EN TROIS GROUPES
Groupe 1. VESPITES. Corps épais. Abdomen sessile. Cliape-
ron ayant son bord antérieur tronqué , un peu écliancré, avec une dent de cliaque côté.
Genre !. guêpe. (Vespa, Lin.) Gpe. 2. POLIS VITES. Corps élancé. Abdomen ayant son
premier segment aminci en pédicule.
Cliaperon ayant son bord antérieur angulaire.
Gre. 1. poLiSTES. Fabr. Abdomen ayant son premier segment
élargi en clochette de la base à l'extrémité.
Gre. 2. POLYBiE. S.-Farrj. Premier segment de l'ahJomen pé- (liciiliforme, court, en massue et tubercule latéralement.
Gre. 3. \CELAi\. S.-Farg. Premier segment de l'abdomen pédiculiforme, unituberculé latéralement, et le second campanule.
Gpe. 3. EPIPONITES. Corps court et assez épais. Abdomen
peu ou point pédicule. Chaperon ayant son bord antérieur angulaire.
Gre. t. ÉpipoiNE. Latr. Mandibules (juadridentées, la première
dent très-forte. Abdomen un peu pédoncule.
Gre. 2. ciiARTERGUE. Mandibules (juadridenfées. La pre-
S.-Farg. mière dent 1res petite. Abdomen sans
pédoncule sensible.
■ Notre premier groupe, celui des vespites ou des Guêpes , he renferme que le genre Guêpe proprement dit ( Vespa, Lin). Il est très-nombreux en espèces répandues dans toutes les parties du monde, mais plus particulièrement dans les pays chauds ; toutes ces espèces offrent comme les nôtres des couleurs jaunes ou ferrugineuses sur .un fond noir. Elles sont d'une assez grande taille, même en Europe. Tout le monde connaît ces insectes. Dès lors il est inutile d'en donner de longues descriptions. Personne n'ignore que leur piqûre est très-mauvaise; car les femelles et les neutres, comme les Abeilles et un grand nombre d'autres Hyménoptères, sont armées d'un aiguillon venifère, qui produit toujours une vive douleur quand on en ressent la piqûre.
Les Guêpes construisent des demeures très-vastes, qui, dans quelques cas , le cèdent peu aux ruches de nos abeilles. Comme nous l'avons déjà dit, leurs sociétés étant annuelles, c'est au printemps, lorsque les premières chaleura
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du soleil commencent à se faire sentir, que chaque femelle sort de la retraite qu'elle s'était choisie pour hiverner, après avoir reçu l'approche du mâle. Aussi rencontre-t-on, dès ce moment, des Guêpes qui voltigent sur les fleurs. Chacune va se mettre aussitôt eu quête de trou ver un lieu commode pour y établir la demeure de sa postérité. Un endroit propice est toujours chose fort importante; il varie d'ailleurs beaucoup selon les espèces : c'est ce que l'on ne tardera pas à voir. La matière première qui va servir à construire ces vastes nids, généralement connus sous le nom de Guêpiers, consiste en fibres de bçis, plus souvent déjà en état de décomposition que dans l'état de vie. C'est avec leurs mandibules que nos laborieux insectes détachent les fibres du bois ; ces mandibules très-robustes étant munies de dents qui s'engrènent les unes dans les autres. Quand une Guêpe est parvenue à détacher quelques parcelles de bois, elle les divise encore, et les agglomère ensuite au moyen d'un liquide visqueux qu'elle a la propriété de sécréter. Ce travail achevé, elle emporte son fardeau et va commencer son nid, ou ajouter de nouveaux matériaux à sa construction : triturant de nouveau cette matière ligneuse avec ses mandibules, elle la réduit en une feuille mince papyracée comme si elle sortait d'un laminoir; elle la polit encore avec sa languette et avec la liqueur gommeuse qu'elle verse de sa bouche. C'est dans la terre , dans le cireux des arbres ou entre les branches des arbustes que les Guêpes vont établir leur demeure : elles songent d'abord à construire une enveloppe qu'elles fixent aux paroisdes corps auprès desquels elles se sont fixées. Ces enveloppes sont toujours formées de lamelles papyracées, ordinairement au nombre de cinq ou six , superposées les unes sur les autres et convexes en dehors»
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mais quelquefois uniques, comme cela a lieu chez les Trelons. La même substance sert à la construction des gâteaux ; le premier est fixé au sommet du nid, vient ensuite le second qui est attaché au premier de la même manière , et ainsi de suite. Les Guêpes s'y prennent à leur égard comme les Abeilles; mais il y a cette grande différence que les gâteaux des premières n'offrent qu'une seule rangée de cellules renversées. Par conséquent la face supérieure est lisse et un peu convexe.
La plupart des Guêpes établissent leur habitation dans la terre. De ce nombre est notre Guêpe commune ( Vespa vulgaris] (pi. 3, fig. 3) qui est noire et agréablement variée de jaune vif. La substance papyracée qui compose le nid de cette espèce est d'un gris cendré obscur; elle est solide et fortement gommée. Aussi peut-on écrire dessus comme sur notre papier. Les Guêpes connaissaient sans doute sa fabrication bien avant les hommes.
La Guêpe rou&se {Vespa rufa), qui habite les bois de nos environs, construit son nid avec une matière parfaitement semblable, quant à la couleur et à la consistance; mais ce n'est pas dans la terre qu'on trouve son habitation. Il n'est pas très-rare de rencontrer de ces nids entre les branohes des arbustes (pi. 3, fig. 2): c'est pour cela que Réaumur a appelé cet insecte la Guêpe des arbustes. Klle est plus petite que l'espèce commune et son ventre est roussàtre (pi. 3, fig. 1). Ses habitations n'ont jamais une étendue considérable.
Nous voyons fréquemment aussi le Frelon ( Vespa crabro) ; c'est la plus grosse espèce du genre qui habite l'Europe; elle établit ses demeures dans le tronc des gros arbres. Le nid de cet insecte accpiiert quelquefois une dimension très-grande; il en existe de plus d'un pied et
demi dediamèfre. La substance dont il est composé est jaiinâtreet extrêmement friable ; lemoindre chocsuffitpour la briser. L'enveloppe surtout, qui est simple, est remarquable pour sa grande fragilité. Plusieurs Guêpes exotiques très-voisines de cette dernière doivent avoir des habitations très-analogues; mais, jusqu'ici, leur industrie n'a fixé l'attention d'aucun voyageur.
Nous avons vu, au printemps, une seule femelle féconde entreprendre d'établir elle-même le berceau de sa postérité. Les premiers gâteaux sont construits : un nombre suffisant de loges est préparé pour recevoir les œufs qu'elle va pondre ; elle accomplit alors cet acte, l'un des plus importants de son existence : il lui reste aussi à pourvoir aux besoins des larves qui vont éciore. La femelle seule s'acquitte encore de ce soin : elle apporte à ses petits des fragments de fruits ou même d'insectes, et elle leur dégorge une espèce de miel qu'elle a humé sur des fruits. Les Guêpes les entament avec leurs mandibules et en sucent le jus avec leur langue; elles vont encore absorber la sève des arbres ; le peu de longueur de leur langue ne leur permet guère de puiser comme les Apiens dans le nectaire d(>s fleurs. Il arrive souvent aussi, surtout dans les années de sécheresse, que les Guopes attaquent d'autres insectes; elles les piquent de leur aiguillon, les déchirent ensuite à l'aide de leurs mandibules et hument les liquides contenus dans leur intérieur. Au reste, le miel dégorgé par nos Vespites est aussi agréable au goût que celui de nos Apiens , et dans quelques cas l'homme pourrait s'en emparer avec avantage. Les larves de nos Guêpes (pi. 3, fig. 4 et 5), de couleur blanchâtre, molles et apodes, comme celles des Abeilles, ont des mandibules plus fortes; ce qui leur
permet d'entamer les morceaux de fruits qui leur sont apportés par la mère.
Quand elles ont acquis tout leur développement, elles filent un petit couvercle soyeux pour clore leur loge. La transformation en nymphe s'effectue; peu de jours après, l'insecte parfait rompt ses langes, brise le couvercle de sa cellule et prend son essor. La première génération de Tanné* ne fournit que des individus neutres, c'est-à-dire des ouvrières. Le moment est arrivé où la femelle féconde va se reposer de ses soins laborieux. A cette époque, c'est-àdire au commencement de l'été, les ouvrières augmentent le nid ; elles ajoutent de nouveaux gâteaux à ceux déjà établis par la femelle, en laissant toujours un espace assez considérable entre chacun d'eux pour qu'une Guêpe puisse y circuler librement. L'enveloppe se trouve aussi agrandie, en sorte qu'on ne voit jamais un seul gâteau à découvert.
Les Guêpiers ne présentent qu'une seule ouverture inférieure qui serait insuffisante pour y passer le doigt. Lors de ces agrandissements du domicile commun, les Guêpes souterraines sont les plus à plaindre, car elles sont ordinairement obligées de déblayer la terre qui les environne ; c'est là une grande opération qui demande un temps as'^^ez considérable, cette terre étant enlevée, grain à grain, à l'aide de leurs mandibules. Mais, quoi qu'il en soit, quand le domicile a pris une extension convenable, la femelle féconde va pondre de nouveaux œufs en plus grand nombre que la première fois ; et cette fois les larves auxquelles iîs vont donner naissance seront soignées par les ouvrières. C'est à cette époque qu'il existe plusieurs sortes de loges et en même temps plusieurs sortes de larves ; les unes seront des mâles , les autres des femelles , et d'autres encore seront
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des neutres. Vers 'a lin de septembre ou le commencement d'octobre, presque tous ces iusectessont arrivés à leur état parfait; et, avant que les rigueurs de la saison d'hiver se fassent sentir , les mâles et les femelles s'accouplent. Il paraît que les premiers périssent presque aussitôt après; quant aux secondes, on sait qu'elles hivernent pour fonder de nouvelles colonies au printemps suivant.
Si le froid devient intense avant que toutes les larves aient pu se métamorphoser, elles sont impitoyablement sacrifiées par les ouvrières, qui les massacrent toutes, lorsqu'elles jugent qu'il leur sera impossible de les nourrir plus longtemps: ces ouvrières périssent alors, et l'habitation, où régnaient naguère l'industrie et l'activité, se trouve totalement abandonnée.
Nous n'achèverons pas l'histoire des Guêpes sans dire quelques mots d'un nid bien remarquable que l'on voit dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Ce nid a été rapporté de Gayeune; il appartient évidemment à une espèce de Guêpes, mais malheureusement on ignore laquelle. Rien de plus joli et de plus délicat que cette construction , fixée dans toute sa longueur à une faible branche d'arbre bien droite. L'enveloppe du nid, d'aspect papyracé, est simple; sa couleur est brunâtre; sa forme est oblongue et parfaitement régulière; une petite ouverture située à la partie inférieure du nid permettait aux petites Guêpes d'y pénétrer ; nous disons petites d'après l'inspection de cette entrée, ainsi que d'après la petite dimension des loges destinées aux larves.
L'enveloppe du nid ayant été coupée dans une certaine partie, on découvre une série de gâteaux d'environ un pouce à un pouce et demi de diamètre , disposés avec la plus grande symétrie; tous sont placés a égale distance
de HISTOIRE
les uns des autres, ceux du milieu étant un peu plus larges que ceux du haut et aussi que ceux du bas. Quant aux cellules, elles sont parfaitement diagonales, si délicates et si régulières, que l'esprit conçoit à peine comment des insectes peuvent si bien comprendre la régularité et donner une telle élégance à leurs demeures.
Nous avons signalé les diverses particularités et les différences observées dans les nids des Guêpes proprement dites ;
Nous passons maintenant au second groupe de la famille des Vespiens, les polistites. Ces insectes s'éloignent peu des Guêpes, non-seulement par leurs caractères naturels, mais aussi par leurs habitudes; cependant, leur corps élancé permet de les en distinguer au premier coup d'oeil. Le genre Poliste est le principal dans ce groupe; il nous fournit trois espèces européennes et un nombre considérable d'espèces exotiques.
Pendant toute la belle saison, nous rencontrons comraument la Poliste française [Polistes gallica) (pi. 2, fig. 6), ainsi que toutes les autres espèces du mémegenre, indigènes et exotiques. La femelle se fait un petit nid dès les premiers beaux jours du printemps; ce nid n'offre pas d'enveloppe ;c'estunsimplegâteau, analoguedu reste à celui des autres Guêpes, fixé par un pédicule a la tige d'une plante, telle qu'un genêt, une graminée'pl. 2, fig. 7). Dans l'origine, cette chétive demeure ne se compose que de cinq à dix cellules. Des larves y sont élevées au printemps par les soins de la mère , comme on l'a vu chez les véritables Guêpes. Des ouvrières naissent ensuite , agrandissent le gâteau, en y ajoutant d'autres cellules; parfois même elles confectionnent un second gâteau, fixe au premier par un pédicule; mais cela est plus rare. La seconde ponte est
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donc toujours la plus nombreuse; c'est elle qui donne naissance à la fois à des individus mâles, femelles et neutres.
Il est très-facile d'enlever ces nids sur la plante même avec leurs habitants; on peut ainsi les transporter dans son jardin ou sur sa fenêtre, et observer ces insectes curieux très-commodément, la femelle ne les abandonnant presque jamais. Réaumur a remarqué, ce-que nous avons eu l'occasion de vérifier fréquemment , qu'une vingtaine de jours était suffisante à une larve pour acquérir tout son accroissement, depuis le moment où l'œuf a été déposé dans la cellule.
Un genre exotique , le genre Agelaia, comprenant plusieurs divisions secondaires {Apoica, Pohjbia, Saint- Farg.) , se compose de quelques espèces américaines dont l'industrie n'a pas été observée.
Notre dernier groupe de la tribu des Vespiens est celui des ÉPiPONiTEs ; nous nous y arrêterons peu , car leur industrie ne paraît pas différer de celle de nos véritables Guêpes; seulement les matériaux qu'elles emploient ne sonl pas parfaitement identiques.
Les ÉPiPOMTEs sont de petites Guêpes propres aux ré> gions tropicales, àor^s ramassé, de couleur noire, ayant ordinairement des ceintures jaunes : elles composent deux genres; le premier, Epipone , ne renferme que des espèces dont les constructions nous sont inconnues. Il n'en est pas de même du second , le genre Chatergue, qui nous fournit quelques espèces américaines; l'une d'elles, le G. Cartonnier [C. nidulans, Fnb.]^ paraît fort commune à Cayenne; elle est noire, avec une ligne sur le corselet, une autre sur l'écusson, et le bord postérieur de chaque anneau de l'abdomen de couleur jaune.
Les nids de cette espèce sont souvent rapportés par les voyageurs : rien n'est plus remarquable que la substance avec laquelle ils sontconstrults; leur enveloppe, aussi bien que les gâteaux, est formée d'uue sorte de carton de pâte, mais tellement analogue à du carton que, comme le dit parfaitement Réaumur, qui a représenté ces nids, le meilleur ouvrier cartonnier s'y méprendrait. C'est en effet ce qui nous a été démontré par l'expérience que nous en avons faite. Ces nids sont quelquefois fort grands et ne renferment pas moins de huit à douze gâteaux ; mais, dans l'origine , ils commencent par n'en avoir qu'un , deux ou trois; ils s'augmentent successivement au fur et à mesure de la multiplication des individus. Ce qu'il y a surtout de différent entre les nids des Chartergus et ceux de nos Guêpes, c'est, outre leur extrême solidité, la manière dont l'enveloppe et les gâteaux sont unis. En effet, il n'existe ciucun espace pour circuler le long des parois du nid : chaque gâteau offre seulement un trou au milieu, pour donner passage aux petites Guêpes. Le nid est complètement fermé par le bas , où une seule ouverture est pratiquée. Alors, quand il s'agit d'augmenter l'étendue du domicile, nos industrieux insectes bâtissent de nouvelles cellules à l'extrémité du nid , en sorte que cette extrémité devient le fond d'un nouveau gâteau; les parois sont ensuite prolongées et viennent recouvrir la nouvelle construction. Ces nids s'étendent ainsi toutes les fois que le besoin s'en fait sentir. Ils sont suspendus aux tiges des arbres de la lisière des forêts de la Guyane ; leur aspect est celui d'un sac ; on en voit plusieursdanslesgaleriesdu Muséum de Paris, les uns encore très-peu avancés , les autres fort grands et renfermant plus d'une dizaine de gâteaux.
Une seconde espèce dugenre Chartergus, quivit au Bré-
DES INSECTES. Oî)
s'il, ressemble beaucoup au Ch. cartonnier; ses constructions paraissent très-semblables. Elle doit à un incident remar quable d'avoir une réputation entomologique très-grande, le miel qu'elle produit ayant occasionné des empoisonne ments.
Cette petite Guêpe, que nous appelons le Chartergus brésilien {C. brasiUensis) et que les habitants du Brésil nomment Lecheguana, a été observée par un célèbre botaniste, M. Aug. Saint-Hilaire, qui a ressenti lui-même les effets fâcheux de son miel. Voici.ce qui arriva à cet égard : étant arrivé dans un vaste désert près les rives du Santa- Anna, où il séjourna quelque temps, il aperçut dans une de ses excursions un guêpier suspendu aux branches d'un arbrisseau : ce nid presque ovale, ék couleur grise, de consistance cartonnée, fut détruit par deux hommes qui accompagnaient M. de Saint-Hilaire ; ceux-ci en tirèrent le miel ; tous les trois en mangèrent une petite quantité, et chacun le trouva d'une saveur agréable , qui l'emportait sur le goût du miel de nos abeilles. Mais bientôt ils se sentirent fortement malades; ils avaient le vertige: M. de Saint-Hilaire, éprouvant une vive douleur d'estomac, finitcependant pars'endormir dans sa charrette ; à son réveil , il se sentit d'une extrême faiblesse et put à peine faire quelques pas. L'un des hommes qui l'accompagnaient était en même temps en butte à un mal plus violent. Assis dans la charrette, à côté de son maître, il lui disait d'un air effaré que, depuis une demi-heure , il courait dans la campagne sans savoir où il allait. Il tomba bientôt dans un affaiblissement complet et éprouvait toutes les angoisses de la mort. Ayant bu de l'eau tiède, qui avait paru le soulager, il en prit une grande quantité. Mais le vertige le saisissant de nouveau , il déchira ses vêtements, et se mit à courir dans la
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campagne, ciiaut que tout était en feu autour de lui.
Le second avait été aussi fort malade; mais ayant vomi très-proraptement, il fut plus tôt soulagé. Cependant il n'était pas encore guéri ; car, montant à cheval, il se mit à galoper dans la campagne; il tomba bientôt et s'endormit au lieu môme où il s'était laissé tomber.
Quant à M. de Saint-Hilaire, il avait bu une quantité d'eau prodigieuse; plusieurs vomissements successifs finirent par le remettre dans son état naturel.
Le lendemain les trois voyageurs n'éprouvaient plus de mal sensible, quoiqu'ils n'eussent pas toutefois repris entièrement leurs forces et leur vigueur accoutumées.
M. de Saint-Hilaire s' étant remis en route ne manqua pas de rapporter au Muséum de Paris te petite Guêpe Lecheguana ainsi qu'une portion de sou nid. Dès qu'il eut quitté le désert, il demanda à beaucoup de gens ce qu'ils pensaient du miel de la Lecheguana. Tous s'accordèrent à lui dire que ce miel n'était pas toujours dangereux , mais que parfois il occasionnait une sorte d'ivresse, de délire, dont on ne se délivrait que par des vomissements, et qu'il pouvait aller jusqu'à donner la mort.
On lui assura que la plante sur laquelle la Guêpe Lecheguana va souvent puiser le miel empoisonné était parfaitement connue; mais malheureusement on ne put la lui représenter.
M. White a décrit et représenté un nid d'Amérique, très-analogue à ceux des Chartergus; il est remarquable surtout par les tubercules et les nombreuses aspérités dont il est couvert. M. ^\ hite a formé pour l'habitant de ce nid un genre particulier sous le nom de Myrapetra.