout neuvième plus longs et un peu plus étroits; ce dernier terminé par deux crochets un peu relevés et presque ferrugineux à l'extrémité, et muni en dessous d’un mamelon ambulatoire peu saillant, au centre duquel est l’anus. Le long des flancs, des poils assez longs d’un blanc roussâtre, et sous le ventre quelques poils plus courts.

Neuf paires de stigmates : la première près du bord postérieur du prothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

On sait que les chenilles processionnaires du Bombyx pithyocampa se réunissent en automne pour filer en commun un nid volumineux, destiné à leur servir d’abri pendant la mauvaise saison. Avant l'hiver, ou aux premiers beaux jours du printemps, des Paramecosoma s’introduisent dans ces nids et y pondent leurs œufs. Les larves qui en proviennent

du Pin maritime. 113

se développent au milieu des chenilles dont elles consomment les excréments et peut-être aussi les dépouilles.

Je connais plusieurs larves de Cryptophagus et j'ai publié dans les Annales de la Société entomologique l’histoire de celle du G. dentatus, Herbst., qui vit dans les toitures de chaume. Bouché et Westwood avaient dejà fait connaître le premier celle du C. /{ycoperdi, le second celle du C. cellaris. Elles ont toutes une telle ressemblance, que c’est à peine si l'on peut trouver un caractère pour les distinguer. Jusqu’à présent, le seul caractère apparent réside pour moi dans le lobe des mâchoires qui est plus ou moins arqué, plus ou moins pointu, plus ou moins pourvu de petites soies ou de cils spiniformes. |

Quand je parle des larves de Cryptophagus j'y comprends celles du Paramecosoma qui s'y rapportent tellement, que lorsque je considère aussi la ressemblance qui existe entre ces derniers et les Cryptophagus à l’état parfait, je me surprends à regretter que M. Curtis ait cru devoir établir un genre sur le seul caractère des tarses pentamères dans les deux sexes.

M. Blisson a publié dans les Annales de la Société entomologique (tome 7, 2e série, 1849, p. 315) l'histoire des métamorphoses du Cryptophagus hirtus, Gyil., qui n'appartient plus à ce genre et qui se nomme aujourd'hui, de par M. Stephens, Myceiœa hirta. Je conçois ce changement dans la nomenclature, et cette fois je l'admets d’autant plus aisément que l’insecte dont il s’agit, réuni aujourd’hui par M. Schaum aux Endomychides, s'éloigne par sa forme des vrais Crypiophagus, et que sa larve diffère visiblement des leurs. Cette larve, que je connais depuis longtemps, est surtout remarquable par les papilles claviformes dont son

114 E. PERRIS. — /nsectes

corps est hérissé. Blisson en a donné une bonne figure, mais j'éprouve pourtant le besoin de dire que cette figure, ainsi que la description, pêchent sur un point. D’après Blisson, le dernier segment serait simplement un peu échancré postérieurement. Il aurait fallu ajouter que les deux angles sont occupés par un crochet analogue à celui des larves de Crypiophagus. Les papilles qui entourent ont sans doute empêché Blisson de le voir, mais les deux crochets existent très positivement, et je signale ce fait pour répondre bientôt à quelques observations de cet estimable naturaliste au sujet de la nymphe.

De quoi vivent les larves de l’ancien genre Cryptophagus ? Celles des Telmatophilus sparganii et caricis habitent les capsules du Sparganium ramosum et les châtons du Tipha lalifolia déjà occupés par des chenilles; celle du Cryptophagus lycoperdi abonde dans les Lycoperdons ; on en rencontre d’autres, dont je ne connais pas l'espèce, parmi les moisissures qui se forment dans les pommes de terre gâtées et les betteraves malades ; celles d’un Cryptophagus, que je crois être le cellaris, vit, entre autres lieux, dans les amasdes exeréments laissés par une chenille ou par la larve du Balaninus nucum; Celle d’une autre espèce que M. Newport croit être le C. cellaris, et qui paraît en différer, a été trouvée par ce savant dans le nid d’une Anthophore, où elle se nourrissait des excréments laissés par la larve de cet Hyménoptère. — (Trans. soc. Linn. vol. xx, 2e partie, p- 351); on en rencontre aussi dans les nids des fourmis et dans ceux des frêlons et autres guëpes; celles de plusieurs Atomaria pullulent dans les fumiers; celle de la Myceiæa hiria, que je laisse provisoirement dans cette famille, mange les moisissures qui, dans les caves et autres lieux sombres

du Pin maritime. (15

et humides, se produisent sous les bois couchés à terre; enfin celle du Paramecosoma abietis se développe au milieu des excréments des chenilles processionnaires. Leurs appétits semblent assez variés, et cependant, en résumant ce qui précède, on voit qu’elles se nourrissent généralement de champignons ou d’excréments, c’est à dire des matières animalisées, car les champignons passent pour être assez riches en azote.

Lorsque le Paramecosoma veut se transformer en nymphe, ce qu'il fait en mai ou juin, sans sortir du nid des chenilles, il se fixe sur un point quelconque, à l’aide du mamelon anal, puis la peau se fend le long du thorax, et la nymphe la refoule peu à peu jusqu’à l'extrémité postérieure du corps, où elle demeure toute empaquetée, servant de fourreau aux derniers segments.

NYMPHE

Elle est nue, blanche, molle et laisse voir distinctement les divers organes de l’'insecte parfait. Des poils blancs, comme glanduleux à la base, sont implantés au bord antérieur du prothorax, sur les genoux et sur les flancs. L’abdomen se termine par deux papilles charnues, assez longues.

Ces papilles existent aussi dans la nymphe de la Myceitæa hirta, et elles ont excité les préoccupations de M. Blisson, quise demande comment elles ont pu se développer et se mettre en saillie sous la dépouille refoulée, lorsque le dernier segment de la larve est concave et n’a pas de prolongement correspondant. Les incertitudes de M. Blisson tiennent à ce qu'il n’a pas aperçu les deux crochets qui terminent la larve. Ces crochets, en effet, sont les fourreaux des appendices dont il s’agit, et ceux-ci y demeurent engagés pour retenir la nymphe à sa dépouille fixée au plan de posi-

tion, et faciliter plus tard la sortie de l’insecte parfait. Voilà même pourquoi, ainsi que l'a éprouvé M. Blisson, les appendices se rompent souvent lorsqu'on veut détacher la nymphe.

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 1/2 millim. Entièrement d’un testacé ferrugineux, avec les pieds un peu plus-pâles et les yeux noirs. Tête ponctuée, antennes de la longueur de la tête et du prothorax; celui-ci couvert d’une pubescence cendrée et claire, ponctué, convexe, de moitié pius large que long; un peu rétréci à la base; muni d’une petite dent obtuse de chaque côté et de très petites dentelures visibles depuis le milieu jusqu’à la base. Elytres finement ponctuées, à pubescence assez épaisse, convexes et un peu plus larges que le prothorax.

On le trouve, au mois de mars et d'avril, la femelle avec quelques mâles, dans les nids des chenilles processionnaires ; le mâle, avec quelques femelles, sur les fleurs de l’ajonc (Ulex europæus, L.). Très commun. |

DERMESTES MUSTELINUS, Er.

PI. 152.—160 (Fig. 19.)

LARVE

Longueur 11 à 12 millim. Tête velue, un peu déprimée, -arrondie, d’un noir terne en dessus, marquée sur le front de deux sillons en forme de V, entre lesquels sont deux impressions rapprochées ; épistome assez grand, labrecilié et échancré, ces deux organes ferrugineux ; mandibules ferrugineuses à la base, noires à l'extrémité qui est bidentée ; mâchoires épaisses, munies d’un lobe droit, cilié à l’extré-

mité; palpes maxillaires un peu arqués en dedans et de trois articles égaux ; lèvre inférieure atteignant la base du deuxième article des palpes maxillaires, échancrée; palpes labiaux droits et de deux articles; tous ces organes d’un roussâtre livide; antennes de quatre articles (1) : premier d’un blanc livide et un peu rétractile ; deuxième à peu près aussi long que le précédent, mais plus étroit, brun avec l’extrémité d’un blanc livide, susceptible de rentrer presque entièrement dans le premier ; troisième plus long que les deux autres ensemble, très légèrement arqué en dedans, faiblement ventru en dehors et d’un brun ferrugineux avec l'extrémité pâle; quatrième court, délié, noir, surmonté d’une petite pointe et accompagné à la base d’un autre article de moitié au moins plus court que lui ; derrière les anteunes, et dans l'enceinte d’une tache roussâtre, cinq ocelles disposés en deux lignes transversales, savoir : trois sur la première et deux sur la seconde. D’après de Géer la larve du D. lardarius aurait six ocelles de chaque côté; je n’en ai pu compter que cinq, et j'imagine que l'illustre auteur que je cite se sera laissé tromper par quelqu'un des petits tubercules que l’on remarque quelquefois sur les joues et qui servent de base à quelque poil. J'ai failli m’y tromper moi-même. |

Si j'insiste sur ces délails, ce n’est pas que j'y attache, au point de vue descriptif, une très grande importance; mais je me persuade qu’on travaillera un jour à une classification méthodique des larves, et dans cette prévision tous les caractères me paraissent bons à noter.

Corps de douze segments, convexe en dessus et un peu

(1) Elles ont aussi quatre articles dans la larve du Dermestes lardarius, quoi qu’en dise De Géer, qui n’en a compté que trois,

118 E. PERRIS. — Insectes

moins en dessous, insensiblement attenué d’avanten arrière, d'un noir terne en dessus, d’un blanc un peu livide en dessous, à l'exception des trois derniers segments qui sont noirâtres. Segments thoraciques, le premier surtout, un peu plus grands que les autres, et munis chacun d’une paire de pattes assez fortes, médiocrement longues, d’uu ferrugineux livide, avec les hanches noirâtres et les articulations blanchâtres ; formées de quatre articles et terminées par un ongle crochu. La cuisse et le tibia portent quelques soies en dessus et des cils assez rapprochés en dessous.

Segments abdominaux ne présentant rien de particulier, si ce n’est le dernier qui porte, implantées un peu avant le bord postérieur, deux pointes dirigées en arrière, droites, pointues, noires, à extrémité ferrugineuse. A la suite de ce segment se trouve un gros mamelon cylindrique , noirâtre, et dont l'extrémité, charnue et blanchâtre, est susceptible de dilatation. Ce mamelon, en s'appliquant sur le plan de position, sert aux mouvements de progression de la larve.

Sur l’arceau dorsal de chaque segment, sauf le deuxième, on remarque à la loupe une bande transversale limitée par deux arêtes très peu sensibles et paraissant un peu plus coriace que le reste; sur les arêtes sont implantés des poiis rapprochés et fauves, dont les uns, très longs, sont inclinés vers la tête, et les autres, plus courts, plus nombreux et plus raides, sont presque couchés en arrière. Cette inclinaison inverse des poils est très manifeste le long des flancs, où l’on voit, sur chaque segment, deux houppes divergentes. Quant au douzième segment, il n’a que des poils dirigés en arrière, et le mamelon anal est tout simplement cilié. A la région ventrale on aperçoit, sur chaque segment abdominal, deux séries transversales de poils tous inclinés en arrière; mais

du Pin maritime. 119

ceux de la série antérieure sont plus courts que les autres. La poitrine est à peu près glabre.

Tous ces poils, ainsi que ceux de la tête, ont une structure particulière comme ceux que l'on trouve sur les larves de plusieurs autres espèces ou genres de la même famille ; ils sont munis, dans toute leur longueur, de petits cils coniques, presque couchés et très pointus. Je n’en ai pas vu qui ne présentassent ce caractère. Cette particularité n’est point signalée par De Géer, pour la larve du D. lardarius, qui cependant a les poils exactement semblables à ceux que je viens de décrire, ainsi que je m'en suis facilement assuré, et que l’a vu, du reste, Lyonnet.

Les stigmates sont, comme à l’ordinaire, au nombre de neuf paires ; ils sont ronds et légèrement saillants. La première paire, placée au même niveau que les autres, mais un peu plus grande, se trouve près du bord antérieur du mésothorax; les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux. |

L'ancien genre Dermestes a donné lieu à plusieurs coupes génériques, dont la plupart sont justifiées, plus encore par la forme des larves que par les caractères des insectes parfaits. Il y a, en effet, de grandes dissemblances entre les larves des Dermestes, les larves trapues et à poils érectiles et variés du Tiresias serra, et celles de l’Aïtagenus pellio si déliées et ornées postérieurement d’un si long faisceau de poils,

Les larves des Dermestes, proprement dits, dont on n’a publié jusqu'ici que deux espèces, celle du D. lardarius (Goëdart, Frisch, Herbst, de Géer et Lyonnet) et celle du

120 E. Parmis. — fusectes

D. murinus (Meyer et Bouché), paraissent se ressembler toutes. La larve du D. musielinus ne diffère de celle du D. lardarius que par sa taille qui est un peu moins grande, sa couleur qui est plus foncée en dessus, et surtout par les pointes du dernier segment qui sont droites au lieu d’être arquées en bas.

D'après de Géer, la larve du D. lardaris subit plusieurs mues. et les dépouilles qu'elle laisse, restent souvent tendues et comme soufilées. Ses excréments sont « en forme de longs filets, composés de plusieurs grains noirs ou bruns, de figure irrégulière et attachés à la file les uns des autres.» Toutes ces particularités s'appliquent également à la larve du D. mustelinus.

Ce Dermeste a les mêmes habitudes que le Paramecosoma abietis dont j'ai parlé plus haut. Il pérètre en hiver, ou au commencement du printemps. dans les nids des chenilles du Bombyx pithyocampa, pour y déposer ses œufs. On y trouve, dès le mois de mars ou d'avril, de jeunes larves qui vivent au milieu des chenilles, se nourrissant de leurs dépouilles et de leurs excréments.

Les larves des Dermestes passent pour être exclusivement carnivores ; elles ont, en effet, une préférence marquée pour les substances animales, surtout pour celles qui sont sèches, et les marchands de fourrures et de cuir, ainsi que les possesseurs de collections zoologiques, en savent quelque chose. On ne sera donc pas étonné d'apprendre que celles du D. mustelinus dévorent les dépouilles des chenilles processionnaires : mais ce qui n’a pas encore été dif, je crois, c'est qu'elles se nourrissent aussi de leurs excréments. Cette particularité n'est pas propre à cette espèce

du Pin maritime. 121

seule. Il m'est arrivé, en effet, presque tous les ans, de voir la larve du D. lardarius, qui, du reste, perce les cocons de vers à soie pour manger la chrysalide sèche qu'ils contiennent, se développer, même rapidement et en grand nombre, dans les litières de ces mêmes vers exemptes de dépouilles et ne contenant que des excréments et des débris de feuilles de mürier. Ce fait, dont je suis parfaitement sûr, justifie ce que j'ai déjà dit de quelques larves carnassières qui, lorsque leur aliment de prédilection leur fait défaut, se nourrissent de matières excrémentitielles.

Lorsque le moment de la transformation est venu, c'est-àdire au mois de juin, et après le départ des chenilles, la larve du D. mustelinus se retire dans un recoin quelconque du nid où elle a vécu, et c’est là que s'opère la métamorphose en nymphe.

NYMPHE

Semblable à celle du D. lardarius décrite et figurée par De Géer et Lyonnet, c’est-à-dire blanche avec les yeux roussâtres et d’étroites bandes transversales de la même couleur sur le dos de l’abdomen, qui est terminé par deux appendices coniques. Vertex, bords du prothorax et flancs frangés de petits poils.

INSECTE PARFAIT

Longueur, 5 à 7 mill.; largeur, 2 1/2 à 3 mill. Tout le corps, ainsi que les cuisses et les tibias à fond noir, terne et ponctué, entièrement revêtu de poils fauves et couchés, avec de nombreuses petites places glabres, formant des ta-

122 E. PERRIS. — [nsertes

ches irrégulières. Poils des angles latéraux de l'abdomen et du segment anal ferrugineux. Antennes ferrugineuses. Tarses nuancés de roux.

M. Emmanuel Rousseau a signalé (Ann. de la Soc. Ent. 1838, Bullet., p. Liu) uc caractère très saillant qui disüingue les mâles des Dermestes, et qui consiste en deux pores médiaus placés sous l'abdomen, l'un au troisième, lautre au quatrième segment , entourés d'un bouquet de poils érectiles, et du centre desquels sort un petit corps également érectile.

Ce caractère existe sur le mêle du D. mustelinus comme sur bien d'autres; mais le nom de pores, dont se sert M. Emm. Rousseau, me parait tout à fait impropre, car je me suis assuré que la carapace inférieure n'est nullement percée. J'y vois seulement un petit espace à peu près circulaire, dépourvu de poils couchés, au centre duquel s'élève une épine testacée, grêle, subulée, arquée en arrière et subcornée, autour de laquelle s'élèvent et s'appliquent des poils raides et roussâtres. Cet appareil sert, sans doute, au mâle à se retenir, pour laccouplement, sur le dos de la femelle.

Le mäle du D. Frischiü ne m'a semblé avoir qu'une seule épine qui se trouve sur le pénultième segment abdominal.

Il faut chercher le D. mustelinus, en mars et avril, dans les nids des chenilles processionnaires. — Pas très commun.

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du Pin maritime. 193

PLATYSOMA (lister) OBLONGUM, Fabr.

Fig. 161 à 170. (PI. 4, 3° série, T. LE, pl. 4e du Mémoire.)

Les larves des Histériens sont peu connues, et l’on a quelque raison de s’en étonner, vu le nombre considérable d'espèces et d'individus de cette famille. Latreille (Dictionnaire de Déterville, art. Escarbot) a décrit celle du Hister cadaverinus , et avant lui, Paykull avait publié celle du H. merdarius. Ce dernier auteur, dans sa Monographie des Histériens, a donné en outre la description et la figure d’une larve qu'il attribue à la Hololepta quadridentata. La première fois que je vis l’image de cette larve, je demeurai stupéfait des différences énormes qu’elle présentait avec celle du Platysoma oblongum, qui a cependant de grands rapports de physionomie et d'organisation avec les Hololepta. Son aspect rappelait à mon esprit une larve de Sargus (1), et le signalement donné par Paykull confirma bientôt mes prévisions. Si cet auteur avait eu une plus grande habitude des larves, il n'aurait certainement pas attribué à un Histérien, lui qui connaissait les premiers états du H. merdarius, une larve qui n’a ni mandibules, ni palpes, ni antennes, ni pattes visibles ; qui n’est composée que de onze segments, tête non comprise, et dont tout le corps est coriace; il aurait été frappé de ses dissemblances avec celle du Aister, formée de douze segments, charnue, armée de fortes mandibules, de longs palpes et de pattes. Ces contrastes auraient appelé son attention, et son esprit aurait laissé percer des doutes;

(1) Leach et Latreille ont déjà contesté l’authenticité de cette larve, qu'ils croient appartenir à un Diptère de la famille des Syrphides.

124 E. PErRIS. — /nsectes

mais à cette époque les larves n'étaient pas assez connues pour qu'on püt, à leur inspection, discerner les familles auxquelles elles appartiennent, et des observations très nombreuses n'avaient pas constaté, comme elles l'ont fait depuis, comme elles le font tous les jours, que les larves, par l’ensemble de leur structure, par leurs caractères particuliers, sont assez généralement entre elles, comme les insectes parfaits.

Quoi qu’il en soit, il demeure pour moi parfaitement avéré que la larve attribuée par Paykull à la Hololepta quadridentata, appartient à un Sargus ou à un genre très voisin, c'est-à-dire à un Diptère et non à un Coléoptère. Paykull l’avait trouvée dans la collection de M. Schedsted, associée à la Hololepta, et elle avait été probablement envoyée à ce dernier comme appartenant à cet insecte, parce qu'elle avait été rencontrée avec lui. Ce qu’il y a de remarquable c’est que, sous les écorces où vit la larve du Platysoma, abonde aussi, le plus souvent, celle du Pachygaster pini, laquelle, à la taille près, a les plus grands rapports avec celle que décrit Paykull. En Amérique, comme en Europe, les mêmes faits se produisent dans les mêmes circonstances.

Ce point de eritique éclaire, j'aborde l'histoire de la larve du Platysoma oblongum.

LARVE

Longueur 9 à {0 millim. Charnue, délicate, déprimée, très étroite et linéaire.

Tête plate, ferrugineuse , cornée, ayant quelques poils très courts sur les côtés ; marquée sur le front de deux sillons convergens, très prononcés antérieurement, et qui, à

du Pin maritime. 125

un certain jour, semblent se prolonger jusqu’au bord postérieur, mais qui, en réalité, ne dépassent pas la moitié de la tête et dont l'intervalle est relevé en forme de crête. De chaque angle antérieur part un autre sillon qui, en décrivant une double courbe, se rend à l'angle postérieur. Sur les côtés quelques gros points écartés. En dessous, quatre fossettes oblongues, bien marquées, partant du bord antérieur et ne dépassant pas la moitié de la tête : deux médianes, presque contigües, suivies d’un sillon qui descend jusqu’à la base et deux plus près des côtés. Epistome et labre soudés; bord antérieur assez fortement dentelé. Mandibules d’un brun ferrugineux, très longues, susceptibles de se croiser complètement, étroites, acérées, arquées en faucille, munies en dedans, vers le milieu de leur longueur, d’une dent bien saillante, au-dessus de laquelle se trouve une petite apophyse tuberculiforme. Mâchoires très longues, étroites, cylindriques, et de deux articles dont le premier, muni d’une soie un peu épaisse en dedans, près de l’extrémité, de deux plus fines et plus courtes en dehors, et d’an long pinceau de poils roux à la base interne, est quatre fois plus long que le second qui porte en dehors une petite soie, et en dedans le lobe grèle, court, papilliforme et surmonté d’une petite soie. Palpes maxillaires de trois articles, les deux premiers à peu près égaux et un peu renflés intérieurement, le troisième une fois et demie aussi long que les précédents, plus étroit, cylindrique et obtus à l’extrémité qui est couronnée de très courtes spinules à peine visibles au microscope. Lèvre inférieure naissant au niveau de la base des mâchoires, coupée carrément à l’extrémité qui est un peu plus large que la base et à côtés droits. Palpes labiaux sensiblement plus grêles que les maxillaires, légère-

LA

126 | E. PERRIS. — {nsecies

ment arqués en dehors, et de deux articles dont le premier un peu plus court que le second, qui est également couronné de très petits cils. Antennes de quatre articles : le premier très court et rétractile ; le second un peu arqué en dedans et renflé intérieurement près de l'extrémité; le troisième un peu incliné, légèrement en massue, tronqué en double biseau et portant à la partie supérieure et externe un très petit article supplémentaire accompagné d’une spinule très courte, et du côté interne une petite spinule; le quatrième incliné en sens inverse du précédent, étroit, cylindrique, subtronqué et surmonté de trois petites soies dont la médiane un peu plus longue que les autres. Tous ces organes sont glabres et fauves, avec l'extrémité des articles plus claire. — Yeux nuls ou non apparents.

Thorax de la largeur de la tête; prothorax grand, arrondi postérieurement, à peu près semi-discoïdal, ferrugineux et corné en dessus, avec un sillon médian; blanchâtre en dessous; mésothorax et métathorax de moitié plus courts, charnus, et d'un blanc légèrement roussâtre ; tous les trois pourvus d’un ou de deux poils de chaque côté.

Pattes courtes, assez grêles, de quatre articles; cuisses ayant de petits cils en dessous, tibias avec un poil en dessus et u: autre en dessous; ongle petit, subulé.

Abdomen d’un blanc un peu roussâtre, de neuf segments, dont les huit premiers, aussi longs que le prothorax, munis de quelques poils sur les côtés et en dessous, d’une fossette de chaque côté, dessinant un bourrelet latéral, et en dessus, de trois plis transversaux favorisant certaines dilatations qui ont pour but de seconder les mouvements de la larve, grâce surtout à trois zones transversales de très petites spi-

du Pin marilime. 27

nules brunes, qui correspondent aux trois plis. Neuvième segment un peu plus grand que les précédents, arrondi sur les côtés, un peu échancré postérieurement, terminé par deux longs appendices bi-articulés, dont chaque article est terminé par deux longs poils; muni en dessous d’un petit mamelon rétractile et pseudopode au centre duquel est l'anus.

Neuf paires de stigmates elliptiques : une près du bord antérieur du mésothorax, les autres au quart antérieur des huit premiers segments abdominaux.

Les organes de la bouche disent suffisamment que cette larve est exclusivement carnassière, et ces indications ne sont pas trompeuses. Lorsque, au mois de mai, le Tomicus stenographus a perforé l’écorce du pin pour creuser la galerie où il doit pondre ses œufs, la femelle du Platysoma $’introduit sur ses traces et dépose dans la galerie les germes de sa progéniture. Les larves qui en proviennent dévorent les larves molles et inertes du Tomicus, ainsi que ses nymphes, et en font un assez grand carnage. Leur développement est assez rapide et ne dure guère plus de cinq mois, puisque la transformation en nymphe a lieu en septembre et octobre. Pour subir cette métamorphose, la larve s'enfonce au milieu des détritus et des excréments des larves du Xylophage, se courbe en arc, et, dans cet état, se roule et serpente jusqu'à ce que, par la pression de son corps, elle ait formé une cellule ellipsoïdale, à parois internes très lisses. Cela fait, et à l’aide d’une sorte de mucilage incolore qui sort de sa bouche, elle revêt ces parois d’une sorte de vernis qui agglutine la couche la plus interne des détritus et en forme une coque assez solide. Après quoi, elle se plie en avant de manière à ce que la tête et le thorax soient

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couchés sur le ventre, et demeure ainsi quatre ou cinq jours

immobile, jusqu’à ce que le travail de la métamorphose soit accompli.

NYMPHE

Remarquable par son prothorax carré, tout bordé de petits cils; segments de l'abdomen bordés, sur les côtés, de courtes soies : le dernier muni de deux appendices très divergents, un peu arqués en arrière. On n’aperçoit ces appendices que lorsqu'on dégage la nymphe de la peau de la larve qui sert de fourreau aux derniers segments.

INSECTE PARFAIT

Longueur 3 et demi à 4 millim. Entièrement noir (ou d’un brun ferrugineux lorsque la transformation est récente) avec la massue des antennes ferrugineuse, ainsi que le dernier article des palpes. Corps un peu convexe. Tête très finement ponctuée, marquée d'une ligne demi-elliptique, arquée en arrière. Prothorax largement et assez profondément échancré, d’un tiers au moins plus large que long : marqué près du bord antérieur d'une strie transversale qui n’atteint pas les angles huméraux; lisse au milieu, parsemé, près des côtés, de points un peu plus gros vers les angles huméraux qu'ailleurs. Elytres de la largeur du prothorax, non ponctuées; marquées chacune de six stries, dont les trois externes entières et les autres, souvent plusieurs fois interrompues, partant de l'extrémité de l’élytre et ne dépassant pas le milieu.

Sous les écorces, principalement au printemps et à la fin de l'été. — Commun.

du Pin maritime. 129

PAROMALUS (Hololepta) FLAVICORNIS, Payk.

(Fig. 171, pl. 4).

LARVE

La larve de ce Histérien vit absolument dans les mêmes conditions que celle du Platysoma oblongum, et lui ressemble tellement qu’on la prendrait pour celle-ci non encore adulte. Nonobstant quelques différences visibles seulement au microscope, je m'y serais certainement trompé, si sa cohabitation avec le Paromalus n'avait éveillé mon attention, et si, l'ayant élevée sous mes yeux, je n’avais obtenu ses diverses métamorphoses.

Les différences dont j'ai parlé sont les suivantes : la taille n’est que de 6 à 7 millim. : les mandibules n’ont pas d’apophyse tuberculiforme au-dessus de la grosse dent ; les mâchoires et les deux premiers articles des palpes maxillaires sont un peu plus courts et plus régulièrement ventrus ; le troisième article des antennes porte à l’extrémité, en dehors, deux petites papilles au lieu d’une, et au-dessous une petite spinule; en dedans, deux petites spinules. Le bord antérieur de la tête se prolonge au milieu en une dent tronquée ; les appendices du dernier segment sont relativement un peu plus gros et terminés par des poils plus longs.

A cela près, tout est la même chose que pour la larve précédente.

La nymphe présente les mêmes caractères que celle du Plegaderus discisus dont il sera question tout à l’heure. Elle en diffère cependant par sa taille plus grande, sa forme plus ovoide, les crochets terminaux moins arqués et les

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poils un peu plus courts. Quelques-uns de ces poils, vus au microscope, sont très légèrement en massue et obliquement tronqués à l'extrémité.

INSECTE PARFAIT

Longueur 2 millim. Corps un peu plus elliptique que dans le P. picipes. Mandibules ferrugineuses ; tête lisse et à peu près semi-discoidale ; antennes ferrugineuses; prothorax largement échancré antérieurement, un peu plus étroit antérieurement qu’à la base, marqué d’une strie très fine le long des bords latéraux et très finement ponctuée. Elytres parsemées de points oblongs, dont ceux du milieu sont les plus sensibles, avec une fossette près des épaules, un petit sillon sur la suture à la base et deux ou trois rudiments de stries obliques. Pattes, surtout les jambes et les tarses, ayant souvent une teinte ferrugineuse.

Sous les écorces, au printemps et à la fin de l'été. — Commun.

PLEGADERUS DISCISUS, Er.

Fig. 172-178. (PI. 4).

Longueur 3 millim. ; largeur demi-millim. Un peu aplatie, charnue, linéaire.

Tête plate, ferrugineuse, cornée, luisante et en carré long, ayant quelques poils sur les côtés ; longitudinalement concaye en dessus et marquée de quatre sillons, dont les deux intermédiaires longs et les deux autres courts; bord antérieur un peu prolongé au milieu et dentelé. Mandibules ferrugineuses, semblables à celles de la larve du ?/atysoma, avec la dent interne plus forte et arrondie en des-

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sus, et quelques soies au bord externe. Mâchoires trés longues, cylindrico-coniques, de deux articles, dont le premier présente intérieurement, près de la base, une échancrure, et au-dessous une sorte de talon surmonté de longues soies, et le second, plus étroit à la base qu'à l'extrémité, porte un lobe papilliforme terminé par un poil. Palpes maxillaires droits, de quatre articles, dont le premier plus court que les autres qui sont égaux; le dernier grêle et surmonté d’un poil. Lèvre inférieure un peu arrondie à l'extrémité, plus large à la base, à côtés sinueux. Palpes labiaux droits, de trois articles, le premier très court, les deux autres égaux, surmontés de petits poils. Antennes semblables à celles de la larve du Platysoma, sauf que le deuxième article est presque droit en dedans et un peu renflé en dehors, et que l’article supplémentaire est un peu plus grand. Tous ces organes sont roussätres avec l’extrémité des articles plus claire. Veux nuls ou non apparents.

Prothorax moins arrondi que dans les larves précédentes, roussâtre, surtout antérieurement; les deux autres segments du thorax plus courts et d’un blanc un peu livide.

Pattes comme ci-dessus, sauf que la cuisse ne paraît avoir qu'une soie en dessus, sans aucun cil en dessous, et que le tibia est dépourvu de soies.

Abdomen d’un blanc un peu livide, de neuf segments, dont les huit premiers à peu près égaux, revêtus latéralement et en dessous de poils longs et mous, entremélés de poils courts et raides, ayant de chaque côté un bourrelet, et sur le dos des plis transversaux comme les larves précédentes. Neuvième segment velu, déclive postérieurement, pourvu, à la naissance de la déclivité, de deux appendices subconiques, obtus, divergents, biarticulés, hérissés de longs

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poils. En dessous, un mamelon pseudopode, rétractile. Tout l'abdomen est recouvert de petites spinules droites, très rapprochées, visibles seulement à un fort grossissement du microscope.

Stigmates comme dans les larves de la même famille.

Arrêtons-nous ici un instant pour l'examen critique et comparatif des larves des Histériens.

Remarquons d’abord les erreurs commises par Paykull, dans la description de la larve du Hisier merdarius, dont la figure est presque méconnaissable. Le savant auteur suédois donne cinq articles aux palpes maxillaires, trois aux palpes labiaux et deux aux antennes. Je ne connais pas la larve de ce Hister, mais j'ai sous les yeux celle du H. cadaverinus, et comme je ne puis douter de leur entière ressemblance, je n'hésite pas à contrôler l’une par l’autre.

Dans celte dernière, les palpes maxillaires semblent bien, à des yeux exercés, composés de cing articles; mais l’expérience apprend que le premier n’est autre chose que la mâchoire, qui est longue et cylindrique. Le second article paraît d'autant plus appartenir au palpe, que ce dernier organe est implanté immédiatement sur la mâchoire ; mais il porte intérieurement un appendice que je ne puis considérer que comme le lobe maxillaire; de sorte que, selon moi, les deux premiers articles constituent une mâchoire biarticulée. Ce caractère est fort rare, sans doute, il est même, si l'on veut, anormal ; mais il serait plus anormal encore qu'il n’y eût pas de mâchoire, ou que le premier article des palpes fût muni d’un appendice, et les lois de l’analogie sont favorables à mon opinion. Les deux premiers articles constituant donc les mâchoires, il n’en reste plus que trois pour les palpes, et d’après moi, en effet, les palpes maxillaires ne

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sont formés que de trois articles. Quant aux palpes labiaux, je n’ai pu, malgré tous mes efforts et l'emploi des verres les plus amplifiants, y voir que deux articles, au lieu de trois comptés par Paykull.

Pour les antennes, l'erreur est encore plus thstimté. J'aurais compris que Paykull n’y eût vu que trois articles, car le premier est si petit et si ordinairement caché, après la mort, dans la tête de la larve, qu’il échappe facilement à l'observation ; mais qu'il n’en ait aperçu que deux lorsqu'il y en a trois parfaitement visibles, c’est ce qui ne peut $’expliquer que par un accident survenu à la larve du H. merdarius. Paykull à basé sa description sur un individu mort, conservé par Müller, et je sais, par expérience, que les larves dont les antennes sont conformées comme celles des larves des Histériens, perdent assez aisément le dernier article, même lorsqu'on les conserve dans Palcool. Ce qui prouve que ce cas s’est présenté pour la larve décrite par Paykull, c'est que, d’après cet auteur, le dernier article des antennes est moins épais à la base qu’à l'extrémité qui est obliquement tronquée et munie d’une petite dent : autant de caractères qui conviennent au pénultième article, tandis que le dernier est très grêle et cylindrique. |

Remarquons aussi que les larves du Platysoma ressemblent entièrement à celles du Hister. Elles n’en diffèrent que par leur corps un peu plus déprimé, un peü moins trappu, et par la dent interne des mandibules qui est très forte au lieu d’être peu sensible; caractère qui justifierait seul le rang assigné aux Platysoma, immédiatement avant les Hister. Cette ressemblance rend plus remarquables les différences que présentent les larves du Plegaderus. Elles sont telles, qu’il m’a fallu la certitude résultant de l’observation

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directe de leurs métamorphoses, pour être convaincu qu'elles appartiennent à ce genre. Elles consistent : 1° dans le nombre des articles des palpes qui est plus élevé d’une unité que dans les larves précédentes, c’est-à-dire qu'il est de quatre pour les palpes maxillaires et de trois pour les palpes labiaux ; 2° dans la forme raccourcie et conique des appendices du dernier segment; 3° dans le développement du mamelon anal. A cela près, il est vrai, les larves de Plegaderus ressemblent, à s’y méprendre, aux larves de Platysoma; mais les organes de la bouche ont une trop grande importance, et les variations au sein de la même famille, dans le nombre des articles des palpes, sont trop rares pour qu'il ne valût pas la peine de prendre ses précautions, et pour que le fait que je signale soit sans interêt. Ne donnet-il pas déjà la pensée que les Plegaderus, classés au-dessous des Platysoma et des Hister, pourraient bien avoir une organisation supérieure à la leur?

Remarquons enfin, qu’à l'exemple des larves essentiellement carnivores, comme celles des Carabiques, des Dytisciens, des Staphyliniens, etc., les larves des Histériens ont le labre et l’épistome soudés et le bord antérieur de la tête dentelé.

Les appétits, les instincts de la larve du Plegaderus sont les mêmes que ceux des deux larves précédentes, mais elle s'adresse à d’autres victimes. Elle naît dans les galeries du Crypilurgus pusillus, et fait grand carnage des larves de ce petit Xylophage. Je l'ai vue dévorer aussi des Podures et de petits Staphyliniens, tels que les Phlæopora et les Omalium. La durée de son existence paraît être d'environ cinq mois, et sa métamorphose s'effectue ainsi qu’il a été dit pour la larve du Platysoma.

du Pin maritime. 135

NYMPHE

Blanche, ovoide, déprimée, vertex, bords et face dorsale du prothorax, et côtés des segments de l’abdomen munis de petites soies roussâtres ; des soies beaucoup plus courtes sur le dos des mêmes segments ; dernier segment terminé par deux papilles qui servent à la nymphe à s’accrocher à la peau de la larve agglomérée à l'extrémité du corps, ou, quand la dépouille a été tout à fait refoulée, à se retourner dans sa cellule en les appuyant sur le plan de position. Ces papilles sont en forme de crochets convergents, et leur moitié postérieure est roussâtre et sétiforme. Sternum découvert comme dans la nymphe du Platysoma, à cause de la brièveté des pattes. Vu au microscope, tout le corps paraît couvert de spinules extrêmement petites et très serrées.

INSECTE PARFAIT

Longueur { millim. ou un peu plus. Entièrement noir luisant, semblable aux P. cœsus et dissecius, mais moins ponctué qu’eux et avec l’impression transversale du prothorax beaucoup moins sensible. Tête concave sur le front, finement ponctuée. Prothorax finement ponctué aussi, mais un peu moins que la tête, si ce n’est près de la base. Elytres ponctuées comme la base du prothorax, avec deux rudiments de stries obliques, dont la plus externe presque effacée.

Sous les écorces toute l’année et principalement en hiver. Très commun.

Avant d’aller plus loin, jetons un regard d'ensemble sur les faits précédents.

Les insectes dont nous nous sommes occupés jusqu'ici,

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