‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébrenChapitre 34 sur 96 · LÀ MER ROUGE ET LE DÉSERT · texte numérisé non relu

LÀ MER ROUGE ET LE DÉSERT

tre nous ! i fut répété de toute part. Mais où fuir ? A gauche les eaux du lac retiennent leurs pas» comme un mur; les deux rives sont éloignées, et le bruit croit aussi rapide que la parole... Quel désordre cette situation éclairée par une aurore sombre ne dut-elle pas jeter parmi les Égyptiens ! L'effroi de la mort succède à la colère ; leurs esprits s'égarent, et bientôt les eaux de la mer arrivant sur le haut fond, se réunissent au lac et les entraînent, eux, leurs chevaux et les bagages^*.

Un hymne pompeux, dans lequel Moïse redit en poêle le haut fait qu'il vient d'accomplir en capitaine, fut chanté sur le rivage même par Miriam sa sœur et par toutes les femmes. Au son des tambours et des cymbales on répéta en chœur ce refrain :

« Je chanterai le Dieu d'Israël qui s'est élevé fière- » ment et qui a précipité dans la mer le cheval et le » cavalier.

1 11 est ma force, je redirai ses louanges ; il m'a sauvé, » je lui consacrerai un temple; il a été l'objet du culte » démon père, et je l'exalterai. Ce Dieu est un guerrier

> vaillant, du nom de Jéhovah : il a englouti les cha-

> riots du pharaon, l'élite de ses capitaines et toute son » armée. •. Les abîmes de la mer de Souph les ont » recouverts ; .et ils sont tombés au fond comme une » pierre.

» Que ta droite s'est montrée redoutable I elle a froissé

* Comment se fait-il donc qu*on ait souvent pris à la lettre ses Nihlimes accords ? La postérité lisant un jour le passage du Rhin chez le poète, le confondra-t-elle avec le récit de l'historiographe ? Les prêtres de Memphis conservèrent longtemps, dit-on, dans toute sa simplicité, le souvenir de cette catastrophe. (Eusèbe, Prcpparat, Evangelie.t hb. ix.)

l'ennemi ; tu as détruit ceux qui se sont élevés contre toi ; tu as lâché ta colère, et elle les a consumés comme du chaume. Ton soufHe a fait amonceler les eaux ; les courants se sont arrêtés, les abîmes se sont condensés au cœur de la mer.

» L'ennemi disait : Je les poursuivrai, je les atteindrai; je partagerai le butin, et ma vengeance sera assouvie : je tirerai mon épée, et ma main les anéan-' tira. Mais ton souffle est accouru de nouveau; et ils se sont enfoncés comme du plomb dans les eaux •violentes.

• Parmi les dieux qu'on adore, en est-il de semblable à toi, ô Jéhovah! aussi grand en sainteté , qui fasse des choses aussi admirables ?...

» Jéhovah régnera à jamais. . .

• Chantons le Dieu qui a précipité dans la mer les » chariots du Pharaon et toute sa cavalerie *^. »

Voici donc les Hébreux dans les déserts, où s'ouvre l'histoire des institutions dont j'aurai bientôt à tracer le plan et les divisions principales. C'est en effet à son entrée dans ce séjour, intermédiaire entre la maison d'esclavage et la terre promise, que Moïse devient le législateur. De même ce sera le jour où les tribus hébraïques, préparées à une vie nouvelle, seront appelées à sortir de ces solitudes, que le maître de la loi rendra sa grande âme.

Après trois jours de marche, le peuple sauvé arriva sur un point qui reçut le nom de Mara (amertume) , à cause de la mauvaise qualité des eaux Elles furent rendues potables , au moyen de l'infusion d'un bois dont l'historien sacré n'indique pas la nature, ou plutôt par le soin qui fut pris, comme Josèpbe le suppose, de

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