‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébrenChapitre 75 sur 96 · CONDITIONS D« LA LOI · texte numérisé non relu

CONDITIONS D« LA LOI

1) M. l'abbé db Lammbnais, De Vlndiffér&iice en maUèrs de religion, tom. 111, ch. xxiii.

2) Mœurs des Chrétiens, g dernier.

3) Koran, ch. xxvii, civ. "^

4) Korant ch. xxxv, xxxvii, m, Lxxvi, etc.

5) Cont/rat social^ liv. iv, ch. viii.

6) Ununi prseceptum erit atque judicium tam vobis quam advenis lerrœ. y

La Vulgate réduit à ces mois les versets 15 et 16 du chapitre XV des Nombres qui ont une tout autre étendue et une autre énergie dans le texte, dont voici le mot à mot :

0 congregatio, statutum unum vobis et peregrino peregrinanti

Vos sicut, sic peregrinus erit ad faciès Jehovah ; lex (tora) una, judicium (michpat) unum erit vobis et peregrino .

Au chapitre xxiv, v. 2SI, du Lévitique, la Vulgate dit :

iEquum judicium sit inter vos, sive peregrinus, sive ci vis peccaverit. Il y a dans le texte : Judicium unum erit vobis ; sicut peregrinus, sic indigena, quia ego Jehovah elohimtuus. — Enfm, au ch. XIX, V. 34 : Si habitaverit advena in terra vestrâ et moratus fuerit inter vos, sit inter vos quasi indigena : et diligetis eum, quasi vosmetipsos. Fuistis enim et vos advenœ in terra iËgypti. Ego Jehovah elohim tuus.

J^aurai à revenir bien des fois sur ces principes, particulièrement dans le livre consacré aux étrangers. En attendant, voici quelques expressions du chapitre de Maimonide, dont je n*ai cité que le titre dans la note 8, page ci-dpss.us : t Legem (iccommodatam esse ad îotam gentem communiter, non ad singulos, »

Ex eis quœ in hoc negotio cognitu necessaria sunt est et hoc, quod lex non attendat ad ea quae sunt extraordinaria et raro contingentia; sed quidquid docet, sive id ad doctrinam, sive ad mores spectet et acliones, respicit ad ea quœ communiter et ordinarie solent fieri.. . Hâc itaquede causa non decet ut ea quœ sunt de prima intentione legis tempo re vei loco sint accommodala; sed oportet judicia et statuta esse absoluta et universalia, sicut Deus ait '• 0 congregatio, statutum unum est vobis.

Tous les développements que Maimonide donne à ces principes sont remarquables. Sans doute ils se ressentent toujours du temps où ils furent écrits, mais il n'en est pas moins vrai que sa manière de voir sur une foule de questions, et

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même qu*uD grand nombre de ses pages, sans y changer un mot, sont h une distance immense de son siècle, et des siècles postérieurs, et feraient honneur encore à un penseur de notre époque. € La loi, dit-il, est faite pour tous» mais il se trouve toujours quelques individus auquel le régime de la loi ne convient pas. D*où cela dépend-il? De ce que celte loi prend pour base les choses naturelles et universellement utiles. Or, comme il arrive que la nature des individus varie, comme il s*en trouve qui manquent des caractères naturels qui sont le partage de Toniversalilé, il s*ensuit toujours une opposition inévitable entre quelques individus et la loi. » (Môme chapitre xxxit.) Hais, après avoir posé ce sage principe, Maimonide semble le pousser trop loin, ou du moins le présenter d*une manière trop absolue, quand il ajoute : t D'après ces considérations, il est impossible que la loi soit faite en raison des constitutions personnelles de tous les hommes, et suivant les variations du temps, à Texemple de la médecine qui s'accommode au tempérament de chaque individu, chaque jour et chaque heure; mais le régime légal doit être absolu, universel, en tant que fondé sur les choses naturelles et utiles, et sans s'arrêter à telles ou telles exceptions. » Certes, on comprend toute sa pensée, c'est Tintérôt non-seulement de la majorité, mais de la presque universalité, qu'il met au-dessus des autres intérêts. Cependant sa comparaison n'est pas rigoureuse : la loi, comme la médecine, et la médecine comme la loi, ont des règles absolues et des règles relatives; et le législateur doit, comme le médecin, modifier ses principes généraux suivant le tempérament physique et moral des hommes, suivant les circonstances. Maimonide lui-même l'a reconnu, puisqu'il dit que ce sont les choses qui entrent dans l'intention première de la loi qu'il faut regarder comme absolues; et que plus loin il parle du corps public qui doit développer cette intention première.

7) Non addetis ad verbnm quod vobisloquor, nec auferetis ex eo : quod prœcipio libi hoc tantum facito Domino : nec addas quidquam, Dec minuas (Deuler., iv, 2, xii, 32).

8) Mischna^ tom. IV, ds Synedriis, cap. x, S 2- — Maimonii>s. — SiLDBif, de Synedriis, Hb..., cap. m, pag. 19.

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