‹ Histoire des insectes, traitant de leurs moeurs et de leurs métamorphoses en général et comprenant une nouvelle classification fondée sur leurs rapports naturelsChapitre 25 sur 58 · SEPTIÈME TRIBU · texte numérisé non relu

SEPTIÈME TRIBU

LES CHRYSIDIENS.

Cette tribu est composée de jolis petits insectes qui ne le cèdent en rien sous le rapport de l'éclat des couleurs à ce que nous connaissons de plus brillant parmi les pierreries. On les a nommés à juste titre les Guépes dorées. En effet, les Chrysidiens ressemblent beaucoup à de petites guëpes par l'aspect général de leur corps, si ce n’est par les nuances. Ces insectes ordinairement verts, bleuâtres ou d’un doré vif et rougeâtre, sont peu nombréux en espèces et en genres. Ils sont répandus cependant dans les diverses parties du monde,

Les mœurs des Chrysidiens n’ont pas encore été parfaitement observées. Nous savons que la plupart d’entre eux déposent leurs œufs à la manière des Mélectides dans les nids de certains Apiens, Crabroniens ACTE

Seulement leurs larves ne vivent pas des provisions amassées par ceux-ci pour leurs jeunes, provisions qui chezles premiers consistent, comme on le sait, en une pâtée composée principalement de miel et de pollen. Il est à peu près certain que les Chrysidiens dévorent les habitants mêmes. :

Ces Hyménoptères sont très- remarquables par la structure de leur abdomen ; les derniers anneaux peuvent

s'engaîner les uns dans les autres, ou s’allonger à la manière des tubes d’une lunette. :

Les femelles sont pourvues d’un aiguillon dont la piqüre est très-douloureuse.

La facilité qu’elles ont de replier en dessous leur abdomen et d'en distendre les derniers anneaux, les rend redoutables lorsqu'on veut les saisir.

On rencontre les insectes de cette tribu pendant toute la belle saison, ils voltigent de fleur en fleur pendant la plus grande ardeur du soleil : il semble alors qu'on voit voltiger des perles de feu, tellement leur corps est brillant, Ce n’est pas sans raison qu'on les a comparés aux oiseaux mouches. Ils paraissent rechercher surtout les ombellifères. Les Chrysidiens sont continuellement en mouvement, agitant sans cesse leurs antennes.

Cette tribu est véritablement remarquable par les affinités qu’elle présente; elle en a de réelles avec les Chalcidiens et les Proctotrupiens, et d’autre part elle paraîtavoir certaines analogies avec plusieurs des tribus précédentes.

Elle est peu nombreuse en espèces, elle ne l'est pas beaucoup non plus en genres; le tableau suivant en présente toutes les coupes :

DIVISION DE LA TRIBU DES CHRYSIDIENS EN GROUPES ET GENRES. 1°* Groupe. PARNOPITES. Palpes très-courts à peine visibles,

composés seulement de deux articles.

Genre PARNOPE. Zalr.

2 Groupe. CHRYSIDITES. Palpes assez longs; les maxillaires de cinq articles, les labiaux de trois.

Genre 1. cunysis. Linn. Palpes maxillaires un peu plus longs que les labiaux. Mandibules dentées.

Abdomen oblong.

Gre 2. ÉLAMPE. Spin. Pälpes maxillaires un peu plus longs queleslabiaux. Mandibulès bidentées.

Abdomen convexe, échancré à l’extrémité.

Gre 3. uÉDYCHRE. Lalr. Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux. Mandibules tridentées. Abdomen presque hémisphérique.

Gre 4. EUCHRÉE. Latr. Palpes maxillaires et labiaux de Ja même longueur. Mandibules unidentées, Mélathorax non prolongé.

Gre 5. STILBE. Spin. Palpes maxillaires et labiaux de la même longueur, Mandibules unidenlées. Abdomen très-convexe. Métathorax prolongé en épine.

Gre 6. CLEPTE. Lafr. Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux. Mandibules courtes , larges et dentées. Abdomen ovale, terminé en pointe.

Le premier groupe, les PARNoP1TES , renferme le seul genre Parnope que nous trouvons en France, plus communément surtout dans nos départements méridionaux.

Le type est la Parnope rosée (Parnopes carnea), joh insecte vert, avec l’abdomen couleur de chair, à l'exception du premier anneau.

Cette espèce habite les endroits sablonneux, et d'après des observations faites par Latreille, elle dépose ses œufs dans les nids des Bembex; les larves qui en naissent vivent et subissent leurs transformations dans ces nids. Se nourrissent-elles de la provision amassée par le Bembex ou de sa larve même? c’est ce que nous ignorons ; mais le dernier cas est le plus probable.

Le groupe des cHrysto1res comprend six genres : nous méltrons en première ligne les Chrysis proprement dites.

Elles déposent leurs œufs dans les nids de divers autres Hyménoptères. Les larves n’éclosent que lorsque celles des hôtes chez lesquels elles sont nées, ont déjà acquis presque tout leur accroissement. La larve de la Chrysis attaque alors sa victime en se posant sur Son dos, où elle la suce à son aise, mais sans la faire périr de suite. Ce n’est qu'au bout de quelques jours, quand approche le moment de sa transformation en nymphe, qu’elle anéantit complétement sa proie. La Chrysis dorée (Chrysis ignila, Lin.) (pl. 5, fig. ? ), le type et l’espèce la plus commune du genre, d’un vert bleuâtre, avec l'abdomen d’un rouge doré des plus brillants, dépose les germes de sa progéniture dans la retraite de divers Crabroniens, tels que les Philanthes, les Cerceris, etc.

M. Westwood a rencontré fréquemment des Chrysides avec des Odynères, ou des Épipones ; elles avaient évidemment pour but de déposer leurs œufs daus les nids de ces derniers.

C'est ainsi qu’un autre observateur à remarqué une Chrysis qui confiait sa postérité à l'habitation préparée par des Chélostomes pour leurs larves.

Les llampes et les Euchrées paräissent avoir des habitudes analogues aux vraies Chrysis ; nous n’en connaissons seulement qu’un petit nombre d'espèces européennes. Nous trouvons dans notre pays plusieurs Hédychres qui ne le cèdent pas aux autres Chrysidites pour l'éclat des couleurs.

M. de Saint-Fargeau a observé un insecte de ce genre déposant ses œufs dans le nid d’une Osmie; après avoir exploré la demeure, il y rentrait à reculons, dans l’intention d'effectuer son dépôt. Sur ces entrefaites, nous rapporte le savantentomologiste , l'Osmie rentra au domicile avec une provision : apercevant l'Hédychre, elle s’é-

lança sur lui en le saisissant avec ses mandibules ; l'Hédychre se contractant en boule, devenait invulnérable pour l’Osmie, qui se contenta alors de lui couper les ailes; mais dès qu’elle fut repartie chercher une nouvelle ‘provision, notre Chrysidite revint bientôt pondre son œuf dans le nid d’où il avait été si durement expulsé.

Quelques autres Hédychres ont encore été vus recherchant les habitations d'autres Apiens, tels que des Psens et des Halictes.

Les Cleptes sont de charmants petits insectes parfois assez abondants dans nos environs; le type du genre, la Clepte semi-dorée (CZ. semi-aurata) est longue de trois lignes, d’an beau vert doré, avec la tête ponctuée de cuivreux rougeâtre, et l'abdomen ferrugineux ayant son extrémité noire. M. de Saint-Fargeau nous rapporte ce qui suit au sujet de cet insecte :

« Les femelles placent leurs œufs auprès.des larves ou sur les larves qui doivent servir de pâture à leur postérité, J'ai vu une femelle du Clepte semi-doré entrer successivement à reculons dans les trous qu'avaient formés , en s’enfonçant en terre, un grand nombre de larves d’une Tenthrédine qui avaient vécu sur un même groseiller, L'année suivante, je jouis à cette même place d'un spectable fort brillant ; une centaine de mâles et quelques femelles de cette espèce couraient dans tous les séns sur le petit espace de terrain où les larves de Tenthrédines s’élaient cachées , et reflétaient toutes les couleurs des pierres précieuses. »

Le genre Stilbe (Sfi/bwm) renferme les plus grandes espèces de la tribu. Toutes habitent les régions chaudes du globe; on en rencontre dans le midi de l’Europe, en Afrique et en Asie, aussi bien qu'en Amérique; leurs

mœurs n’ont pas encore été observées : selon toute probabilité, elles diffèrent peu de celles des autres Chrysidiens.

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