‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébrenChapitre 35 sur 96 · LA MER ROUGE ET LE DÉSERT · texte numérisé non relu

LA MER ROUGE ET LE DÉSERT

faire renouveler Teau des puits **, qu'une trop longue stagnation avait altérée.

A Élim^ on campa autour de douze sources d'eau pore qu'ombrageaient soiœarUe-dia) palmiers auxquels se rattachent très-probablement' une allusion toute poétique ; là aux douze tribus d'Israël , ici aux soixantedix anciens tirés du sein du peuple, que Moïse ne tardera pas à s'adjoindre officiellement, et dont la simple présence et l'action détruisent, plusieurs des arguments qui ont été opposés à l'authenticité générale du Pentateuque *.

Dans la vallée de Sin, les Hébreux commencèrent à unir à la nourriture fournie par les troupeaux, une espèce de gomme friable très-douce, susceptible d'être pétrie en gâteaux, et qui, paraissant sur le sol le matin après la rosée, fut appelée mannes parce qu'en la voyant on s'écria : Man-hu? (qu'est-ce?)

Or, laissons à part le sens allégorique qui a été appliqué à la manne prise pour la nourriture d'esprit que le législateur mettait son zèle à communiquer chaque jour au peuple, que d'opinions différentes ne se sont pas produites sur la nature et les qualités de cette substance !

Josèphe assure que de son temps il tombait encore, dans l'Arabie, une prétendue rosée pareille à celle qui avait nourri les Hébreux. Gomme lui, saint Ambroise, Sau-

* Par exemple, il est dit dans ce Pentateuque que « Moïse était le plus doux, le plus patient des hommes. » On a prétendu que le législateur n'avait pu écrire lui-même ces paroles. — le n'en vois pas ie pourquoi, s'il en avait le sentiment, et surtout si sa parole, comme on s'en convaincra plus tard, se trouve prononcée dans l'occasion la plus opportune. — Mais, à défaut de Moïse, qui empêchait les anciens, prophétisant comme lui et avec lui, de rendre ce té* noignage?

maise, Bochart pensent que la manne était une espèce de gompie naturelle susceptible d'être pétrie. Prosper Alpin rapporte que les moines du Sinai en ramassaient autour de leur monastère, pour l'offrir au consul d'Alger, et les voyageurs modernes en ont signalé l'existence **. Mais quelle quantité n'aurait-il. pas fallu que la près* qu'île en fournît pour une si grande multitude *î...

Dans la même vallée de Sin, tout le camp profita du passage de ces oiseaux voyageurs qui, réunis en grand nombre, vont chercher les douces températures. « Les cailles fatiguées d'un long trajet, dit la Description moderne de l'Egypte, se laissent encore prendre à la main, sur le même rivage où elles servirent de nourriture aux Hébreux *^»

A peu de distance, la disette d'eau s'accrut au point qu'on menaça le libérateur. Aidé de la connaissance des lieux, il fit jaillir d'une roche une source abondante qui, poétiquement et de la même manière que la manne, s'applique à ces eaux fécondes et inattendues où les esprits épuisés et les âmes défaillantes sont naturellement avides de s'abreuver**. En môme temps, un des lieutenants de Moïse, Josué, fils de Nun, de la tribu d'Ephraïm, suivi d'une troupe choisie, mit en déroute la tribu no-

* Le texte dit aussi qu'il n'en tombait pas le septième jour, mais que ce fut seulement quelques hommes du peuple qui n'en trouvèrent point : car le peuple lui-même restait en ce jour dans ses tentes. (Exod. vxi, 27, ^.) Les Orientaux croient encore que la gomme terengabine, qui a tous les caractères de la manne mosaïque, et que produit l'arbrisseau nommé alhagi, tombe comme une rosée. (Tournefort, RosenmuUer, p. i; t. ii, p. 316.)

** D'après Tacite, ce sont des ânes sauvages qui, en se dirigeant vers la roche verdoyante , auraient indiqué les sources à Moïse. (Hist., Uv. v.)

Page 1