LIVRE Yl
c Et tout le peuple se levait, quoêi » tmiM, comme si ce n'eût été qu'un seul » homme. >
Jua. XX, I.
La force publique, Tétat militaire organisé par Moïse dans le désert reposait sur Fesprit d'ordre, de 'prudence et d'humanité qui s'étend à toutes les autres parties de son institution. Sans contredit l'ancien législateur profita des errements de l'Egypte. Il y aurait même joint son expérience personnelle si, conformément à une tradition déjà signalée, on devait admettre que, durant les jours de sa faveur auprès des pharaons. Moïse eut à commander une grande armée contre ies Éthiopiens.
Dans toute l'histoire du peuple hébreu, les principaux cheb et instruments de la guerre ne cessèrent de s'inspirer de ces premiers souvenirs. En effet, à la manière de combattre généralement furieuse et désordonnée des populations de l'Arabie, si Ton oppose sans commentaire la marche des tribus hébraïques, au son d es trompettes et sous des enseignes diverses , la division des corps à la fois simple et complexe, leurs dé-
veloppements en colonnes, leur manière de se grouper et de camper sous la forme d'un vaste carré, on n*hésite pas un seul instant* Soit que le nombre d'hommes en armes conduits par Moïse fut de six cent mille, de soixante mille ou moins encore, cela ne change absolument rien à l'intérêt de l'œuvre, à la signification de l'image* On saisit d'un coup d'oeil la moralité du fameux épisode de Balaam, qui étant appelé pour maudire les Hébreux et promettre la victoire à leurs adversaires, ne put résister à une admiration exaltée. Sa voix fit précis sèment le contraire de ce qu'on attendait de lui. Monté sur une éminence d'où l'on distinguait Israël rangé selon ses U"ibu8, d'une extrémité jusqu'à l'autre, le prophète arabe, le voyant, s'écria : c Que tes pavillons sont beaux , ô Jacob ! tes tentes belles, ô Israël ! Elles ressemblent à des fleuves étendus, à des jardins plantés aux bords des eaux, à des allées de cèdre. Ce peuple-ci se courbe, se couche comme un lion en sa force, ou comme un vieux lion, qui le réveillera * ! »
C'est aux Juges dont Josué, directement instruit par Moïse, va nous ouvrir la série, que la force publique et guerrière des Hébreux commença à être conférée. Bien différents des jugQS ordinaires, ces grands chefs avaient une puissance assez analogue à celle qui, beaucoup plus tard, caractérisa les consuls romains. Lor§,dQ la modification opérée à l'époque de Samuel, la force du peuple en armes passa aux mains des rois; elle donna cours aux guerres dont je résume dans c^ livre les principales conditions et l'objet depuis la naissance de la nationalité jusqu'à sa ruine.
Mais indépendamment de la force armée, il y avait en Israël une force publique consacrée à la police inté-
rieure et à Texécution des jugements. De là les fonctions diverses des hommes d'autorité, qui portaient une verge à la main comme signe distinctif. Tout citoyen devait leur prêter secours dès qu'il en était requis. ff Sous le nom de choterim, dit la jurisprudence, nous désignons les hommes qui, tenant à la main une verge ou une courroie, assistaient les juges et exécutaient leurs sentences. Ils avaient pour principal devoir de parcourir les places publiques et les rues, et d^entrer dans les boutiques afm de vérifier les poids et mesures. Tout délinquant était saisi par eux et conduit devant le tribunal, qui le jugeait selon les formes usitées ^ » Leurs fonctions emportaient une considération assez grande , pour qu'Isaïe , signalant les maux qui menacent Jérusalem, mette au nombre l'absence des hommes d'autorité. < L'Eternel des armées va ôter de Juda l'homme fort et l'homme de guerre, les juges, les prophètes, l'ancien, l'homme d'autorité, et l'homme de bon conseil. Alors le peuple sera rançonné ; l'enfant se portera arrogamment contre le vieillard, et l'homme abject contre l'honorable. • Déjà sous Salomon des gardes de ville étaient chargés de faire la ronde toutes les nuits*.
LES JUGKS. 461