‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébrenChapitre 29 sur 96 · ÉDUCATION DE MOÏSE · texte numérisé non relu

ÉDUCATION DE MOÏSE

les quarante ans de Moïse ne représentaient qu'un jeune homme actuel de vingt-cinq à trente ans, ce qui semble d'ailleurs confirmé par la généreuse impétuosité de caractère dont il va nous donner des preuves.

Un jour, en allant visiter ses frères, le fils d'Amram vit un agent du gouvernement égyptien, qui maltraitait un Hébreu ; il s'élança sur l'oppresseur, le combattit, le tua, et cacha son corps sous le sable*. Le lendemain, il rencontra deux Hébreux qui se battaient : t Pourquoi frappes-tu ton frère? dit-il à l'offenseur. — Que t'importe ! qui t'a établi prince ou juge sur nous? Veux-tu faire de moi comme de l'Égyptien? *

* Je dis un agent de la tyrannie, et non un simple Égyptien, et j'insiste sur cette distinction qu'on a trop souvent négligée, par la raison que, au moral, elle n'est pas de médiocre importance. D'après le texte. Moïse alla vers ses frères et vit leurs travaux; il vit aussi un Égyptien qui frappait un Hébreu, un de ses frères, (Exod. n, 11.) C'est donc parmi les individus soumis aux travaux que Taffaire se passa. Qu'arrivait-il dans ces travaux? Le texte nous l'apprend... ^ Et le service qu'on exigeait des Hébreux

était plein de rigueur Et les exacteurs les pressaient et leur

criaien t : À chevez vos ouvrages Même les commissaires d'entre

les enfants d'Israël que les exacteurs avaient établis sur eux furent battttë, et on leur dit: Pou/rguoi n'avez-vous pas achevé votre tâche en faisant des briques aujourd'hui comme auparavant?.,.. Et les commissaires des enfants d'Israël crièrent au pharaon de ce qu'ils étaient battus. > (Exod. i, v, 14, 16.) Les agents du pharaon avaient donc coutume de battre ; c'est donc un de ces agents que Moïse tua. De là le courroux du roi et l'inexactitude de ces paroles, attribuées à l'apôtre saint Etienne : « Moïse voyant tin de ses frères à qui l'on faisait une injure, le défendit et le vengea en tuant l'Égyptien, » (Act. des Apôtr. , vu, 14.) Rien n'autorise à ajouter le désir de la vengeance au besoin de la défense ; et l'expression , faire injure, est bien douce envers un homme qui abusait de son pouvoir jusqu'à accabler un autre homme des plus cruels traitements.

Cette réponse éveilla ses craintes et causa son salut ; car révénement, présenté au roi sous les plus noirea couleurs, avait déjà fait dicter Tordre de saisir Moïse et de lui ôter la vie*.

Il s'enfuit donc de T Egypte, et se retira dans une contrée à Torient de la mer Rouge, non loin du Sinal. Cette contrée portait le nom de Madian, comme le pays des Madianites, situé sur les confins de la Palestine, avec lequel on ne doit pas le confondre. Il n'est pas indifférent du reste de remarquer que, dans l'histoire de Jésus et dans l'histoire de Mahomet, un acte de fuite est survenu à l'instar de l'histoire de Moïse. Joseph et Marie fuient en Egypte avec l'enfant; Mahomet s'enfuit de la Mecque à Médine.

L'Hébreu arrivait à peine dans la contrée voisine de la mer Rouge, que, sous ses yeux, plusieurs bergers chassèrent quelques jeunes filles d'un puits où elles abreuvaient leurs troupeaux. Sans songer à leur nombre et à sa qualité d'étranger. Moïse vola aux secours des jeunes filles, et seul, armé de son bâton, il fit quitter la place aux pasteurs.

Le père de celles & qui sa présence avait été si favorable, Jéthro, prêtre du pays, fut touché de son dé* vouement. Il accueillit l'hébreu fugitif et lui donna bientôt pour épouse Séphora, dont il eut deux fils, et contre laquelle, durant le séjour dans le désert. Miriam ou Marie sa sœur témoigna un vif sentiment de jalousie.

D'après les commentateurs du Koran , Moïse était entré dans la demeure de Jéthro à l'heure du repas : c Assieds-toi et mange avec nous, lui dit le vieillard. — Je n'accepte point ton offre, répondit l'Hébreu,

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